LAÏLATOUL QADR
(Nuit du destin)
Pendant la période de Ramadan, se trouve une nuit particulière, appelée ”
Laïlatoul Qadr ” et qui se distingue par ses grandes bénédictions et bienfaits. Le
saint Qour’aan nous l’a décrite comme étant meilleure, par sa grâce et vertu
spirituelle, que mille mois, c’est à dire 83 ans et 4 mois. Heureuse, en vérité, la
personne qui profitera de toutes les grâces de cette nuit, en passant celle-ci dans
l’adoration d’Allah, car elle aura alors obtenu la récompense de 83 années et quatre
mois d’ibadaat et même davantage. Certainement, cette nuit est un grand bienfait
pour les musulmans.
L’origine de la nuit du destin
Dans un hadice rapporté par Anas (radhi allâhou anhou ), dans ” Dourré
Mansour “, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: “Laïlatoul Qadr a
été accordée à cette communauté (oummat) et à aucune autre avant celle-ci. ” Il
existe plusieurs points de vue au sujet de l’attribution de cette faveur. D’après
certains ahaadith, en voici la raison :
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) avait l’habitude de méditer
sur la longue durée de vie des gens des temps anciens et lorsqu’il la compara avec
celle beaucoup plus courte de ceux de sa oummat, il en fut beaucoup attristé. Si ses
oummatis (membres de sa oummat) voulaient se mesurer avec leurs prédécesseurs,
alors il leur serait impossible de surpasser ou même d’imiter ces communautés
précédentes dans l’accomplissement des bonnes oeuvres. Par conséquent, Allah,
dans Son Infinie Miséricorde, leur accorda cette nuit de grandes bénédictions.
Ainsi, si une personne chanceuse de cette oummat, au cours de sa vie, passe dix
nuits semblables dans l’adoration de son Créateur, elle aura gagné la récompense de
l’adoration de 833 années et même davantage.
Une autre version rapporte que l’Envoyé d’Allah raconta une fois aux
Sahabas (radhia allâhou anhou) l’histoire d’un homme très pieux, parmi les enfants
d’Israïl, qui avait combattu mille mois dans le Sentier d’Allah. En entendant cela,
les Sahabas (radhia allâhou anhou) ressentirent de l’envie, du fait de ne pas pouvoir
obtenir la même récompense, et c’est alors qu’Allah leur accorda cette nuit. Dans
une autre version, on raconte que notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
mentionna une fois les noms des quatre personnes les plus pieuses parmi les Bani
Israïl: le prophète Ayoub (alayhis salâm), Zakariyyah (alayhis salâm), Ezéchiel
(alayhis salâm) et Yousha’ (alayhis salâm), qui avaient passé quatre-vingts années
de leur vie dans l’adoration sincère d’Allah, sans commettre la moindre
transgression (ne serait-ce que le temps d’un battement de paupière). En écoutant
avec admiration la nouvelle de cette extraordinaire dévotion, l’étonnement s’empara
des Compagnons, car de telles périodes d’adoration leur étaient impossibles, vu
l’avantage de temps dont bénéficiaient leurs prédécesseurs. Sur ce, Djibraïl (alayhis
salâm) apparut et récita la sourate d’Al Qadr.
Il existe également d’autres versions expliquant l’origine de la nuit du Destin.
Ces divergences sont dues en général au fait que, souvent, après plusieurs
événements, un verset était révélé et ensuite, chacun de ces événements pouvait être
cité comme cause de sa révélation. Mais quelle que soit l’explication que l’on puisse
adopter, il n’en reste pas moins qu’Allah a accordé une grande faveur à la
communauté du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , par l’intermédiaire de
cette nuit. Combien fortunées sont ces personnes pieuses qui n’ont jamais manqué
(depuis leur adolescence) d’accomplir des actes d’adoration durant cette nuit là !
Quant au sujet de sa détermination, il y a environ cinquante versions
différentes. Il ne m’est pas facile de les énumérer toutes, mais nous présenterons
néanmoins dans les pages de ce chapitre, celles qui sont les plus connues. Il existe
de nombreux ahaadith au sujet des vertus de cette nuit (et nous en mentionnerons
quelques-unes), mais comme le Qour’aan contient un chapitre spécial à ce sujet,
nous préférons commencer avec un bref commentaire de cette sourate (D’après une
traduction de Hazrat Mawlana Thanwi r.a. tirée de son Tafsir : “Bayan oul
Qour’aan”, alors que les autres commentaires proviennent d’autres ouvrages) :
Bismillahir Rahmanir Rahim.
“Inna anzalnahou fi laïlatil Qadr”
“En vérité Nous l’avons fait descendre au cours de la nuit de la
Détermination”.
Il est ici fait allusion au fait que, durant cette nuit, le Qour’aan a été descendu
du ” Lawhé Mahfouz ” ( Table gardée) jusqu’au premier ciel. Le simple fait que le
Qour’aan ait été révélé en cette nuit eût été suffisant pour témoigner de sa grandeur
mais, en plus de cela, cette nuit se distingue des autres par de nombreuses autres
vertus. Ainsi, dans le verset suivant, pour augmenter notre intérêt sur le sujet, Allah
pose cette question :
” wa maa ad’raaka maa Laïlatoul Qadri ? ”
“Et qui te dira ce qu’est la nuit de la Détermination? ”
En d’autres mots, la question posée ici est : “As-tu une connaissance
(quelconque) au sujet de la grandeur et de l’importance de cette nuit ?
As-tu quelque connaissance des grandes faveurs et vertus qui l’accompagnent
? ” Le verset suivant continue alors à ce sujet :
” Laïlatoul Qadri khaïroum min alfi chahrin ”
“La nuit de la détermination est meilleure que mille mois”
La vraie signification ici est que la récompense pour avoir passé cette nuit en
adoration est meilleure et supérieure au fait d’avoir passé mille mois en ibaadat
mais de combien, cela ne nous a pas été signalé ici.
