Benno

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C’est une attaque en règle contre Idrissa Seck et Macky Sall, deux candidats déclarés à la présidentielle de 2012, à laquelle s’est livré Abdoulaye Wilane, dans l’entretien qu’il nous a accordé, hier. «Ils n’ont jamais défendu les valeurs et les principes de la République. Peut-être que c’est au contact du Ps, qu’ils ont été convertis à la République», a asséné le porte-parole adjoint du Parti socialiste (Ps). Non sans plaider pour sa chapelle, estimant que Tanor Dieng est le meilleur choix pour Bennoo

Bennoo est dans la dernière ligne droite dans le processus de désignation de son candidat de l’unité et du rassemblement…
Écoutez, je ne sais pas si nous sommes dans la dernière ligne droite ou pas. Ce que je sais, c’est qu’il y a une réelle demande forte issue du peuple pour attendre de Bennoo un sursaut de patriotisme, un sursaut de responsabilité, un sursaut de générosité politique, pour faire une offre d’équipe. Je voudrais dire ça à mes aînés. Lorsque des hommes qui n’ont jamais été avec le Bps ni le Bds, encore moins l’Ups ou le Ps, acceptent de faire dans la générosité, dans l’humilité, pour mettre en avant des individus qui ont le même héritage politique, historiquement parlant, ceux-là ne doivent pas compliquer la situation. Ce n’est pas une question d’âge, ce n’est pas aussi une question de porte-monnaie, encore moins de portefeuille relationnelle. C’est plutôt une question d’aptitude et d’image que l’on renvoie. C’est également une question de représentativité, c’est-à-dire de degré de pénétration des masses. Nous devons former une équipe. Et je le répète, les Sénégalais ne nous pardonneraient pas une division qui fasse qu’Abdoulaye Wade soit réélu, si on faisait mollesse jusqu’à ce qu’il soit candidat. Les Sénégalais ne nous pardonneraient pas que nous fassions dans la division jusqu’à ce que les enfants de Wade, la famille libérale, prennent le dessus sur les socialistes et les socio-démocrates. Parce que les gens nous prendraient pour des hommes et des femmes qui ont joué à s’amuser en se neutralisant et qui ont fait perdre beaucoup de temps aux Sénégalais. Je pense que, d’ici le 31 octobre, on peut s’entendre autour d’une équipe. Si nous ne le faisons pas, je pense que, très franchement, on aura montré aux Sénégalais qu’on se moquait d’eux, qu’on n’était pas sérieux. Maintenant, à l’impossible, nul n’est tenu. Et s’ils ne peuvent pas s’entendre, qu’ils aient le courage de regarder droit dans les yeux les Sénégalais en leur disant : «Voilà telle ou telle raison qui fait qu’on ne peut pas s’entendre».Il y a également le cas de ceux qui ont refusé d’avaliser la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo ? 
Il faut que le candidat qui sera retenu ait à l’idée de discuter avec les autres. Les autres, c’est soit des libéraux comme Idrissa Seck et Macky Sall ou quelqu’un comme notre ami Cheikh Bamba Dièye. Qu’à cela ne tienne, mon point de vue est que, même s’il doit y avoir un gentleman agreement, ça ne doit pas nous amener à occulter le débat sur la responsabilité de chacun d’entre nous. Le Ps a été sanctionné en 2000. De 2000 à maintenant, dans notre comportement, on doit nous interpeller. Mais, ceux qui ont été avec Wade aussi, je ne pense pas qu’ils n’aient pas de comptes à rendre. Chaque jour que Dieu fait, que ce soit Macky Sall ou Idrissa Seck, ils parlent du camp libéral, ils font des clins d’oeil au Pds. J’espère que, dans les jours à venir, les Sénégalais seront édifiés sur quelle offre programmatique, quelle équipe, quel capitaine d’équipe, le Bennoo va proposer aux Sénégalais.

Ousmane Tanor Dieng serait-il le meilleur choix ? 
Nous sommes confiants, et nous sommes convaincus que, si Bennoo choisissait Ousmane Tanor Dieng, à coup sûr, toutes les voix du Parti socialiste iront à lui. C’est clair et net. Et c’est quelqu’un qui respectera, parce qu’il a le sens de la parole donnée, ce qu’il a dit et les engagements auxquels il aura souscrit. Il sera un président qui s’appliquera le quinquennat, qui respectera l’Assemblée nationale et le gouvernement, qui va veiller à ce que l’on applique le contrat de mandature. Idrissa Seck qui est allé chercher la brillante Léna Sène. Mais, de là à dire qu’Idrissa Seck avec Léna Sène, va nous faire oublier qui il est, son parcours, ses va-et-vient vers le Palais, les jours à venir nous donneront l’occasion de nous regarder dans les yeux et de parler valeurs, idées et principes. C’est la même chose pour Macky Sall qui a attendu d’être éjecté du régime d’Abdoulaye Wade pour parler de République. Alors qu’il a été ministre de l’Alternance, ministre d’État de l’Alternance, Premier ministre de l’Alternance, président de l’Assemblée nationale de l’Alternance. Ils n’ont jamais défendu les valeurs et les principes de la République. Peut-être que c’est au contact du Ps, qu’ils ont été convertis à la République.

