Alors que nos parents producteurs d’arachide attendent vainement pour écouler leur récolte depuis le début de la campagne de commercialisation, et qu’au même moment les colonnes de camions s’étirent devant les usines, notre Ministre de l’agriculture ne trouve rien à dire que d’asséner avec aplomb qu’il « est inexact de parler de surproduction d’arachide ».

C’est quoi la surproduction ou la « production record » ? Il n’est nul besoin d’aller à l’Université pour savoir que la mévente correspond à une situation de faite. C’est quand l’offre est supérieure à la demande en un temps T.
Pour les paysans sénégalais qui doivent faire face à leurs charges familiales quotidiennes, ont-ils besoin de cette querelle sémantique, qui par endroit d’ailleurs ressemble à un profond mépris ?
La réponse est non pour ces braves gens livrées aux francs –tireurs qui écument les loumas avec des prix illicites ; car faut-il le rappeler ces rabatteurs proposent des prix très en deçà des 210 F/kg fixé par l’Etat, par ce que les besoins vitaux doivent être satisfaits
Que représentent 212000 Tonnes d’arachide voir 250 000T (objectif de collecte de la Sonacos selon son DG) sur une production de 1.400 000 T ? Ou sont les 50 milliards que le Ministre allègue ? Est-ce que « sa » campagne doit aller jusqu’à la prochaine saison ? Les paysans dans tout ça vont –il rester là à attendre que l’on libère des milliards au compte-goutte. Il faut arrêter, nos compatriotes ne méritent pas ça.
Si un problème de commercialisation ne s’était pas posé, on n’aurait pas entendu le Président de la République lâcher une déclaration qui renseigne à souhait sur le désarroi des paysans du bassin arachidier lors de son déplacement à Kaolack. En disant « l’Etat ne vous abandonnera pas » il a donné un signal fort de sa perception de l’état de détresse morale de ses concitoyens. Il est heureux depuis ce jour qu’il ait pris les choses en main en donnant des instructions fermes à son Ministre du commerce pour régler la situation en vertu des prérogatives et des leviers dont ce dernier dispose de par la loi, pour sortir nos compatriotes de l’impasse.
Depuis ce Mardi, le ciel s’est éclairci pour bon nombre de nos compatriotes, à partir du dispositif de commercialisation et de régulation de la filière huile d’arachide qui a été mis en place et qui était le cadre d’expression du véritable patriotisme économique. Huiliers, producteurs d’huile brute d’arachide, industriels, commerçants et consommateurs tous dans un élan patriotique se sont engagés dans un protocole d’accord qui sauvegarde les intérêts des uns et des autres pour s’inscrire dans le sillage de la transformation structurelle de notre économie. Ceci est à saluer.
Chercher des petites théories pour se dédouaner, ou masquer un échec n’a aucun intérêt pour les sénégalais. La page est aujourd’hui tournée, il s’agit maintenant de s’atteler à la mise en œuvre de ce protocole en incitant l’Etat à accompagner le dispositif pour le rendre pérenne, et que cette situation soit un vieux souvenir. Tout le reste n’est que vanité.
Mor Anta Khouma
lejecos.com

1 Commentaire

  1. Les questions qu’il faudrait se poser sont celles-ci : A qui profite l’importation d’huile de soja, de tournesol et de colza que les Sénégalais consomment depuis des décennies ? Pourquoi consommer ces huiles de moindre qualité nutritive par rapport à celle de l’arachide que l’on exporte vers l’Europe et les états-unis ? Pourquoi les pays de nègres sont-ils les seuls au monde à ne pas oser refuser tout ce qui n’est pas bon pour leurs économies ? La Russie, pour dynamiser la production de fromage de ses paysans, a suspendu toute importation de fromage, ce qui a boosé la production Russe au grand bénéfice de milliers de paysans, malgré la meilleure qualité du fromage d’Europe, mais tous les consommateurs, par esprit patriotique s’y sont habitués ! Il fallait oser, et cette fois-ci le gouvernement du Sénégal a pris les bonnes décisions en encourageant les Sénégalais à installer des unité de presse pour vendre l’huile brut à la SONACOS ! Bravo !

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here