Quand on ne sait plus où l’on va, dit le célèbre adage wolof, on revient à son point de départ. Avec les faits et événements qui se multiplient ces derniers temps et qui trouveraient leur source dans le manque de civisme et dans l’indiscipline caractérisée, tout porte à croire que nous sommes égarés. Nous ne savons plus où allons nous. Qui peut dire aujourd’hui où nous voulons aller ? Qui sommes- nous ?
Il est indéniable que le fait qui a réussi à bousculer toutes les limites de l’indiscipline et du manque de civisme a été le caillassage du cortège du Président, parti à l’Université, pour, dit – on, échanger avec les étudiants sur les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. Tout a déjà été dit sur ce qui s’est passé ce jour là. Résultat, des étudiants ont été arrêté, on ne sait comment, pour être traduits en justice. Et voilà que des voix s’élèvent déjà pour implorer le pardon du président. Je me joins à ces voix. Mais on ne doit pas s’en arrêter là. Il faut nécessairement tirer les enseignements.
Tout le monde, sauf quelques politiciens qui activent le feu pour que le pays brule sur les enfants de leurs concitoyens qui n’ont pas la chance de choisir leur pays d’étude au moment ou les leurs sont dans les meilleurs établissements du monde pour apprendre l’art de nous gouverner, ont déjà condamné cet acte. Tout le monde également implore le pardon, sauf d’autres politiciens qui, voulant saisir cette opportunité inespérée, activent l’autre partie du feu pour en profiter et asseoir le plus abject des desseins, celui d’éliminer un adversaire politique.
Mais chaque jour, d’autres faits et comportements indignes des sénégalais que nous sommes, en raison notamment de ce que nous prétendons représenter dans le monde, sont notés partout à travers le pays et même au delà de nos frontières. Certains disent déjà que c’est le début de l’exportation de l’indiscipline sénégalaise. A mon avis, on ne peut pas se limiter à condamner et à pardonner. Depuis toujours, on a condamné et on a pardonné et cela n’a jamais rien changé. Que faut – il faut faire maintenant ?
Je pense qu’à défaut de retourner là d’où l’on vient parce qu’on ne le sait plus, il convient impérativement de s’arrêter un instant pour regarder où nous sommes et nous poser la question de savoir si cette tendance continue où serons nous dans 5, 10 ou 15 ans ? Car si nous continuons de nous avancer sans savoir où nous voulons et devons aller, nous finirons inévitablement par nous écraser d’une manière ou d’une autre. Alors arrêtons-nous un instant et méditons. En quoi faisant ?
Je voudrai modestement proposer l’organisation d’une journée de concertation nationale sur le civisme, la citoyenneté et le patriotisme. Je voudrai demander à nos amis de Xalima d’en porter l’idée, de la polir, de la vendre et d’en faire une préoccupation nationale. Pour se faire, on devrait écrire à Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à la représentation nationale et diplomatique, aux marabouts et maîtres coraniques, aux étudiants et élèves, à la société civile, aux patrons de presses, aux opérateurs économiques, à l’organisation des paysans, au conseil national de la jeunesse, au mouvement des chauffeurs, aux handicapés, aux artisans, aux pêcheurs, aux éleveurs, au commerçants, aux enseignants, aux hommes de tenue, aux artistes, hommes de culture et musiciens, aux lutteurs, aux ONGs, à la diaspora, last but not lest aux journalises, formateurs, s’ils le veulent, d’une conscience nationale etc
Auparavant, un comité restreint mais pluridisciplinaire devrait réfléchir sur les termes de référence et les modalités d’une telle journée de concertation pour qu’elle n’en soit pas une de plus. Un mémorandum devrait être produit avec un accent particulier mis sur le respect scrupuleux des comportements édictés à l’issu de cette réflexion nationale mais aussi sur les sanctions assujetties à toute violation par quiconque, y compris par les plus hautes autorités. Une sanction populaire à travers des formes qui devraient être définies pourrait être stipulée.
Il s’agira de s’entendre sur ce que nous voulons être, là où nous voulons aller, comment y aller, en somme dessiner les contours du Sénégal de demain. Car si cette tendance continue, les conséquences désastreuses n’épargneront personne d’entre nous. Par exemple :
– L’anarchie s’installera pour de bon et mènera on ne sait où
– Hier ils ont insulté le Président Wade, aujourd’hui, ils ont jeté des pierres sur le Président Macky, demain, ils tireront sur un autre président
– L’hécatombe et la carnage continueront sur nos routes et exposeront quotidiennement chacun de nous à des danger de mort
– L’université sera érigée en zone de non droit donc en un sanctuaire de personnes qui ne reconnaîtront aucune loi
– Les politiciens finiront par ne plus être des adversaires mais des ennemis qui pourront se tirer dessus
– Les malversations et détournement seront cautionnées par une bonne partie de la population, comme cela se fait déjà (même convaincus d’un détournement, des gens sont prêts à oublier le Sénégal et à passer la nuit dans les rues pour défendre le délinquants financiers qui continueront à être encouragés et protégées de plus belles)
– Les jeunes finiront par croire que l’émigration est le seul moyen de réussir sa vie
– Les sénégalais continueront à attendre éternellement devant les services publics faute d’agents qui ne viennent jamais à l’heure ou qui ne se concentrent jamais sur leur travail
– Les rues continueront à être un dépotoir d’ordures et les avenues à être barrées à chaque fois que quelqu’un revient de la Mecque ou organise une cérémonie de baptême
– Les élèves continueront à croire qu’une année sans grèves n’est pas une année normale
– Les politiciens continueront d’endormir les jeunes avec le somnifère des parrainages des matchs de foot, surtout de navétane.
– L’argent continuera de couler à flot au grand théâtre ou à Sorano parce qu’un musicien y organise son anniversaire ou celle de son groupe
– On continuera à faire parrainer par les ministres les cérémonies de sabar et de tann béer etc, etc
Avant que tout cela ne s’enracine dans la société, parlons en.

Falilou Cissé, conseiller en développement communautaire
Tel 77 689 79 44
Email : [email protected]

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