Comment le Parti socialiste appréhende-t-il le procès de Malick Noël Seck prévu demain (ndlr : aujourd’hui) ?
Nous sommes sereins et résolument déterminés à apporter à Malick Noël Seck tout le soutien politique et toute l’assistance judiciaire qui siéent à une telle situation. Notre camarade Malick Noël Seck est aujourd’hui un otage entre les mains d’un régime qui guettait pareille situation pour se donner l’occasion d’avoir entre ses mains un élément qui lui servirait de prétexte pour adresser un message ou faire un clin d’oeil aux cinq Sages du Conseil constitutionnel. Vous le savez tous, et nous le vivons quotidiennement, le régime d’Abdoulaye Wade fait dans le terrorisme moral, dans le terrorisme verbal et dans le terrorisme politique. D’ailleurs, les plus grands analystes vous diront qu’Abdoulaye Wade est un humiliationniste. Et dans le cas d’espèce, Malick Noël Seck est une petite proie en lieu et place d’une grande proie qu’Abdoulaye Wade espérait avoir pour donner des gages de férocité contre tout pourfendeur des membres du Conseil constitutionnel. Je suis convaincu qu’il aurait souhaité pouvoir mettre la main sur Alioune Tine ou sur un leader quelconque de l’opposition, histoire de dire aux membres du Conseil constitutionnel : «Faites ce que j’attends de vous, le reste, je m’en charge». Ce qui est constant, c’est que Wade ne peut pas et ne doit pas être candidat. Et tous les partis membres du M23 et de Bennoo auraient pu faire ce que Malick Noël Seck a fait. Parce qu’il s’agit de défendre la République. Abdoulaye Wade doit savoir que, quand on sème le vent, on récolte la tempête.

Quel est le mot d’ordre que vous allez donner, si l’on sait que votre leader, Ousmane Tanor Dieng, ne sera pas au tribunal, parce qu’étant hors du territoire national ?
Le mot d’ordre que nous allons donner est un mot d’ordre citoyen, un mot d’ordre politique. Cela, malgré l’absence du président Ousmane Tanor Dieng. Avant de quitter le Sénégal, il a présidé le Bureau politique, et nous avons longuement discuté de cette situation. Et les décisions que nous avons eu à prendre, c’est que, moralement et humainement, que tous les jeunes du parti, tous les jeunes de Bennoo, soient solidaires à Malick Noël Seck. Parce que, pour lui, des socialistes qui n’ont pas perdu leur âme doivent faire preuve de solidarité à toute épreuve et en toute circonstance. Au-delà d’Ousmane Tanor Dieng, je suis convaincu que tous les leaders de Bennoo, et plus largement toutes les Forces vives du M23, seront en phase avec nous. Maintenant, il se trouve que, de longue date, il avait été programmé son déplacement à Madrid, où il est invité par notre camarade Zapatero, qui est Premier ministre, qui organise une rencontre qu’on appelle Forum pour le progrès global. Et à cette rencontre, sont invités des progressistes issus des pays du Nord, des progressistes issus des pays émergents et des leaders socio-démocrates des différents continents. Parmi ceux-là, il faut souligner la présence du président Lula Dasylva, ancien chef d’État du Brésil, et celle de Gordon Brown, ancien Premier ministre britannique, entre autres sommités mondiales. Ils vont discuter de la mondialisation et de ses effets pervers, de la crise de la dette et de la financiarisation nocive des rapports et des échanges globaux. Il sera également question de discuter des problèmes de la jeunesse, en général. C’est ça qui fait qu’Ousmane Tanor Dieng, la mort dans l’âme, ne pourra pas assister au procès de Malick Noël Seck qui est un procès inutile et puéril. Nous allons utiliser toutes les voies de recours possibles pour le tirer d’affaire.

Qu’en est-il alors des informations selon lesquelles Tanor Dieng aurait adressé une lettre à Me Wade pour implorer sa clémence ? 
Ce que les officines de la mouvance présidentielle distillent ça et là comme quoi le Ps aurait saisi par correspondance les autorités étatiques pour demander pardon ou trouver une solution à l’amiable, c’est archi-faux, c’est une pure invention, c’est un mensonge grossier et grotesque. Le Ps met au défi quiconque qui peut nous sortir une lettre allant dans ce sens-là. Le président Ousmane Tanor Dieng, depuis plus de dix ans, n’a jamais eu de contact direct ou indirect avec Abdoulaye Wade. Nous ne sommes pas des visiteurs nocturnes. Nous voulons avoir des rapports de vérité avec les gens. Nous voulons faire dans la loyauté. C’est ça qui transparaît dans les actes que pose Ousmane Tanor Dieng. Maintenant, le jeune Bara Gaye, je le comprends. Il est arrivé en politique avec une tare congénitale : son manque de légitimité. Il n’a pas de base. Il veut exister vaille que vaille. Son «djambarisme» frelaté ne va que le desservir. On ne construit pas une carapace, une culture politique et une image politique sur le mensonge, sur l’affabulation ou sur l’injure à la bouche. D’ailleurs, rien qu’à voir comment il parle et comment il serre sur sa tête une casquette souvent inadaptée, vous comprenez que c’est quelqu’un qui ne peut pas être pertinent. Je le plains.

Propos recueillis par Barka Isma BA

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Du «Bennoo»  au «Béénoo». Union hier, divergences, voire oppositions, aujourd’hui.  Le consensus forgé autour des Assises nationales qui avait entretenu tant d’espoirs dans les rangs d’une opposition déterminée à se poser en alternative à la gouvernance libérale, a bien connu une  césure.

«Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va».
Sénèque

Pour autant, dans  une présidentielle partie pour être très courue,  cette donne ne brise pas son élan.  Tout au contraire, elle ouvre à tous les signataires de la charte de gouvernance démocratique, un champ plus vaste dans la formulation d’offres  politiques et libère du même coup du système  des partis.  Au fond, la constitution d’un autre pôle, Benno alternative 2012 , est salutaire sauf, il faut le relever, qu’on ne peut occulter la responsabilité de politiques qui chercheraient aujourd’hui à s’exonérer dans une démarche de rupture cachant mal des ambitions avortées voire différées.

