abdoulaye wade

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    Le chef de l’Etat a annoncé avant-hier sa décision de faire de la villa du défunt Président Senghor, un «Musée présidentiel». Les proches de ce dernier ne partagent pas sa vision. Cette polémique relance un vrai débat sur la mémoire de Senghor, à quelques jours de la célébration du 10e anniversaire de son décès. La maison du défunt Président Léopold Sédar Senghor sera transformée en «Musée présidentiel». L’in­for­mation est désormais officielle. Et, c’est le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade lui-même, qui a exprimé avant-hier soir, sa décision de faire de l’ancienne maison du Président Senghor à Dakar, un «Musée présidentiel» dans lequel seront exposés les cadeaux reçus par les différents Présidents du pays. Pour réaliser son rêve, il en­trera, a-t-il dit avant-hier sur les ondes de la Rfm, en «contact avec le Président Abdou Diouf, et la veuve du Président Senghor», afin qu’ils restituent au Sénégal «les œuvres, livres et autres cadeaux» qu’ont leur a offerts au nom du Sénégal, du temps où ils étaient au pouvoir.

    Cette sortie de Me Abdoulaye Wade arrive à quelques jours de la célébration des 10 ans du décès du Président Senghor (20 décembre 2001) et pendant que les proches du Président-poète sont toujours sous la crainte de voir l’Etat s’approprier ce bâtiment, sans pour autant dire ce à quoi il sera destiné. Au­jourd’hui, tout est clair. Me Wade a révélé comment il envisage de faire usage de cette maison, qui est le seul bien connu de Léopold Sédar Senghor au Sénégal. Mais les proches amis et héritiers de Senghor seront-ils d’accord avec ce projet présidentiel ? Ce n’est pas évident. D’au­tant que même l’achat de cette maison à 750 millions de francs Cfa par Me Wade avait été diversement interprété. Selon La Gazette qui avait à l’époque livré l’information, la décision avait été prise au cours d’une réunion du Conseil des ministres et il était question que l’Etat soit l’acquéreur de la villa Les dents de la mer (c’est le nom que Léopold Sédar Sen­ghor, le défunt et ancien président de la République du Sénégal avait don­né à sa villa privée située à Fann Ré­sidence), parce «qu’il fallait lui don­ner la place qui devait être la sienne dans l’univers culturel national».
    Aussi, cette décision avait été saluée par tous, d’autant que cette villa fait désormais partie du patrimoine national et, serait «considérée comme un musée dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais». Elle est un lieu, symbole de notre histoire con­temporaine, avait indiqué La Gazette qui faisait savoir par ailleurs que «beaucoup d’enseignants viennent régulièrement sur les lieux avec leurs élèves pour visiter. Même si, les gendarmes qui surveillent les lieux, ne peuvent les laisser faire, car ayant reçu l’ordre de ne laisser entrer personne». La Gazette informait aussi, qu’au moment où la transaction se déroulait, «l’épouse du défunt Président, Mme Colette Senghor est atteinte d’Alzheimer. Son fils, Francis Sen­ghor, son seul hériter, souffre de troubles mentaux». De quoi faire dire à certains observateurs, que «Me Wade n’avait pas de bonnes intentions en achetant cette villa». Et à d’autres d’avancer qu’avec l’achat de cette maison, «Abdoulaye Wade assouvit son désir d’être l’héritier incontesté du Président Senghor comme il l’a toujours fortement revendiqué, sans droit d’inventaire, lors des obsèques nationales organisées en hommage au défunt Prési­dent, en décembre 2001». Pourquoi a-t-il alors attendu ce moment, en l’occurrence à quelques mois de l’élection présidentielle qui pourrait le voir t le Palais, pour remettre sur le tapis son projet sur la maison de Sen­ghor ?

    Nul ne peut le dire. Une seule chose reste évidente : c’est que certains proches de Senghor, à l’instar de Ama­dou Lamine Sall ou Basile Sen­ghor, le neveu du défunt Pré­sident, ne partagent pas la vision du chef de l’Etat. Quand elle a appris l’achat de la villa Les dents de la mer par le Président Wade, la Fondation Léopold Sédar Senghor qui est une association créée en 1964 et qui est aujourd’hui dirigée par Basile Senghor, n’a pas manqué de manifester sa surprise et son incompréhension. La Gazette avait, à ce sujet, informé que les membres de la Fondation ont saisi par correspondance le chef de l’Etat, Me Ab­doulaye Wade pour lui demander le pourquoi de l’aliénation de la maison de Léopold Sédar Senghor et ce qu’il comptait en faire. Le chef de l’Etat n’avait pas daigné répondre à cette lettre de la Fondation Léopold Sédar Senghor. Ces proches et amis du défunt Président empêcheront-ils le chef de l’Etat de réaliser son rêve ? Arriveront-ils à l’en dissuader ? Comment ? La bataille pour la sauvegarde de la mémoire de Senghor ne fait que commencer.

    lequotidien.sn

    RÉACTION : Amadou?Lamine Sall, poète : «Qu’il rende les livres…»