” Tanazzaloul Malaaïkatou ”
” ( Dans cette nuit ) les anges descendent ”
L’imam Raazi r.a. a donné une explication subtile pour ce verset. En
commentant celui-ci, il explique que lorsque l’homme apparut pour la première fois
sur terre, les anges le regardèrent avec une certaine répugnance. Ils s’aventurèrent
même à demander à Allah : “Vas-tu créer quelqu’un qui commettra du désordre,
répandra le trouble et le sang sur la terre ? ”
De la même façon, vos parents, lorsqu’ils vous ont vu au début alors que vous
n’étiez qu’une goutte de sperme, ont éprouvé du dégoût à votre égard au point qu’ils
lavaient les vêtements empreints d’une goutte d’une telle substance. Mais lorsque
Allah transforma celle-ci en une splendide forme, alors ceux-ci se mirent à vous
contempler et à vous aimer. A présent, au cours de cette grande nuit, grâce à Allah,
quand vous êtes occupés dans l’ibaadat, les anges également descendent pour
s’excuser à propos de ces mots qu’ils avaient prononcés.
” War Rouhou fiha ”
” ainsi que l’Esprit ”
Il est ici fait référence à Djibraïl (alayhis salâm) qui descend sur la terre
durant cette nuit. Les commentateurs du Qour’aan divergent sur l’interprétation du
mot “Rouh” :
a) La grande majorité est d’accord sur le fait qu’il s’agisse ici de Djibraïl
(alayhis salâm) et, suivant l’imam Raazi r.a., c’est le sens le plus correct. Ainsi
Allah fait tout d’abord mention des anges ( Malaïka) et ensuite de Djibraïl (alayhis
salâm), en raison de son excellence.
b) Certains commentateurs ont émis l’opinion que l’Esprit (Rouh) signifiait ici
une sorte d’ange, aux proportions si extraordinaires et gigantesques, que devant lui,
les cieux et la terre ne semblaient qu’une simple bouchée.
c) Un autre groupe de commentateurs dit que” Rouh “signifie un groupe
d’anges que l’on peut apercevoir, exceptionnellement, cette nuit là, parmi les autres.
d) Il existe également une opinion disant que ” l’Esprit ” (Rouh) fait ici
allusion au Prophète Issa (alayhis salâm) –Jésus-, qui lors de cette nuit, descend
pour observer les actions pieuses de cette oummat ( Communauté).
e) La dernière interprétation que nous désirons mentionner ici est que le ”
Rouh ” signifie une grâce spéciale d’Allah qui descend après l’apparition des anges.
Il existe également d’autres interprétations, mais comme nous l’avons déjà dit,
la première est la plus commune. Elle est confirmée par un hadice rapporté dans
Sounané Bayhaqui, dans laquelle Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que le
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : ” Durant la nuit du Destin, Djibraïl
(alayhis salâm) descend avec un groupe d’anges et invoque la Miséricorde pour tous
ceux qu’il trouve occupés dans l’adora-tion. ”
” Bi izni Rabbihim min koulli amr. ”
“(Ils descendent) par la permission de leur Seigneur, (en apportant avec eux)
toutes bonnes choses. ”
L’auteur de ” Mazahiré Haq ” écrit que lors de cette nuit, il y a très
longtemps, les anges furent créés et également débuta la création de Adam (alayhis
salâm), la même nuit, les arbres furent plantés au paradis et durant celle-ci, comme
l’attestent de nombreux ahaadith, les invocations (doua’s) sont acceptées. Nous
lisons également dans ” Dourré Mansour ” que d’après un hadice, c’est lors de cette
nuit que le Prophète Issa (alayhis salâm) fut élevé dans les cieux et qu’également le
repentir (tawbah) des Bani Israïl fut accepté.
” Salamoun hiya hattaa mat’la il fadjr. ”
” (C’est une nuit de) paix jusqu’à l’apparition de l’aube”.
En vérité, cette nuit est la matérialisation même de la paix, et tout au long de
celle-ci, les anges adressent des salutations aux fidèles croyants en train d’adorer
leur Seigneur. Lorsqu’un groupe monte, un autre le remplace, comme on peut le
voir dans certains récits. Une autre interprétation est que c’est une nuit de paix et de
protection contre le mal et la discorde. Ces bénédictions durent toute la nuit jusqu’à
l’apparition de l’aube, et ne sont pas limitées à une partie quelconque.
Après avoir signalé quelques vertus de cette nuit telles qu’elles nous sont
expliquées dans le Livre d’Allah, ( ce qui aurait été suffisant), passons néanmoins
aux ahaadith où nous trouvons davantage au sujet des vertus de cette nuit.
Hadice 1
Abou Houraïra (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : “Quiconque se tient debout en prière et en
adoration durant la Nuit du Destin (Laïlatoul Qadr), avec une foi complète et
l’espoir sincère d’obtenir une récompense, aura tous ses péchés antérieurs
pardonnés.”
COMMENTAIRE
Dans le hadice susmentionné : ” se tenir debout ” fait allusion à la prière,
mais inclut également toute autre forme d’adoration, comme par exemple le Rappel
d’Allah (Zikroullah), la lecture du Qour’aan etc. La phrase : ” avec l’espoir sincère
d’obtenir une récompense ” signifie que notre intention devrait être pure et que l’on
devrait se tenir debout devant Allah en parfaite humilité et sincérité (et non par
ostentation ou autre mau-vaise intention).
Suivant Khattabi r.a., cela signifie que l’on devrait se tenir debout avec joie et
la certitude de la récompense, et non comme pour un fardeau ou à contrecoeur.
Après tout, il est connu que lorsqu’on cultive de hautes aspirations et que l’on
désire obtenir une grande récompense, en même temps que l’on a en soi la certitude
d’obtenir celle-ci, on multiplie également les adorations pour atteindre ce but, qui
devient alors chose facile. C’est la raison pour laquelle ceux qui se sont élevés au
regard d’Allah, trouvent aisé de rester en état d’adoration la majeure partie de leur
temps.