Benno alternative 2012  aménage un espace plus citoyen et permet de contourner les appareils. C’est une vision autre de l’engagement militant. Elle transcende les partis et renforce le combat  pour la République, intègre toutes les dimensions de la vie sociale et ne laisse pas indifférent  le peuple.   Voilà pourquoi le discours des nouveaux acteurs, sans aucune attache partisane, est plus audible,  plus crédible pour les masses. Faire place à ces forces nouvelles -même s’il s’en trouve qui en ont marre du surgissement de  « y ‘en a marre »- ne peut que contribuer à renforcer la démocratie et à conférer toute sa dignité à la République.  Pourquoi notre pays qui, comme bien d’autres ayant choisi le même modèle politique d’administration et de distribution des pouvoirs, vit une crise aigue de la représentation, doit-il se laisser enfermer dans le choix entre un libéralisme dit social appliqué depuis douze ans , un prétendu socialisme démocratique en œuvre pendant quarante ans  et leurs succédanés?

En retenant  des critères qui, de fait, excluent de la candidature à la candidature tous ceux qui n’ont jamais été aux responsabilités d’Etat et ne peuvent administrer la preuve de leur représentativité, Benno Siggil Sénégal a bien circonscrit le choix entre Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti socialiste (Ps)  et Moustapha Niasse, leader de l’Alliance des forces du progrès (Afp).

Ce modus operandi  aventureux dans la désignation du  candidat de l’unité et du rassemblement  (n’y a-t-il pas tromperie sur le produit dès lors que certains membres  de la coalition ont choisi de solliciter les suffrages sous leurs propres bannières ?) ne fragilise t-il pas Benno Siggil Sénégal qui a pris du retard dans le traitement de la question du choix de son porte-drapeau? Comme si l’option prise par l’Alliance pour la République (Apr) de  présenter son leader Macky Sall, l’émergence de Benno Alternative 2012, la dissidence de Cheikh Bamba Diéye n’avaient pas suffi  pour amener  les leaders de Benno Siggil Sénégal, loin d’être des ingénus en politique,  à reconsidérer la situation.

 Assises Nationales fruit du sens du partage

Une certaine forme  d’intégrisme inhibiteur avec l’obsession de la candidature unique a prévalu sur la générosité et le sens du partage, sans lesquels, les Assises nationales n’auraient pas pu se tenir.  Aujourd’hui, le glissement sémantique opéré avec la candidature dite de l’unité et du rassemblement au moment où justement il n’y a plus grand monde à regrouper, édifie sur l’échec de la tentative.   Là où le Parti socialiste a organisé des primaires, en fait une opération de plébiscite de son porte-drapeau, n’était-il pas plus indiqué pour Benno Siggil Sénégal  fort de l’expérience des consultations citoyennes, à l’échelle des départements, de se livrer à cet exercice pour, non pas choisir un candidat, mais trois voire quatre ? Le bénéfice serait triple : mettre en compétition tous les postulants à la représentation de la coalition, activer les leviers d’une démocratie directe en  impliquant  militants et sympathisants des partis regroupés dans Benno Siggil Sénégal, des organisations de la société civile, des citoyens dans la sélection, mobiliser les électeurs.  La coalition ne doit pas cependant perdre de vue que si les partis concourent à l’expression des suffrages, il faut se garder de confondre militants et électeurs. Un régime de partis ne saurait aussi prospérer dans une compétition aussi ouverte que l’élection présidentielle quand il est convenu, depuis 1958, et l’avènement de la Veme République en  France, avec le Général De Gaulle, pour rester dans nos références séné-gauloises, que cette consultation est la rencontre entre un homme et un peuple.

En déroulant tranquillement sa feuille de route, Benno Siggil Sénégal, comme indifférent au temps qui passe alors qu’il est minuit, ne semble pas prêt à sortir de l’enfermement. Si ce n’est pas la marque d’un égotisme des leaders, on n’en est pas loin. Benno Siggil Sénégal ne court-il pas le risque de voir, au pire, son candidat devancé, au premier tour, par Me Abdoulaye Wade (si la candidature du secrétaire général du Pds est validée par le Conseil constitutionnel) et Idrissa Seck ou au mieux être contraint, dans l’entre-deux-tours, si on y arrive , de soutenir Macky Sall, aujourd’hui pointé du doigt, comme étant l’un des plus farouches pourfendeurs de l’option pour une candidature unique, accablé  publiquement de sarcasmes et même pris par certains lycaons, pour un cheval de Troie.

Aujourd’hui, les Assises nationales,  le programme  de Benno Siggil Sénégal, comme hier celui de la coalition alternative 2000 ont un point commun : la fin du présidentialisme et l’avènement d’un régime parlementaire tempéré. Dans un tel cas de figure, l’exécutif est représenté par un Premier ministre, même si le président de la République ne saurait être confiné à inaugurer les chrysanthèmes. Il est donc, pour le moins surprenant, voire désolant d’observer les protagonistes se disputer la fonction présidentielle.  A moins de prendre les électeurs pour des attardés, c’est la chronique d’un renoncement annoncé, d’autant plus que Benno Siggil Sénégal, partisan d’une transition de trois ou cinq ans ne devrait pas avoir du mal à trouver le personnel dirigeant adéquat pour gérer cette phase. A moins que les acteurs ne jouent à cache- cache entre eux-mêmes et avec les électeurs,  en avançant masqués.  Nombreux sont les électeurs potentiels qui savent contre qui voter, pour qui ne pas voter  – choix de l’abstention ou du bulletin nul- mais peu seraient en mesure de dire de manière spontanée, pour qui voter, tant le flou entretenu, en particulier par Bennoo, n’incite pas à la clarification, à quelques encablures de l’heure du choix.

