Cette contribution date de 2008. En le lisant, on se rend compte que les situations qui y sont décrites n’ont pas le moins du monde changé, en tout cas pas dans le bon sens. Elles sont plutôt figées, peut-être même sont allées de mal en pis. La faute certainement aux citoyennes et aux citoyens, mais davantage aux politiciens qui nous gouvernent depuis notre accession à la souveraineté internationale.

Le jeudi 3 octobre 2002, je faisais publier une contribution au quotidien Walfadjri. « Le Sénégal a besoin d’être repris en main », tel en était le titre. Deux jours auparavant, soit cinq après le tragique et honteux naufrage du « Joola », le Président de la République s’était adressé à la nation. Cette adresse a été, de l’avis de nombreux observateurs, « ferme, déterminée et en même temps apaisante » pour les quelques rares rescapés et les familles des disparus. Deux ministres lui avaient présenté leur démission. Le Président de la République reconnaissait très tôt et publiquement « la responsabilité civile de l’Etat » et « les nombreuses négligences, fautes et légèretés » qui se sont accumulées en amont et expliqueraient pour l’essentiel la tragédie du 26 septembre 2002. Il promettait ensuite des sanctions exemplaires, à la suite des différentes enquêtes qu’il allait ordonner.
Dans ma contribution du 3 octobre 2002, je prenais acte, avec prudence, de la démission des deux ministres et de toutes les mesures prises ou annoncées par le Président de la République. J’attendais surtout la suite qui serait réservée à tout cela. Je ne perdais pas de vue que nous étions au Sénégal, où on nous a habitués depuis bientôt quarante huit ans à des commissions créées plus pour nous endormir que pour faire éclater la vérité et situer les véritables responsabilités. La suite me donnera raison puisque, à l’arrivée, 1800 victimes gisent au fond de l’Océan, sans qu’aucun responsable de cette tragédie n’ait été pénalement sanctionné. Cette absence de sanctions a amené d’ailleurs la Justice française à mettre en examen de hautes autorités sénégalaises de l’époque.
Ce n’était pas la première fois d’ailleurs qu’une tragédie intervenait au Sénégal avec zéro responsable.  Tout le monde se souvient encore de la terrible catastrophe de la Sonacos intervenue le mardi 24 mars 1992, et qui avait fait environ 140 morts et des centaines de handicapés dont certains à vie. La citerne qui avait explosé à l’intérieur de l’usine, du laboratoire exactement, était bourrée de 27 tonnes d’ammoniac, pour une capacité de 22 tonnes autorisée. Elle était, en outre, rafistolée en de nombreux endroits. La commission d’enquête qui avait été mise en place par les autorités d’alors, plus par simple formalité que par volonté réelle de situer les responsabilités, fut sans lendemain. Le rapport, déposé entre les mains du Premier ministre d’alors, Habib Thiam, n’a jamais été exploité et aucune sanction n’a été prise, surtout pas contre le Président-Directeur général de la Sonacos (alors Abdoulaye Diop). Rien d’étonnant puisque l’un et l’autre étaient très proches, ayant grandi dans la même concession à Louga. Situation encore plus inacceptable : les nombreuses victimes n’auraient jamais été indemnisées, les autorités de la Sonacos, des Industries chimiques du Sénégal et les assurances se renvoyant indéfiniment la balle.
La tragédie de la nuit du 26 septembre 2002 – pour revenir à elle  –, par-delà les centaines de morts qu’elle a entraînées et la douleur indicible qu’elle a engendrée, a été une honte pour notre pays et a porté un coup terrible à son image. Les images peu reluisantes du naufrage du  « Joola » ont fait le tour du monde. Elles ont été relayées par de nombreuses télévisions étrangères et principalement françaises, commentées avec par moment des pics qui ne nous honorent pas. Juan Gomes de RFI avait également consacré son émission « Appel à l’Actualité » des 1er et 2 octobre 2002 au malheureux événement. Un ressortissant français intervenant de Dakar avait, par-delà le naufrage du « Joola », pointé un doigt accusateur sur l’indiscipline caractéristique des Sénégalais et principalement sur celle des conducteurs de cars rapides et de « Ndiaga Ndiaye » qui sont, selon lui, de véritables bourreaux sur les routes. Il avait terminé son intervention par cette terrible assertion : « Le Sénégal se complet de plus en plus dans la médiocrité et le laisser-aller. » Une dame, résidant à Paris, ira dans le même sens en regrettant que son pays (le Sénégal), « s’installe de plus en plus dans la culture du laxisme.» Les Portugais, les Hollandais, les Suisses, les Espagnols, les Belges, etc…, dont des ressortissants ont péri dans la catastrophe du 26 septembre, réfléchiront désormais longuement et profondément, avant de se décider à venir au Sénégal qui se révèle de plus en plus comme le champion mondial incontesté de l’indiscipline. Nous nous comportons chaque jour qui passe comme une communauté de singes et d’hyènes adolescentes (que les walaf appellent « nduulañ »), communauté sans responsable où chacun fait ce que bon lui  semble et selon son instinct du moment, sans se soucier le moins du monde du tort qu’il peut porter au pays ou à son voisin immédiat. Quarante huit années après l’indépendance (ce n’était donc que ça ?), nous continuons de traîner comme un boulet ce que le Président Senghor appelait « Les maladies infantiles du sous-développement », ces maladies les plus courantes aujourd’hui étant l’indiscipline caractérisée, l’anarchie, le laisser-aller, l’incivisme, l’irrespect du bien public, etc…