Il faut noter que lorsque les ahaadith parlent des péchés antérieurs pardonnés,
les savants disent que ce pardon ( comme il est mentionné dans le hadice ci-dessus
et dans d’autres) concerne seulement les ” petits “. En effet, comme indiqué dans le
Qour’aan, les grands péchés ne sont pardonnés qu’après un repentir sincère, avec
l’intention de ne jamais retomber dans de telles actions. Ainsi, chaque fois que le
hadice fait allusion aux péchés pardonnés, les savants le prennent comme signifiant
seulement les ” petits “. Mon défunt père (Qu’Allah le bénisse et lui accorde Sa
Lumière dans sa tombe) avait l’habitude de dire que pour deux raisons le mot “petit”
n’avait pas été mentionné dans les ahaadith. Premièrement, disait-il, chez un
véritable musulman, il ne devrait subsister aucun grand péché, car chaque fois qu’il
aura commis une telle action, il ne pourra trouver le repos ou être en paix tant qu’il
ne se sera pas sincèrement repenti devant son Seigneur. Deuxièmement, durant des
jours et des nuits aussi grands et bénis, lorsqu’il se tient debout devant son Seigneur
en prière ou en adoration, ayant l’espoir d’obtenir une récompense, un profond
sentiment d’affliction est suscité en lui en raison de ses péchés – ce qui est la
condition essentielle du repentir de même que la résolution de ne pas retourner à de
tels actes. Ainsi, en de tels jours et nuits, l’adorateur se repent sans aucun doute des
grands péchés qu’il a commis. Il est meilleur pourtant lorsque arrive une nuit
comme” Laïlatoul Qadr” que l’on se repente avec sa langue aussi bien qu’avec son
coeur, avec le désir sincère d’être pardonné, de façon à ce qu’Allah, dans Son Infinie
Miséricorde, nous efface toutes formes de péchés.
(Et lorsque vous ferez cela, souvenez-vous de moi, pauvre malheureux, dans
vos sincères invocations !)
Hadice 2
Anas (radhi allâhou anhou) rapporte qu’une fois, le mois de Ramadan était
arrivé et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : “Un mois vient
certainement de vous arriver dans lequel se trouve une nuit meilleure que mille
mois. Quiconque manquera une telle nuit aura été, en vérité, dépourvu de tout bien
et nul n’en est privé sauf celui qui est vraiment malchanceux. ”
COMMENTAIRE
Qui pourra douter de la malchance de la personne qui est dépourvue ou qui se
prive elle-même du grand bien contenu dans ” Laïlatoul Qadr”? Il existe des gens
qui, à cause de leurs fonctions et durant leur service, restent éveillés la nuit tout au
long de l’année (comme les employés de chemin de fer par exemple) ; combien il
pourrait être ainsi facile, dans l’espoir de pouvoir gagner la récompense de plus de
quatre-vingts années d’adoration, de rester éveillés pendant un mois, au service
d’Allah !
A cause du manque d’enthousiasme, nos coeurs sont dépourvus de zèle ; si cet
enthousiasme existait, des milliers de nuits passées dans l’adoration d’Allah
deviendraient extrêmement faciles. C’est ce zèle et ce désir que nous devrions
susciter. Regardez notre Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam): il lui avait
été promis, à maintes reprises, qu’il n’aurait rien à craindre dans l’au-delà et il avait
reçu la bonne nouvelle de sa position exaltée et malgré tout, nuit après nuit, on le
trouvait en état d’adoration, à tel point que ses pieds enflaient. Nous appartenons à
sa communauté, et parmi nous se trouvent de nombreuses saintes personnes qui ont
suivi cet exemple. Ils étaient eux aussi des êtres humains, et nul ne pourra dire qu’il
nous est impossible d’avoir la même ardeur pour l’adoration. Ils sont devenus des
modèles pour les autres et nul ne pourra plus dire également: “Qui peut se mesurer
au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et qui peut avoir le courage de faire
comme lui ?” Tout ceci n’est qu’une question de conviction au fond du coeur, car
pour ceux qui ont le désir de faire les choses, la tâche la plus difficile (comme de
creuser une rivière de lait dans une montagne par exemple) n’est pas impossible.
Mais l’on ne saurait obtenir cela sans suivre une éducation spirituelle auprès des
Mashâïkh (guides dans la voie qui mène à Allah).
Un poème dit :
“Si tu veux obtenir la compassion du coeur,
Tu dois rester au service des fouqarah (pauvres),
Car ce joyau ne peut être obtenu du trésor des rois.”
Ainsi, ce n’est pas sans raison que Omar (radhi allâhou anhou) rentrait chez
lui, après avoir accompli sa prière Isha et restait en prière tout au long de la nuit
jusqu’au matin.
On trouve aussi l’exemple du pieux Khalife Othman (radhi allâhou anhou )
qui, après avoir jeûné tout le jour, passait la nuit en prière après avoir dormi un peu
durant la première partie et récitait le Qour’aan en entier dans une seule rakaate.
Dans le commentaire de ” Ihya Ouloumiddine “, Abou Taalib Makki r.a.
mentionne (d’après une source sûre le cas de quarante personnes parmi les
Tabéïnes qui avaient l’habitude d’accomplir leur prière de l’aurore (fadjr) avec les
mêmes ablutions que celles de la prière de la nuit (Isha).
Chaddad (radhi allâhou anhou ), quant à lui, était ce sahaba qui, au moment
de s’allonger sur son lit, ne cessait de se retourner jusqu’à l’aube, et disait alors : “O
Allah, la crainte du feu de l’enfer m’a enlevé le sommeil ! ” Assouad bin Yazid r.a.
quant à lui, excepté entre maghrib et Isha où il dormait un peu, passait toutes ses
nuits de Ramadan en état d’adoration. Quant à Saïd Ibn Moussayyib r.a., pendant
cinquante ans , dit-on, il accomplit la prière de Isha et de Fadjr avec les mêmes
ablutions.