    Pr Oumar Sankaré écrivain, 2e Agrégé en Gram­maire après Senghor : «J’approuve l’idée, mais…»
    «J’approuve beaucoup cette initiative étant donné que le Président Wade est un grand admirateur du Président Senghor. En regardant d’ailleurs leur itinéraire, universitaire comme politique, il y a beaucoup de points de similitude entre les deux hommes et donc on ne peut que se réjouir de cette décision. Maintenant il reste à savoir quel genre de musée cela sera. Il serait bon d’en faire non seulement un musée mais une maison de la culture avec une bibliothèque, une salle de travail, une salle d’exposition d’œuvres d’art, puisque Senghor avait reçu beaucoup d’œuvres d’art surtout à travers ses voyages à l’étranger. Cela remplacerait le Musée dynamique. C’est une chose à laquelle Senghor tenait beaucoup et il ne manquait pas de le faire visiter à tous ses invités, surtout les chefs d’Etat. Donc ce ne serait que justice de transformer la maison de Senghor en Musée dynamique comme il l’aurait souhaité. Ce qui lui a fait le plus de mal, c’est la transformation du Musée dynamique en siège de la Cour suprême. Il a mal pris cela et n’avait pas apprécié. C’était du temps de Diouf, du temps de la désenghorisation…»

    Ousmane Sow Huchard : «Ce sera un musée Léopold S. Senghor et un musée de la présidence»
    «J’ai lu dans la presse que le Président va réaliser un musée Léopold Sédar Senghor. Le musée de la présidence, d’après ce que j’ai lu, sera créé peut-être au niveau de la Présidence. Mais c’est la résidence du Président Senghor qui va être transformée en un musée du Président-poète. Ce que nous saluons vraiment de tous nos vœux, parce que tout ce qui peut immortaliser la pensée et les actions du Président Senghor nous va droit au cœur. J’ai compris deux choses : la résidence du Président Senghor sera transformée en un musée Senghor et Abdoulaye Wade envisage de créer un musée à la présidence de la République pour y présenter tous les cadeaux reçus par les chefs d’Etat. C’est une bonne chose. Dans beaucoup de pays cela se fait. Dans les articles que j’ai lus, il est même question de demander au collectionneur Mourtalla Diop, qui est un ami à moi et qui dispose d’une importante collection d’œuvres d’art classique, de voir comment organiser les œuvres de Senghor. Donc, le musée de la présidence serait logé à la Présidence où quelque part et ne comporterait que les cadeaux reçus par les chefs d’Etat sénégalais. Ce sont deux choses différentes, deux projets différents. En tant qu’ancien conservateur en chef du Musée dynamique fermé en 1988, j’avais comme projet avec le Président Senghor d’y présenter toute sa collection d’objets d’art. Ce que nous n’avons pas pu faire à cause de la fermeture du musée. Normalement, les œuvres qu’un Président reçoit pendant qu’il est en fonction ne doivent pas quitter la présidence de la République. C’est une règle. Je ne sais pas si le Président Diouf serait parti avec des objets qu’il aurait reçus pendant ses mandats. Normalement quand un chef d’Etat en fonction reçoit un cadeau, cela doit entrer dans le domaine privé artistique de l’Etat. Si Wade estime qu’il y a des objets que le Président Diouf aurait reçus en cadeaux et qui ne sont plus là, il est en droit de les réclamer. Mais comment peut-il savoir que Diouf aurait reçu un cadeau à tel voyage et en telle circonstance ? C’est une question à poser. De toute façon je suis persuadé d’une chose, le Président Senghor tout ce qu’il a reçu comme cadeau, il n’est pas parti avec. Je le connaissais bien.»

    Amadou Lamine Sall, poète «La maison de Senghor est sous usufruit»»
    «J’ai toujours pensé et je pense encore que la maison de Senghor doit rester la maison de Senghor. Il ne peut pas exister de place ni pour un  musée des civilisations noires ni pour un musée présidentiel dans cette maison. J’ai entendu les propos du Président qui parle désormais d’un musée présidentiel qui serait installé ailleurs. Cela me rassure. Pour le musée des civilisations noires, il fait déjà partie des sept merveilles culturelles du Président que je salue et approuve au passage. Laissons donc ce musée tranquillement dans ce lot. Sinon, le Musée dynamique occupé par la Cour suprême est un raccourci pour faire des économies en y installant le musée des civilisations noires. La maison de Senghor est loin de se prêter à un tel espace. Comme celle de nombreux grands hommes de par le monde, cette maison doit rester ce que Senghor en a fait et permettre aux Sénégalais, aux Africains, aux étrangers de par le monde de venir la visiter telle quelle, avec la chambre du poète, son bureau, son salon, ses jardins, sa piscine, sa bibliothèque, ses collections d’art. Bref, trouver là la vraie âme de Senghor. Le Président Wade a jusqu’ici honoré la mémoire de Senghor  avec respect et admiration. Qu’il garde ce cap que l’histoire retiendra. Il ne faut surtout pas toucher à l’architecture intérieure et extérieure de cette demeure. Je termine en demandant respectueusement au Président Wade, en saluant son coup de mémoire et de génie, de rendre les deux livres qu’il dit avoir prêtés à Senghor. Ces deux ouvrages seront exposés en aparté avec une notice indiquant ceci : «Prêtés à Senghor par Me Abdoulaye Wade sur déclaration de celui-ci le 8 novembre 2011.» Le fait ne mériterait-il pas de rester dans l’histoire de cette maison ? Notons pour l’information de tous, au regard de ce que nous avons appris de source vertueuse, sous réserve d’avoir une copie de l’acte de vente pour confirmation, que dans le contrat d’achat avec l’Etat du Sénégal,  la maison de Senghor est sous usufruit, ce qui veut dire que tant que Madame Colette Senghor est en vie, elle jouit de cette maison laissée à sa disposition en l’état. C’est à sa mort seulement que l’Etat pourrait totalement faire de cette demeure ce qu’il veut en faire. Pour dire que le débat est loin d’être clos.