Ces plaies béantes, qui ont chez nous la vie particulièrement dure, ne datent pas d’aujourd’hui. Dans son message à la Nation au soir du 31 décembre 1999, le président Abdou Diouf dénonçait vigoureusement (verbalement au moins) l’indiscipline et l’anarchie qui s’installaient dangereusement dans le pays. Dès le lendemain, les forces de sécurité (police et gendarmerie) se mirent rapidement au travail et investirent les différents ronds points de la Capitale nationale, qui étaient devenus de véritables casse-tête pour les pauvres automobilistes. Dans une contribution parue au journal Sud quotidien du 4 janvier de la même année et dont le titre était « Lutte contre l’indiscipline et l’anarchie : aller plus loin encore », j’encourageais et félicitais les forces de sécurité et souhaitais vivement que « ce début fracassant ne soit pas que ponctuel, un simple effet d’annonce destiné seulement, comme on nous y a habitués au Sénégal, à frapper les esprits et à s’évanouir ensuite comme un feu de paille ». J’allais plus loin encore dans ma contribution en ces termes : « Dakar a une multiple vocation qu’elle ne pourra réaliser dans le laxisme et l’anarchie que nous y connaissons actuellement. Il ne faut donc pas que nos braves policiers et gendarmes s’arrêtent en si bon chemin. Il ne faut surtout pas se faire d’illusion : la présence même régulière des forces de sécurité aux points les plus névralgiques de la ville, ne suffit pas à régler comme par enchantement les problèmes de la circulation ; Il convient d’aller plus loin : nos pandores et policiers ne peuvent pas être toujours présents partout où on a besoin d’eux. Les Sénégalais doivent apprendre à garder des comportements citoyens et républicains en toutes circonstances. » Je faisais remarquer aussi que «  le travail des forces de sécurité doit être jumelé à des actions pertinentes et soutenues de formation, d’information et de sensibilisation à travers les canaux qu’offre les différents médias du pays (…) ». Toutes ces mesures ne suffiraient évidemment pas : il convenait, il convient encore aujourd’hui, de renforcer notablement les sanctions contre les délinquants et de les appliquer effectivement. C’est à ce niveau-là que nous avons de réels problèmes. C’est à cause de la conscience de l’absence de sanctions ou même, si elles existent, de leur inapplicabilité, que les métastases de l’indiscipline et de l’anarchie infectent maints autres secteurs de la vie nationale.
Il n’est pas besoin, en particulier, de s’attarder sur les constructions anarchiques. Des contributions qui paraissent dans les différents journaux de la place, les abordent quotidiennement de façon presque exhaustive. Tout récemment, elles ont fait état, à plusieurs reprises, d’effondrement de bâtiments ayant entraîné la mort de plusieurs personnes. Tout au plus, convient-il de les corroborer en prenant l’exemple de la Patte d’Oie, qui passe malheureusement inaperçu. Ce quartier était, dans les années 1970-1980, une cité très aérée et où il faisait bon vivre. Les maisons étaient séparées par de larges allées. Au fur et à mesure, des propriétaires insouciants se sont mis à construire devant chez eux et sans autorisation. Devant l’inaction des autorités, d’autres, de plus en plus nombreux, leur ont emboîté le pas. En fin de compte, des grandes allées du début, il ne reste que des ruelles étroites (d’à peine trois mètres de large). La belle cité d’antan étouffe aujourd’hui et s’expose à d’énormes risques : en cas d’incendie dans une maison de l’intérieur, les véhicules des sapeurs-pompiers ne pourront en aucun cas y accéder, à moins de disposer de très longs raccords. Et cette situation est la même dans de nombreux autres quartiers.
Les métastases de l’indiscipline et de l’anarchie n’épargnent pas, non plus, les nombreuses cérémonies familiales et religieuses. Pratiquement, tous les jours, à l’occasion des baptêmes, des mariages, des décès, des retours de pèlerinage des Lieux saints, des tours de famille, des gamous-meetings, etc, des tentes poussent comme des champignons, souvent dans les rues les plus passantes et sans aucune autorisation. Pour ne donner qu’un exemple frappant, l’ayatollah de Kaolack, Ahmed Khalifa Niasse a organisé, deux ans avant l’alternance, un gros gamou-meeting, devant sa maison de l’avenue Cheikh Anta Diop. Pendant trois jours (vendredi, samedi, dimanche), cette avenue si fréquentée a été barrée à la circulation, obligeant ainsi les pauvres automobilistes, à faire de grands et pénibles détours.