Il y a aussi l’exemple de Sila bin Ashyam r.a. qui, après avoir passé toute la
nuit dans l’adoration, s’adressait à Allah en ces termes : “O Allah, je suis indigne de
te demander le paradis. Et la seule chose pour laquelle je t’implore, c’est de me
sauver de l’enfer que tu réserves aux plus indignes de tes créatures ! ”
Qataadah (radhi allâhou anhou ) avait l’habitude de terminer la récitation du
Qour’aan toutes les trois nuits de Ramadan et une fois dans toutes celles de la
dernière décade. Il est bien connu que l’Imam Abou Hanifah r.a., pendant quarante
ans, fit la prière de Isha et de Fadjr avec les mêmes ablutions ( et réfuter cela serait
enlever toute crédibilité à l’histoire.) Lorsque ses compagnons lui demandaient d’où
lui provenait cette force, il répondait : ” C’est par la bénédiction d’une invocation
spéciale que j’ai adressée à Allah par l’intermédiaire de certains de Ses Noms “. Il
dormait seulement un peu les après-midi en disant : ” Il nous a été recommandé,
dans le hadice, de faire la sieste ” ( En d’autres mots, même dans son sommeil de
l’après-midi, son intention était de suivre la sounnat. ) Il avait l’habitude de pleurer
si fort en récitant le Qour’aan que ses voisins avaient pitié de lui. Une fois il pleura
toute la nuit en répétant à maintes reprises ce verset :
“Non, mais l’heure sera leur rendez-vous. L’Heure, cependant, est chose très
terrible et très amère” (Sourate la Lune-Verset: 46)
Ibrahim Ibn Adham r.a. quant à lui, ne dormait, durant le Ramadan, ni le jour
ni la nuit. L’Imam Shaafi r.a., durant ce même mois, récitait soixante fois le
Qour’aan en entier durant ses prières de jour et de nuit.
A part le cas de ces quelques personnes, il existe encore des centaines de
récits semblables au sujet de ceux qui ont pris en considération le verset :
” Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour M’adorer. ”
Tels sont les exemples de nos prédécesseurs. Même de nos jours, on peut
encore trouver de nombreuses personnes qui font cela, même si elles n’atteignent
pas ce degré de sacrifice, mais en considération de leur force et capacité, elles sont
malgré tout des exemples vivants des “Salafs” (pieux prédécesseurs). Elles suivent
réellement le noble exemple de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et
ne laissent pas leurs occupations mondaines ni leur confort matériel faire obstacle à
cela.
Le Messager d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit:” Allah a dit : “O
fils d’Adam, consacre-toi à mon adoration, Je comblerai ton coeur de richesses et
J’éloignerai de toi la pauvreté, sinon Je remplirai ta poitrine d’occupations et tu ne
seras pas à l’abri de la pauvreté. ”
Combien de fois observons-nous cette vérité dans les expériences
quotidiennes !
Hadice 3
Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) a dit : ” Durant la nuit du Destin, Djibraïl (alayhis salâm) descend sur
terre en compagnie d’un groupe d’anges, (et) ils invoquent la bénédiction pour
chaque serviteur d’Allah qu’ils trouvent debout en adoration ou assis, ( et qui sont
occupés) dans le souvenir d’Allah. Alors le jour de la Fête (Aïd el Fitr) Allah fait
leur éloge auprès des anges ( car avant ils avaient critiqué les hommes ) et dit : “O
anges, quelle est la récompense de ce serviteur qui a pleinement accompli sa
tâche ” ? Ils répondent : O notre Seigneur, sa récompense est qu’on lui donne son
plein salaire. Allah dit alors : ” O mes anges, en vérité mes serviteurs et mes
servantes ont accompli l’obligation qui leur avait été imposée et ils se dirigent ainsi
(vers le Mouçallah), en élevant la voix en invocation pour Moi. Je jure par mon
Honneur, Ma Gloire, Ma Générosité, ainsi que par Ma Grandeur et Ma Position
élevée : J’accepterai certainement leurs invocations “. Puis Allah leur dit:
“Retournez, certainement, Je vous ai pardonné et J’ai transformé vos péchés en
bonnes actions”. Puis, ils retournent (du Mouçallaa, Idegaah en Ourdou)
pardonnés de tous leurs péchés “.
COMMENTAIRE
Dans le Qour’aan comme dans ce hadice, il est clairement mentionné que
Djibraïl (alayhis salâm) descend avec les anges. L’auteur de Ghaaliyatoul Mawaaez
signale de la part de Shaikh Abdoul Qâdir Djilaani r.a. que dans un hadice rapporté
par Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ), il est mentionné que Djibraïl (alayhis salâm) ,
après sa descente, ordonne aux anges de se rendre dans la maison de tous ceux
occupés dans l’adoration et de les saluer. Alors les anges se répandent pour visiter
chaque maison, petite ou grande, sur terre ou sur mer, dans la ville ou dans la
campagne, dans laquelle se trouve un adorateur, pour le saluer. Pourtant certaines
maisons ne sont pas visitées : la maison dans laquelle se trouve un chien ou un
porc, de même que celle dans laquelle se trouve un homme en état d’impureté
majeure à cause de l’adultère et la maison qui contient des représentations figurées.
Comme il est malheureux que beaucoup de maisons de musulmans soient privées
de la venue des anges simplement à cause de la présence d’images ! Ils se privent
alors de la Bénédiction d’Allah, tout cela uniquement dans le but d’ajouter ce qui
leur semble être un peu plus de ” décor “. Il suffit qu’une seule représentation ait été
accrochée par un membre négligeant de la famille pour que toute la maison se
trouve complètement dépourvue de la présence des anges de la bénédiction !
Hadice 4
Aïcha (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sal-lallâhou
alayhi wa sallam) a dit :
” Recherchez ” Laïlatoul Qadr ” dans les nuits impaires des dix derniers
jours du Ramadan.”
COMMENTAIRE
Le hadice ci-dessus nous recommande de chercher la Nuit du Destin parmi
les dix dernières nuits du Ramadan. D’après la grande majorité des savants, les dix
dernières nuits commencent à partir de la vingt et unième, que le mois comporte 29
ou 30 jours. On devrait donc la rechercher lors de la vingt et unième, vingt
troisième, vingt cinquième, vingt septième ou vingt neuvième nuit. Même si le
mois est de vingt neuf jours, cela ne change rien pour le calcul des dix derniers
jours Akhir Asharah )
Ibn Hazm r.a. a pourtant une opinion différente, disant que le mot
” Asharah “, utilisé dans le hadice signifie : dix. Ainsi le calcul mentionné ci-dessus
ne sera correct seulement lorsque le mois de Ramadan comprendra trente jours. Au
cas contraire, quand le mois est seulement de vingt neuf jours (comme cela arrive
souvent), les dix derniers jours seront comptés à partir du vingt neuvième et
commenceront, en fait la vingtième nuit. Suivant ce calcul les nuits impaires seront
en fait, les vingtième, vingt deuxième, vingt quatrième, vingt sixième et vingt
huitième.