    Elie Charles Moreau, Poète-Ecrivain : «Ce qui m’intéresse, c’est que la maison ne tombe pas en ruine»
    «Si c’est pour véritablement rassembler toutes les œuvres, tous les cadeaux que les Présidents du Sénégal ont eu à rassembler ou à recevoir, je ne vois pas de problème là-dessus. Les cadeaux que les divers Présidents de partout au monde reçoivent sont effectivement destinés à être gardés dans ce qui pourrait être le patrimoine national. Cela ne me gène pas. D’autant que la maison de Senghor est fermée depuis mathusalem. On risque d’en faire une ruine ou de la regarder périr. Si c’est réellement destiné à cela, je n’y vois pas d’inconvénient surtout qu’il y a une possibilité pour les Sénégalais d’y accéder et de pouvoir véritablement voir et vivre pleinement ce que les divers Présidents du Sénégal, de Senghor à Wade en passant par Diouf ont reçu et qui constitue un capital. Je n’y vois pas d’inconvénient, si ce n’est à ces détails-là. Que Me Wade l’ait acheté ou pas. Quelqu’un d’autre aurait pu le faire. C’est une idée très noble… Ce qui m’intéresse, c’est que la maison ne tombe pas en ruine parce que fermée depuis longtemps. Qu’elle devienne une maison sans porte pour tous ceux-là qui ont envie d’assouvir une curiosité culturelle. Quant à Wade qui demande à Diouf de ramener des œuvres d’art, je ne suis pas dans cette histoire-là.»

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    Le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, venu présenter ses condoléances, dimanche, à Kaolack, à la famille de Serigne Mamoune Niass a magnifié son amitié avec ce dernier et s’est dit convaincu de leurs retrouvailles politiques.

    Décédé vendredi à Dakar, le porte-parole de la famille de Médina Baye a été inhumé dimanche dans le mausolée de son père, El Hadj Ibrahima Niass dit Baye.

    ‘’Dieu m’est témoin. J’étais convaincu de me retrouver politiquement avec mon ami et compagnon Serigne Mamoune Niass qui a été le premier militant du Parti démocratique sénégalais (la formation du chef de l’Etat) à Kaolack en 1975 avec Ahmet Khalifa Niass’’, a dit Me Wade.

    ‘’Nous avons cheminé ensemble depuis 1975, mais du fait des vicissitudes, nous avons connu des désunions et des retrouvailles’’, a-t-il relevé disant qu’il portait dans son cœur le défunt porte-parole de la famille de Médina Baye.

    ‘’Serigne Mamoune Niass était mon ami et compagnon et moi, je n’oublie jamais les relations même si nous avons après des divergences politiques’’, a souligné Me Wade saluant en lui ‘’un homme politique, un chef religieux qui a beaucoup fait pour Kaolack et pour le Sénégal’’.

    Le président de la République qui était venu présenter ses condoléances était accompagné, entre autres personnalités, du Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, du président du Sénat, Pape Diop et du ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom.

    Décédé à 67 ans, Serigne Mamoune Niass était le porte-parole de sa famille à Médina Baye, une des plus grandes branches de la confrérie tidiane. Ce foyer religieux a été fondé par feu son père, El Hadj Ibrahima Niass.

    Le disparu qui était le principal organisateur des « gamous » (cérémonies commémoratives de Médina Baye), était réputé pour ses actions de bienfaisance en direction des démunis, notamment des daaras.

    Mamoune Niass était le Premier serviteur du Rassemblement pour le peuple (RP). Il fut député à l’Assemblée nationale dans les rangs de l’opposition avant de rallier le pouvoir. A cet effet, il a intégré le nouveau Sénat du Sénégal.

    En disgrâce, M. Niass a scellé récemment une alliance avec l’ancien Premier ministre Idrissa Seck en direction de la présidentielle 2012. Précédemment, aux élections de 2007, les deux responsables avaient monté une brève coalition politique.

