Bourgi

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    Candidat à la présidentielle sénégalaise de février 2012, Idrissa Seck, 52 ans, règle ses comptes avec Abdoulaye Wade, le chef de l’Etat: celui qui a été longtemps son mentor politique.

    SlateAfrique – Selon le quotidien sénégalais Le Pays vous auriez accepté une mallette de 100 millions de francs CFA (1,5 million d’euros) remise par Robert Bourgi en 2000 pour «trahir» Abdoulaye Wade. Que répondez-vous à ces allégations?

    Idrissa Seck – (Eclats de rires). J’ai aussitôt appelé Robert Bourgi pour lui dire de me remettre mon argent. Et, il a rigolé. C’est d’un ridicule incroyable! Cette capacité à mentir m’effraie. C’est un mensonge plat. Au demeurant, s’il était venu à l’esprit de Jacques Chirac de me donner 100 millions de francs CFA (1,5 million d’euro), ce serait très bien pour financer ma campagne. Parce que dans ce sens-là, c’est concevable, parce que la France est un pays riche et le Sénégal un pays pauvre. Dans le sens solidarité riche/pauvre, cela se comprend. Mais ce qui est incompréhensible, c’est dans l’autre sens. C’est quand on pille le continent pour donner en France ou ailleurs. Ou lorsqu’on prend des mallettes d’argent pour les remettre à un représentant du Fonds monétaire international (FMI): en fait, c’est un scandale international et qui est devenul’affaire Alex Segura. [Xalimasn.com]

    Le démenti de Bourgi a été négocié

    SlateAfrique – Robert Bourgi dément désormais l’implication des Wade père et fils dans l’affaire des mallettes d’argent qu’il aurait apporté à des hommes politiques français?

    I.S. – Aujourd’hui, tout s’arrange. Ce n’est pas crédible. Je ne crois absolument pas à ce démenti-là. Il s’agit d’un démenti négocié.

    SlateAfrique – Vous donnez du crédit aux premières déclarations de Robert Bourgi?

    I.S. – Absolument. Je crois évidemment à ses premières déclarations. Parce que l’histoire du comportement de corrupteur de ces gens-là, de Wade et son fils, est établie dans l’affaire Ségura.

    SlateAfrique – A Dakar, la presse évoque des «révélations de Wikileaks», ayant trait à du blanchiment d’argent à grande échelle au Sénégal. Cela vous parait-il plausible?

    I.S. – Mais parfaitement! Il y a un institut britannique qui a établi que 40% des dépôts étrangers dans les banques occidentales sont d’origine africaine contre 3% seulement pour l’Asie. L’argent lié aux trafics de toutes sortes en direction du Sénégal représenterait 8,2 fois le PIB du pays, y compris le narcotrafic et autres. C’est dans un rapport du Congrès américain.

    SlateAfrique – Pensez-vous que les rumeurs sur le développement du narcotrafic au Sénégal soient fondées?

    I.S. – C’est plus que des rumeurs. C’est une réalité et une vraie menace qu’il faudra traiter, exactement au même titre que la menace Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique). Ce narcotrafic est même plus dangereux, plus pernicieux. Avec cette masse d’argent, avec ces montants en jeu, on peut modifier totalement la structure de la société et la structure du gouvernement.

    SlateAfrique – Peut-on facilement imaginer comme en Amérique Latine que les narcotrafiquants soient tentés de «présenter» leur propre candidat à l’élection?

    I.S. – Mais bien évidemment. C’est de cela dont il est question.

    SlateAfrique – Pour en revenir à votre candidature, vous êtes populaire à Thiès, ville dont vous êtes le maire mais votre parti a-t-il une envergure nationale?

