Gorgui Wade est celui en qui nous avions cru jusqu’à ce qu’il révèle à la face des gorgorlu sa volonté de faire mieux qu’Ayadéma et tous les autres, ordinaires oppresseurs, qui ont voulu mettre en avant leur fils ou filleuls. Abdoulaye Wade, c’est celui qui pouvait, comme ce ne sera plus permis, mettre en œuvre toute sorte de réforme courageuse sans risquer le moindre soulèvement populaire. Oui, son aura, son charisme, l’espoir et l’attente des sénégalais étaient tellement grands que tout lui était permis, tout le monde était disposé à lui accorder grâce et garantie. Bamba Fall a tort de l’assimiler, sous le coup des aveuglants ressentiments et de la conquête de contenance, au champion du désintéressement, Rolihlahla Mandela dit Madiba.
Le pape du sopi avait déclaré à brûle-pourpoint, relativement aux coupures d’électricité, que les sénégalais devaient recourir aux bougies pour l’éclairage des foyers. Abdoulaye Wade, c’est celui qui avait fini par perdre de vue le principe élémentaire de cohérence des actes de puissance publique. Adepte de la réalpolitik, désorienté par des innombrables effets d’annonce, sa légitimité charismatique a finalement subi les contrecoups de l’indignation populaire. Les populations n’en pouvaient plus des abus et excès de ses protégés et de ses compagnons affranchis, promus et insolent. Ça ne fait pas longtemps. Il y a de cela 5 ans, à peine.
Abdouaye Wade, c’est celui qui a également malmené la presse. Les médias ont contribué à l’émergence d’une conscience citoyenne et ont joué un rôle déterminant dans la transparence du scrutin de 2000, contribuant ainsi à sa victoire. Puis, une longue suite de conflits entre les journalistes et son régime a entaché sa popularité. Un déferlement médiatique, justifié somme toute, a entrainé sa cuisante défaite aux élections de 2012.
Abdoulaye Wade doit bien rire du peuple et de ses leaders lunatiques. Ce peuple, quelques uns de ses anciens adversaires et ses ex fils putatifs frustrés qui l’avaient repoussé lui tressent aujourd’hui des lauriers. Wade, l’amour déchu, a déjà abusé de nous. Il revient encore une fois, porté par son éternel dessus sur le mécontentement sénégalais et sur le désespoir des âmes meurtries, pour s’abreuver et s’emparer des émotions, comme d’habitude. Il connait très bien le Sénégal, il sait que les sénégalais n’aiment que pour combattre et désavouer, jamais par et pour eux-mêmes.
Déjà enfant, nous lui étions dévoués jusqu’à nous entasser, nous écraser et nous asphyxier, montés, nourris et noircis de fumée lacrymogène. C’était en 1988. Ça n’avait même pas suffi à le hisser en haut d’en haut. Il a fallu du temps et encore et encore. Il avait pourtant sollicité notre intelligence émotionnelle et alimenté notre foi inconditionnelle en lui, messie pour le renouveau devant l’éternité. Il nous avait encouragés et réconfortés jusque dans l’intimité de sa résidence du point E. Il fallait brasser la cage du régime socialiste alors que son fils, futur ex plus intelligent des sénégalais, s’instruisait dans les universités françaises, Fara wade ndiack dara wade ndiack. Nous avons vénéré Wade-père, subjugués par ses tours de passe-passe. Il nous a malheureusement éprouvés d’expériences douloureuses et décevantes.
S’il le faut, nous réprimerons cette tendance généreuse et bien sénégalaise à réhabiliter si vite. Il n’est plus question, pour nous enrôler, de se morfondre en simple victime ou en repenti dans le but de capitaliser compassion, sympathie et concours. Abdoulaye Wade a déjà eu sa chance et il a joué sa partition. Ses notes retentissent encore dans les coins et recoins de la comptabilité publique. Certes, son successeur n’a toujours pas opéré les ruptures tant attendues. Pour autant, Abdoulaye Wade n’est pas Madiba, loin s’en faut.

Birame Waltako Ndiaye
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7 Commentaires

  1. A part être le symbole de l’aparthaid, quel combat au niveau africain Nelson Mandéla a mené ? Et pourtant, lorsqu’il a accédé au pouvoir, ce dont pourquoi les sud africains et les africains en général se sont battu, c’est à dire la redistribution des richesses du pays que les blancs se sont partagés, lui Nelson Mandéla n’en avait cure, sinon perpétuer cette injustice, contrairement à Robert Mougabé que la presse mainstream cherche à diaboliser alos que c’est le veritable héros combattant ayant subi les rigueurs carcérales comme Nelson Mandéla chouchou des médias mainstream, et à quel prix ? Contrairement à WADE qui était à la pointe de combat de toutes les causes africaines dont celle de la lutte pour la libération de Nelson Mandela, et a eu à être arrêté pour cela. Au contraire WADE n’envie en rien Mandéla; seulement, ce waltako est un lâche malhonnête wadophobe qui pue la haine à mille lieues.

  2. Foutez nous la paix. Nous avons eu toutes les merdes de ce monde pdt 12 ans de cet imbecile de wade. Tout ce qui touche wade est mauvais, regarder l imbecile macky. Qui se ressemblent s assemblent

    • Gorguidiop, ton coeur risque d’en patir, car défendre Wade pour moi est un sacerdose. Nous en parlerons toute notre vie. Vous pouvez pas continuer à mentir sur WADE et sa famille, en même temps demander de se taire. Il faut être vraiment mauvais pour débiter que “tout ce qui touche à Wade est mauvais”; dans ce cas précis, il faut jamais emprunter le péage.

      • Lamine t as raison ,le péage a été realise par les pierres transportées par wade sur son crane et paye de sa poche!!!!!!

      • T as raison d autant que wade a paye de sa poche le péage et mieux c est lui qui a transporte sable et pierre sur sa tete -a lui les 35% de droit d auteur de l oeuvre!!!Eusquey gorgi dollinu yex naan ci jot!!!!

  3. Notre Wade National!!! le Panafricaniste un grand Democrate Yalla mooko def. Je l’admire meme si je ne suis pas d’accord avec Lui sur certaines de ces methodes politiques.

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