L’actualité politique sénégalaise est de plus en plus dominée par une pratique, qui, incontestablement, affaiblit notre démocratie !

Le Philosophe Jacques Maritain admettait  que  «  la démocratie doit être fondée sur une rationalisation morale, c’est-à-dire sur un progrès du respect de la personne humaine, aussi bien comme sujet que comme objet d’une action, dans la conquête et l’exercice du pouvoir ».

Ceci est aux antipodes de la démocratie comprise et exercée au  Sénégal sous Macky Sall notamment. La conservation du pouvoir passe par des manipulations constitutionnelles les plus dangereuses, des emprisonnements d’opposants tous azimuts, de la violence policière, mais surtout de l’apologie de la « transhumance ».

Cette pratique animalière nous renseigne le Wikipédia,   du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), est la migration périodique d’une part du bétail de la plaine vers la montagne ou de la montagne vers la plaine…..  « En fonction des conditions climatiques, et donc de la saison » C’est dire que les caractéristiques  premières du transhumant sont l’opportunisme et l’égoïsme. « Fou tooy Ngniou takk) : Il change de camp au gré d’intérêts bassement matériels en foulant au pied toute morale et tout respect à leurs militants et sympathisants.

Le dernier cas cité est celui du Maire de Ziguinchor et Président  de l’UCS, Abdoulaye Baldé qui nous sert honteusement  » …Si je soutiens Macky, c’est parce que je suis venu apporter mon expertise au service de mon pays. Je suis venu pour construire un Sénégal nouveau…. »

Plus que les régimes précédents, le pouvoir de Macky Sall a béni et encouragé les transhumances les plus folles : Ils ont pour nom Souleymane Ndene Ndiaye, Modou Diagne Fada, Moussa Sy, Thierno Lo, Pape Diouf, Oumar Sarr (ex de Rewmi), Oumar Gueye, Awa Coudou Ndiaye, Ousmane Ngom, Banda Diop, Aida Diongue, Aliou Sow, sans compter la bigaille ….

 

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J’avais entendu le dernier  premier Ministre du Président Wade dire, dans  une émission télévisée, que la transhumance devrait être criminalisée. Il ajouta que le transhumant, quittant un parti ayant perdu les élections pour aller dans le parti au pouvoir,  devrait être déchu de ses droits civiques (on devrait le lui appliquer puisqu’il a lui-même aussi transhumé).

Si sévère et dure que cette assertion puisse paraitre, elle traduit bien combien cette pratique doit être abhorrée. .  Elle n’est ni éthique, ni élégante, elle est tout simplement hideuse.

Ce qui la sous-tend n’est  ni la recherche d’un parti qui peut objectivement prendre en charge le problème des sénégalais (avec des résultats), ni la recherche d’un militantisme utile. La plupart des transhumances  sont pour des raisons liées à des intérêts. C’est-à-dire que le transhumant agit simplement sous la dictée de ses intérêts physiques, moraux ou économiques.

Qu’on ne dise pas que M. X  n’a pas transhumé, puis qu’il garde toujours son parti politique ! C’est de l’arnaque ou une tentative de manipulation des consciences : La finalité est la même !

Les sénégalais ne sont pas dupes. Les transhumants utilisent des tactiques que nous connaissons. On peut identifier trois types de transhumance :

 

La première  catégorie est constituée de ceux que j’appelle des « scories politiques ». C’est à ce  groupe  que l’on pense, malheureusement, à chaque fois que le vocable est énoncé.

Ils sont trompeurs, calculateurs et manipulateurs. Ils sont détestables à cause  d’un manque d’éthique, de loyauté et de valeur. Chez eux la fin justifie les moyens. Ah que si !

Il est vrai que cette forme de transhumance n’a commencé ni avec le Président Wade, ni avec le  Président Sall.

On se rappellera  qu’à peine installé pendant deux ans, le Président Diouf avait  accueilli des transhumants venant surtout de son rival, le PDS. C’était un moyen de démantèlement politique.  Près de quatre  députés-corrompus  sur 9 élus au PDS avaient rejoint le PS en 1983. Le PDS d’entre 1983 et 1999 a payé un lourd tribut à ces pratiques honteuses, au point d’être menacé de perdre tous ses députés.

Des hommes politiques, aujourd’hui encore dans l’arène, ont pratiqué cette abomination entre 1998 et 2000 : Thierno Lo ancien Ministre de l’environnement, Bacar Dia chargé de la communication et surtout Cheikh T Sy ancien Ministre de Justice (ancien ami De Diouf).

 

Aujourd’hui plus que jamais, cette transhumance vers les prairies marrons  s’intensifie. Le Président  de la République Macky Sall  lui-même avait créé la polémique en annonçant ouvrir ses portes à ceux qui veulent l’accompagner.

On peut bien, à bien des égards, lui accorder cette disposition politique. En effet, il peut voir  la politique comme une opération additionnelle : Plus il a de membres, d’adhérents ou de sympathisants, plus il peut espérer leurs votes, ce qui de facto, le maintiendrait au pouvoir.

Mais la critique qualitative  que l’on peut faire de cette disposition est la suivante : Peut-on faire du bien avec du mal ? Peut ton faire une bonne  purée avec des pommes de terre pourries ? On risque sans doute l’indigestion ! Pour des actions de qualité, il faut s’entourer de personnes de qualité. Il est facile de constater que l’écrasante majorité de ces transhumants n’est ni convaincue de la vision du chef de l’Etat, ni animée de  sincérité. Elle est toute juste intéressée à maintenir ses privilèges étatiques, à en acquérir ou essayer d’échapper à dame justice.

Madame Awa  Ndiaye est dans cette catégorie. Sa transhumance lui a « permis » de sortir  libre de la Division des Investigations Criminelles  où elle a été convoquée pour les besoins de l’enquête sur ses malversations financières.

Cette « scorie politique » symbolise  ce qu’il Ya de plus vil en matière de transhumance. Elle a déchiré toute loyauté et reconnaissance vis-à-vis de Diouf  et de la famille Wade…..Elle tombe dans les bras du Président Sall,  moins de 3 ans après son élection.

La plupart des observateurs  estiment qu’elle n’a pas été sauvée de la traque des adversaires politiques que par son acte d’allégeance fait à Macky Sall. Elle est coutumière des faits. Elle ne se gêne guère à  entrer dans dispositions du Prince si ses intérêts sont menaces.

                                                                                                                                         

A suivre

                                                                                                            Jacob Coulibaly


2 Commentaires

  1. Belle plume. Heureux de savoir que le Senegal possede encore des citoyens dignes pour contraster avec ces vaches qui laissent leur bouze sur nos routes pour se rendre chez ce delinquent et menteur.

  2. Chouaib, c’est toi qui en danger. Tu as vu comme tout le monde l’investiture de Macky au Dakar Arena et ça t’a laissé des traces. Un tour à Fann te fera du bien. Conseil d’ami…

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