Néanmoins toutes les autorités sont d’accord sur le fait que, dans sa recherche
de la nuit du Destin, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) ne
commençait sa retraite spirituelle (I’tikaaf) que la vingt et unième nuit. En raison de
cela, elles considèrent les nuits impaires, à partir de la vingt et unième comme plus
propices à sa recherche. Cependant on devrait, malgré tout, passer chacune de
celles-ci à partir de la vingtième, en adoration, de façon à être sûr de bénéficier des
bénédictions de “Laïlatoul Qadr” ( qui peut également arriver dans les nuit paires ).
Consacrer dix ou onze nuits de la sorte n’est assurément pas si difficile pour la
personne qui espère en une récompense !
Hadice 5
Oubaadah bin Saamit (radhi allâhou anhou ) rapporte : “Une fois l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) vint nous informer au sujet de la nuit du
Destin, (malheureusement à ce moment) une querelle survint entre deux musulmans
et il ajouta : ” j’étais venu de façon à vous dire quand était la nuit du Destin, mais
telle et telle personne se sont disputées, et l’attribution de sa date correcte fut
retirée. Il se peut que cela soit meilleur pour vous. Ainsi recherchez celle-ci parmi
les neuvième, septième et cinquième nuits.”
COMMENTAIRE
Trois points importants sont mentionnés dans ce hadice. Premièrement, il est
fait mention d’une dispute tellement mauvaise, qu’elle fut la cause de la suppression
de la réelle connaissance de la date de Laïlatoul Qadr. En effet, les disputes
entraînent toujours la perte de bienfaits. Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) demanda aux Compagnons : “Vous informerai-je d’une action qui
est meilleure que la prière, le jeûne et les actes de charité ?”
Les Compagnons (radhia allâhou anhoum) répondirent: “Certainement.”
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit alors : “Entretenir de bonnes
relations entre vous est la meilleure chose, car, en vérité, les disputes éliminent
( rasent ) la religion.” C’est à dire que tout comme le rasoir rase les cheveux de la
tête, les disputes éliminent la religion. Ne parlons pas des gens qui sont plongés
dans les affaires de ce bas monde et ne sont pas au courant de la religion, mais
même ceux qui sont occupés dans les longs tasbihs (formules du souvenir d’Allah)
et qui proclament leur attachement au “Dîne” sont constamment impliqués dans des
querelles entre eux. Je vous en prie, prenez en considération, la parole du Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) et souciez-vous ensuite de ce ” Dîne ” que vous
utilisez, par orgueil, comme moyen pour ne pas vous laisser aller à une
réconciliation pourtant naturelle. Dans le premier chapitre de ce livre, nous avons lu
que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) avait dit qu’insulter un
musulman était la pire catégorie de l’usure. Pourtant, au milieu de nos disputes,
nous n’épargnons ni l’honneur de notre frère, ni ne retenons nos insultes, ne tenant
ainsi aucun compte des injonctions d’Allah et de Son Bien-Aimé Pro-phète
(sallallâhou alayhi wa sallam). Allah Lui-même dit : ” Et ne vous disputez pas,
sinon vous fléchirez et perdrez votre force, et soyez endurants car Allah est avec les
endurants.” (Al Anfâl verset 46)
Il est maintenant du devoir de ceux qui cherchent toujours querelle et qui
salissent l’honneur et la dignité des autres, de s’asseoir un instant dans la solitude et
de réfléchir à quel point ils sont en train de porter atteinte à leur propre dignité, et
combien ils sont en train de se déshonorer aux yeux d’Allah ainsi qu’à ceux d’autrui.
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit que celui qui coupait
les relations avec son frère musulman plus de trois jours et qui mourait dans cet
état, irait directement en enfer. Dans un autre hadice, il est dit que chaque lundi et
jeudi, les actions des hommes sont présentées devant Allah. Ensuite, par Sa
Miséricorde ( et dû à certaines bonnes actions), Il accorde Son Pardon, excepté aux
idolâtres. Quant aux deux personnes qui se sont disputées et qui ont coupé leurs
relations, il sera dit : “Laissez-les tant qu’elles ne se seront pas réconciliées.” Un
autre hadice affirme que lorsque les actions sont présentées devant Allah, les lundis
et jeudis, le repentir de celui qui se repent est accepté de même que le pardon de
celui qui le demande. Quant à ceux qui se sont disputés, ils seront tenus à l’écart.
Un autre hadice nous enseigne plus loin que durant la quinzième nuit du mois
de Chaabane, la Miséricorde d’Allah descend sur toutes les créatures et que Son
Pardon est accordé à tous, sauf à deux catégories de personnes. La première est
constituée de personnes mécréantes (Kâfir) et la seconde de celles qui entretiennent
de mauvaises relations avec les autres . Dans un hadice il est dit : “Il y a trois sortes
de personnes dont la prière ne dépasse pas plus d’une coudée au-dessus de leur tête
(en vue de son acceptation). Parmi elles, figure celle des gens qui se disputent”.
Arrivé à ce point, je n’ai pas regroupé tous les ahaadith à ce sujet mais je n’ai cité
ces quelques traditions qu’une fois après avoir constaté que l’élite et les personnes
considérées comme pieuses et saintes (ne parlons pas du commun des mortels)
étaient remplies de tels actes abominables.
“A Allah appartient ma doléance et c’est Lui dont on implore le Secours.”
