Partie 1:qualités d’un bon Président

Partie 2: le bon candidat parmi les 5

Au Sénégal, élire un président de la République, revient souvent à chasser le titulaire du poste sans tenir compte du programme, des compétences et du profil.

Nous n’avons toujours pas compris, l’absence de débat sur la forme d’organisation, que nous avions adoptée après les indépendances. Nous avions transposé le modèle français, sans tenir compte de nos propres symboles et références. En tout état de cause, nous sommes une république et/ou une “nation”, qui doit élire un président d’une république, qui est tout sauf sénégalaise.

L’objet de ce texte est de dresser le profil idéal, que doit avoir le prochain président sénégalais, pour ne pas reproduire la même erreur commise en 2012.

Une alliance d’intérêts contradictoires, (sauf sur la haine de Wade) composée d’imams marcheurs, de rappeurs embourgeoisés et affairistes, de journalistes pressés de jouir des fastes du pouvoir, de puissances économiques étrangères gênées par le patriotisme du père de la démocratie sénégalaise, a mis à feu et à sang le pays en désignant Wade comme la source de tous les maux dont souffrait le Sénégal. La sentence fut lourde. Maitre Wade fut chassé avec une violence inouïe. Hélas, les sénégalais ont élu un OPNI (objet politique non identifié), véritable politicien mais, qui par ses attitudes et ses actes, n’a jamais réussi à faire président.

Nous allons exposer des qualités ou dispositions qui nous semblent obligatoires pour aspirer à diriger le Sénégal, pays sous-développé, riche d’importantes ressources pétrolières et gazières, avec un capital humain très jeune mais hélas mal préparé par une éducation nationale si négligée et si abandonnée.

Nous n’avons pas estimé nécessaire, d’établir un ordre d’importance des qualités ou des dispositions requises, ni d’indexer à chacune des catégories, un quelconque poids, qui leur conférait plus ou moins une importance relative. A charge au lecteur, de réaliser ce travail afin d’en sortir, le meilleur profil (selon lui) pour être un bon président de la République Sénégalaise.

Nous répondrons à l’objection qui consiste à dire, que l’état actuel du pays, mérite qu’on renverse la table et qu’on change de système voir qu’on substitue au personnel politique actuel un autre qui, si l’on n’y prend pas garde, risque de reproduire les mêmes tares ou pire encore, d’accélérer la descente en enfer, du peuple martyr sénégalais.

Nous demanderons aussi au lecteur, de concéder aux impétrants, le droit à l’erreur et d’accepter, qu’un point de vue sur un individu, pour une situation donnée, en un instant donné, ne peut guère demeurer, pour toujours, l’unique critère par lequel un candidat sera déclaré apte ou inapte au poste de président de la République Sénégalaise.

Nous avons adopté une approche centrée sur des outils mesurables (culture, expérience, propositions réalistes, pratique du pouvoir, programme) clairement identifiés et perceptibles par tous.

Le contexte politique présenté, la méthodologie exposée, nous passons alors au cœur du sujet, sans prétendre bien entendu, ni faire une étude exhaustive de la question, ni être dénué de parti pris.

De toute évidence, présider aux destinées du Sénégal impose au chef d’incarner la nation (embryonnaire) avec une parfaite connaissance de son Histoire. Le Sénégal n’était pas une page vierge avant l’arrivée des colons. Un président doit connaître l’histoire de son pays (Pas obligatoirement la totalité).

Un président de la République Sénégalaise ne doit pas utiliser les moyens de l’état pour faire une campagne électorale déguisée au rythme d’inaugurations d’édifices inachevés et financés par un endettement sans fin. Un président ne doit pas hypothéquer l’avenir des générations futures.

Un président de la République Sénégalaise ne doit, ni sponsoriser des soirées musicales, ni danser en public. La lourdeur de la tâche lui interdit d’avoir une attitude nonchalante, en totale contradiction avec la nécessaire empathie vis-à-vis des nombreux sénégalais dans la maladie ou dans une détresse morale et matérielle. Un président ne doit pas danser en public.