Reprendre l’initiative pour le changement

La coalition Benno Siggil Sénégal et les formations politiques opposées au régime en place ont-elles perdu l’initiative du combat pour le changement de la majorité ? Une indication de taille nous a été fournie par le meeting du Mouvement du M 23, le  23 septembre à la Place de l’Obélisque. Cette manifestation a pratiquement été dirigée de bout en bout par le mouvement citoyen «Y’en a marre» officiant comme Maître de cérémonie (Mc) avec des responsables de partis politiques et membres de la société civile  préposés à l’animation, à la distribution et à la police du temps de parole. Du temps de leur splendeur, ces formations avaient pour tradition de faire défiler devant le micro leurs leaders les plus en vue pour chauffer les foules, un peu en vedette américaine et Me Abdoulaye Wade, alors  patron incontesté, de clôturer le show au cours de ces méga-meetings.

Le 23 septembre dernier, c’était bien le Mouvement «Y’en a marre » qui s’est révélé le véritable maître du jeu, sous le parrainage  de la frange société civile du M23, se piquant même de restreindre le nombre d’intervenants des partis politiques et leur temps de parole. Trois grands leaders, Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily, Landing Savané étaient «autorisés» à délivrer un message pour trois petites minutes. Et les trois chefs de parti ont chanté les louanges de la jeunesse, version «Y ‘en a marre» et insisté sur les responsabilités qui étaient les siennes dans les changements à venir, sans en tirer les conséquences pour eux-mêmes et leurs postures politiques. Apparemment, la crise de «jeunisme» n’épargne personne, opposition et majorité confondues. Et ce qui devait arriver, arriva. Le coordonnateur du Mouvement «Y’en a marre» a eu l’honneur et le privilège, donc la préséance sur les partis, de clôturer le meeting entre imprécations et chants guerriers, dans l’ignorance du chrono, laissant pantois certains responsables politiques qui n’avaient que leurs yeux pour pleurer, en se lamentant d’avoir été privés de temps de parole. L’écran de fumée constitué par les équations personnelles : candidature de Me Wade, candidat unique ou de l’unité alors en débat, sur fond de positionnement égocentrique, laissent en plan le pays et son devenir, les programmes et projets de société, l’avenir des générations présentes et futures, le cadre de vie.

Bennoo, une coalition fourre tout

Tout se passe comme si la lutte des places avait surclassé la lutte des classes et l’amélioration des conditions d’existence du plus grand nombre, la justice, l’équité, le progrès social solidaire. La question de fond reste la même pour Bennoo : qui devrait être  le  plus à même de rassembler l’électorat et de battre le ou les candidats libéraux ? La réponse à une telle question a peu à voir avec une prime à l’ancienneté ou à la longétivité oppositionnelle. Et si Benno a des difficultés à relever le  défi, c’est bien parce que, cette coalition de près de 40 partis, est un fourre tout qui a sécrété ses propres agents pathogènes, facteurs d’inefficacité, de surenchère et de discorde. Un rafistolage  qui risque d’être cher payé à l’arrivée. Voilà pourquoi, il  ne constitue pas, ni dans son format, ni dans son déploiement actuel, une menace sérieuse pour Me Abdoulaye Wade qui aura à cœur de terminer un dernier chantier consistant à mettre tous les caciques de l’opposition hors jeu et à les envoyer à la retraite avant de prendre la sienne.

L’une des principales motivations du maintien de sa candidature controversée et contestée, jusque dans ses propres rangs, résiderait dans cette détermination à assurer ses arrières en favorisant l’émergence d’une nouvelle classe politique, à défaut, une classe politique recomposée avec l’inversion de la pyramide des âges. Le vieil homme à l’esprit éternellement jeune, aventurier et baroudeur ne résistera pas à la délectation de faire ce dernier pied de nez à ces adversaires d’hier et d’aujourd’hui regroupés dans BennoO. « Terminus, tout le monde descend » ! Ce sera pour lui, une manière de parachever l’alternance de ce point de vue là, après s’être évertué à renouveler la haute administration, à créer une nouvelle caste de femmes et d’hommes d’affaires et une nouvelle élite malheureusement en mal de repères et de valeurs.

Cependant, le président Wade peut nourrir de tels desseins, mais il ne dépend que des dirigeants de Bennoo Siggil Sénégal,  en particulier des éléments du  noyau dur issus des formations les plus représentatives de cette coalition,  de se donner les moyens de le tenir en échec. Comme ce fut le cas lors des législatives de 2007, avec un mot d’ordre d’abstention largement suivi, ou encore de manière plus spectaculaire encore, la  Bérézina que Bennoo a fait subir au Pds et à la mouvance présidentielle lors des élections locales de 2009,  notamment dans les principales villes et les grands centres urbains du pays. Paradoxalement, Bennoo a réussi l’exploit de transformer une formule qui a fait ses preuves, en jeu de massacre où le candidat choisi dans la dispersion sortira affaibli et essoufflé de l’épreuve que ses partisans et alliés se sont inutilement imposés dans un bel esprit d’unité … de façade. Avant même d’avoir à livrer la bataille décisive.

Besoin d’émergence d’un véritable leadership

Toutefois, non seulement, il devrait être possible de sauver les meubles, mais également d’éviter le sinistre – ou le naufrage- dans la maison, si Bennoo siggil Sénégal pose les actes qu’exige sa situation, notamment en opérant des jonctions et en jetant des passerelles avec d’autres forces ou groupements politiques, au-delà de ses frontières partisanes traditionnelles. Dans cette perspective,  Bennoo Alternative 2012 devrait faire l’objet de plus d’attention et de sollicitude.  L’objectif restant, bien entendu, l’émergence d’un véritable leadership capable d’emporter l’adhésion du plus grand nombre en minorant les déperditions de voix.