    I.S. – Je suis le candidat régional qui a la base régionale la plus vaste et la plus solide parce qu’elle est effective et massive. Dans mon fief, j’ai écrasé le président en exercice, mais j’ai aussi la base nationale la plus large après celle de Wade. Et si Wade est out, c’est un boulevard pour moi. Le seul qui obstrue mon chemin, c’est Wade lui-même, parce qu’il a encore l’appareil d’Etat. Il peut encore acheter des voix, manipuler l’Etat, etc. Mais dans une compétition ouverte, je n’ai pas de concurrents.

    «J’intègre déjà le second tour»

    SlateAfrique – Le Parti Socialiste est-il votre principal adversaire pour prendre le leadership de l’opposition?

    I.S. – Pas du tout. Le PS est à 10%, je les ai déjà battus en 2007.

    SlateAfrique – Pourtant un sondage vous crédite d’à peine 5% des intentions de vote?

    I.S. – Suivez-moi dans les rues du Sénégal et de France et vous verrez. Les gens, ils peuvent raconter ce qu’ils veulent mais moi je crois aux élections et je connais le peuple sénégalais. Je pratique l’électorat depuis l’âge de 15 ans.

    SlateAfrique – Lors de la manifestation de l’opposition organisé à Dakar le 23 juillet, l’accueil a été un peu houleux. Vous avez été sifflé.

    I.S. – Ah non, ce n’est pas cela la vérité. Quand je suis arrivé, l’accueil a été enthousiaste et extraordinaire. C’est au moment de ma prise de parole que quelques militants de Macky Sall (ex-Premier ministre d’Abdoulaye Wade, devenu opposant) m’ont hué. Mais, tout cela est normal. Macky Sall est un frère pour moi. Il a commis quelques maladresses à mon encontre en se laissant entraîner, lui comme Cheikh Tidiane Gadio (ex-ministre des Affaires étrangères, devenu opposant au régime de Wade), dans le complot d’Etat de Wade. Aujourd’hui, c’est normal, nous sommes concurrents pour le premier tour. Les militants des uns et des autres s’envoient quelques amabilités. Mais moi, je ne peux pas m’arrêter à cela. J’intègre déjà le second tour où ils n’auront d’autres choix que de me soutenir.

    SlateAfrique – Si vous accédez au second tour, quel peut être votre adversaire?

    I.S. – Deux cas de figure: si Wade persiste, viole la loi, manipule le Conseil constitutionnel et se présente, il y a de fortes chances que cela soit face à lui. Si Wade ne se présente pas, c’est sûr que je serai face à un candidat de Bennoo (s’unir en wolof, coalition de partis d’opposition), ce qui n’est pas encore garanti. Ousmane Tanor Dieng (secrétaire général du Parti Socialiste) plus probablement, il est à 13% alors que Moustapha Niasse (ex-Premier ministre d’Abdoulaye Wade, dirigeant de l’Alliance des forces de progrès) est à 3%. Mais si eux-mêmes s’atomisent, il est probable que je me retrouve en face de Macky Sall (ex-Premier ministre d’Abdoulaye Wade).

    SlateAfrique – Dans tous les cas, vous êtes persuadé de passer au second tour?

    I.S. – Comment penser à autre chose. C’est impossible. (Rires).

    SlateAfrique – Votre discours est-il suffisamment fédérateur pour devenir président. Vous multipliez les références religieuses. L’un des principaux reproches adressés au président Wade étant sa proximité revendiquée avec la confrérie mouride.

    I.S. – Les dérives sont impossibles avec moi. Nous sommes un pays musulman à 95%, qui a été dirigé par un président catholique pendant 20 ans. Mon Islam est un Islam de tolérance, d’ouverture. Je suis musulman et je l’assume. C’est cela mon choix et je respecte celui de tous les autres. Le Coran dit qu’il n’y a pas de distinction entre les prophètes. J’ai fait toute ma scolarité dans une école catholique. J’ai failli devenir prêtre: on a voulu m’admettre au séminaire. Si on gomme les symboles, les textes et les valeurs de paix et de respect mutuel que véhiculent les religions sont les mêmes. Je n’aime pas le mot tolérance, parce que cela suppose déjà une petite peine à être tolérant, je préfère le terme de respect. La laïcité n’est pas synonyme de l’extinction des fois, elle signifie le respect de toutes les fois y compris la non foi.

