Durant la crise de l’énergie, 159 000 factures de la SENELEC sur 720 000 avaient des anomalies.

La SENELEC se porte mal et les populations commencent déjà à décrier la cherté de leurs dernières factures reçues tardivement. En plus de cela, les populations disent qu’elles ont été privées d’électricité après avoir payé leurs factures par Orange Money. On leur dit qu’une annonce a été faite dans ce sens pour dire aux clients de ne pas payer par Orange Money, car il y a un « « différend » entre la SENELEC et Orange. Un bon de coupure en plus de la facture déjà payée ? Amateurisme à tous les niveaux au Sénégal !

Selon le FMI, à la date du 31 août 2018, la dette de la SENELEC était de 223 milliards FCFA dont 70 milliards de FCFA déjà dans le budget 2018, 28 milliards de FCFA sous la forme d’un appui budgétaire de la Banque mondiale et une lettre de garantie permettant à la SENELEC de lever 125 milliards de FCFA sur le marché, qui sera couverts par un plan de remboursement aux banques sur 5 ans à compter de 2019.

En plus de cela, dans les livres de la SENELEC, on voit clairement que la dette s’est accrue de manière démesurée. La dette due aux banques locales et à la banque indienne s’est accrue de plus de 75 milliards de FCFA et les recettes n’ont pas suivi. Restructuration ou Surfacturation pour combler le déficit?

On se rappelle tous de la situation de la SENELEC durant la crise de l’énergie sous le président Wade. Il y avait beaucoup d’irrégularités et chacun pointait l’autre du doigt. Les prix avaient augmenté et les factures étaient trop chères malgré les délestages. Cela avait suscité la marche des Imams contre les factures trop élevées. Faute de combustible, la SENELEC était obligée de multiplier les délestages et d’alimenter par zone. Malgré une mauvaise distribution, le prix avait augmenté de presque 20 % et certains consommateurs avaient reçu deux factures durant la même période. Les Imams ont donc décidé de faire une marche pour décrier la cherté de la vie et surtout des factures de courant.

Le pire est que c’était les imams de la banlieue qui avait commencé cette marche. Où était les imams des quartiers dits résidentiels de Dakar ? Les inégalités sociales ont toujours existé au Sénégal et rien n’a été mis en place pour combattre cela. Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres. Les populations de la banlieue ne peuvent pas se permettre de payer des factures chères avec les maigres revenus dont ils disposent.

Les autres problèmes majeurs sont la corruption et les subventions gouvernementales. Cette accumulation des subventions impayées de l’Etat avait affaibli la situation financière de la SAR et cela l’obligeait à absorber une partie de la différence entre l’achat du pétrole au prix du marché mondial sur le marché et la vente de gaz et de produits pétroliers raffines aux clients nationaux, à des prix nettement inférieurs, qui sont fixés par le gouvernement.

Quoi qu’il en soit, le Sénégalais lambda ne doit pas être responsable de la situation de la SENELEC et l’Etat doit prendre ses responsabilités et la SENELEC doit restructurer à l’interne et arrêter de faire payer aux clients son amateurisme.

Il faut encore rappeler que presque 50 % de la population travaille dans le secteur informel avec un revenu annuel net d’environ 500 000 FCFA, soit 42 000 FCFA par mois. Dans le secteur formel, on note de plus en plus de CDD (contrats à Durée déterminée), l’intérim, et le travail à temps partiel, qui touche tous les secteurs et tous les Sénégalais.

Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) est de 317,313 FCFA par heure, soit près de 50 770 FCFA par mois à compter du 1er janvier 2019 et de 333,808 FCFA par heure, soit près de 53 409 FCFA à partir du 1er décembre 2019.

Selon l’ANSD, le salaire moyen mensuel est estimé à 96 206 FCFA. Il est de 107 074 FCFA pour les hommes contre 68 078 FCFA pour les femmes. Il varie aussi en fonction du milieu de résidence. Un salarié en milieu urbain gagne en moyenne 104 869 FCFA contre 75 564 FCFA en milieu rural. La proportion de salariés qui ont un salaire mensuel supérieur ou égal à 111 000 FCFA est estimée à 26,6 %. Par ailleurs, le salaire médian est de 54 000 FCFA et 30,4 % ont gagné moins de 37 000 FCFA par mois. Le taux de chômage des personnes âgées de 15 ans ou plus est estimé à 15,7 %. Il est légèrement plus élevé en milieu urbain où 18,6 % de la population active est au chômage contre 13,1 % en zone rurale.

« D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche » Thomas Sankara.

Mohamed Dia

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