Le secteur minier, un trésor et une solution aux maux de l’Afrique, si nos dirigeants venaient à comprendre ou à accepter à sortir le continent de la misère. Les investissements démesurés des sociétés minières donnent matière à réflexion. C’est l’enseignement tiré au deuxième et dernier jour d’une session de formation des médias publics et privés de six pays de l’Afrique de l’ouest, réunis à Bamako (Mali) du 26 au 27 avril 2017, portant sur la gouvernance des ressources minières en Afrique de l’ouest.

En Afrique, d’importantes sommes d’argent sont injectées dans le secteur minier. En effet, une étude de la Banque mondiale relève que 65% des investissements directs étrangers (Ide) sont orientés vers des industries extractives. Mais, les ponctions sont beaucoup plus importantes que ce qui est injecté. Et ceci s’avère, au regard du déphasage entre l’exploitation minière censée corroborer avec l’Indice de développement humain (Idh) des populations, concrétisé par la réduction drastique, voire quasi-totale de la pauvreté dans nos pays respectifs. C’est la quintessence du deuxième et dernier jour d’une session de formation des médias publics et privés de six pays de l’Afrique de l’ouest, réunis à Bamako (Mali) les 26 et 27 avril 2017, autour du thème: «La gouvernance des ressources minières en Afrique de l’ouest et les perspectives des politiques et des pratiques dans les pays».

A la lumière  des exposés des experts, plusieurs exemples provenant de différents pays, montrent à suffisance que les ressources naturelles dont regorge l’Afrique, sont loin d’être profitables aux Etats et aux peuples, censés être les premiers bénéficiaires de leur exploitation. Cette forfaiture, est largement due à «l’insuffisance des mécanismes mis en place ou alors à un silence coupable de la volonté politique, lequel devant permettre non seulement d’avoir des politiques cohérentes en la matière, mais également de suivre, d’évaluer et de capitaliser les engagements des décideurs vis-à-vis des processus de développement des différents pays», ont décrié les experts.

En outre, de manière globale, la gouvernance des ressources  minières, les flux financiers en provenance de l’Afrique, les flux financiers illicites dans le secteur minier, restent très préjudiciables au développement socioéconomique du continent. Sur une base scientifique, les experts ont relevé des pratiques peu orthodoxes aussi bien du côté de nos dirigeants politiques que des compagnies minières spolient les communautés de leurs ressources censées leur donner une vie meilleure. Au premiers rang desquels, des exonérations sauvages et abusives, mais également les contrats de concession signés entre l’Etat et les compagnies minières, leur donnant ainsi libre cours d’exploiter, de vendre,  de déclarer les bénéfices et ensuite payer les redevances. Ces types de contrats pernicieux ont été signés à presque 100% dans tous les pays miniers.

D’où l’inexistence d’impacts mesurables sur l’Idh. S’y ajoute que «dans l’exploitation minière, il y a toujours de l’or et d’autres métaux précieux. Ces métaux précieux ne sont jamais déclarés. Mieux, la quantité d’or exportée pour raffinage est déclarée après polissage, selon leur convenu», à expliqué  Tenguino Pascal, expert et coordinateur des programmes au Centre international  pour le développement (Cecide) qui fait l’état des lieux de la République de Guinée. Pis, son compère, Saidou Arji Abzine du Niger dira que «dans les clauses des contrats, des mesures astreignantes, communément appelées informations non contenues dans les contrats, à savoir la confidentialité nuisent les Etats signataires de ces contrats de concession. Ce, en détenant 70 à 75% du droit de confidentialité», a-t-il regretté. A cela, «les noms des actionnaires demeurent secrets…», fait-il savoir.

Source: SUD QUOTIDIEN

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