    Pas d’argent du contribuable aux lutteurs et aux marabouts

    SlateAfrique – Si vous êtes élu, tous les Sénégalais seront–ils traités de la même façon? Le président Wade a déclaré qu’il avait été élu par les mourides et qu’il était donc avant tout le président des mourides. En sera-t-il de même avec vous?

    I.S. – Pas du tout. Et je l’ai dit partout: à Touba (ville sainte des mourides), Tivaoune (ville sainte des tidjanes), chez les chrétiens. Je serai à équidistance de toutes les fois. Aujourd’hui, il y a une direction de l’enseignement privé catholique au Sénégal, dans le ministère de l’Education nationale. Je transformerai cela en une direction de l’enseignement privé confessionnel, prenant en charge l’enseignement privé catholique, musulman, protestant et même animiste, s’il existe. Mais je donnerai l’opportunité à toutes les fois de s’exprimer dans la liberté et dans la sécurité.

    SlateAfrique – Donc, pour être concret, vous n’envisagez pas de faire adouber vos électeurs par le Khalife général des mourides comme l’a fait Wade?

    I.S. – Pas du tout. Je vous l’ai dit, je respecte toutes les familles religieuses. Et cet enseignement est celui du fondateur du mouridisme. Au cours d’une rencontre, il a loué l’équité dans le traitement des affaires communes au sein de la culture occidentale, dont il était pourtant un adversaire. Et il a donné un exemple à ses fidèles, notamment à un de ses sages qui s’appelait Issa Diène, qui lui demandait comment traduire cette recommandation d’imiter les occidentaux dans leur traitement équitable de tous. Il dit alors: «si vous étiez responsable d’un train et que tous ceux qui voyagent dans le train viennent s’installer et qu’à l’heure le train part. Mais, au moment du départ, vous apercevez mon fils qui accourt, que feriez-vous? Le vieux Issa Diène lui dit: «j’arrête le train et je l’attends parce que c’est votre fils». Et le marabout lui répond que ce n’est surtout pas la chose à faire. Que ce n’est ni de l’équité, encore moins du respect.

    SlateAfrique – Considérez vous donc que le président Wade a été trop loin dans son soutien?

    I.S. – Mais le président Wade est un déséquilibré! Il est déséquilibré dans tout. Moi, je suis un homme d’équilibre, de respect de l’équité et des valeurs fondamentales. Il est impossible que je fasse du favoritisme en direction de qui que se soit. Ce sont tous des citoyens, ils seront traités comme tels. A Touba, j’ai dit que je ne serai pas le président de la République qui distribuera de l’argent à des marabouts ou des passeports diplomatiques. D’ailleurs, lorsque j’ai dit cela, les Wade ont dit que je m’étais suicidé. Ce n’est pas vrai puisque ces marabouts-là, en tout cas ceux d’entre eux qui sont sérieux, savent que ce n’est pas sérieux de leur donner l’argent du pays, de galvauder la respectabilité de notre passeport national en le distribuant sans aucune raison.

    SlateAfrique – Vous ne donnerez pas de l’argent du contribuable sénégalais aux lutteurs et aux marabouts?

    I.S. – Non. L’argent du contribuable sera dépensé pour garantir la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national. Je ne donnerai pas d’argent à quelques groupes d’influence pour des soutiens ridicules. Je ne dirai que la vérité aux Sénégalais et quand les Sénégalais auront testé la vertu dans la conduite des affaires publiques, ils me remercieront. Que les lobbyistes me barrent la route s’ils le peuvent. Mais, ils ne le peuvent pas. Les Sénégalais sont réveillés et ils sont déterminés à imposer à leurs dirigeants le respect des valeurs.

