Les faiblesses de notre démocratie sont si profondes qu’un livre d’une dizaine de tomes ne suffirait guère pour en parler, a fortiori une série d’articles. La démocratie de notre pays est en lambeaux, en danger de mort, selon certains !
Des piliers entiers de toute démocratie sont systématiquement bafoués au Sénégal : Un Président de la République qui étoffe de jour en jour son personnel d’accompagnement en crime (transhumants), intimide et menace des opposants qui sont pourtant dans leurs rôles ; un Président qui emprisonne ou exile ceux qui risquent d’écourter son mandat présidentiel.
C’est ce même exécutif qui restreint de jour en jour les libertés collectives et individuelles : Le régime actuel espionne, écoute et menace ses citoyens qui ont pourtant le « freedom of speech » garanti par la constitution du Sénégal en son article 10 qui dit que « chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l’image…. ».
Quelle est donc cette démocratie vidée de toute sa substance et chargée par la terreur, les menaces, la ruse et les manipulations ?

L’un des éléments centraux de toute démocratie est la liberté de choisir ses gouvernants, à travers le vote. C’est dire que l’organisation d’élections libres est fondamentale. Or, ce simple exercice d’élections libres et transparentes est piégé. De cet état de fait, il ne résulterait que chaos et violence. Le citoyen qui doit librement choisir son dirigeant sait que la machine est gravement grippée : Si le code électoral n’est pas violé, le Président Sall fait son forcing pour imposer son agenda : Ce fut le cas du referendum de 2016, programmé de manière unilatérale, sans dialogue ou concertation avec l’opposition sur le timing ou le contenu de cette consultation.
Plus grave, lors des élections législatives, un modus operandi des tenants du pouvoir, digne des plus grands comploteurs, a été noté : Distribution sélective des cartes d’électeur, “calibrage” et “élimination “de bureaux de vote notamment.
Qu’est-ce donc cette démocratie vidée de l’un de ses piliers fondamentaux : donner l’opportunité à tout citoyen d’exprimer sa voix librement, par son bulletin de vote ?
Non seulement des citoyens sont privés de ce droit, mais la compétition électorale sous Macky étale, de prime abord, une inégalité des chances. Elle est l’image d’un match dans lequel le Président est l’organisateur, le joueur, l’arbitre et l’instance administrative fédérale (on parlerait de FIFA si c’était en football). La revendication de l’opposition d’avoir une personnalité neutre et indépendante pour organiser les élections n’est toujours pas satisfaite par le Président sortant, par ailleurs candidat à sa propre succession.
Cette requête est d’autant plus fondée que le Ministre de l’intérieur, organisateur de l’élection est en l’état, militant et responsable politique de l’APR, parti de Macky Sall, candidat à l’élection. Le conflit d’intérêt est manifeste….. C’est pourquoi les sénégalais n’ont pas confiance à Aly Ngouye Ndiaye, qui a déclaré ouvertement qu’il ferait tout pour que son mentor ait un second mandat.

Le pouvoir actuel confond démocratie et roublardise, banditisme et tortuosité ! Après le filtre cahoteux et honteux du parrainage, le Président, arme son conseil constitutionnel à violer la loi. Comme la plupart des observateurs s’y attendaient, Karim Meissa Wade et Khalifa Ababacar Sall sont definitivement écartés de la course aux présidentielles. Pour le premier, la nouvelle loi électorale (entre autres), certainement taillée sur mesure pour lui, ne lui laisse aucune chance. Cette loi dit que la possibilité d’être candidat s’accompagne avec le droit de vote. Or, les autorités sénégalaises ne lui ont délivré qu’une carte d’identité CEDEAO, en lui retirant la qualité d’électeur.
Pour le second, sa condamnation en appel pour « escroquerie aux deniers publics » et le caractère non suspensif du rabat d’arrêt, après que la cour suprême ait confirmé la décision d’appel, lui est brandi. C’est scandaleux !
Dans les deux cas, il est noté une ardente volonté de les éliminer en utilisant des institutions de la république, pour exécuter des besognes qui n’honorent aucun juge impliqué dans cette affaire. Manipuler nos institutions pour arriver à ses fins me parait dangereux pour toute démocratie.
Le conseil constitutionnel composé de 7 sages, nommés par le Président de la République, perd toute crédibilité et tombe du coup dans « l’accommodation” d’un homme et un seul, contre vents et marées. Il élimine Khalifa Sall, ignorant les règles basiques de droit en matière de “rabat d’arrêt”, défiant toute forme d’éthique, de morale et de déontologie !
Est-ce qu’une démocratie peut s’exercer dans ces conditions : Ses ouvriers sont toujours et en toute complicité avec le chef de l’exécutif ?