    A l’instar de nombre de dignitaires de la famille, Mamoune intervenait en politique suivant en cela les avis de son père Baye Niass qui leur a recommandé de se mettre aux côtés du peuple, selon des témoignages de ses proches.

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    Le torchon brûle entre le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et le Président de la République. Tout est parti de la menace brandie par Abdoulaye Wade qui, à travers une interview accordée au quotidien «Le Pays», menace de poursuivre en justice Alioune Tine s’il n’arrête pas d’inviter les «gens à des manifestations» nous apprend L’Observateur. «Ces critiques ne datent pas d’aujourd’hui» a reconnu Alioune Tine. Il ajoute même «quand il faisait l’objet d’attaques, de harcèlement judiciaire et de détention du temps du Parti socialiste (Ps), c’était la Raddho qui s’organisait pour avoir des pétitions de personnalités du monde entier.» Cette menace du Président est loin de d’apeurer Alioune Tine «s’il y a des gens qui doivent répondre devant la justice, ce sont ces agresseurs» a-t-il conseillé. En rappellant «l’histoire de sa propre agression» le 23juin dernier. Depuis lors «nous avons remis les cassettes vidéos de notre agression à la Dic et au moment où nous parlons, il n’y a aucune personne inculpée» a-t-il regretté. En expliquant le statuquo de ce dossier, Alioune Tine dira: «la justice ne bouge pas.» Le président de la Raddho de rappeler au Président Abdoulaye Wade «nous ne sommes pas de l’opposition et le Président le sait très bien» «ce que nous faisons au Sénégal, mais nous l’avons fait au Niger, Mauritanie, Guinée-Bissau, Kenya, Zimbabwe, etc.» a expliqué le défenseur des droits de l’Homme dans le journal.

    pressafrik.com

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    La Constitution a été avec Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf et reste avec Abdoulaye Wade un instrument qui a servi à se compromettre avec la tradition et à promouvoir une modernité de seconde main, a indiqué l’historien Mamadou Diouf, directeur de l’Institut d’études africaines à Columbia University (Etats-Unis).

    Le chercheur s’exprimait lors de la présentation du livre intitulé : ‘’Les régimes politiques sénégalais de l’indépendance à l’alternance politique : 1960-2008’’, de l’ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et ancien ministre de la Justice, Seydou Madani Sy.

    Le texte fondamental reste ‘’un instrument de modernisation qui s’autorise à se compromettre constamment avec la tradition, mais aussi à promouvoir une modernité de seconde main’’, a-t-il dit, précisant que ‘’la meilleure illustration est l’overdose législative et constitutionnelle d’un président juriste qui préfère la légalité à la légitimité’’.

    Mamadou Diouf s’est livré à une comparaison entre les trois présidents sénégalais depuis l’indépendance, Léopold Sédar Senghor (1960-1980), Abdou Diouf (1981-2000) et Abdoulaye Wade (depuis 2000).

    Analysant l’évolution constitutionnelle du Sénégal et le rapport des présidents successifs au texte fondamental, M. Diouf a relevé la ‘’recherche constante d’une maîtrise des hommes, des choses et des l’appareil d’Etat’’, qui explique ‘’probablement le recours et cette espèce d’horizon qu’ils ne peuvent pas dépasser : la Constitution de la République française de 1958’’.

    Abdoulaye Wade ‘’formalise ce que Senghor faisait de manière informelle’’, a poursuivi l’historien, citant le fait que l’actuel chef de l’Etat est devenu dans les textes le ‘’protecteur des arts, des lettres et des artistes’’.

    Ce mimétisme a pour objectif d’‘’effacer les deux décennies de présence d’Abdou Diouf à la tête du pays’’. ‘’Diouf, lui, joue la bureaucratie contre la loi ou utilise la bureaucratie pour tourner la loi. Il s’est écarté de l’héritage pour construire sa propre hégémonie en bureaucratisant l’appareil politique et en renforçant le pouvoir de l’administration’’, analyse l’historien.

    Sur l’évolution constitutionnelle, Mamadou Diouf a souligné que ‘’toutes les réformes sont le produit de crises. Les réformes sont des réponses à des crises : effondrement de la Fédération du Mali (août 1960), crise de décembre 1962, crise scolaire, estudiantine et syndicale de 1968, début du malaise paysan qui va changer la démarche du leadership mouride’’.

    ‘’1968, c’est l’année de la mort de Serigne Fallou Mbacké et l’arrivée au pouvoir d’un dissident, Abdoul Ahad Mbacké qui refuse de faire comme son frère faisait. Ça c’est très important à prendre en considération dans ce que Senghor va faire en 1970’’ avec la création du poste de Premier ministre.

