C’est à l’issue des élections législatives du 30 juillet 2017 que l’opposition (radicale) a perdu la future élection présidentielle du 24 février 2019. Dès lors, que cette opposition radicale réunie autour de la grande coalition Manko Wattu, a explosé du fait essentiellement d’un conflit d’ego, de leadership voire même un conflit générationnelle entre le PR Abdoulaye Wade et le Maire de Dakar Khalifa Sall, sur la question de la tête de liste nationale.
Comme l’opposition radicale n’a pu s’entendre pour une liste, dans l’intervalle et d’ici à 2019, difficile de penser que cette même opposition radicale pourrait s’entendre pour avoir un candidat unique. Pour plusieurs raisons. Et sans un candidature unique de l’opposition radicale comme en 2000, difficile voire impossible de battre le PR Macky Sall en 2019.
Renseignements et Enseignements des législatives du 30 juillet 2017
A l’analyse et au décryptage des résultats des élections législatives du 30 juillet dernier, le PR Macky Sall a fini de faire le vide autour de lui et n’a pas en face de lui pour 2019, aucun challenger sérieux mais des outsiders dangereux. Sur le chemin de 2019, le PR Macky Sall consolidera son électorat dans les terroirs Poulaguou et Foulbé du Fouta Torro, de Bosséa au Torro “Podor”, en passant par le Nguénar, le Damgua et le Dandémayo . Le PR Macky Sall renforcera sa base affective dans les terroirs de mes cousins Séréres, “Erréres” et “Niérréres” du Sine. Le PR Macky Sall augmentera son capital de sympathie et de séduction qui se transformeront en vote dans les urnes, dans une large partie des terroirs Wolof des Saloum-Saloum, des Walo-Walo, des Cadior-Cadior et des Djolof-Djolof.
Quoique mis en ballottage dans le terroir Mouride de Touba et de Mbacké, le Pr Macky Sall pourrait combler très vite cet écart par une forte mobilisation-reconnaissance des terroirs Mandingue, Diola, Balante et Peulh de la Casamance, qui ”kou léne lébal béne niou faye la niarr”. Pour avoir servi à Diannah Malary entre 2001 et 2005, on ne sort pas indemne de sa rencontre avec la Casamance, sans en être transformé. Tant qu’il est vrai que l’authentique et la plus pure et haute Téranga sénégalaise est Casamançaise.
Le PR Macky Sall est parti pour creuser l’écart dans les différents terroirs du Sénégal oriental, que ce soit dans les terroirs Bambara, Saraxolé et Soninké, de Tambacounda à Bakel en passant par le Moudéri, le Guadiaga et le Diawara. Si la grande équation reste le terroir Bassari et Soninké, ”Terre des Hommes”, la région de Kédougou pourrait basculer au profit de qui le Député Moustapha Guirassy ira lors de la prochaine présidentielle.
Reconduction du PM: Deux (2) Hypothèses à contre-courant
Seulement, une quasi future victoire en 2019 qui se lisait facilement parce que les jeux étaient faits et les dés jetés, risque de devenir on ne peut plus compliquée. Le PR Macky Sall, dans son pouvoir discrétionnaire et constitutionnel de nommer à tous les postes civils et militaires, n’a t-il pas joué contre lui-même en reconduisant son Premier ministre? Et pour cause et ceci pour deux raisons.
1) En reconduisant son Premier ministre, Mohammad Boun Abdallah Dionne qui a lui même reconduit la presque totalité de ses ex-ministres, le PR Macky Sall a davantage fait un réaménagement ministériel qu’un remaniement ministériel alors qu’un réaménagement joue à la faveur de l’opposition (radicale) et qu’un remaniement jouerait à la faveur de la majorité silencieuse qui écoutent et regardent, ces quelques un million et demi d’électeurs n’étant organiquement d’aucun parti politique et trans-partisans de surcroît. Ainsi, le PR a donné à l’opposition radicale dont le réveil a été douloureux et la désillusion profonde au soir du 30 juillet 2017, l’occasion de sortir de sa noyade et d’être maintenant en apnée. Une survie dont l’opposition radicale va exploiter à fond, en installant le pays davantage dans le débat politique du ”ôtes-toi que je m’y mette” en lieu et place
d’apporter éclairage et expertise dans le but d’enrichir notre réflexion commune en vue de permettre notre pays, le Sénégal, de consolider sa position d’une part et d’autre part, nourrir le PSE et sa mise en oeuvre, par le biais de regards croisés et complémentaires.
Ainsi, n’était-il pas plus profitable pour le PR Macky Sall, de nommer un Premier Ministre hors mouvance présidentielle pour mieux taper dans les esprits de ses concitoyens en vue de 2019, après avoir tapé dans leurs yeux en 2012? Ce qui lui préserverait les attaques personnelles et directes de toutes parts , dans sa mouvance comme dans l’opposition. Car, contrairement à une vue de l’esprit , le PM Dionne est en fait plus pour le PR Sall, un disjoncteur plus que le fusible qu’il devrait être.
2) En nommant un PM techno-politique et hors mouvance présidentielle, ce dernier aurait pu réorienté le jeu; le tactique du jeu et le terrain du jeu politique: le jeu politique de la bipolarisation, opposition radicale-mouvance présidentielle; recentrer la tactique du jeu politique à tel point que le débat public et éminemment politique, ne soit plus accaparé par nos concitoyens venant du monde politique, mais aussi du monde économique, social, et culturel et; le PR déplacerait de fait, le terrain du jeu politique sur des questions beaucoup plus essentielles telles que des mesures opérationnelles pragmatiques et réalistes en vue de faire avancer les réformes structurelles et les projets et programmes nécessaires à un reclassement inédit de notre pays, le Sénégal, en plaçant le citoyen au cœur des préoccupations.
Le PM Dionne, futur Directeur de campagne en 2019 ?
Après avoir fait de son PM Dionne, sa tête de liste de sa
coalition Benno Bokk Yaakar et qui a gagné haut la main les législatives du 30 juillet dernier, la cohérence et la conséquence d’une suite arithmétique est une suite géométrique qui devrait voir Dionne à la tête de l’Assemblée nationale. Pour justement lui permettre de consolider une légitimité électorale et politique alors inexistante avant le 30 juillet 2017 et qu’il a acquis en même temps qu’il a transformé un coup d’essai en un coup de maître. Sans compter qu’à la tête de l’Assemblée nationale, le PM Dionne aurait été d’un apport considérable dans la mobilisation des ressources longues pour la campagne de 2019.
Mais, comme une certaine presse a relayé que le schéma Dionne Président de l’Assemblée nationale était celui initial du Chef de l’Etat et que le Président Moustapha Niass aurait fait de la résistance pour conserver le haut du perchoir, le Président Macky Sall, n’aurait-il pas gagné au change, en mettant en (officier de) réserve son PM Mohamed Boun Abdalah Dionne, en le faisant un Directeur de campagne avant l’heure ? Ainsi, le PR allait baliser une nouvelle trajectoire de son mandat en installant ses bureaux dans le futur. De 2012 à 2017, le Gouvernement a passé la plupart de son temps à répondre à la classe politique minoritaire. Le temps est venu pour le Gouvernement de parler aux citoyens sénégalais majoritaires. Le temps du remaniement en été une grande opportunité.
Siré SY, Economiste-Homme de média
Consultant en Géopolitique et en Relations Publiques