Une deuxième chose qu’il faut noter aussi est que le fait de se quereller et de
couper toute relation avec autrui soit considérée comme un crime et quelque chose
de mauvais dans l’Islam, surtout s’il provient de la haine et de l’inimitié ayant pour
origine les choses de ce monde. Autrement il est autorisé de rompre les relations
avec quelqu’un à cause de ses mauvaises actions ou pour certains motifs religieux
( lorsque celui-ci se trouve impliqué dans l’erreur et les choses blâmables ). Une
fois, Ibn Omar (radhi allâhou anhou ) cita une parole de l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam), au sujet de laquelle, son fils émit une réflexion qui
extérieurement semblait la contredire. Le résultat fut que Ibn Omar (radhi allâhou
anhou ) n’adressa plus jamais la parole à son fils aussi longtemps qu’il vécut. On
raconte plusieurs incidents semblables au sujet des Sahaabas (radhia allâhou
anhoum). Mais en ce qui nous concerne, Allah connaît mieux et Lui Seul est au
courant de l’état de nos coeurs et Il sait quelles relations ont été rompues à cause de
Dîne et lesquelles à cause de notre propre honneur, fierté et dignité. Car chacun
peut faire passer sa haine et sa rancune au nom de “Dîne”.
Le deuxième point sur lequel ce hadice attire notre attention est le fait qu’on
devrait être satisfait et accepter avec bonne grâce la sagesse des décisions d’Allah.
Par exemple, bien qu’apparemment, la perte de la connaissance de la date exacte de
Laïlatoul Qadr soit une chose très sérieuse, on devrait tout de même l’accepter
comme provenant de la part d’Allah. Pour cette raison l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) a dit : “Peut-être que cela est préférable pour vous.” Nous
devrions beaucoup méditer sur ce point et en tirer de grandes leçons. A chaque
instant, Allah se montre Miséricordieux et Généreux envers ses serviteurs. Si
quelqu’un est touché par une difficulté quelconque en raison de ses mauvaises
actions, il lui suffit de se tourner vers Allah et de reconnaître ses faiblesses pour
qu’aussitôt la Miséricorde divine ne le recouvre et que son épreuve devienne alors
pour lui la cause d’un plus grand bien. Et pour Allah, rien n’est difficile !
Les savants ont mentionné quelques autres avantages en notre faveur, du fait
de la méconnaissance de la date précise de Laïlatoul Qadr. Tout d’abord, si nous
avions eu la connaissance de cette nuit bénie beaucoup de gens négligents auraient
cessé de faire des actes d’adoration durant les autres nuits. Or, dans l’état actuel des
choses, “ceux qui recherchent” ont la possibilité de rester éveillés plusieurs nuits en
adoration dans l’espoir que ce soit Laïlatoul Qadr.
Deuxièmement, il existe parmi nous une catégorie de personnes qui n’arrive
pas à s’abstenir du mal. Combien il aurait été dangereux pour ce genre de
personnes, qu’en dépit de leur connaissance de la nuit du Destin, elles aient eu
l’audace de faire le mal.
Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), vit, en entrant
dans la mosquée, un de ses Compagnons en train de dormir. Il dit à Ali (radhi
allâhou anhou ) : ” Réveille-le afin qu’il puisse faire ses ablutions “. Ce que fit Ali
(radhi allâhou anhou ), puis il s’adressa au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
ainsi : “O Messager d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), vous qui vous
empressez toujours de faire le bien, pourquoi ne l’avez-vous pas réveillé vousmême?
” Le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit alors : “J’ai eu
peur que cet homme refuse, et le refus de ma parole est équivalent au
koufr (infidélité) . Tandis que s’il avait refusé de suivre la tienne, cela n’aurait pas
été du koufr. ” Ainsi, Allah, dans Sa miséricorde, ne veut pas qu’en dépit de sa
connaissance de Laïlatoul Qadr, un musulman passe cette nuit dans le péché.
Troisièmement, si cette nuit avait été fixée et que quelqu’un l’avait laissé
passer sans le vouloir, alors il serait fort probable qu’ensuite, pendant le reste du
Ramadan, il ne passerait plus, par frustration, aucune autre nuit en adoration, alors
qu’il en reste encore quelques-unes ; tandis que maintenant, combien de personnes
parmi nous ont la possibilité de passer une, deux ou trois nuits en Ibadaat (alors
qu’elles ignorent sa date exacte) !
Quatrièmement, chaque nuit passée en Ibadaat à la recherche de Laïlatoul
Qadr entraîne une récompense spéciale.
Cinquièmement, nous avons vu que durant le Ramadan, Allah vantait auprès
de ses anges les croyants qui s’évertuaient dans les actes d’adoration. Maintenant, en
de telles occasions, pour obtenir l’Agrément d’Allah, ils passent, à Son service,
nuits après nuits, en dépit du manque de connaissance de sa date exacte,
augmentant ainsi les éloges qu’Allah fait à leur sujet. Si tel est leur zèle dans cette
condition, alors combien d’autres efforts auraient-ils entrepris s’ils en avaient eu
connaissance !
Il peut exister également d’autres avantages. Il est connu qu’Allah garde
souvent certaines choses de grande importance secrètes, comme par exemple
l’l'smoul A’zam (Le plus grand nom d’Allah par lequel Il répond aux invocations),
de même que par exemple, un certain moment où, le jour du Djoum’ah (Vendredi),
les doua’s sont acceptés. Il existe encore de nombreuses choses de cette sorte. Il est
possible qu’à cause de cette dispute, la détermination de cette nuit ait été enlevée
pendant ce mois de Ramadan précis et que par la suite, elle ait été effacée pour
toujours, pour les autres raisons susmentionnées.
Le troisième point mentionné dans ce hadice est le fait que l’on devrait
rechercher Laïlatoul Qadr parmi les trois nuits suivantes : la neuvième, septième et
cinquième. En faisant le rapprochement avec les autres ahaadith, on arrive à
comprendre qu’il est ici fait allusion aux dix dernières nuits de Ramadan. Ainsi
pour déterminer de quelles nuits il s’agit, en commençant à compter à partir de la
vingtième ( en remontant ), on tombera sur les trois nuits du 25, 27 et 29. Si au
contraire, on commence à partir de la vingt-neuvième, en redescendant ( au cas où
le mois soit de 29 jours ), celles-ci tomberont le 21, 23, 25, mais si le mois est de 30
jours se seront la vingt-deuxième, vingt-quatrième, vingt-sixième nuit. On voit ainsi
combien il existe d’incertitude au sujet de cette date et l’on trouve en fait, parmi les
grands savants, environ cinquante opinions différentes. A cause de cela quelques
savants ont dit que Laïlatoul Qadr ne tombait pas la même nuit chaque année. Si
telle année c’était une nuit particulière, une autre, c’était une nuit différente. A
certaines époques, le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) recommandait à
ses Compagnons de la rechercher parmi un certain nombre de nuits alors qu’à
d’autres, il insistait sur une nuit particulière.