    slateafrique.com

    Propos recueillis par Pierre Cherruau et Lala Ndiaye

    la première partie de l’interview

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      « Aller à l’élection présidentielle sans le candidat Wade», le Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) ne l’imagine même pas. Et si jamais un tel scénario venait à se produire (invalidation de la candidature de Wade par le Conseil Constitutionnel), les partisans de Toussaint Manga soutiennent qu’il n’y aura pas d’élection au Sénégal.  Des révélations formulées en conférence de presse hier, mercredi 28 septembre à Dakar. Par ailleurs, le Meel s’est aussi attaqué à Robert Bourgi de qui, il exige des « excuses publiques » avant de le sommer de ne plus mettre les pieds au Sénégal.  Le M23 non plus n’a pas échappé aux diatribes du Meel.

      Le Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) est décidé à perturber le bon déroulement de l’élection présidentielle au cas où le conseil constitutionnel venait à invalider la candidature du président de la République Abdoulaye Wade par ailleurs candidat déclaré de la Coalisation Alliance Sopi pour Toujours (AST).

      « Ces adhérents ne conçoivent pas à l’heure actuelle, une élection présidentielle sans Wade », fait savoir son secrétaire général Toussaint Manga.  En conférence de presse hier, mercredi à Dakar, M. Manga a soutenu que la candidature du Chef de l’Etat ne souffre d’aucune irrégularité.

      A cet effet, il estime que si la constitution du 22 janvier 2001 doit rétroagir pour régir un mandat obtenu sous la bannière de la constitution du 7 mars 1963, la révision constitutionnelle qui a porté le mandat de 5 ans à 7 ans doit aussi rétroagir pour repousser l’élection présidentielle jusqu’à 2014.  

      Par ailleurs, «nous pensons qu’une quelconque pression politique ne doit pas pousser le conseil constitutionnel à invalider la candidature de Wade qui ne souffre d’aucune illégalité. Si tel est le cas, il n’y aura pas élection dans ce pays.» a laissé entendre le secrétaire général du Meel.
      Et de prévenir l’opposition : « nous demandons aux partisans de l’irrecevabilité d’aller jusqu’au bout de leur logique». Le meel n’a pas manqué de solliciter le président Wade afin qu’il mène « une enquête minutieuse pour démasquer les responsables libéraux soupçonnés de procéder à des négociations souterraines avec d’autres formations politiques en vue de la présidentielle et les sanctionner.»

      Bourgi et M23 cloués au pilori

      Après la sortie de Robert Bourgi qui s’est attaqué au chef de l’Etat du Sénégal et à son fils Karim Wade, le Meel a déclaré, « qu’après plusieurs accusations gratuites et calomnieuses formulées par l’opportuniste armé de bombes en l’occurrence Robert Bougi contre des chefs d’Etats africains dont Wade, l’histoire nous a donné raison, parce qu’il est revenu lui-même pour se dédire et blanchir publiquement les Wade, quel diable! ».

      Par ailleurs,  M. Manga avance qu’à travers cet acte, Robert Bourgi tentait à discréditer un candidat au profit d’un autre. Par conséquent, il exige  que M. Bourgi fasse des « excuses publiques » au peuple sénégalais pour « avoir diffamé à dessein, la plus haute institution de ce pays à savoir le Président de la République et nous lui demandons de ne plus mettre les pieds au Sénégal».

      Sur la manifestation du 23 septembre à la place de l’Obélisque, le Meel souligne que c’est un fiasco. « La petite mobilisation du 23 septembre en constitue une parfaite illustration. Quand une pléthore de candidats peine à mobiliser 500 personnes, cela prouve que ces leaders n’ont pas les ressources humaines nécessaires pour accéder au pouvoir et que la seule candidature solide et crédible est celle de Wade. »

      Et de renchérir : « Benno tente de faire revenir de façon déguisée le parti socialiste aux affaires. Parti, qui a pillé les ressources de ce pays pendant 40 ans et l’a mis à genoux. Que cela soit Niasse ou Tanor, le vieux démon reviendra, et le peuple ne l’acceptera pas.»

