En 2012, Mackrond avait réussi à se faufiler au pouvoir en laissant ses collègues de l’opposition guerroyer avec les policiers à la place de l’Obélisque. En 2019, une répétition de cette histoire ne serait que comique. La différence entre ces deux rendez-vous est la suivante : tandis que Wade ne pouvait s’abaisser à frauder, Mackrond, lui, braque les urnes en plein jour.
Le complot judiciaire contre les candidats Karim et Khalifa, la falsification du fichier électoral, le piège à candidats du parrainage, devraient détromper d’éventuels candidats au « faufilage ». Comment peut-on penser un seul instant que ces indignités ont été commises pour servir de marchepied à un troisième larron ?
A l’issue de l’examen organisé par le Conseil constitutionnel, les sept observateurs de la société civile ont confirmé les manquements dénoncés par les candidats de l’opposition. Dans une perspective fondée sur le sens de l’honneur, un désaveu aussi cinglant aurait des conséquences immédiates. Le Conseil constitutionnel serait obligé de tenir compte de l’avis des personnalités qu’elle a lui-même choisies pour observer et apprécier son travail de vérification.
Mais chez les hommes de paille, on fait comme si rien ne s’était passé. Mackrond-Juge Constitutionnel ne va quand même pas dire la vérité sur le faux fichier fourni par Mackrond-Ministre de l’Intérieur, ni contrarier la commande de Mackrond-Premier ministre de limiter le nombre de candidats à cinq. Ni, au lendemain du scrutin, proclamer d’autre résultat que la « réélection dès le premier tour » de Mackrond.
La détermination à exécuter, sans états d’âme, leur part de forfaiture est observable dans la décision de ne pas vérifier les signatures des parrains, alors que l’article L57 du Code électoral définit le parrainage uniquement comme une « collecte de signatures ».

Tirer les marrons du feu…marron
L’opposition doit relever le redoutable défi de donner une issue démocratique à un assassinat de la démocratie. Mackrond la provoque sur le terrain de l’affrontement violent avec les forces de l’ordre, afin de l’isoler de la masse pacifiste des électeurs. Avertie de ce piège, elle doit cependant jouer pleinement son rôle de force organisatrice de la résistance citoyenne.
Elle y parviendra à la condition que ses leaders conviennent que leurs destins personnels dépendent entièrement du succès du combat actuel pour des élections équitables ; qu’ils soient intimement persuadés que nul ne pourra se faufiler pour tirer les marrons du feu… marron ; qu’ils érigent la lucidité, la loyauté et l’unité en valeurs gagnantes.
La résistance à l’oppression mackrondienne est une question de dignité. Aucun dictateur n’a jamais pu briser la volonté de notre peuple. Celui-ci a toujours trouvé les ressources morales nécessaires pour résister victorieusement et faire respecter sa souveraineté et ses prérogatives. C’est à la jeunesse sénégalaise de ressusciter cette héroïque tradition de lutte. Ici et maintenant.
Croire qu’il suffira d’aller voter le 24 février, alors que le jeu est déjà faussé, est aussi un espoir illusoire.

09/01/2019
Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

3 Commentaires

  1. « Croire qu’il suffira d’aller voter le 24 février, alors que le jeu est déjà faussé, est aussi un espoir illusoire »

    En effet, les candidats dont les parrainages ont été soi-disant « acceptés » commettraient une faute historique en allant devant les électeurs. J’ai dit ailleurs que Sonko qui voudrait peut-être mesurer ses forces le 24 février 2019, Madické qui voudrait donner des gages d’amitié à Macky Sall en torpillant les chances de Karim Wade et Idy qui pense battre Macky, par je ne sais quel miracle compte tenu du fichier définitif dans lequel il y aura au moins 54, 5% d’électeurs favorables au sortant dûment fichés, ils se fourvoieraient tous ! Avec la lucidité qu’on lui connait, je suis très contente de constater par cette prise de position, je suis très heureuse d’être en totale convergence d’idées avec mon frère Bamba N’diaye ! En ce qui me concerne, le 24 février 2019, j’irai rendre visite à ma grande sœur loin, très loin des bureaux de vote ! Les naïfs de Sonko, de Rewmi, et d’autres , n’auront que leurs yeux pour pleurer au soir du 24 février, parce que les dés ont été pipés depuis plus de deux ans !

  2. Vous proposez quoi ? D’après ce que vous dites quoi qu’on fasse, le minable sera réélu ? Ce n’est pas parce que les gens espèrent qu’ils sont naïfs ! Un peu de respect svp !

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