XALIMANEWS- Un coup d’un assemblage de fer rouillé avec une vilaine déchirure, Mbaye Babacar sent le besoin d’aller se faire prendre en charge. Dans le genre de situation, au delà de gérer la blessure, on pense également à se faire injecter le sérum antitétanique pour éviter le risque d’une infection mortelle. Ce père de famille a vécu la galère après le constat concernant l’indisponibilité du produit. « J’ai fait presque toutes les pharmacies des environs de Keur Massar pour ensuite m’en tenir au fait que le sérum contre le tétanos est en rupture. Tout simplement, sans issue ! « , a t-il témoigné. A l’instar de Mbaye Babacar, plus loin, à Guédiawaye, plusieurs personnes ont demandé le produit, également absent des rayons de la pharmacie Houda depuis plusieurs mois. Selon le Dr Boubacar Bâ, le sérum antitétanique est complètement en rupture depuis exactement quatre mois. Une situation qui n’est pas de tout repos au regard de l’importance du produit qui est au coeur de la sécurité sanitaire. « C’est un véritable problème de santé publique auquel nous faisons face avec les populations qui nous en demandent beaucoup. Il ne se passe un jour sans qu’on ait au moins une demande. Cela nous interpelle énormément en tant que responsables de la santé publique », déplore le Dr Bâ qui pense qu’à ce stade, il s’agit d’une préoccupation d’ordre étatique, donc un problème d’ordre majeur. Et d’ajouter.  » L’Etat doit prendre ses responsabilités. Nous l’avons, à notre tour, interpellé, il y a deux mois, par le biais du syndicat des pharmaciens. Pour le moment, il n’ y a pas encore de réaction. Ce qui très dommage car encore une fois, le produit est très demandé et son absence des rayons comporte des risques pour la population « . Dans un poste de santé à Daroukhane, sis à Guédiawaye, une infirmière témoigne d’une prise en charge presque désespérée des patients ayant le besoin d’une injection antitétanique. Le constat étant le même, devant la forte demande, le personnel de santé fait recours au V.A.T, le vaccin antitétanique qui est plutôt pour la prévention et le plus souvent destiné aux femmes enceintes et personnes désireuses de se protéger. « Devant le genre de situation, nous proposons le vaccin pour éviter au patient de rester sans aucun traitement. Tout en sachant que la véritable solution pour une blessure, c’est le sérum au risque d’une infection mortelle. La différence est que le vaccin est préventif et le sérum doit agir automatiquement. Ce qui ne revient même pas au mêmes types de solutions médicales « , explique t-elle. Au niveau des pharmacies et structures, le mot d’ordre reste le même : il faut disposer d’une quantité de V.A.T et conseiller la prise d’antibiotiques palliatifs en attendant de sortir de ce « coma expectatif » à moins que les autorités ne réagissent entre temps pour éviter que des infections ignorées ne tuent les populations en silence au regard des nombreux accidents domestiques. D. SOW

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