Hazrat Abou Houraïrah (radhi allâhou anhou ) rapporte, qu’une fois, au cours
d’une assemblée avec les compagnons (radhia allâhou anhoum) on fit mention de
Laïlatoul Qadr et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda : ”
Quelle date sommes-nous aujourd’hui ? ” Ils répondirent : “Le 22 Ramadan”. Le
Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : “Recherchez-la au cours de la
nuit qui vient.”
Hazrat Abou Zar (radhi allâhou anhou ) raconte: ” Je demandai une fois au
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) si Laïlatoul Qadr serait accordée seulement
durant la vie de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) ou si elle
continuerait après lui. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit :
” Elle continuera jusqu’au jour du jugement. “Je lui demandai alors : “A quel
moment du Ramadan a-t-elle lieu ? ” Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
répondit : “Cherchez-la au cours des dix premiers et des dix derniers jours. “Puis le
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) parla d’autres choses. J’attendis et, trouvant
une autre occasion, je lui demandai : “Dans quelle partie de ces dix jours se trouve
Laïlatoul Qadr”? Sur ce, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) se mit en
colère après moi, comme il ne l’avait jamais fait auparavant et dit : “Si cela avait été
la Volonté d’Allah, alors ne nous l’aurait-il pas fait savoir, recherchez-la parmi les
sept dernières nuits et ne me posez plus de questions !”
Il est signalé dans un autre hadice que l’Envoyé d’Allah (sallal-lâhou alayhi
wa sallam) dit à un Compagnon que Laïlatoul Qadr était la vingt-troisième nuit.
Hazrat Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ) raconte : ” Une fois, alors que je dormais,
quelqu’un me dit dans un rêve : ” Lève-toi, c’est Laïlatoul Qadr. ” Je me réveillai et
me rendis avec hâte auprès de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et le
trouvai en prière. C’était la vingt-troisième nuit. Dans d’autres versions, c’est la
vingt-quatrième qui est mentionnée. Hazrat Abdoullah Ibn Mass’oud (radhi allâhou
anhou ) dit : ” Celui qui passe chaque nuit de l’année en adoration (ibadaat) pourra
trouver Laïlatoul Qadr (En d’autres mots, cette nuit bénie se déplace tout au long de
l’année et ne tombe pas nécessairement durant le Rama-dan.). Quand on mentionna
ceci à Hazrat Oubay bin Kaa’b (radhi allâhou anhou ) , il dit : “Ibn Mass’oud veut
dire par là que les gens ne doivent pas seulement se contenter de chercher Laïlatoul
Qadr durant une seule nuit.” Ensuite, il jura par Allah que celle-ci tombait la vingtseptième
du Ramadhan. Ceci est également le point de vue de nombreux Sahabas
(radhia allâhou anhoum) et Tabéines r.a. Ce qu’ont voulu dire Hazrat Ibn Mass’oud
et Oubay (radhia allâhou anhoumâ) , c’est que la personne qui restait en ibadaat
toutes les nuits de l’année trouverait certainement celle-ci ( Comme on le voit dans
un hadice dans Dourré Mansour ). Il existe parmi les Imams une opinion bien
connue de Abou Hanifah r.a. disant que Laïlatoul Qadr variait au cours de l’année.
Il existe également un autre de ses points de vue disant qu’elle se déplaçait tout au
long du Ramadan. Ses célèbres disciples et étudiants, quoiqu’il en soit, pensaient
que celle-ci tombait une nuit particulière (inconnue de nous), durant le mois sacré
de Ramadan. Alors que les Shafii’s pensent que, très probablement, elle a lieu la
vingt et unième nuit. L’Imam Ahmad et l’Imam Malik r.a., eux, partagent le point de
vue qu’elle tombe durant les dix dernières nuits impaires du Ramadan, variant
d’année en année et qu’elle n’est pas fixée. Mais la vaste majorité des Oulama
considèrent qu’elle a lieu, le plus probablement, chaque année, la vingt-septième
nuit du Ramadan.
Le maître des Arifines (personnes ayant accédé à la connaissance d’Allah),
Ibn Arabi r.a., a dit : ” A mon opinion, le point de vue de ceux qui pensent que
Laïlatoul Qadr se situe en des nuits différentes, variant tout au long de l’année, est
vraisemblablement le plus correct, parce que, deux fois, je l’ai vue durant le mois de
Chaabane – lors de la quinzième nuit et lors de la dix-neuvième – et deux fois dans
le milieu de la deuxième décade du Ramadan, durant la treizième et dix-huitième
nuit. Et je l’ai vue également dans toutes les nuits impaires de la dernière décade.
C’est pourquoi j’ai la certitude que cette nuit se situe dans différentes nuits de
l’année bien que, le plus souvent, on la trouve dans le mois béni de Ramadhan”.
Hazrat Shah Walliyoullah Delhawi r.a. pensait qu’il y avait deux “Laïlatoul
Qadr” chaque année :
a) Une Laïlatoul Qadr qui correspond à la nuit durant laquelle descendent les
décrets divins et qui est également celle pendant laquelle le saint Qour’aan
descendit du “Law al Mahfouz” (La table gardée). Elle n’est pas spécifique au
Ramadan mais varie et peut survenir n’importe quelle autre nuit de l’année.
Néanmoins, la nuit particulière où fut révélé le Qour’aan eut lieu pendant le
Ramadan.
b) La seconde Laïlatoul Qadr est celle où “la spiritualité” se répand d’une
façon particulière et où les anges descendent en grand nombre tandis que les
démons sont retenus et que les invocations sont exaucées. Cette nuit n’arrive que
pendant le Ramadan, lors des différentes nuits impaires des dix derniers jours. (Ce
dernier point de vue de Shah Waliyoullah r.a. était celui que mon père r.a.
préférait.)
