XALIMANEWS: Selon nos confrères de « les échos », frustration ou réalisme politique, Me Moussa Bocar Thiam, qui tient sans doute à garder sa mairie de Ourossogui où il est menacé par les apéristes, a quitté le Ps pour l’Apr. Mais, en se mettant à la disposition du chef de l’Etat, comme il le dit, ne place-t-il pas ce dernier dans une situation embarrassante grosse de risque d’incident avec Tanor qui, jusque-là, lui a juré et démontré loyauté et fidélité, avec toutes les conséquences que l’on connait au sein de son parti ? Aussi loyal qu’il puisse être, Tanor, traîné dans la boue par le désormais ex-responsable socialiste de Ourossogui, ne va certainement pas sourire en voyant ce dernier accueilli à bras ouverts par Macky Sall.

Me Moussa Bocar Thiam a annoncé, avec fracas, samedi, son départ du Parti socialiste. Et comme point de chute, le maire de Ourossogui a tout bonnement décidé de se mettre à la disposition du chef de l’État, pour ne pas dire qu’il dépose ses baluchons à l’Alliance pour la République. Un ralliement qui n’attirerait guère l’attention, tellement on en a vu de la sorte, si ce n’était la qualité des acteurs en jeu. Fidèle parmi les plus fidèles de Tanor, jusqu’il y a à peine un mois, le responsable socialiste a quitté le navire, en déversant sa bile sur son désormais ex-leader. Et pis, il l’a fait pendant que ce dernier est à l’extérieur du pays, alité. C’est dire combien cette sortie brusque et violente contre lui risque d’atteindre et de faire mal à Ousmane Tanor Dieng. Mais son mal sera sans doute plus grand encore si le chef de l’Etat accueillait le démissionnaire du Ps dans son parti, l’Apr. Ce serait un véritable coup de poignard dans le dos d’un allié irréprochable, en termes de loyauté, de fidélité, mais aussi de sacrifices. En effet, non seulement Tanor, scotché à la coalition Benno Bokk Yakaar, n’a jamais faibli dans sa volonté d’accompagner Macky Sall, mais, en plus, il a hypothéqué l’avenir de son propre parti, prenant le risque de le voir imploser, avec les départs de ténors comme Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Barthélemy Dias…. Et surtout, privant de candidat à une présidentielle, pour la première de son histoire, la plus vieille formation politique du pays. Au plan personnel et moral, le fait de se ranger derrière Macky Sall, lui le patron du grand et historique Ps, lui a valu tous les quolibets et railleries. Alors, comment, après tous ses efforts de loyauté, de fidélité et de sacrifices, comprendre où encore accepter que Macky Sall puisse accueillir à bras ouverts un ou des transfuges du Ps, comme s’il n’en avait rien à cirer des états d’âme et des mauvaises passes de Tanor, qui lui a tout donné ? Surtout que ces derniers sont partis en traitant le patron du Ps de tous les noms d’oiseaux. Même si la politique s’embarrasse peu de morale, celle-ci devrait commander au chef de l’État, ne serait-ce que par reconnaissance, par courtoisie et par esprit de gentleman, de refuser la main tendue de Me Moussa Bocar Thiam. En l’acceptant, comme si de rien n’était, il court le risque de se mettre à dos Tanor et ses inconditionnels du Ps. Ce qui rajouterait encore à la tension latente, en perspective des locales. En effet, on s’achemine vers des élections pour lesquelles, dans certaines collectivités locales, des responsables du parti présidentiel ne cachent plus leurs ambitions de débarquer des maires alliés, du Ps et autres.

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