Que dire des fuurël et autres soirées dansantes et tann bèer organisés à tout bout de champ, en week-ends comme en jours de semaine, avec des baafs ouverts à plein régime et des tam-tams sur lesquels frappent à tue-tête des griots endiablés ? Les pauvres citoyens en arrivent à perdre le sommeil et, plus dramatiquement, l’ouïe. Ce tableau serait incomplet si on n’y ajoutait pas les balles que nos enfants envoient rageusement frapper à nos fenêtres et les appels à la prière de certains muezzins zélés, aux environs de quatre heures du matin, avec des hauts parleurs qui portent leurs voix à des kilomètres à la ronde.
Un autre secteur, tabou celui-là comme tout ce qui touche à la religion chez nous, ajoute activement, par certaines de ses manifestations, à l’indiscipline, à l’anarchie et au laxisme. Il s’agit de la politique. Nous comptons 150 partis, peut-être plus. Chacun de ces partis, même les plus insignifiants créés pour jouer les trouble-fête ou pour trouver une place commode dans la très ‘’juteuse’’ majorité présidentielle, veut organiser son meeting, principalement pendant les campagnes électorales. Le problème se situe aux endroits et aux moments où ces meetings sont organisés. Généralement, les partis jettent leur dévolu sur les plus grandes rues et avenues. A cet égard, les avenues du général de Gaule et Cheikh Ahmadou Bamba à Dakar, les rues Taly Bou Bess et Taly Bou Mack à Pikine, l’avenue Maurice Guèye qui traverse Rufisque de part en part, sont les plus sollicitées. Ces meetings drainent en général beaucoup de monde (les Sénégalais sont particulièrement curieux) et participent de la grande confusion de la circulation.
Dans les pays sérieux, les grandes démocraties, ces rencontres se déroulent dans des endroits fermés. Chez nous, le Théâtre national Daniel Sorano, le Cices, la Chambre de Commerce de Dakar, le Centre Daniel Brothier, les Stades Iba Mar Diop, Demba Diop, Marius Ndiaye, Léopold Sédar Senghor, le Parc Mazout, la grande place de Liberté V, etc, peuvent bien et doivent abriter nos meetings. L’essentiel n’est pas dans le grand monde qu’on cherche. L’expérience a montré que toutes les grandes foules de curieux qui envahissent très tôt les meetings et qui sont les plus prompts à applaudir à tout rompre et à tout propos, ne sont même pas inscrits sur les listes électorales ou, lorsqu’ils le sont, ne se donnent même pas la peine d’aller voter le jour J. Les grandes foules qui marquent de leurs fortes présences les meetings des partis n’ont pas, de mon point de vue, l’intérêt qu’on leur accorde. On peut continuer de les tenir (hors des grandes rues et avenues), mais on gagnerait davantage à amener les militants à s’inscrire massivement sur les listes électorales, à retirer tout aussi massivement leurs cartes le moment venu et surtout à voter effectivement et en toute liberté pour le candidat de leur choix. Ces différents gestes me semblent plus citoyens qu’une simple présence dans un meeting. La formation (par les partis) des populations en général et des militants en particulier y aiderait notablement.
Un autre aspect des manifestations des partis politiques qui pose problème, qui me pose problème en tout cas, ce sont les affichages sauvages pendant les campagnes électorales et même hors de celles-ci. Nos compatriotes, militants de partis politiques ou non, ont la fâcheuse habitude d’afficher et de faire des graffiti n’importe où : sur les murs des bâtiments publics ou privés et même chez de pauvres particuliers qui viennent à peine de terminer à peindre leurs maisons. Tout le monde a en mémoire la triste guerre des affiches qui avait opposé, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de février 1993, les Socialistes et les Libéraux autour de la Place de l’Indépendance. A l’occasion de la fameuse fête de la GOANA du Président Wade, le 27 octobre 2008, cette même place a été envahie par des affiches qui ont été placardées partout, sur les murs des édifices publics comme privés.
Les affiches et les graffiti anarchiques rendent particulièrement laide notre pauvre capitale nationale et d’autres villes de l’intérieur. Il faut absolument que l’Etat les organise, aidé par les partis politiques qui auront alors le devoir d’accepter de jouer le jeu en éduquant leurs militants.