De toute façon, qu’il y ait deux Laïlatoul Qadr ou une, chacun devrait la
rechercher suivant ses propres forces et son courage, et s’il ne le peut tout au long
de l’année, alors, au moins durant le Ramadan, ou si ce n’est pas possible, au cours
des précieux dix derniers jours. Si cela aussi lui parait un ” peu trop “, alors au
moins dans les nuits impaires de la dernière décade, et au cas où l’on ne puisse
passer également celles-ci (Qu’Allah nous en préserve!), alors on devrait considérer
la nuit du vingt-septième comme une autre précieuse occasion. De cette façon, si
par la grâce d’Allah, quelqu’un a la chance de passer cette nuit en adoration, alors
cela vaudra mieux que tous les conforts et les délices de ce monde ! Et même si
quelqu’un n’arrive pas à trouver cette nuit tant recherchée, alors au moins, recevra-til
une récompense pour son adoration. Finalement, on devrait s’efforcer de pratiquer
toute l’année les prières de Icha et Maghrib en djamaate (groupe), car au cas où (par
chance) cela tombe sur “Laïlatoul Qadr”, la récompense pour ces deux prières sera
multi-pliée.
C’est une grâce immense de la part d’Allah que lorsqu’on entreprend un effort
à des fins religieuses et que celui-ci n’est pas couronné de succès, on soit tout de
même récompensé pour cet effort. Mais malgré cela, combien de gens courageux
parmi nous sont attachés au Dîne (religion), et meurent-ils pour elle ou se
sacrifient ?
Par contre, en ce qui concerne les affaires de ce monde, quand des efforts ne
portent pas de fruits, alors on les considère comme vains. En dépit de cela, combien
de gens détruisent leur vie et leurs biens pour des raisons matérielles ou dans
l’acquisition des choses futiles et sans consistance !
Hadice 6
Oubaadah bin Samit (radhi allâhou anhou ) rapporte qu’il a questionné le
Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au sujet de Laïlatoul Qadr. Il
répondit : “Elle se situe dans le Ramadan, durant les dix derniers jours, dans une
nuit impaire, soit la vingt-et-unième, vingt-troisième, vingt-cinquième, vingtseptième,
la vingt- neuvième ou encore dans la dernière. Quiconque passe cette
nuit en Ibadaat avec une foi sincère et de fermes espoirs d’obtenir une récompense,
ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. Parmi les signes de cette nuit il y a le
fait qu’elle soit sans nuage, brillante, tranquille, la lune y resplendit ( à cause de la
présence de lumière ), elle n’est ni chaude ni froide et les chayâtine ne sont pas
frappés par les étoiles filantes (météores) durant cette nuit là ; et cela jusqu’à
l’arrivée de l’aurore. Un autre signe est qu’au lever du jour, le soleil se lève sans
aucun rayon, ressemblant davantage à la lune quand elle est pleine. En ce jour,
Allah interdit aux chayâtine de sortir en même temps que le soleil.” (Contrairement
aux autres jours où ils apparaissent à cet endroit.)
COMMENTAIRE
Une partie de ce qui a été mentionné dans ce hadice a déjà été traitée
précédemment. Quelques signes sont évoqués ici au sujet de cette même nuit. Ces
signes sont clairs et ne nécessitent pas d’explication supplémentaire. Il en existe
d’autres en outre, comme il est mentionné dans les ahaadith ou les récits de ceux qui
ont eu la chance de trouver cette nuit là. Le signe le plus spécifique dans ce hadice
est le lever du soleil sans aucun rayon. Les autres signes ne sont pas nécessairement
toujours présents. Un Sahabi (radhi allâhou anhou) : Abda bin Abi Loubaaba dit :
“La nuit du vingt-septième, j’ai goûté l’eau de la mer et je l’ai trouvée tout à fait
douce. “Ayoub Bin Khalid (radhi allâhou anhou ) dit : “Une fois j’ai eu besoin de
prendre un bain dans la mer et en la goûtant, je trouvai que l’eau était douce. C’était
lors de la vingt-troisième nuit. ” Quelques mashâïkhs écrivent que durant la nuit du
Destin, chaque chose se prosterne devant Allah, à tel point que les arbres se
courbent vers le sol, pour retourner ensuite dans leur position normale, mais ces
signes sont, de toute façon, des phénomènes spirituels de “Kachf” (dévoilement )
qui ne sont pas visibles par tout le monde.
Hadice 7
Aïcha (radhi allâhou anhou) rapporte “J’ai dit une fois :”O Messager d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) dis-moi, s’il m’arrivait de trouver Laïlatoul Qadr,
quelle invocation devrai-je faire ?” Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
répondit : “Dis : “O Allah, Tu es Celui qui pardonne les péchés, Tu aimes le
pardon, pardonne moi.”
COMMENTAIRE
Ce doua’ est certainement une invocation à la signification très large, car, si
Allah, par Sa Bonté et Sa Grâce, nous soulage des comptes de l’au-delà, alors que
pourrait-on espérer de plus ?
Je ne demande pas l’acceptation de mes ibaadates (actes d’adoration) mais
que mes péchés soient pardonnés. (Poème). L’Imam Soufiane Thauri r.a. avait
l’habitude de dire que le fait de se consacrer, en cette nuit, aux invocations, était
meilleur que toute autre forme d’adoration. Ibné Rajab r.a. dit qu’on ne devrait pas
seulement rester occupé dans le doua, mais que l’on devrait prendre part également
à toute autre forme d’ibadaat, telles que la récitation du Saint Qour’aan, la prière, la
contemplation (Moraqabaat) etc. Cette dernière opinion semble plus correcte et plus
proche de ce qu’a dit l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) comme cela a
déjà été mentionné dans les ahaadith précédents.
In “Les vertus du mois de Ramadan”
(CHEIKH ZAKARIYYAH)
je demende juste comment peut ont faire pour mieux connaitre dieu et sont prophet mouhamed