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    Entre Abdoulaye Wade et Viviane, celle-ci née Chidid, est en train de naître une idylle. Recevant la chanteuse dans sa suite présidentielle de l’hôtel Millenium Challenge, à New York, le 23 septembre, le chef de l’Etat lui a donné rendez-vous pour une audience au Sénégal. « Je vous recevrai une fois à Dakar. Et vous aiderai à conduire votre carrière », lui a-t-il promis. Avant de lui prendre les deux mains, pour formuler des bénédictions afin qu’elle remporte des succès à l’occasion de la cérémonies des Awards Afrotainment qui devait se tenir le lendemain. Dieu a attendu le président. La chanteuse a raflé quatre des cinq prix pour lesquels elle avait été nominée.
    Mais la rencontre entre les deux n’a pas été facile à obtenir. Il a fallu qu’un Sénégalais établi aux Etats-Unis, Mbacké Dioum, promoteur culturel, s’investisse à fond pour décrocher l’audience. Il est passé par l’un des consuls du Sénégal dans le pays, qui a joint l’aide de camp du chef de l’Etat. Le colonel Cissokho a fait toutes les diligences nécessaires pour faciliter l’entrevue.
    Le charme est visiblement passé entre le président et la chanteuse qui vient de loin. Viviane a en effet failli ne même pas se rendre aux Etats-Unis pour les Awards faute de moyens. C’est Babacar Thiam, un ancien homme de main de Youssou Ndour, qui l’a mise en contact avec un homme de réseau, lequel lui a trouvé un rendez-vous début septembre avec la ministre de la Culture. Awa Ndiaye a décidé de prendre en charge une bonne partie des billets d’avion de la délégation de la chanteuse. Le voyage venait d’être sauvé.
     Abdoulaye Wade - Viviane Chidid : les dessous de l'idylle.

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    Le président de la république sénégalaise qui était attendu, hier, dans l’après midi, à New York City où il doit participer au sommet des Nations Unies dont les travaux doivent démarrer en début de semaine, a du pain sur la planche. Et, pour cause, le candidat à sa propre succession risque d’atterrir en terrain miné, au pays de l’Oncle Sam. Un comité d’accueil composé de partis politiques de l’opposition et des mouvements citoyens de la société civile l’attend de pied ferme devant le siège des Nations Unies, pour dénoncer sa candidature pour un troisième mandat à la tête du Sénégal. Pis, les libéraux qui comptent contrecarrer la manifestation, ne sont pas arrivés à accorder leur violon. A en croire une source sur place, la rencontre des libéraux des Etats-Unis, dans le seul but de distribuer l’argent que Karim Wade a mis à disposition, s’est terminée en queue de poisson. Selon le porte-parole de l’Union des Jeunesses Travaillistes Libérales (Ujtl) des Etats-Unis, Doudou Dieng, le ministre conseiller Mountaga Gueye, membre influent de la Gc, à qui l’argent a été remis, aurait détourné la somme destinée au déplacement des libéraux préposés à l’accueil, en grande pompe, de leur secrétaire général national. Une accusation que le ministre conseiller a balayée d’un revers de la main. Cette situation, précise toujours notre source, a installé une vraie suspicion dans les prairies bleues de ces contrées. La forte mobilisation des libéraux venus de Dakar arrivera, peut être, à faire face à la réelle mobilisation de Beenno et de la société civile.
    Sékou Dianko DIATTA

    Rewmi.com

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    Alioune Tine, Cheikh Tidiane Gadio, Bara Tall et Arona Coumba Ndoffène Diouf en lobbying aux Etats-Unis.
    Le pouvoir d’Abdoulaye Wade subit, de la part de ses adversaires, une grande offensive internationale. Alioune Tine, Cheikh Tidiane Gadio, Bara Tall, Arona Coumba Ndoffène Diouf et les responsables de la cellule « Y en a marre » des Etats-Unis sont à Washington où ils mènent des contacts de haut niveau, a appris dakaractu. Reçus au département d’Etat américain hier 15 septembre, ils ont eu des entretiens avec  le National democratic institute (NDI) et avec des éléments de la Maison Blanche.
    L’étape de Washington se termine demain 17 septembre où ils vont se rendre à New York, trois jours avant le début de l’Assemblée générale des Nations-unies à laquelle le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, prendra part. A New York, ils vont rencontrer certains membres du Conseil de sécurité ainsi que la représentation de l’Union africaine (UA) aux Nations-unies. Le 20 septembre, ils vont tenir une conférence de presse au siège de la Coalition internationale pour la Cour pénale internationale, au 777 UN Plazza, juste en face du building de verre de l’Onu.
    Le lendemain, ils vont prendre part à une manifestation qui sera organisée conjointement à New York et à Washington par la cellule américaine du Mouvement des forces vives du 23 juin (M23). Cette manifestation aura lieu en plein milieu de l’Assemblée générale. Gadio et Tine, qui ont un épais carnet d’adresses international, ne manqueront pas de sensibiliser certains pairs de Wade qui seront présents à la grande-messe de l’Onu. Les adversaires de Wade ne lui laisseront plus aucun répit.