Pendant bientôt cinq décennies, les autorités nous ont laissés faire. Elles ont assisté passivement à la sédimentation de nos épaisses couches de tares. Aujourd’hui encore, plus qu’hier, on sent l’indiscipline, l’insouciance, l’incivisme, l’anarchie, l’irresponsabilité partout en ville. Autorités et citoyens, nous sommes tous responsables de cette situation. Les autorités, celles d’hier comme celles d’aujourd’hui, le sont encore plus. Elles n’ont jamais osé prendre leurs responsabilités devant l’indiscipline caractérisée des citoyens. Elles les ont au contraire toujours ménagés pour des raisons proprement politiciennes. La carte d’électeur et les consultations en perspective ont toujours constitué pour nos gouvernants comme des gaz paralysants, devant la nécessité de sévir face à des comportements parfois inacceptables. Dans wax sa xalat d’une radio privée, un intervenant, regrettant sincèrement leur passivité et leur complaisance coupables devant de tels comportements, faisait remarquer que « le seul homme ou la seule dame capable de diriger le Sénégal dans la vérité, la justice et la fermeté, est celui ou celle qui met sur le même pied d’égalité le maintien au pouvoir ou sa perte ».
Un ancien gouverneur de région, Ibrahima Malamine Tandian, nous rappelait fort opportunément dans une contribution à Walfadjri du 7 octobre 2002, ce qui suit : « La complaisance a la vie dure au Sénégal : le message à la Nation du président Wade rappelle ceux du président Senghor et du président Diouf qui mettaient souvent l’accent sur la capacité de nuisance de nos mauvaises habitudes sur la bonne gouvernance. » Dans l’édition du 10 octobre 2002 du même quotidien, l’énarque et économiste Moubarack Lo concluait une contribution en ces termes : « Après le naufrage (du Joola), l’Etat a préféré indexer les citoyens et les menacer de sanctions futures, plutôt que d’engager sa propre réforme. Or, celle-ci est le préalable et la première étape de tout chantier de transformation vertueuse des Sénégalais. Que l’Etat commence donc par ses propres faiblesses et remplisse rigoureusement ses prérogatives et les Sénégalais suivront son exemple, de gré ou de force. »
Notre compatriote a parfaitement raison : l’Etat doit appliquer ses propres lois et règlements et commencer par donner l’exemple. La conclusion de ma contribution du 4 janvier 1999 (citée plus haut) allait dans le même sens. J’y faisais remarquer : « (…) Donc, si le président de la République, président du Parti socialiste a été amené à attirer notre attention sur l’indiscipline et l’anarchie par le biais d’un moment aussi solennel que son message du nouvel an, c’est que, probablement, celles-ci risquent, si on n’y prenait garde, de gangrener terriblement notre société et d’atteindre peut-être un point de non retour. Qu’il soit donc entendu par les citoyens sénégalais et que, tous ensemble, nous nous engagions dans une lutte durable et sans merci contre ces plaies profondes que sont l’indiscipline, l’anarchie et le laxisme ! Que, dans cette croisade citoyenne, l’exemple vienne de lui-même, de son entourage immédiat, de son gouvernement, du Parlement et de son parti politique ! Les autres Sénégalais suivront sans aucun doute : ils n’auraient pas le choix, surtout si des sanctions étaient rigoureusement et objectivement appliquées à tous ceux et à toutes celles qui violeraient la loi, quelle que soit, par ailleurs, leur appartenance politique, sociale, religieuse ou autre. »
Cette voie n’est malheureusement pas empruntée par les gouvernants actuels, qui privilégient en toutes circonstances les considérations politiciennes. Nos mémoires sont encore fraiches de la révolte des marchands ambulants de Dakar. Le président Wade avait donné publiquement des instructions fermes de les dégager des principales artères de la capitale. Il avait affirmé que le gouvernement ne prendrait plus aucun arrêté, aucun décret, aucune loi pour cela, tous les textes existant et étant encore en vigueur. Il martelait surtout qu’il n’accepterait aucune intervention. Deux jours après, le gouverneur de Dakar applique à la lettre les instructions du président de la République et on connaît la suite : ce dernier, ayant pris peur, se rétracte et désavoue publiquement le pauvre gouverneur. Il recevra ensuite une délégation des marchands ambulants et affectera le pauvre gouverneur à Kaolack et son préfet à Mbour. Il devient depuis lors plus difficile encore de circuler à Dakar, toutes les rues étant envahies par des marchands ambulants triomphants.

MODY NIANG

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2 Commentaires

  1. Merci Mr Niang. Malheureusement la situation s’est empiree… j’espère que le peuple prendra ses responsabilités aux prochaines élections, en votant pour des gens qui pourront apporter les vraies ruptures

  2. Amen…si 57 annees n’ont pas suffits je ne sais pas ce qui nous permettra de resoudre la question. On se resoudra bien par accepter qu’un regime militaire autoritaire seul fera l’affaire.

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