Que valent les distinctions individuelles dans un sport aussi collectif que le football ? La question se posait avec acuité depuis plusieurs années. Mais les sacres de Lionel Messi par la Fifa avec «The Best» et le «Ballon d’Or» France Football qui a été décerné à la Pulga hier, lundi 2 décembre, remet au goût du jour les critiques. Mais, entendons-nous bien. Ce n’est pas parce que Messi ne mérite pas son sixième sacre. Loin de là !

Le capitaine de l’Argentine et du FC Barcelone est sans nul doute, le meilleur joueur au monde. Clé du club catalan, Léo Messi dispose de statistiques stratosphériques. Jugez en vous même : 57 matches, 55 buts, 19 passes décisives, meilleur buteur de la Liga, Soulier d’Or européen, meilleur buteur de la Ligue des champions, meilleur passeur de la Liga, meilleur passeur de la Ligue des champions, vainqueur de la Liga, vainqueur de la super coupe d’Espagne.

Ouf ! Il n’est donc pas étonnant que Léo Messi soit désormais le seul au monde. Six ballons d’Or ! Personne n’a jamais réussi à le faire. Après avoir doublé Michel Platini, en remportant quatre ballons d’or d’affilée, il a relégué son rival de toujours, CR7, à la deuxième place au palmarès.

Toutefois, ce que nous trouvons scandaleux, c’est le fait de ne pas voir Sadio Mané, donné pourtant vainqueur par beaucoup d’observateurs, grâce à son excellente saison, sur le podium. C’est d’autant plus scandaleux que quand on jette un coup d’œil sur les critères, on a du mal à comprendre son rang. D’abord, on parle de performances individuelles et collectives (Palmarès) pendant l’année. Deuxièmement, la classe du joueur (talent et fair-play). Enfin, la carrière du joueur.
Au vu de ces critères, nous aurions bien aimé comprendre comment Sadio Mané (vainqueur de la ligue des champions, vainqueur de la super coupe d’Europe, finaliste de la coupe d’Afrique nations, meilleur buteur de la Premier League avec 22 réalisations sans exécuter les penaltys) a pu se retrouver quatrième. Il est clairement et nettement au dessus de Virgil Van Dijk avec qui, il partage le même club, voire de Cristiano Ronaldo, champion d’Italie et vainqueur de la Ligue des nations, nouvelle création de l’UEFA.
Au niveau du fair play, l’enfant de Bambali n’a non plus rien à envier aux deux premiers. Messi n’a-t-il pas écopé de cinq matches de suspension suite à un carton rouge pour des propos injurieux contre les dirigeants de la Conmebol (Confédération sud-américaine de football), après la demi-finale perdue par l’Argentine en Copa América ? Quid de CR7 ? Le Portugais est loin d’être un modèle pour la jeunesse.

New Balance face à Adidas et Nike

Alors n’ayons pas peur des mots. Disons les choses telles qu’elles sont et pointons du doigt les sponsors qui semblent dicter la conduite à tenir aux organisateurs du Ballon d’Or. Pour des raisons d’ordre financier, France Football avait signé un accord de partenariat avec la FIFA avant de récupérer son bébé. Pendant cinq voire six ans, le trophée s’appelait Fifa Ballon d’or avec un collège électoral élargi et scindé à trois (journalistes, entraineurs et capitaines). Aujourd’hui, Sadio Mané et Liverpool FC sont sponsorisés par New Balance. Alors que les firmes comme Nike et Adidas se disputent leurs grosses écuries d’Europe. Notamment, le FC Barcelone de Léo Messi et le Real Madrid de CR7 d’alors. Ceci pouvant expliquer cela, il n’est pas étonnant que le sponsors aient leur mot à dire sur le vainqueur du ballon d’or.
Elles imposent les lieux et leurs heures de matches, font déplacer des équipes nationales d’un continent à un autre, sans jamais se sourciller de la santé des athlètes, orientent les tirages au sort, choisissent même les finalistes des compétitions. Bref, le business est en train tout simplement de tuer le sport, particulièrement le football.

Et maintenant le titre du meilleur footballeur africain

Après le coup de massue de The Best. Le coup de Jarnac du Ballon d’Or, ne soyons pas étonnés d’avoir des surprises avec le titre du meilleur footballeur de la CAF qui sera connu le 7 janvier 2020. Sadio Mané est encore donné super favori devant Mo Salah. D’aucuns parlent même d’une vengeance sur le Pharaon qui avait décroché son deuxième trophée à Dakar, devant les autorités étatiques (Président de la République, Macky Sall) et sportives sénégalaises. La cérémonie étant prévue au Caire. Mais, depuis quelques jours encore, une communication et un lobby s’organisent autour de l’Algérien Riyad Mahred (vainqueur de la CAN 2019 et de la Premier League). On se souvient du trophée de Aubemayang qui avait ulcéré Yaya Touré vainqueur de la CAN. Mais aussi celui de Abebayor. Sans occulter le titre de Didider Drogba offert à Frédéric Kanouté. C’est dire que rien est encore gagné et que tout reste possible.

Racisme : un faux débat !

Enfin, nous refusons de croire qu’il y a du racisme sur l’attribution du Ballon d’Or ou encore de The Best. Nous estimons qu’il s’agit même d’un faux débat. La vraie question est relative à la valorisation et à la reconnaissance du football africain. D’autant plus qu’Eusebio alias Panthère Noire a eu à remporter le Ballon d’Or. Après lui, il y a eu Georges Weah en 1995. Mais aussi Ronaldo, Ronaldinho, Rivaldo qui sont tous des joueurs de couleur. Mais quand des Africains votent contre des Africains méritants, ce n’est pas demain qu’on verra le bout du tunnel !
Par Abdoulaye THIAM
(Sud Quotidien)

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