Il faut espérer que Bennoo siggil Sénégal et Bennoo Alternative 2012 conjuguent leurs efforts et restent ouverts aux forces montantes, prônant un nouveau leadership. Le défi sera alors leur capacité à adouber un candidat dont le coefficient personnel, l’expertise, la respectabilité, la côte de confiance, l’intégrité, la probité morale et l’ambition nourrie pour le pays seront assez significatifs pour recueillir l’adhésion de larges couches de l’électorat.  Le Sénégal regorge  de femmes et d’hommes de cette dimension. Bien soutenus, refusant de jouer des rôles de composition, ils peuvent  changer les  données de la compétition et, du coup, rendre plus crédible notre système de dévolution du pouvoir. Le temps des candidats faire-valoir, et ceux devant bénéficier d’une prime d’expérience étatique et/ou oppositionnelle  est révolu.

Une démocratie se bonifie en accueillant les meilleurs d’entre ceux qui affichent une prétention à se mettre au service de la chose publique. Le monde change. Le Sénégal ne peut échapper à ce courant qui souffle sur les grandes démocraties dont se réclame notre pays. Il n’y a pas de petites ou de grandes nations. Il y a celles qui s’adaptent et progressent. Et celles qui, du fait de leur immobilisme, s’exposent au déclin.

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Après avoir intronisé Wade en 2000, la Ligue démocratique (Ld), le Parti de l’indépendance et du travail (Pit) (et, très certainement Aj/Pads) sont-ils en train de mettre en œuvre les mêmes moyens pour élire, à nouveau, un second ‘roi’ en 2012 ?

Pendant que le Parti socialiste et l’Alliance des forces de progrès se précipitent pour déclarer la candidature de leur leader à la candidature de Bennoo Siggil Senegaal, la Ld et le Pit s’éclipsent. Le Bureau politique élargi de la Ld, tenu samedi dernier, a ‘sacrifié’ la candidature de son leader, Abdoulaye Bathily pour, dit-il, ‘faciliter le choix du candidat de Bennoo’. Un renoncement volontaire, selon le secrétaire général adjoint, Seydou Sy Sall au nom de ‘l’intérêt général’. Le Pit de Maguette Thiam n’ira pas plus loin que la Ld. Son comité central a décidé de ne pas présenter de candidat à la candidature de Bennoo. Et les mêmes arguments sont servis par Thiam et ses camarades : ‘Pour en finir avec le régime libéral et son leader Abdoulaye Wade, il faut un large consensus dans Bennoo.’

Au-delà de leur appartenance à la gauche traditionnelle, le Pit et la Ld ont été les principaux artisans de l’alternance survenue en 2000. Ils ont théorisé et soutenu la candidature d’Abdoulaye Wade avant de le porter au pouvoir. Ont-ils purement et simplement renoncé, en tant que partis politiques, à leur mission de conquête du pouvoir ? Sont-ils devenus de simples faiseurs de roi ? ‘On n’est pas dans une position de faiseur de roi’, objecte Moussa Sarr. Le porte-parole de la Ld explique la démarche de son parti par ‘le besoin de l’unité des forces pour apporter les changements politiques, économiques qu’exigent les populations’. Renoncer à la candidature ne signifie pas, pour la Ld, s’être dérobé à sa mission. Au contraire, ‘cela montre que nous avons fait preuve de modestie et de capacité de discernement des enjeux du moment : faire un grand ensemble autour d’un candidat pour venir à bout du régime en place et prendre en charge les problèmes des Sénégalais’, défend Moussa Sarr. Et, au-delà de la présidentielle, il s’agit, selon lui, de constituer une équipe.

Pour Ibrahima Sène, ‘qualifier la gauche de faiseur de roi, c’est mal la connaître’. A l’instar de son camarade allié, le chargé des questions économiques du Pit renvoie au mot d’ordre de Bennoo : ‘Tous les partis doivent œuvrer pour une candidature unitaire.’ Suffisant, selon lui, pour comprendre la décision de son parti. Mieux, Ibrahima Sène rappelle le rôle fédérateur de son parti au sein de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal. Le Pit, dit-il, ‘est un parti fédérateur de toutes les composantes de Bennoo. Et nous serons incapables de débloquer la situation si nous nous présentons’. Alors tant que cette fonction revient à son parti, le camarade de Maguette Thiam promet que le Pit ne fera rien qui puisse empêcher les Sénégalais de se retrouver autour d’un programme pour pouvoir changer le pays.

Yakhya MASSALY

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Les socialistes de la coordination départementale de Mbour ont choisi leur Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, pour être le candidat du Parti socialiste (PS, opposition) à la candidature de la coalition Bennoo Siggil Senegaal, pour la présidentielle de février 2012, avec 198 voix sur 200, deux délégués étant absents, a constaté le correspondant de l’APS.

« Nous étions venus tous pour accomplir un devoir de militant, (…) une obligation du statut de notre parti qui stipule que pour choisir le candidat à la présidence de la République il faut d’abord consulter la base », a signalé Antoine Diockel Thiaw, Secrétaire général de la section PS de Fissel, porte-parole du jour de la coordination départementale de cette formation politique à Mbour.

Seulement, le responsable politique a précisé que pour cet exercice-là, « il ne s’agit pas de choisir un candidat à la présidentielle de manière directe mais plutôt le candidat à la candidature unique de vaste rassemblement au niveau de la coalition Bennoo Siggil », a précisé M. Thiaw.

Au total 200 délégués sont venus des différentes sections du PS dans le département de Mbour, notamment au niveau des communes et communautés rurales qui ont prit d’assaut dès les premières heures de la journée de samedi la mairie de Mbour pour accomplir un devoir militant.