     

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    ‘S’il y a une seule personne au Sénégal qui ne doit plus parler, c’est bien Idrissa Seck. Cela fait plus de 5 ans que je fais l’objet d’attaques systématiques de sa part. J’avais décidé de ne pas répondre, par pudeur. Mais il vient de franchir la ligne rouge. Désormais, je rendrai coup pour coup avec toute mon énergie. Que ce soit Idrissa Seck, Mademba ou Massamba. Je commence par vous faire une révélation puisque Idrissa Seck me demande de parler.’ C’est par ces termes que Karim Wade, ministre d’Etat et fils d’Abdoulaye Wade, déclare la guerre à l’ancien homme de confiance de ce dernier reconverti en opposant.

    Accusant Idrissa Seck d’avoir reçu 100 millions de francs cfa de Jacques Chirac, par le canal de Robert Bourgi, en 1999, pour abandonner Abdoulaye Wade au profit d’Abdou Diouf, Wade fils poursuit : ‘En septembre 1999, Idrissa Seck débarque chez nous à Versailles, exactement dans l’après-midi du dimanche 26. Je me le rappellerai toujours. Il annonce qu’il quitte le Pds car il n’y croit plus. Wade lui dit : ‘’Toi aussi mon fils, ils t’ont donc acheté !’’… Idrissa Seck baisse les yeux et fond en larmes. La scène se passe dans le salon, en ma présence. Abdoulaye Wade déclare : ‘’je te libère’ et remonte dans son bureau pour préparer son retour au Sénégal. Depuis ce jour-là…’ Karim Wade termine sa charge par évoquer un mystérieux ‘rendez-vous de Saly’, au cours duquel Idrissa Seck a rencontré nuitamment Martin Bongo, qui a débarqué à Dakar avec des malles d’argent entre les deux tours de la présidentielle de 2000 pour faire gagner Abdou Diouf contre Abdoulaye Wade.

    Pareille attaque, violente, ne va pas pousser Idrissa Seck à riposter publiquement. ’Karim Wade n’aura pas ce qu’il veut, confie-t-il à certains de ses proches le 14 septembre. Je ne suis pas son alter ego. Jamais je ne descendrai à son niveau pour lui porter la réplique. Il n’a qu’à répondre aux graves accusations portées contre lui par des sources crédibles.’ Avant de poursuivre : ‘La vérité sur la période précédant la présidentielle de 2000 n’a rien à voir avec celle qu’il décrit. Tout le monde avait abandonné Abdoulaye Wade sauf moi. Ni sa femme ni ses enfants n’y croyaient plus. Viviane et Syndjély avaient même ordonné à ceux qui se trouvaient à l’appartement situé au 5, avenue des Ternes, dans le 17e arrondissement de Paris, de déguerpir afin qu’elles le mettent en location, estimant que c’est l’un des rares biens qui restaient à la famille ruinée par l’engagement politique de Me Wade. Pour convaincre ce dernier, qui commençait à être gagné par le découragement, d’y aller, je lui ai raconté l’histoire du Prophète qui, faible au départ et isolé dans le désert, a fini, à force de persévérance, par dominer le monde.’

    Et l’ex-homme de confiance de conclure : ‘Ni Karim ni Viviane ni Syndjély n’étaient mêlés aux décisions qui les dépassaient. L’animosité du fils à mon égard date de cette période où le père lui montrait tous les jours qu’il avait plus d’estime et de considération pour moi.’

    La décision d’Idrissa Seck de ne pas répondre ne va pas mettre fin à la guerre. Karim Wade et ses proches ont décidé de perpétrer des attaques contre tous ceux qu’ils prennent pour des adversaires. En dehors de Bachir Diawara, chef de cabinet du ministre d’Etat, l’Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl) et des mouvements inconnus au bataillon comme la Plateforme nationale pour l’avenir des jeunes du Sénégal vont monter au créneau pour donner de la voix et asséner des coups à tous ceux qui vont avoir l’outrecuidance de critiquer leur mentor. Il y a, dans leur ligne de mire, à coup sûr, le maire de Thiès.

    Entre Idrissa Seck et Karim Wade, c’est la guerre à mort. Les deux hommes se haïssent et se reprochent mutuellement tous les péchés d’Israël. Le fils d’emprunt est convaincu que le fils biologique est à l’origine de tous ses déboires, y compris son emprisonnement pendant sept mois sous l’accusation de malversations financières. Le fils biologique voit la main du fils d’emprunt derrière tout coup et toute attaque portés contre lui. Y compris les récentes sorties au vitriol du lobbyiste Robert Bourgi. Il est certes vrai qu’Idrissa Seck a pris Robert Bourgi à Wade père et fils, et, à travers lui, Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et les contacts stratégiques à l’Elysée et au Quai d’Orsay.

    Karim Wade, quant à lui, tente de fermer à Idy toute opportunité de s’en sortir, à commencer par la moindre retrouvaille avec son président de père. Quand, au début de ce mois de septembre, Abdoulaye Wade pense à rencontrer son ex-homme de confiance, son fils l’en dissuade. Et n’est pas près de laisser se faire des retrouvailles qu’il bloque depuis sept ans.