Un président n’est ni Khalife général (d’une confrérie), ni cardinal (d’une congrégation) ni même secrétaire général (d’un syndicat). Il représente toute la nation, qui de mon point de vue, n’est qu’à l’état embryonnaire. Le Sénégal d’aujourd’hui est une juxtaposition d’ethnie, et/ou de confréries (les « salafistes » ou «ahlul quran wa sunna» ont une confrérie qui est d‘une autre nature), mais pas une nation solide, du moins au sens occidentale du terme. Un président doit être rassembleur.

Un président de la République Sénégalaise ne doit pas se glorifier de son sang, au point d’évoquer la pureté de la lignée de ses ancêtres guerriers. Pourquoi alors se réclamer de la République qui ne fait aucune distinction, entre le sang d’un roturier, d‘un esclave ou d’un noble ? Un président doit avoir une grande capacité de résilience pour pardonner les insultes et les moqueries.

Un président de la République Sénégalaise ne doit, ni penser que le dessert donné aux tirailleurs sénégalais était un privilège que nos « maîtres » français nous accordaient, ni imaginer que les investisseurs étrangers risquant leur capital dans une «Afrique pauvre et handicapée», doivent êtres accueillis comme des sauveurs ayant le droit de s’essuyer sur ce continent meurtri et absent à la table où la marche du monde se décide. Un président doit être digne.

Un président de la République Sénégalaise ne doit pas ignorer le sens du Magal de Touba ni buter sur le terme de «salatoul fatihi» (psalmodié des milliers de fois par jour au Sénégal) devenu un patrimoine national montrant ainsi l’enracinement de la Tijanya dans la culture sénégalaise. Un président doit disposer d’un minimum de culture endogène.

Le prochain président de la République Sénégalaise doit trouver la synthèse entre l’école héritée de la colonisation et l’école classique. Ces deux systèmes continuent de produire deux types de sénégalais et deux types de citoyens de cultures différentes et contradictoires sur certains points fondamentaux de la vie de la nation. S’il existe au Sénégal un système, qu’il faut urgemment changer, c’est de mon point de vue, le système éducatif. Nous voulons une éducation nationale sénégalaise tant sur les contenus que sur les approches pédagogiques. Un président doit parfaitement connaître ces deux systèmes éducatifs.

Un président de la République Sénégalaise doit avoir une expérience dans la gestion d’une collectivité locale ou d’une mairie pour ne pas se retrouver dans le cas de figure de Monsieur Macron avec ses gilets jaunes. Il dirige un peuple qu’il ne connaît pas. Le manque d’expérience d’une part, le mépris envers ses adversaires d’autre part, l’ont plongé dans une impasse, dans laquelle il tente de ressortir avec un débat aux allures de “ndeup national”. Un président ne doit pas mépriser ses adversaires politiques.

Le prochain président de la République Sénégalaise doit avoir un programme réaliste et réalisable, pour ne pas se retrouver dans le cas de figure du septennat finissant, avec un “yoonou yokkuté” abandonné au bout de deux ans (2 années de tâtonnements et d’expérimentations hasardeuses) et un PSE sur commande et mal agencé pour le Sénégal qu’il mènera inéluctablement vers la faillite et la dépendance vis à vis de l’étranger. Un président mal préparé et élu par défaut, est forcément une calamité.

Le prochain président de la République Sénégalaise doit avoir une équipe élargie, soudée et compétente, pour ne pas reproduire la situation actuelle de l’attelage gouvernementale avec une pléthore de ministres aux compétences douteuses. Un président doit être un bon manager.

Le prochain président de la République Sénégalaise doit impérativement penser les plaies béantes suite à la loi sur le parrainage (aucune femme candidate, aucun candidat de gauche) et aux procès politiques de Khalifa Sall et de Karim Wade. La morale exclut qu’on utilise la justice pour combattre ses adversaires.

L’argumentaire que nous venons de présenter, semble accréditer l’idée, que le bon profil pour être président, pourrait se résumer en une seule formule, certes lapidaire mais condensée et donc très caricaturale: l’anti-Macky. Nous objecterons que réduire notre démarche, uniquement à ce concept, serait au mieux une erreur, au pire une paresse intellectuelle. Il nous semblait utile d’attirer l’attention du lecteur sur ce point, pour prévenir toute méprise, avant de terminer notre propos, par une prise de position.

Suite partie 2: le b candidat parmi les 5

Mamadou Seck

Membre de la CECAR

Membre de And Baaxal/ SOPEMA

pour élire le Président Idrissa SECK

 

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