Le Directeur Général de la Société Nationale d’Électricité (SENELEC) a fait face à la presse ce Mardi 26 Novembre 2019
pour décliner la nouvelle grille tarifaire décidée par la Commission de Régulation du Secteur de l’Électricité, tout en
apportant des justificatifs sur les réajustements opérés. D’après Mr Pape Demba Bitèye, sur les 1 131 050 clients
domestiques (données fin 2018), près de la moitié, soit 611 203 ménages, classifiés à faible revenu, ne seront pas
affectés par les réajustements. Cette classification de la clientèle de la SENELEC, basée sur le niveau de consommation
d’électricité (qui ne nous semble pas rigoureuse, car on peut bien être de faible revenu et exploser tous les compteurs,
ou bien être nanti et très économe en consommation énergétique), laisse penser à une « tarification mobile’’, et donc
possibilité pour toute clientèle d’être affecté ou non par les réajustements. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut plutôt
miser sur une culture d’économie d’énergie pour la clientèle et sur la mise en place de programmes d’efficacité
énergétique pour ce qui est des autorités étatiques.
2012 À 2019 : GRANDS BONDS, SACRIFICES ENORMES
Tout compte fait, ce réajustement est légitime de la part des autorités et n’est pas destinée à remplir les caisses de la
SENELEC, mais plutôt à réduire les compensations que l’état ne cesse de consentir à coups de grands sacrifices, depuis
2012, à l’avènement de son Excellence le Président Macky Sall, mais aussi de contribuer à plus d’équité sociale,
lorsqu’en 2025 on réalisera l’accès universel, avec le summum d’un mix énergétique, actuellement à 30%. C’est
également l’occasion de rappeler ici qu’en matière de fourniture d’électricité, on revient de loin, car en 2011 la
production d’énergie était en permanente dysfonctionnement avec plus de 900heures de coupure, dont la plupart
durait entre 10 à 12heures de temps. Aujourd’hui, pour des besoins d’environ 700 MWatts, on en est à 1100 MWatts
(dont 19% en Énergie verte)
MISER SUR L’ECONOMIE D’ÉNERGIE ET DES PROGRAMMES D’EFFICACITÉ ÉNERGETIQUES
Comme nous l’avons dit plus haut, la SENELEC classifie les clients à faible revenu comme étant ceux ayant une
consommation d’électricité comprise entre 0-150 kWh. Cependant, le niveau de revenu d’une clientèle n’est pas
forcément mesurable par sa consommation d’électricité. Ce qui est sûr est que la consommation d’énergie dépend
d’une certaine culture d’économie. Nous pensons qu’Il faudra miser sur l’éducation pour l’économie d’énergie dans les
ménages, car le moins on consomme d’électricité, le plus on se rapprochera de la catégorie 0-150 kWh qui ne sera pas
affectée par les hausses.
Il faudra par ailleurs, comme dans beaucoup d’autres pays, des incitatifs, pourquoi pas des ristournes, pour les ménages
les plus économes, champions de l’économie d’énergie, ou qui accepteraient des programmes ou certaines conditions
ou équipement visant l’efficacité énergétique : compteurs intelligents, équipements ou dispositifs moins énergivores
etc…. Il est possible par exemple de mettre sur pied des programmes écoenergetiques comme Éconologis au Canada,
qui est un programme qui permet une gratuité de conseils personnalisés aux ménages afin de mieux gérer leur
consommation d’énergie, mais aussi remplacer gratuitement leurs réfrigérateurs énergivores.
Il est important de donner plus de moyens à l’Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME), dont une des
prérogatives est de créer un cadre réglementaire, économique et financier incitatif et favorable à l’efficacité
énergétique.
Cheikh Oumar Dieng
Membre CCR APR-DES Canada
Chodieng(at)gmail.com

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