La contrefaçon de médicaments est un fléau qui tue plus de 800 000 personnes par an à travers le continent africain.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les médicaments de qualité inférieure et falsifiés représenteraient 20 à 30% des produits médicaux en circulation sur le continent. En 2015, en Afrique subsaharienne, 122.000 décès d’enfants de moins de 5 ans étaient liés à la consommation d’antipaludiques de qualité inférieure.

Toujours selon l’OMS, 1 % des médicaments qui circulent dans les pays développés sont des contrefaits, mais ce ratio peut atteindre 10 à 15% dans les pays émergents et 30 % dans les pays en développement. Ce marché lucratif rapporterait, selon la Fondation Chirac, quelques 200 milliards d’euros par an, pour un rendement 20 à 45 fois supérieur à celui du trafic de drogue.

Les faux médicaments, avec ce sinistre bilan, deviennent un véritable fléau en Afrique en général et au Sénégal en particulier. Et pour preuve, l’OMD (Organisation Mondiale des Douanes) avait saisi en l’espace de deux semaines, 126 millions de traitements prohibés dans seize ports africains au mois de septembre 2016.

Aux conséquences économiques néfastes comme la perte de recettes fiscales et la concurrence déloyale, viennent s’ajouter les nombreuses conséquences sanitaires qui déstructurent notre société. L’ingestion de ce phénomène entraine une inondation des marchés africains avec son corollaire de nouvelles pathologies, de handicaps, le développement de résistances ainsi que les innombrables décès. Les conséquences désastreuses sur la santé publique de ces produits de la mort ne nécessitent guère d’études approfondies pour être appréhendées.

Et c’est pourquoi il est crucial de soutenir l’Initiative de Lomé, lancée les 17 et 18 janvier 2020, au cours de laquelle des Chefs d’État africains ont signé un engagement politique visant à lutter contre le trafic de faux médicaments. Elle appelle à la criminalisation du phénomène et à une meilleure coopération entre les États pour endiguer ce fléau qui continue de déstructurer nos sociétés africaines.

Babacar BA
Président Alternatives Citoyennes
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