Depuis le dernier renouvellement du bureau de l’Assemblée Nationale, un grand bruit s’élève et des « élus et représentants du peuple » se battent pour le contrôle de postes auxquels sont attachés de prestigieux avantages. Pendant ce temps, les citoyens que nous sommes, nous qui les avions choisis, à tord j’allais dire, sommes préoccupés par tout ce qui est en rapport avec le développement de nos communautés et de nos familles.

A l’origine de ce combat digne des gladiateurs, la lutte de positionnement au sein du PDS suivie de l’interprétation intéressée de certains articles du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale par les tenants du pouvoir et par l’opposition. Cette situation suscite une profonde réflexion et une fois de plus, renseigne sur la vraie nature de nos hommes politiques. En effet, ces derniers, à travers leur comportement de tous les ans, de tous les régimes, de toutes les législatures et de tous les jours ne cessent de démontrer qu’au Sénégal politique et éthique sont totalement incompatibles.

Pour la plupart d’entre eux, nous gardons encore, fraichement, dans nos mémoires et dans nos oreilles, leurs faits, gestes et propos qui frisent parfois l’ingratitude, l’insolence, l’infidélité, l’arrogance, la malhonnêteté, le surdimensionnement du moi et le mépris qu’ils ont pour le peuple. Certains ont fait un compagnonnage de 30 ans avant de se séparer avec fracas sur fond d’accusation, de diabolisation, de victimisation alors qu’en réalité, ils ont préféré l’argent, les richesses sans cause, le pouvoir et les privilèges éphémères au sens de l’honneur et aux valeurs. D’autres  ont tout fait pour empêcher l’élection d’un candidat en le diabolisant avant de se ranger derrière lui, le déifier pour redevenir son ennemi juré selon qu’il soit dans ou hors des affaires. Il y ‘en même qui nous parlent aujourd’hui de valeurs démocratiques alors qu’ils ont bénéficié d’une complicité destructrice pour s’accaparer ou affaiblir le parti qui les a vus politiquement naître et qui les a tout donnés : un nom, le prestige, de postes juteux. Ils adorent aujourd’hui ce qu’ils détestaient hier pour détester demain ce qu’ils adorent aujourd’hui.

Après avoir fait bloc pour se défaire de Diouf, les mêmes personnes se sont retrouvées pour combattre Wade après l’avoir majestueusement installé au sommet de l’Etat. Les voilà qui s’apprêtent aujourd’hui à  monter sur leurs vieux chevaux pour se défaire de Macky avant que la meute ne s’attaque à son successeur, peut être juste avant leur retraite politique. Ceux qui sont ensembles aujourd’hui sont ceux qui étaient opposés hier. Ceux qui s’entredéchiraient hier sont ensemble aujourd’hui. Où est la sincérité ? Où est l’étique ?

Il n’y a jamais eu de forum de réflexion organisé par l’opposition dans un village sur la responsabilité citoyenne par exemple. Ceux du pouvoir également ne l’ont jamais fait. Toutes les rencontres se font entre les plus luxueux hôtels de la place où ils se gavent de mets les plus succulents et palabrent sur les besoins, souffrances et le quotidien des communautés qu’ils n’ont jamais partagé.

Depuis l’entame de la législature en cours, nous n’avons entendu aucun débat portant, par exemple, sur l’état calamiteux des routes et autres pistes qui, durant toute la durée de ce si pluvieux hivernage, a emprisonné plusieurs communautés dans la misère de la soudure et des maladies. En vérité, ils ne parlent que de ce qui peut renforcer leur intérêt personnels. Ils envoient les enfants des autres sous les matraques et autre fumée âcre des lacrymogènes de la police pendant que leurs enfants sot dans les universités les plus prestigieuses du monde.

Le seul moment pendant lequel ils prennent contact de façon très éphémère et superficielle avec les communautés c’est la veille des joutes électorales où ils viennent quémander leurs votes. Une fois qu’ils l’obtiennent, ils ne repassent plus, ne se souviennent ni ne parlent plus d’elles.

La tentative de l’opposition de se regrouper au sien de l’Assemblée Nationale a quelque chose de déjà vu. Les politiciens nous ont habitués à bâtir une union de façade qui ne tient que sur des supports en paille pour combattre un adversaire politique et se mettre à sa place. Ils ne discutent jamais de programme, de vision, de citoyenneté. Ils rappellent souvent l’histoire des hyènes qui parait-  il, ne se mettent jamais en rang, les unes derrières les autres simplement parce que celle qui est derrière risque de mordre mortellement sa camarade devant. Ici, personne ne veut être derrière personne. C’est du ôte toi pour que je m’y mette.

C’est comme s’il était totalement impossible de servir la patrie sans 4X4 aux vitres teintés, sans un prestigieux poste à l’assemblée nationale, de directeur de société, de président de conseil administration qui n’administre absolument rien à défaut d’une station ministérielle pour parler comme l’autre. Pendant ce temps, le peuple lui, se démène tout seul. Combien de sénégalais se rendent à l’hôpital pour se soigner et sont obligés de rebrousser chemin sans même pouvoir se consulter parce qu’ils ne peuvent même pas trouver le ticket à 1000 frs ? J’en ai vu et plusieurs fois.

Nos politiciens doivent penser à nous respecter lorsqu’ils nous parlent ou parlent à notre place. Ils doivent savoir qu’ils ne sont pas du tout plus intelligents que nous. Ils ont choisi de faire de la politique et nous, nous avons choisi de servir le Sénégal, autrement. Ils ne peuvent incarner l’inconstance, l’infidélité, les coups les plus bas, les luttes et positionnements basés uniquement sur l’intérêt personnel et vouloir prétendre des leçons qu’ils ne croient même pas. Beaucoup qui accaparent et encombrent les plateaux de télé pensent qu’ils sont investis de valeurs qui doivent les prédisposer à nous donner des leçons et des orientations.

D’ailleurs combien de fois ont-ils discuté de leur absentéisme ? Pourquoi ils ne feront pas de proposition ou de projet de loi sur les sanctions qu’on devrait prendre cette situation anti républicaine ?

 

Falilou Cissé

                                             Conseiller en développement communautaire

                                                                            77 789 79 44

 

PARTAGER

1 Commentaire

  1. Mon Cher fallou
    C’est soit l’éthique soit la politique
    Les deux ne marchent jamais ensemble.
    La politique est une activité de voyous, ce n’est pas un jugement mais un fait.
    Et un fait on ne le conteste pas.

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here