« Ousmane Tanor Dieng est un homme d’Etat qui a pratiqué la gestion des affaires publiques ; c’est également un militant de la base, parce qu’il est le Secrétaire général de la section PS de la communauté rurale de Nguéniène (département de Mbour) », a-t-il insisté.

Le leader socialiste « est aussi un citoyen sénégalais qui a rempli tous ses devoirs civiques, quelqu’un qui a une prestance au niveau national comme international, parce qu’il dirige l’Interafricaine socialiste et est membre du comité directeur de l’Internationale socialiste », selon M. Thiaw.

Le dépouillement s’est passé publiquement, « en présence de tout le monde », a martelé Antoine Diockel Thiaw, tandis que Kadialy Gassama, observateur de ces primaires socialistes dans le département de Mbour, a jugé « ce scrutin très transparent ».

M. Gassama en a profité pour féliciter M. Dieng qui, selon lui, « s’est mis à l’épreuve des urnes et à celle du verdict des militants de la base. Cela démontre, encore une fois de plus, la posture démocratique est uniquement dans son genre ».

Le vote s’est déroulé en présence d’Ousmane Tanor Dieng qui s’est rendu ensuite dans son fief de Nguéniène, son village natal.

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Deux candidats à la candidature de Bennoo Siggil Sénégal (BSS). Après Ousmane Tanor Dieng qui a été proposé par des socialistes, lors de la réunion du comité central du Ps, c’est au tour de Moustapha Niasse d’être choisi par le bureau politique de son parti, l’Alliance des forces de progrès (Afp).

Après les socialistes qui ont proposé la candidature de leur leader Ousmane Tanor Dieng à la candidature de Bennoo Siggil Sénégal, c’est au tour des progressistes de suivre le même chemin. Le bureau politique de l’Alliance des forces de progrès (Afp) vient en effet de proposer à la coalition Bennoo Siggil Sénégal, la candidature de Moustapha Niasse à l’élection présidentielle de 2012.

La décision a été prise aujourd’hui au cours d’une réunion présidée par le président du conseil consultatif du parti, Madieyna Diouf. « Le bureau politique de l’Alliance des forces de progrès (Afp) se fondant sur la seule motivation d’action et d’engagement au service du bien public et des populations vivement éprouvés par la régime libéral et à la demande expresse de l’ensemble des responsables des coordinations des 14 régions du Sénégal, organismes mixtes, mouvements des femmes et des jeunes, l’Alliance nationale des cadres pour le progrès (Ancp), l’Alliance nationale des universitaires pour le progrès a estimé devoir engager instamment le secrétaire général de l’Afp, Moustapha Niasse à être candidat à la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo Siggil Sénégal pour l’élection présidentielle de février 2012 », lit-on dans la déclaration publiée au terme de la réunion du bureau politique.

La note renseigne que la proposition a été accueillie par acclamation par l’ensemble des membres du bureau politique. Elle sera incessamment présentée telle quelle à la commission de facilitation de Bss à la candidature de l’unité et de rassemblement de Bss.

Le communiqué informe que Moustapha Niasse a donné son accord en remerciant les militants et responsables du parti pour « cette nouvelle marque de confiance et pour l’engagement moral qu’elle traduit et qui est le signe d’une volonté partagée de relever les défis et de répondre aux aspirations légitimes des Sénégalais vers des changements qualitatifs et vers un autre mode de gouvernance démocratique du Sénégal ».

Samba NDIAYE

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 Les socialistes français sont en plein dans les primaires pour choisir celui d’entre eux qui fera face à Sarkozy en 2012. Eh bien, les socialistes sénégalais aussi sont en train d’en faire de même. Enfin presque. Puisque le Parti socialiste (Ps) a lancé, ce samedi, un appel à candidature pour choisir celui qui sera son candidat à « la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo ».

 

Les jeux sont donc ouverts. Le comité central du Parti socialiste (Ps) qui s’est réuni, ce samedi 1er octobre, a lancé un appel à candidature. Ainsi, tous les militants du Ps qui le désirent peuvent présenter leur candidature pour être celui qui défendra les chances socialistes au moment du choix du candidat de l’unité et du rassemblement de la coalition Bennoo Siggil Senegaal. Et le candidat du Ps à la candidature de Bennoo sera connu le 10 octobre prochain. « Le Ps présentera un candidat à nos partenaires de Bennoo pour la candidature de l’unité et du rassemblement. Nous répondrons à l’ensemble de ces critères fixés par Bennoo à travers un appel à la candidature au sein du Parti socialiste qui va se terminer le 5 octobre prochain », a expliqué Serigne Mbaye Thiam qui a fait le compte-rendu de la réunion du comité central du Ps.

« C’est une organisation sur la base d’un suffrage universel indirect qui s’adresse aux instances de base du parti au niveau des départements et qui est une base électorale déjà plus élargie que le congrès du parti qui compte trois mille membres », a souligné Serigne Mbaye Thiam. Et ce dernier de révéler que le comité central a souhaité que le candidat du Ps à la candidature de Bennoo soit Ousmane Tanor Dieng. « Mais, poursuit Serigne Mbaye Thiam, le secrétaire général du parti a demandé qu’on ne fasse pas moins qu’en 2007 pour éviter un recul démocratique dans notre parti. » D’où cet appel à candidature.

« Le dépôt de candidatures sera clos le mercredi 5 octobre à midi. Donc, tout militant du parti qui voudrait être proposé à la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo à l’élection présidentielle peut exprimer son souhait en étant candidat à travers un appel à candidature qui est lancé officiellement par le comité central jusqu’au mercredi 5 octobre », a conclu Serigne Mbaye Thiam, par ailleurs chargé des Elections et membre du Bureau politique du Ps.