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6 Commentaires

  1. Ce gars comme si Macky a gagné les législative de manière légitime. Loin s’en faut. Ceci étant, toute sa théorie tombe à l’eau.
    Il a parlé pour ne rien dire à la fin.

    • Exact. Une démonstration qui repose sur des hypothèses fausses aboutit à l’absurde. Donc l’irréel, le virtuel et le vide. Continuez à vous emprisonner dans le faux et pondez y toutes sortes d’articles et d’analyses.

  2. Pour être honnête, j’ai commencé à lire le premier paragraphe et j’en ai conclu que cet article était un terrible charabia. Le este ayant été parcouru en diagonale, je confirme votre avis. De l’huile de coude pour rien car il n’y a pas eu d’huile de méninges!
    UN COUP POUR RIEN, MDR, LOL!

  3. Il faut avoir du toupet pour construire des hypothèses sur de l’archi-faux.
    Mais on comprend pourquoi certains écrivent, ils sont militants APR dans leurs villages et voudraient attirer le projecteur présidentiel afin de faire nommer un des leurs à un poste juteux afin que les enfants du village soient recrutés.
    En ce moment, tous les cadres APR du Fouta ont les yeux rivés sur le Port Autonome de Dakar.

  4. 80 000 ministres et les sénégalais restent là à manger, boire du thé…inquiétant..sont-ils tous sous l’emprise des fétiches ( l’eau du robinet ?)

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