      Quant aux leaders du mouvement Y en marre, M. Manga avance : « ses membres ont échoué dans leur métier parce que n’ayant pas sorti ni cassette, ni Cd et n’ont jamais gagné de trophée contrairement à leurs pairs. Ce qui les oblige à verser dans la prostitution politique pour gagner de l’argent. Des hommes sans revenus et qui mènent un train de vie aussi élevé méritent de faire l’objet d’une enquête. »

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      Abdoulaye Wade ne portera finalement pas plainte en diffamation contre Robert Bourgi devant la justice française. Une décision prise après les rétractations de l’avocat, qui avait d’abord accusé le président sénégalais et son fils Karim d’avoir donné de l’argent en liquide à d’anciens dirigeants français.
      Abdoulaye Wade et Robert Bourgi font la paix – du moins sur le plan judiciaire. Après que l’avocat franco-libanais a déclaré à la police française s’être « trompé » en accusant le président sénégalais et son fils Karim d’avoir fait passer par son intermédiaire de l’argent en liquide pour le financement de la campagne de Jacques Chirac en 2002, Wade a renoncé à déposer plainte en diffamation.
      « Il a reconnu son erreur. Pourquoi l’accabler davantage ? » a déclaré l’avocat du chef de l’État du Sénégal, Me Jean-René Farthouat, précisant que la plainte n’avait pas encore été envoyée au parquet de Paris.
      Robert Bourgi, « l’héritier » des réseaux de la Françafrique, ancien conseiller officieux de l’Élysée et de plusieurs présidences africaines, avait affirmé avoir transporté de nombreuses mallettes d’argent appartenant à des chefs d’État du continent pour les remettre à Jacques Chirac et à son ex-premier ministre Dominique de Villepin.
      Parmi les « donateurs » qu’il avait alors cités figuraient Abdoulaye Wade et son fils, le ministre d’État Karim Wade. La présidence sénégalaise avait démenti ces accusations et annoncé son intention de poursuivre Bourgi en diffamation à Paris et Dakar.
      Bourgi quand même devant les tribunaux
      Après la rétractation de Bourgi sur le cas Wade lors de son interrogatoire par la brigade financière jeudi 22 septembre, son avocat, Me Eric Dupond-Moretti avait indiqué qu’il s’était « trompé », sous le coup de « l’émotion » en les accusant.
      Bourgi a en revanche maintenu ses allégations concernant les transferts de fonds en provenance d’autres chefs d’État africains, parmi lesquels Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Omar Bongo (Gabon).
      Robert Bourgi devrait quand même devoir répondre de l’accusation de diffamation devant la justice française, puisque Jacques Chirac, Dominique de Villepin ont annoncé leur intention de porter plainte. Mardi, l’ancien président français et son ex-premier ministre n’étaient pas encore passé à l’acte, mais l’ancien leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen (également cité comme destinataire des fonds occultes) a lui déjà saisi le tribunal de grande instance de Paris d’une citation directe à l’encontre de Bourgi.
      (avec AFP) via jeuneafrique.com

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        L’ex-secrétaire d’État était interrogée sur les propos de l’avocat Bourgi qui affirme avoir porté des mallettes d’argent, notamment à Chirac et Villepin.

        Rama Yade, qui a rejoint le Parti radical de Jean-Louis Borloo, estime que l’Afrique ne devrait pas être « un terrain de jeu pour des intermédiaires » tels que Robert Bourgi, dans un entretien publié parLe Parisien-Aujourd’hui en France. Interrogée sur les révélations de cet avocat qui affirme avoir transporté des mallettes d’argent versé notamment à Jacques Chirac et Dominique de Villepin, l’ancienne ministre se dit frappée qu' »encore une fois l’Afrique trinque ».