    S’il est élu à la tête du Sénégal, Idrissa Seck traduira Karim Wade devant la justice pour répondre de crimes économiques. C’est peut-être pour se prémunir contre un tel risque que le fils d’Abdoulaye Wade pousse son père à se maintenir au pouvoir. Et aspire à lui succéder en guise de garantie de sécurité. Idrissa Seck et Karim Wade compilent des dossiers l’un contre l’autre, se surveillent mutuellement, se marquent à la culotte… Leur haine viscérale l’un envers l’autre ne peut se dissoudre dans un arrangement, quel qu’il soit. Leur guerre à mort ne fait que commencer.

    (Dakaractu)

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      Xalima vous propose en intégralité le câble diplomatique américain relatant l’arrestation de  Karim Wade à  l’aéroport de Casablanca pour possession de drogue.

      Voici le câble en Anglais tel publié par  wikileaks. A la fin , nous vous proposons en Français un résumé de cette dépêche

      Viewing cable 09RABAT752, MOROCCAN DRUG INTERDICTION: TWO STEPS FORWARD, ONE

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      E.O. 12958: DECL: 09/02/2019
      TAGS: SNAR PINS PINR WADE KARIM MO SG
      SUBJECT: MOROCCAN DRUG INTERDICTION: TWO STEPS FORWARD, ONE
      STEP BACK 
      
      REF: RABAT 0486 (NOTAL) 
      
      Classified By: Charge d'Affaires, a.i.,
      Robert P. Jackson for reasons 1.4 (b) and (d). 
      
      1.  (S/NF) Summary:  Since at least August 14, when according
      to Moroccan media police arrested 16 suspected drug barons in
      a major operation across the country, the press has been
      reporting regularly on some aspect of the GOM,s efforts to
      disrupt the drug trade and apprehend those suspected of
      involvement in it.  From reports of confiscation and
      eradication to implication of current or former high-ranking
      or elected officials, observers are treated to a steady diet
      of drug-related fare.  To date, between 110 and 140 tons of
      cannabis has been seized although some has reportedly made
      its way back to the streets.  With the Islamic holy month of
      Ramadan underway, one Moroccan likened this both to an
      exercise in "cleansing" and to a soap opera, remarking that
      every year during Ramadan it seems a scandal of some sort
      plays out in the papers.  Included in this one is the arrest
      of Senegalese Minister of State Karim Wade, son of Senegalese
      President Abdoulaye Wade.  With drugs center-stage this year,
      the scene is set for off-camera whispering and back-stage
      political expediency.  End summary. 
      
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      Two Steps Forward
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      2.  (U) Citing a statement from the National Security Service
      (DGSN), Moroccan media reported that on August 14 police
      arrested 16 suspected drug barons in a major operation in
      several cities across the country.  Police seized a large
      quantity of hard drugs, as well as false documents, including
      identity papers and drivers' licenses.  They also impounded
      vehicles and other equipment.  A police source told one
      Moroccan daily that many of the arrests were made in the
      northern Tetouan and Nador regions of the country.  The
      source also said the investigation is expected to yield
      further information about what he called one of the biggest
      drug busts in Morocco this year. 
      
      3.  (U) The action comes on the heels of a major operation
      earlier this year in which Moroccan police arrested more than
      100 persons, also in Nador.  Those arrests included police
      officers, gendarmes, sailors and soldiers.  A trial date has
      not been set, as the prosecution continues to develop the
      case.  The Public Prosecutor at the Casablanca Court stated
      on August 25 that criminal justice applies to all persons
      shown to be involved in drug trafficking, regardless of their
      title or position. 
      
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      And Maybe More
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      4.  (U) Perhaps indicative of the assertion that there is no
      one outside the reach of the law, media on August 31 reported
      widely on the arrest of former Member of Parliament Mohammed
      Jouahi, considered by some to be among the biggest and most
      powerful of the drug barons.  Jouahi was, and may still be, a
      member of the centrist RNI party; some reports note the party
      leadership was quick to assert that he was no longer a
      member.  Further reports of an ongoing crackdown state that
      high-profile arrestees have implicated a number of security
      officers and attorneys in several areas of the country.
      Journalists have speculated that the current campaign against
      drug trafficking in the country has come on orders from the
      highest levels. 
      
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      But One Step Backward
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      5.  (S/NF) If it is the highest levels that are directing the
      crackdown, they may be directing the outcome of drug
      interdiction effort as well.  It was reported in mid-August
      that a senior police official at the Casablanca airport was
      abruptly reassigned to a post with no responsibilities in
      Layounne, the Western Sahara.  The reasons given varied:  one
      paper stated it was because he had stopped a relative of an
      African leader who was carrying drugs; others claimed it was
      due to an unspecified series of professional mistakes,
      perhaps even a sexual scandal.  Intelligence reports confirm
      that it was the former, and that the relative stopped was the
      son of Senegalese President Abdoulaye Wade.  The son,
      Senegalese Minister of State for International Cooperation, 
      
      Land Use, Air Transport and Infrastructure Karim Wade, was
      apparently found in possession of hashish while passing
      through airport security.  King Mohammed VI, with whom Wade
      is a close friend, reportedly did not appreciate the actions
      of the local authorities who failed to inform him that Wade
      had been detained; so he reassigned two officials. 
      