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Cheikh Bamba Dièye, secrétaire général du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (FSD/BJ, opposition), a réaffirmé son appartenance à la coalition Benno Siggil Senegaal (BSS), après que des médias ont annoncé qu’il n’en est plus membre.

‘’Au moment où je vous parle, nous sommes toujours membres de Benno et je ne sais pas qui a véhiculé cette information et pour quelle raison je quitterai cette coalition’’, a dit M. Dièye, maire de Saint-Louis (nord), en marge d’une cérémonie en l’honneur de chefs de quartier de sa ville.

Le jeune leader a dit qu’‘’il est important d’avoir le courage de certaines positions’’.

Il a publiquement soutenu que, pour l’élection présidentielle de février 2012, il ne se rangera pas derrière un candidat de BSS ayant traîné des casseroles par le passé, dans l’exercice d’une charge publique.

AMD/ESF

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« Benno Siggil Senegaal aura bel et bien son candidat ». C’est la conviction de Ibrahima Sène du Parti de l’indépendance et du travail (Pit).  Toutefois, M. Sène révèle que « des cercles réactionnaires,  tapis au sein du Parti socialiste (Ps), pressés de prendre la direction de ce parti, exercent de fortes pressions, largement relatées dans la Presse, sur  Tanor, pour le contraindre à refuser un Candidat de Benno autre que lui, avec l’odieux  chantage de présenter un  autre Candidat du PS, si jamais il se conformait à un tel consensus». Une attitude qui selon lui pourrait casser la dynamique de la coalition.

Ibrahima Sène, du bureau politique du Pit, se désole du fait que certaines personnes cherchent à nuire la coalition par des analyses mal fondées.  Il soutient que le danger d’un tel acharnement sur Benno réside dans le fait,  que « des cercles réactionnaires,  tapis au sein du PS, pressés de prendre la direction de ce parti, exercent de fortes pressions, largement relatées dans la Presse, sur  Tanor, pour le contraindre à refuser un Candidat de Benno autre que lui, avec l’odieux  chantage de présenter un  autre Candidat du PS, si jamais il se conformait à un tel consensus».

De cette manière, renchérit M Sène : « ils agissent comme s’ils veulent désavouer, dors et déjà,  le Secrétaire Général du PS qui vient de confirmer, à travers le 10ème critère de sélection du Candidat , adopté par consensus lors du Séminaire du 17 Septembre 2011, qu’il accepte de s’effacer derrière un Candidat non issu des Partis de Benno les plus représentatifs.

Dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, M. Sène souligne : « ce n’est donc pas la victoire de Benno sur le candidat du pouvoir qui les anime, mais bien la prise du pouvoir au sein du PS, pour mieux se positionner  dans les perspectives de reclassement politique post 2012. Pour  ce faire, ils ont clamé, haut et fort, qu’ils ne reculeront même pas devant une scission, en désignant, en parallèle,  un   Candidat  issu du PS pour briguer le suffrage. Dans les circonstances historiques que traverse notre peuple en direction des élections de 2012, ni Benno, encore moins le Sénégal, n’a besoin d’un PS faible et divisé.»

La même source ajoute que « ces gens qui  veulent fragiliser le Ps, et qui jouent ainsi le jeu du pouvoir, doivent être démasqués et dénoncés, pas seulement par les membres du PS acquis aux valeurs républicaines et démocratiques jusqu’ici portées par Tanor, mais aussi par tous les Démocrates et Républicains du Sénégal, pour mettre en échec  ce projet de forfaiture. Quand l’intérêt supérieur de la Nation est en jeu, ce type de combat n’a pas de frontières partisanes, et ne peut donc,  en aucun cas,  être interprété comme une immixtion dans les affaires intérieures du Ps. Traquer, isoler et minoriser ces cercles malfaisants  devient dès lors un devoir de salubrité publique ».

Pas de doute sur le candidat de consensus
La coalition Benno Siggil Senegaal aura  bel et bien son « candidat de l’Unité et du Rassemblement » souligne Ibrahima Sène du parti de l’indépendance et du travail (Pit). En croire M. Sène,  la tenue du Séminaire de Benno du 17 Septembre 2011 a permis de franchir un pas décisif pour le choix d’une équipe et d’un Candidat  de l’Unité et de Rassemblement en perspectives des  élections présidentielles et législatives de 2012.

A cet effet, il souligne qu’à cet égard, le Séminaire a d’emblée clarifié définitivement  le débat sur la transition, en réaffirmant qu’elle est une nécessité et que sa durée est de trois ans au maximum.

« Il ne s’agit donc pas d’un  mandat de transition de 5 ans, comme le soutient Benno Alternative 2012, mais bel et bien d’une période de transition de 3 ans au maximum ». Et pour lever toute équivoque sur la question, la source souligne que le Séminaire a dissocié la durée de la transition  de celle du mandat du Président élu qu’il a portée à 5 ans,  conformément aux dispositions du projet de Constitution que Benno, en accord avec les Assises nationales, va proposer au Sénégalais,  après la victoire,  pour son adoption par référendum et que le choix du candidat se fera sur la démarche participative de toutes les parties prenantes des Assises nationales.

