Le Sénégal reçoit annuellement autour de 1.000 milliards de francs cfa des sénégalais de l’extérieur. Ce pactole pourrait représenter jusqu’à 6 fois l’aide publique au développement si les opérations informelles non-comptabilisées s’y greffent. Selon l’Unité des États fragiles, une augmentation de 10 % des transferts de fonds officiels au Sénégal, entraînerait une baisse de 2,9 % du niveau de pauvreté, en pourcentage du PIB. Dès lors, une intervention durable et apolitique des pouvoirs publics s’impose de plus en plus afin de mieux orienter et d’optimiser au plus vite la contribution financière des expatriés à l’émergence.
Le différentiel de salaire est la cause originelle de toute migration. Depuis 2010, la progression du nombre total de migrants a ralenti. Cette baisse tient en partie aux effets de la crise économique. Par ailleurs, plus une migration est récente et active, plus les envois de fonds sont importants. Du coup, le regroupement familial entame considérablement les transferts réguliers vers le pays d’origine. Tout cela laisse penser que les transferts vont connaitre à coup sûr une baisse de volume. Une réorganisation rapide de cette manne financière, au service direct du développement, s’impose, au-delà des seules préoccupations conjoncturelles.
Les travailleurs émigrés ont été durement touchés par la crise économique. En 2010/11, dans les pays de l’OCDE, il y a eu un taux de chômage moyen de 11.6 % pour les personnes nées à l’étranger. Heureusement que l’utilisation improductive des transferts monétaires diminue de plus en plus au profit d’une allocation productive ou d’emplois alternatifs efficients. De plus en plus, les émigrants sénégalais se préoccupent de leur sort et se tournent vers l’entrepreneuriat privé. Cet engouement aux affaires est moins l’expression d’un comportement entrepreneurial spontané que la manifestation d’une prise de conscience quasi généralisée, dans un contexte d’incertitude et de précarité économique.
Les transferts de fonds des Sénégalais de l’extérieur constituent près de 40% des flux financiers venant de l’étranger dans l’espace UEMOA, soit plus de 10% du PIB sénégalais. Comme quoi, ces fonds constituent des opportunités de développement offertes au pays. Ainsi, les associations de développement local réalisent ou participent financièrement, depuis l’étranger, à la réalisation des infrastructures publiques au Sénégal (infrastructures sanitaires et éducatives). Par ailleurs, les envois représentent de véritables moyens de résolution de l’équation du chômage massif que connaissent les jeunes sénégalais.
Malgré tout, les envois servent surtout à l’entretien des familles et à l’assistance financière à des parents proches. Ce qui explique l’impact considérable des flux financiers migratoires sur l’équilibre de la balance des paiements. C’est d’ailleurs, ce qui explique en partie que certains pays d’émigration retardent la nécessaire mise en place d’une politique adéquate de plein-emploi. La migration est une « solution économique de rechange » face au chômage important et à la progression de la misère. Malheureusement, la dépendance de certaines familles aux transferts monétaires constitue une conséquence néfaste de la migration internationale.
L’Afrique subsaharienne reçoit seulement 6% des envois d’argent dans le monde. Dans les années 1970, à la suite des chocs pétroliers, certains analystes avaient considéré, à tort, que les flux financiers migratoires contribuaient davantage au maintien de l’état de dépendance et de sous-développement des pays d’origine. Il apparaît que le développement économique et social de la Chine et de l’Inde a été en partie rendu possible par les contributions et les investissements de leurs expatriés. Tout comme la Chine, l’Inde a mis en place un programme donnant la possibilité aux Indiens non résidents de déposer des fonds à des taux d’intérêt attractifs. Elle a aussi créé une catégorie fiscale spécifique qui permet d’éviter la double imposition.
Birame Waltako Ndiaye
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2 Commentaires

  1. […] Le Sénégal reçoit annuellement autour de 1.000 milliards de francs cfa des Sénégalais de l’extérieur. Ce pactole pourrait représenter jusqu’à 6 fois l’aide publique au développement si les opérations informelles non-comptabilisées s’y greffent. Selon l’Unité des Etats fragiles, une augmentation de 10% des transferts de fonds officiels au Sénégal, entraînerait une baisse de 2,9% du niveau de pauvreté, en pourcentage du PIB. Dès lors, une intervention durable et apolitique des pouvoirs publics s’impose de plus en plus afin de mieux orienter et d’optimiser au plus vite la contribution financière des expatriés à l’émergence. (Lire l’article) […]

  2. […] Le Sénégal reçoit annuellement autour de 1.000 milliards de francs cfa des Sénégalais de l’extérieur. Ce pactole pourrait représenter jusqu’à 6 fois l’aide publique au développement si les opérations informelles non-comptabilisées s’y greffent. Selon l’Unité des Etats fragiles, une augmentation de 10% des transferts de fonds officiels au Sénégal, entraînerait une baisse de 2,9% du niveau de pauvreté, en pourcentage du PIB. Dès lors, une intervention durable et apolitique des pouvoirs publics s’impose de plus en plus afin de mieux orienter et d’optimiser au plus vite la contribution financière des expatriés à l’émergence. (Lire l’article) […]

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