Jusque-là, force est de reconnaitre que l’écrasante majorité des actes posés dans la gouvernance de Macky Sall jurent avec les règles élémentaires de la démocratie. Au contraire, on a affaire à une gestion centrée essentiellement autour de sa personne (famille, amis et partisans). Le régime actuel applique la maxime du pouvoir par lui-même et pour lui-même et non un pouvoir par le peuple et pour le peuple.
Va-t-il se rattraper lors de ces élections présidentielles ? Personnellement, je ne suis pas optimiste, vu son obstination à avoir un second mandat. Pour lui, la fin justifie toujours les moyens.
Mais ce peuple sénégalais, vaillant, a toujours montré à ceux qui doutaient de sa maturité qu’il comprenait les enjeux. Il sortira massivement voter pour mettre définitivement hors d’état de nuire ce fossoyeur de la démocratie et sa clique.
Un Sénégal d’une grande démocratie naitra le 24 Février au soir !

Jacob Coulibaly

5 Commentaires

  1. Si vous n’avez pas de cartes d’électeurs ou des cartes dont le verso est mentionné « n’est pas inscrit sur le fichier » comment sortir massivement voter? A cela s’ajoute une carte électorale modifiée à dessein dont le nbre d’électeur est diminué à Dakar Thies Diourbel et gonflé à fatick, dans les régions de matam, de louga etc.. Nous devons être conséquent avec nous même si nous acceptons d’aller dans ces élections dans ces condition à la volonté d’une seule personne ayons l’honnêteté d’accepter les résultats qui en sortiront quelque soit le vainqueur.

  2. Pauvre gros Jacob ! Tu n’as même pas honte de défendre l’impunité de nos 2 plus grands voleurs de deniers publics ! Notre pays est une « démocratie en danger » ? Va essayer le Rwanda, pays de référence de ton petit candidat prétentieux….

  3. Nous comptons sur SONKO pour parachever notre DÉMOCRATIE !!! Oui, notre pays, le Sénégal, n’est pas une véritable démocratie puisque notre Constitution interdit la formation de partis politiques se réclamant d’une confession (religion), tels les partis ‘’démocrates-chrétiens’’ observés dans les ‘’grandes démocraties’’ ; il s’agit-là d’une violation manifeste de la liberté d’opinion qui est le premier pilier des droits de l’Homme. Et à l’évidence, notre pays ne sera jamais une véritable démocratie tant que les dispositions restrictives imposant la laïcité ne seront pas abrogées. Oui, la laïcité ne se décrète pas ; c’est une question de rapport de forces – Que les démocrates le reconnaissent !!!
    En vérité, l’attachement déclaré de notre pays aux valeurs de démocratie et de justice devrait nous imposer à mentionner explicitement dans notre constitution notre ancrage irréversible aux valeurs de l’Islam, la religion majoritaire qui garantit les droits fondamentaux des minorités dans les limites de l’acceptable (morale et éthique). Oui, si nous n’étions pas hypocrites, nous l’aurions mentionné explicitement et imposé à nos élus la prestation d’un serment devant le Coran (ou la Bible pour les chrétiens, comme cela se fait aux États-Unis) – un gage de bonne gouvernance irremplaçable ; et nous aurions toujours recherché la conformité de nos lois aux principes de l’Islam qui, du reste, ne sont guère différents de ceux des autres religions monothéistes (Christianisme, Judaïsme). Ainsi, nous ne serions plus interpellés par les occidentaux sur l’opportunité d’une dépénalisation de l’homosexualité et de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ; la prostitution serait pénalisée et tous les lieux de débauche fermés – quand ont sait que les conséquences redoutables de la généralisation de la turpitude freineront toutes nos velléités de développement. Malheureusement, nos hommes politiques ont délibérément opté d’ignorer Dieu dans leurs démarches ; ils ne croient qu’à leur expertise (raison), quoique se réclamant croyants (musulmans ou chrétiens) ; oui, ils ont mis ‘’Dieu entre parenthèses’’ et ont délibérément choisi les libres-penseurs (agnostiques et autres incrédules), comme guides, modèles et maîtres à penser. Comment pourraient-ils donc agencer une cité juste et nous faire accéder à l’émergence véritable ?