Par conséquent, « Benno administre ainsi la preuve irréfutable de l’ancrage de son travail dans les Assises Nationales, travail dans lequel, la Société civile a été associée, non pas par ses composantes individuelles, mais par les structures habilitées à cet effet par les Assises nationales. De cette manière, Benno aura toujours son candidat, même s’il n’y a pas de  consensus autour d’une personnalité issue des partis ou des organisations les plus représentatifs de Benno»

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De retour de son périple aux Etats-Unis où il a rencontré les chefs d’Etat membres de l’Internationale socialiste (Is), à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Onu, Ousmane Tanor Dieng a fait un crochet à Paris. Ainsi, il a eu à rencontrer, hier, des militants de son parti dans la capitale française. Entre autres sujets, il a abordé la question de la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo, celle du Président Wade, mais aussi les prochaines Législatives. Face à ses militants, hier, à Paris, le Premier secrétaire du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng, a passé un peu en revue l’actualité politique au Sénégal. Ceci dit, il a longuement abordé la question de la candidature de l’unité et du rassemblement au sein de Bennoo Siggil Senegaal. Selon M. Dieng, cette question sera bientôt résolue. «Notre objectif, c’est de faire partir Wade. Donc, il faut prendre toutes les garanties pour faire face à Abdoulaye Wade et il faut tout faire pour y arriver. Maintenant, si l’on veut trouver une solution rapide, chacun risque d’aller de son côté. Nous avons une attitude tactique en étant patients, mais en nous donnant un deadline. Malgré ce que disent les gens, les choses évoluent», lance-t-il, optimiste.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste informe aussi qu’il y a des facilitateurs désignés pour discuter avec les candidats à la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo Siggil Senegaal. Il s’agit, entre autres, du Professeur Abdou­laye Bathily de la Ligue démocratique (Ld), de Robert Sagna, Secrétaire général du Rassem­ble­ment pour le socialisme et la démocratie/Takku Defaarat Senegaal (Rsd/Tds), de Momar Sambe, leader du Rassem­blement des travailleurs africains/Sé­négal (Rta/S), de Pape Demba Sy, constitutionnaliste et chef de file de l’Union pour la démocratie et le fédéralisme/Mboolo mi. «Ils ont commencé leurs travaux depuis le 26 septembre dernier et vont finir le 10 octobre prochain. Ainsi, ils vont rencontrer les leaders de Bennoo le 15 octobre prochain», explique Ous­mane Tanor Dieng.
Le Premier secrétaire du Ps estime qu’avoir un candidat de l’unité est plus rassurant, et rassure aussi le peuple. «Même si on n’arrive pas à avoir un candidat, il faut faire de sorte qu’on ait au moins deux candidats. De toute façon, on va, lors de notre Bureau politique de jeudi prochain (demain), évoquer la candidature du Ps à la candidature unique de Bennoo. Beaucoup reconnaissent aujourd’hui que seul, le Ps ne peut gagner les élections, mais rien n’est possible sans le Ps», précise Ousmane Tanor Dieng.

En outre, le chef de file des So­cialistes a annoncé que Bennoo est en train de réfléchir sur une liste commune aux prochaines élections législatives. Ousmane Tanor Dieng a également parlé de la question relative à l’irrecevabilité de la candidature de Wade. «Je serais très surpris que le Conseil constitutionnel puisse prendre une décision contraire à celle voulue par le peuple. Beaucoup sont d’avis que si la situation ne change pas, il faut organiser les syndicats, l’opposition, la société civile pour que l’organisation d’une élection soit impossible. Donc si Wade persiste, nous avons, nous aussi, une égale détermination pour faire de sorte qu’il ne se présente pas», avertit le Premier secrétaire du Ps.

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Octobre bouscule déjà septembre ! Ce mois est retenu par la coalition de l’opposition politique, Bennoo Siggil Senegaal, pour en finir avec la question liée à la candidature. Scepticisme ou optimisme ? Octobre s’annonce rouge ou, tout simplement, vert (top départ) pour les alliés qui entendent défaire Wade.

De jour en jour, les esprits s’échauffent face à la météo populaire qui prédit un prochain éclatement de la coalition Bennoo Siggil Senegaal, quand d’autres soutiennent le contraire. Et, depuis que Bennoo Alternative 2012 est portée sur les fonts baptismaux, il apparait clair que Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Abdoulaye Bathily et Cie sont dans le doute. Car, le peuple attend qu’ils se prononcent sur une question aussi cruciale que la candidature unique ou plurielle limitée. Aussi, après plusieurs dates retenues puis repoussées pour certaines raisons jugées cruciales, BSS a finalement avancé octobre.

De quoi rassurer les Sénégalais qui avaient voté pour eux, au soir du 19 mars de l’année 2009, lors des élections locales. Mais, est-ce que ce sera le cas pour le choix du capitaine d’équipe qui battra campagne pour les besoins de la Présidentielle ? Nombreux sont ceux qui préfèrent donner leurs langues au chat. D’autres adoptent une autre formule : tirer le diable par le bout du poil de la queue. Démarche ambiguë, mais qui pourrait aboutir à un moindre mal qui se résume à l’éclatement de ladite coalition. Une bataille politique certaine, surtout que l’on soutient que le candidat de Bennoo sera issu soit du Parti Socialiste (PS) ou de l’Alliance des Forces du Progrès (AFP).

Seulement, il est à signaler que lorsque ces deux «cailloux» se battront à (parti) ouvert, ils ont encore la chance d’être séparés par d’autres cailloux appartenant à la gauche. Entre autres formations politiques, il y a la LD, le PIT, le RTA-S… Bien que quelques «œufs» paieront les pots qu’ils n’ont pas cassés, car ils seront cassés. L’adage dit : «quand deux œufs se battent, ce n’est pas à l’œuf de les séparer». Mais, dans ce combat attendu pour octobre, Bennoo devra dépasser la porte d’entrée du château des alliances pour entrer dans l’antichambre de l’unité consensuelle. Ce qui est sûr, octobre bouscule déjà septembre et s’annone rouge ou tout simplement vert (top départ) pour les alliés qui entendent défaire Wade.

LES CHRONIQUES DE XALIMA

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TAKOUSSANOU DJOLOF

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“Pourquoi tant de remous dans les partis politiques: P.S/P.D.S/ Reewmi? C’était dans Takoussanou Djolof avec Mayacine Diop et Adama Diouf.. cliquer ici