Sport et jeûne sont incompatibles. Pour la simple raison que le sportif de haut niveau court des risques de santé en pratiquant une activité intensive tout en se privant de nourriture. C’est en tout cas l’alerte lancée aux lutteurs comme Modou Lô, Lac 2, Ama Baldé, Papa Sow dont les combats sont prévus après le Ramadan qui débute fin mai. Explications d’experts en matière de sport dont Oumar Diagne «Omez», ancien préparateur physique de Tapha Tine.

Le Ramadan débute dans moins de deux semaines. Ce sera un mois d’abstinence qui intervient à un moment où des lutteurs se préparent à livrer des combats tout juste après un mois de jeûne. C’est le cas de Modou Lô de Rock Energie et Lac 2 du Walo dont les chemins se croisent le 16 juillet à travers un remake du duel qui les avaient opposés en 2011 et qui avait débouché sur un match nul. Les autres protagonistes qui se trouvent être dans cette situation sont Ama Baldé de Falaye Baldé et Papa Sow de Fass qui vont aussi se défier après le Ramadan. Revenu récemment de la France où il a interrompu sa préparation à cause justement du mois de Ramadan, Ama Baldé croise le «Puma de Fass» en principe le 23 juillet prochain.
Peut-on pratiquer un sport de haut niveau en jeûnant ? A cette question simple fuse une réponse simple. «Le Ramadan est incompatible avec le sport», tranche net le Docteur Marcel Hoa, médecin et biologiste du sport. «Pas hydraté, ni nourri, le corps à 40 minutes de réserve avant de se mettre dans un état de détresse. Conséquences : hypoglycémie, évanouissement, vertiges,… Sans atteindre ces extrêmes, on n’a tout simplement pas l’énergie pour être au niveau des autres», explique le médecin.

«Un lutteur qui prépare un combat n’est pas obligé de jeûner»
Oumar Diagne Omez, ancien préparateur physique de Tapha Tine, ne dit pas le contraire en indiquant que la préparation d’une compétition de haut niveau à des exigences. «A mon avis, un lutteur qui prépare un combat n’est pas obligé de jeûner. Parce que la qualité motrice et biométrique d’un sportif dépend de son travail physique qui doit être adapté par rapport à la compétition. Si un lutteur prend le risque de jeûner et de préparer un combat à disputer dans un voir deux mois, ça peut amener des conséquences», avertit le technicien, joint par téléphone.
Parlant de ces conséquences, le directeur de «Omez Sport Center» précise : «Ce lutteur n’aura pas ce bon rendement qu’il voudra et cela va forcément impacter ses performances au cours de son combat. Ce lutteur risque de perdre beaucoup de calories. La récupération lui fera défaut.» Notre interlocuteur de poursuivre : «Il n’est donc pas recommandé de pratiquer le sport de haut niveau sans manger. Un lutteur devrait donc choisir de jeûner après son combat. C’est la meilleure option pour qu’il puisse s’entourer de toutes les garanties nécessaires pour être au sommet de son art le jour de son combat.» En clair, s‘il avait sous ses ordres un lutteur en pleine préparation durant le Ramadan, Omez lui aurait conseillé de poursuivre une préparation à l’étranger en bénéficiant des bonnes conditions de préparation en choisissant de jeûner après son combat. Faisant allusion à Ama Baldé qui est revenu de France peut-être pour observer le jeûne, Oumar Diagne «Omez» de souligner que même si le lutteur de Pikine a profité de son séjour dans l’Hexagone, qui lui a permis de dérouler un travail foncier, il ne pense que cela puisse suffire pour avoir l’intensité qu’il faut lors des entraînements en décidant de jeûner et de poursuivre sa préparation. Selon le technicien, «une bonne performance prend en compte beaucoup de paramètres». «Si on se prépare en jeûnant, on n’aura pas l’efficacité recherchée sur l’anatomie du sportif. On ne peut faire qu’un travail de maintien durant le Ramadan. Du coup, le lutteur n’aura pas les qualités physiques qu’il faut. Il faut travailler en endurance. On ne doit pas être défectueux dans son approche», recommande-t-il en guise conclusion.

Source: lequotidien.sn

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