XALIMANEWS : Les violences faites aux filles et aux femmes sont encore nombreuses dans la région de Sédhiou. Les cas de harcèlements sexuels, de viols, de détournements de mineures et d’inceste sont les plus fréquents et souvent gérés dans la plus grande discrétion. Ces entraves aux droits à l’épanouissement de la fille entraînent des conséquences graves. Des organisations comme l’Association de développement Le Gabou, Enfance et Paix et le Comité départemental de la protection de l’enfance sont à pied d’œuvre pour infléchir cette fâcheuse tendance.

Il y a, en effet deux jours, déferlait dans les rues de Sédhiou une foule immense à l’occasion d’une Caravane régionale de sensibilisation contre les grossesses non désirées, mariages précoces des filles et les abandons scolaires. C’est à l’initiative de l’Association de développement Le Gabou, en partenariat avec la fondation OSIWA. Cette journée d’action participe à la recherche de solution à ce fléau qui asphyxie le leadership des jeunes filles dans la région de Sédhiou. Une récente étude menée par l’ONG Plan Internationale, concordante avec les statistiques du Groupe d’étude de l’enseignement pour la population (GEEP), indexe la région de Sédhiou à la première place des régions du pays où les grossesses précoces sont plus élevées, avec 30% des cas enregistrés. «Le 16ème rapport de Plan International publié en octobre 2017 relève que pour les grossesses précoces, un taux de 71,9% est enregistré entre les classes de 6ème et de 3ème et un taux de 28,1% entre la Seconde et la Terminale», a déclaré Mlle Soukeyna Sène Dia, membre du club Gabou/Osiwa du collège Fodé Kaba Doumbouya de Sédhiou désignée pour prononcer le discours final de la caravane sur l’esplanade de la gouvernance de Sédhiou, dimanche dernier. Des cas dramatiques d’incestes sur des filles mineures sont signalés dans deux quartiers de la commune de Sédhiou. Rien que pour l’année 2017, deux (02) filles de même père et de même mère ont été mises en état de grossesse par le même auteur, apprenti mécanicien de son état, au quartier Kabeum. A Moricounda aussi, un jeune menuisier engrosse la sœur directe de son épouse et disparait dans la nature. Ces cas-là, tout comme bien d’autres, sont souvent «gérés» dans la plus grande discrétion au motif que «c’est l’honneur de la famille qui est en jeu». Alors qu’on joue de l’avenir de la pauvre fille mineure sans assistance juridique ni un avenir radieux. Dans un tout autre registre, des cas de violences physiques persistent toujours dans la région de Sédhiou. Des femmes mariées et abandonnées par un mari expatrié sur de longues années ne sont-elles pas également victimes d’une forme de violence inouïe ? A la radio communautaire Gabou FM de Sédhiou, des débats sur des thématiques du genre sont régulièrement animés par Vieux Kéba Faty. Et, de plus en plus, le tabou se brise sur certaines questions et des solutions porteront progressivement leurs fruits, consolant les plus optimistes dans le combat contre les violences faites aux filles et aux femmes.

Sud quotidien

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