L’objectif des 1296 heures retenues pour le quantum horaire de l’exercice 2019/2020 risque de ne pas être atteint pour plusieurs raisons. Le concept “Ubbi tey, Jang tey” pourrait être différé dans certaines écoles et établissements. A moins que les acteurs déconcentrés et décentralisés ne prennent des mesures drastiques, 106 écoles et établissements scolaires à Dakar sont encore sous les eaux, à la date du 25 septembre. Et l’école publique enregistre un déficit de 325,973 tables- bancs. Qui plus est, une formation bâclée pour les élèves-maîtres et la baisse du recrutement d’enseignants. Quant au système de rémunération des agents de la fonction publique, point nodal des revendications, il constitue un des facteurs déterminants pour la pacification du milieu scolaire.

Placée depuis quelques années sous le signe de la réussite, le système éducatif sénégalais se cherche. L’éducation en tant que service public décade d’année en année. La dégradation de l’école est visible et mesurable à travers les résultats des examens nationaux. En attestent par exemple les taux de réussite au baccalauréat qui n’arrive pas à dépasser la barre de 40% depuis l’avènement du programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet). En 2019, seuls 37% sont parvenus à décrocher le premier diplôme universitaire. Quant au brevet de fin d’études moyennes (Bfem) et au certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), ils ont enregistré respectivement 51, 71% et 57,30% .

Des résultats loin des objectifs requis, à savoir que 80% des enseignements apprentissages soient maitrisés par 80% des élèves. Le taux d’abandon est de 10,61% (11,26% pour les garçons et 10,01% pour les filles) au plan national, le taux de redoublement de 3,68%. Au niveau de l’Elémentaire le taux d’achèvement est passé de 60,40% en 2013 à 59,80% en 2018. S’y ajoute que le ratio d’un manuel par élève n’est encore atteint dans aucune discipline en 2017. Comment faire alors pour venir à bout des facteurs qui plombent l’envol de notre système éducatif ? En attendant, le récent diagnostic posé par tous les acteurs à Thiès, à l’occasion d’un atelier, pose clairement les problèmes existants et balise le chemin d’une école de qualité. Pour ce qui relève de l’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages, les acteurs ont remarqué le non-respect du temps réel d’apprentissage pour plusieurs raisons, notamment la récurrence des grèves et la réduction horaire.

Autre handicap décelé est l’absence de compréhension harmonisée des dispositifs d’évaluation, tout comme il a été remarqué une faible fréquentation et maitrise insuffisante des techniques d’animations pédagogiques. Le volume horaire trop important des disciplines littéraires coupe les ailes de la politique de promotion des sciences. Dans le cadre de l’équité pour l’accès et la gouvernance, la fermeture en cascade des cantines scolaires, notamment dans la zone d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, dénote une instabilité du financement supporté à plus de 80% par des partenaires et un manque d’infrastructures et d’équipements adaptés au fonctionnement des cantines. Dans le volet trois des réflexions menées relatif à l’apaisement du climat social, les acteurs s’accordent sur une résultante : les lenteurs dans le suivi des dossiers aux niveaux central et déconcentré et le retard du processus de dématérialisation des actes administratifs de la Fonction publique.

BAISSE DRASTIqUE DU RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS

Si l’équipement des nombreuses initiatives de constructions de salles de classe est un réel problème (voir par ailleurs), c’en est une autre pour la mise à disposition d’enseignants. Le département de l’Education nationale est confrontée à une diminution drastique des autorisations de recrutement d’enseignants. Sur un besoin exprimé de 3000 élèves-maitres, l’éducation nationale ne pouvait recruter que 1750 élèves-maitres au concours de recrutement consacré à derniers. Le rapport de performance du secteur de l’éducation de 2017 confirme cette situation qui est en train d’augmenter la charge de travail des enseignants, avec des effectifs pléthoriques dans les classes. Sur la période 2012-2017, le département a recruté 11 590 maîtres contre des besoins estimés à 17 654, soit un déficit de 6 064 maîtres par rapport aux prévisions. Dès lors, il urge de mettre en place un plan de recrutement massif pour faire fonctionner convenablement les nombreuses classes sans maîtres, réduire le nombre des classes multigrades ou à double flux, les écoles à classe unique, les écoles à cycles incomplets, etc. Dans les programmes d’enseignement moyen général et d’enseignement secondaire général, le rapport fait constater un solde négatif de 3 035 postes par rapport aux besoins simulés. Il se justifie, lit-on dans le rapport, fondamentalement par la réduction systématique des autorisations de recrutement puisque de 2012 à 2017, le MEN a engagé 7 695 professeurs contre des besoins estimés à 12 900. Soit un solde négatif de 5 435 postes.

UNE LUEUR D’ESPOIR

A l’occasion du séminaire de rentrée des classes 2019/2020, sous le thème : « une amélioration de la gouvernance et un partenariat efficace au service des performances scolaires », les acteurs ont retenu une feuille de route pour une école de la République qui réussisse. Plus que jamais, ils se projettent avec confiance vers l’avenir, autour trois défis : l’apaisement du climat social, le renforcement de l’efficacité et l’efficience du système éducation et enfin l’accès à tous une éducation de base de qualité. Il s’agit d’abord d’accélérer les procédures de traitement des dossiers, respecter les échéances de paiement des salaires et enfin parachever la réforme des Centres régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe).

Ensuite, il est question d’une élaboration d’un document national de référence pour tous les types et niveaux d’évaluation et une harmonisation les calendriers des compositions à l’échelle académique. Et pour boucler la boucle, le ministère est invité à mettre à disposition, à temps et en nombre, les enseignants sortants aux inspections, pour un accès à tous à une éducation de base de qualité.

5 PRIORITÉS DE MEN Mamadou Talla veut une école de qualité pour tous

L’année académique 2019/2020 se déroulera sous le signe de 5 priorités fixées par l’actuel ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, conformément à la vision du chef de l’Etat, Macky Sall, dit-il. Il s’agit essentiellement de promouvoir un climat social apaisé dans l’espace scolaire, renforcer l’efficacité et l’efficience du système éducatif de même que les capacités des enseignants et améliorer le pilotage stratégique des structures. Mamadou Talla veut aussi assurer à tous un accès à une éducation de base de qualité et une systématisation de l’éducation aux valeurs. Selon lui, ces priorités vont doter le Sénégal d’une école viable, stable et pacifiée et surtout une école de qualité pour Tous. Pour leur matérialisation, le ministre appelle à la mobilisation de tous

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