    • Dr,les vrais responsables ,ce sont les guides religieux qui ont accepté la dichotomie :Pouvoir temporel et pouvoir spirituel.Ils ont accepté d’être confinés dans les daaras et laissez les citoyens aux mains des laïcs qui les ont séparés de leur dogme et des valeurs de leurs ancêtres , des renégats
      Rappel:
      « Naufrage de la foi
      Pour découvrir la vérité, il faut aller plus loin que ces rodomontades de tribune, bien sûr.
      Pénétrons plus en avant dans la pensée profonde et secrète de certains hommes politiques de ce temps.
      C’est l’inspecteur Dequaire Grobel qui déclare en 1896 : « le but de l’école laïque n’est pas d’apprendre à lire, à écrire et à compter, c’est de faire des libres-penseurs .
      L’école laïque n’aura porté ses fruits que si l’enfant est détaché du dogme, s’il a renié la foi de ses pères.
      L’école laïque est un moule où l’on jette un fils chrétien et d’où s’échappe un renégat. »
      C’est Jules Ferry écrivant ! « Nous voulons organiser l’humanité sans Dieu. »

      L’une des étapes les plus importantes de la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal, c’est le sommet dédié au partenariat mondial pour l’Education accueilli par le centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD). Rencontre qui a suscité beaucoup de commentaires eu égard à la participation de la star américaine d’origine barbadienne, nommons Rihanna.
      Pour le Collectif non à la franc-maçonnerie et à l’homosexualité, la chanteuse est porteuse d’un projet aux fins de dévier la jeunesse sénégalaise, à travers l’éducation.
      Si la chanteuse et le président français ne sont pas passés aux aveux, ça semble être le cas avec un chroniqueur franco-américain qui travaille à la chaine française CNEWS (ex I-TÉLÉ) dont une équipe a accompagné Emmanuel Macron.
      Harold Hyman puisqu’il s’agit de lui, croit savoir qu’il y a un « calcul » derrière cette mobilisation mondiale en faveur de l’éducation dans les pays en voie de développement. « Si la jeunesse africaine et surtout en zone musulmane est laissée à elle même – le Sénégal un pays de 9/10 musulman -, ça va être des madrasas (écoles coraniques) financées par des fonds saoudiens qui vont éduquer les jeunes. Et il ne faut pas que ça arrive. Si ça arrivait, on aurait une espèce d’Afghanistan ou quelque chose du genre et on ne veut pas ça », a expliqué le chroniqueur américain. Ce qui a eu le don d’irriter les salafistes sénégalais sur le web. La vidéo est largement partagée par ces sunnites pour qui, l’objectif du président français est de combattre l’enseignement coranique au Sénégal.
      Rappelons que la contribution de la France au Partenariat mondial pour l’éducation est passé de 17 à 200 millions d’euros. « Si cet investissement n’est pas fait, cette jeunesse deviendra le problème de demain (…) avec des risques de bascule vers l’obscurantisme ou la violence », s’est justifié le président français à Dakar.

      Lors de la rencontre club de Paris ,les bailleurs ont demandé la limitation des naissances à nos dirigeants

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