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      Comment
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      6.  (S/NF) While reports of the crackdown on the drug trade
      in Morocco suggest that authorities continue to focus on the
      problem, their efforts are not immune to politicization.
      Given that the younger Wade,s arrest could imperil relations
      between Morocco and Senegal, one can understand the King's
      pique at the Casablanca airport police.  Post reported reftel
      on the potential impact of drug eradication on voter
      participation in the June local elections; this latest
      incident suggests that, despite the king,s ongoing calls for
      judicial reform, apprehension for criminal offense, too, is
      subject to political expediency.  End comment. 
      
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      Visit Embassy Rabat's Classified Website;
      http://www.intelink.sgov.gov/wiki/Portal:Moro cco
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      Jackson
      Résumé en Français

      Wikileaks et ses grosses révélations ! Selon un câble diplomatique américain rendu public par Wikileaks, le roi Mohammed VI serait intervenu en août 2009 pour faire libérer Karim Wade, le fils du président sénégalais, arrêté à l’aéroport Mohammed V de Casablanca pour possession de drogue. L’intervention de Mohammed VI serait motivée par son amitié avec Wade fils, mais aussi par le souci de préserver les bonnes relations qu’entretiennent le Maroc et le Sénégal.

      Mohammed VI, Abdoulaye Wade et son fils Karim

      Karim Wade, le fils du président sénégalais et non moins ministre d’Etat chargé de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Infrastructures et des Transports aériens de son pays, aurait été arrêté en août 2009 à l’aéroport Mohammed V de Casablanca pour possession de haschich, avant d’être libéré sur intervention du roi Mohammed VI. Les faits sont racontés par Robert P. Jackson, alors chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, dans un télégramme transmis à ses supérieurs d’outre-Atlantique le 6 septembre 2009 et divulgué par Wikileaks ce 30 août 2011.

       

      Selon le diplomate américain toujours, qui cite les services de renseignements, cette brève arrestation de celui qui ambitionne de succéder à son père à la tête du Sénégal a coûté son poste à un officier supérieur de la Police à l’aéroport de Casablanca, « brutalement affecté à un poste à Laâyoune ».

      La presse marocaine s’était alors fait l’écho de cette affaire, narrée en détails par le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis : « Les motifs invoqués étaient divers : un journal déclarait que c’était parce qu’il avait arrêté un proche d’un dirigeant africain, qui transportait de la drogue. D’autres journaux assuraient que c’était dû à une série de fautes professionnelles non spécifiées ; et même à un scandale sexuel. Mais des informations de Police ont confirmé la première raison, et indiqué que le proche en question était Karim Wade, le fils du Président sénégalais Abdoulaye Wade. »

      Deux pas en avant, un en arrière

      Robert P. Jackson explique l’intervention du souverain marocain par le souci de préserver les relations entre les deux pays amis, car « l’arrestation du jeune Wade pouvait mettre en danger les relations entre le Maroc et le Sénégal ». Mais ce n’est pas tout : « Le roi Mohammed VI, dont l’amitié avec le ministre d’Etat Karim Wade est connue, n’a pas du tout apprécié de n’avoir pas été informé de l’arrestation de ce dernier par les fonctionnaires de l’aéroport. D’où sa décision de sévir contre eux », poursuit la missive du diplomate, qui revenait sur les efforts déployés par le royaume dans sa lutte contre la drogue. Une lutte qui consiste à « faire deux pas en avant et un arrière », observe la représentation américaine.

      Au Sénégal, « cette grosse révélation » fait la « Une » de la presse et la polémique bat son plein. Une nouvelle affaire qui risque d’enfoncer un peu plus le fils de Wade, déjà cités dans plusieurs scandales financiers et très impopulaire auprès d’une écrasante majorité des Sénégalais opposés à « une succession monarchique » à la tête de cette république qui fut pendant longtemps un modèle de démocratie en Afrique. Ce mardi 13 septembre, Karim Wade a sorti un communiqué  dans lequel il dit déclarer sur son honneur qu’il n’a « jamais été arrêté ou interpellé au Maroc ou ailleurs » et envisage même de poursuivre en justice « les auteurs de ces articles et les personnes incriminées ». Les journalistes ou les diplomates ?

      Du côté de Rabat, aucune réaction pour le moment. Quant aux Américains, leur constat est sans appel sur la lutte contre la drogue au Maroc : « Si la répression est dirigée par les plus hautes autorités, ces dernières peuvent aussi contrôler la suite des efforts d’interdiction. »

      yabiladi.com

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      TAKOUSSANOU DJOLOF

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      “Pourquoi tant de remous dans les partis politiques: P.S/P.D.S/ Reewmi? C’était dans Takoussanou Djolof avec Mayacine Diop et Adama Diouf.. cliquer ici