Un homme dans le match : Demba Bâ encore en sauveur
Demba Bâ a prouvé, hier, qu’il est l’homme fort du moment, celui qui règle toutes les équations quand elles semblent insurmontables. Auteur de l’unique but du Sénégal lors de sa victoire face au Soudan, le buteur des « Lions » n’a cependant pas été aussi explosif que d’habitude. La faute, au jeu de l’équipe.
Pour une fois encore, il a arboré la tunique du sauveur. Comme face aux « Lions indomptables » du Cameroun, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations à laquelle se prépare le Sénégal, Demba Bâ a permis à Amara Traoré de sauver la face, alors que le doute persiste encore sur la capacité de son équipe à mener sans égratignures la campagne africaine dont le début des hostilités est prévu dans moins d’une dizaine de jours maintenant. Et, du coup, l’attaquant de Newcastle confirme son état de grâce qui l’a déjà hissé au rang des meilleurs attaquants du championnat anglais de football, l’installant logiquement dans le cœur des Sénégalais comme le messie qui fera peut-être oublier plus d’un demi-siècle de déboires. Comme face à l’ogre camerounais, Demba Bâ a, en effet, marqué, hier, l’unique but du match amical contre le Soudan, offrant la victoire à des « Lions » encore loin du niveau où ils sont attendus par les pronostiqueurs. Plus que jamais, le natif de Sèvres prend la voie d’un incontournable dans la « tanière », comme il est déjà en club.
Demba Bâ sait qu’il sera très attendu, et l’ancien joueur de Mouscron prie que les dieux du ballon l’accompagnent dans ce challenge excitant qui se dresse sur son chemin comme le dernier obstacle pour entrer dans la légende. Hier, face aux « Crocodiles du Nil » ou « Faucons du désert », l’ancien buteur de Hoffenheim a prouvé qu’il vivait bien une période de grâce et qu’il faudra bien compter sur lui pour écrire l’histoire. Quinze minutes à errer dans le terrain, plus champ de patate qu’aire de jeu. Première touche de balle qui donne des frissons à tout le banc adverse et harangue un public de Léopold Sédar Senghor plongé dans sa monotonie habituelle (15ème mn). Une remise de la tête qui finit en passe décisive pour un but refusé de Moussa Sow. Une deuxième reprise qui amène l’autre gardien chez le médecin (22ème mn). Et un tir à bout portant qui suffit à régler l’équation soudanaise. Mission accomplie pour celui qui est devenu le véritable chouchou du football sénégalais.
Le peuple sénégalais pourrait donc se donner légitimement le droit de rêver avec son nouveau goléador. Déjà pour certains, quand Demba est là, tout va bien. Mais, qu’on ne se leurre pas, l’attaquant des « Lions » est encore loin du rang de messie. Alors qu’on n’attende pas de lui des miracles si l’équipe est encore incapable de lui dérouler le tapis rouge. Car en dépit de son but, il n’a jamais été aidé dans sa tâche, obligé (comme il l’aime) de se substituer au rôle de défenseur pour pouvoir toucher un cuir en manque de pourvoyeur. Lui seul ne suffira pour gagner tout le temps. Alors, au coach de trouver un vrai distributeur pour le cantonner au travail qu’il sait faire le plus : marquer des buts. Mais, à l’heure actuelle, tout laisse croire que les attentes du peuple commencent à prendre les contours d’une exigence que même Lionel Messi ne saurait satisfaire. Demba Bâ n’est pas Messi. Les dieux ont besoin des anges pour parfaire leurs œuvres, le buteur de passeurs pour accomplir sa tâche à merveille.