        « L’Afrique n’est pas un terrain de jeu pour des intermédiaires dont on ignore ce qui les motive », déclare-t-elle dans cet entretien. « L’Afrique n’a pas besoin d’intermédiaires », insiste-t-elle en soulignant que « les Africains sont assez grands pour échanger d’égal à égal, directement, avec nous » et que « la France a d’excellents diplomates » pour faire ce travail.

        Elle indique qu’elle « n’a ni vu ni entendu parler » du système des valises de billets (quand elle était au gouvernement), mais reconnaît que « cinquante ans de Françafrique, ça ne se remet pas en cause d’un coup ». « La politique des petits pas est raisonnable. Mais j’ai une certaine impatience : les peuples africains ne peuvent plus attendre, il faut s’engager vers un nouveau type de partenariat, transparent et d’égal à égal », juge-t-elle. Par ailleurs, elle félicite le président Nicolas Sarkozy pour son intervention en Libye : « On peut dire que j’en ai rêvé et qu’il l’a fait ! Il a mené une guerre juste et la France est belle comme cela. »

        lepoint.fr

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        PARIS — L’avocat Robert Bourgi, qui a accusé Jacques Chirac et Dominique de Villepin d’avoir reçu des fonds occultes provenant de dirigeants africains, sera entendu jeudi matin par la police parisienne, a-t-on appris de sources proches de l’enquête, confirmant une information de France Info. Alors que le président sénégalais Abdoulaye Wade va porter plainte pour diffamation.

        Le parquet de Paris avait ouvert le 13 septembre une enquête préliminaire pour entendre Robert Bourgi après ses propos parus dans la presse accusant l’ancien président de la République et son ex-Premier ministre d’avoir reçu près de 20 millions de dollars de chefs d’Etat africains.

        Il sera entendu « jeudi dans la matinée » dans les locaux de la brigade financière de la police judiciaire parisienne, qui a été chargée de l’enquête par le parquet, a assuré l’une des sources.

        Robert Bourgi a porté ses accusations contre MM. Chirac et de Villepin dans un entretien au JDD le 11 septembre, confirmant ce qu’il a confié à Pierre Péan dans son ouvrage « La République des mallettes ».

        Cet ancien conseiller de l’ombre chargé des affaires africaines avait ensuite accusé Jean-Marie Le Pen d’avoir lui aussi reçu des fonds occultes de chefs d’Etats africains pour financer sa campagne présidentielle de 1988.

        Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Jean-Marie Le Pen et le président sénégalais Abdoulaye Wade ont annoncé leur intention de porter plainte pour diffamation.

        L’un des avocats de M. Chirac, Me Jean Veil, avait jugé que M. Bourgi n’évoquait « que des faits qui sont prescrits », estimant « difficile de faire une enquête judiciaire ».

        Dans l’interview au JDD, Robert Bourgi disait avoir « participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris ». Selon lui, « il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions ».

        « Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac », poursuit-il.

        « J’évalue à 20 millions de dollars ce que j’ai remis à M. Chirac et Dominique de Villepin » entre 1997 et 2005, a-t-il également dit sur Europe 1.

        Bourgi se présente volontiers comme le successeur de Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de l’Elysée des gaullistes.

        Il raconte également qu' »à l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé +la marche à suivre+ ».

        « Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’Etat africains –Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon)– ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002″, prétend l’avocat.

        Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a récemment dit qu’il voyait Robert Bourgi « tous les mois » quand il était secrétaire général de l’Elysée parce que l’avocat était « un bon connaisseur de l’Afrique ».

        « Il n’a jamais été autorisé à parler au nom du président de la République et du gouvernement français », insiste Claude Guéant.

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        Après Karim Wade, le Président de la République, Me Abdoulaye Wade, a décidé de porter plainte contre Robert Bourgi. Il s’estime diffamé après les déclarations de Robert Bourgi faisant selon lesquelles, il fait partie des dirigeants africains ayant participé au financement de la campagne électorale de Jacques Chirac en 2002.

         

        Le 19 septembre prochain, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, va déposer, par l’intermédiaire de ses avocats, des plaintes à Paris et à Dakar contre Robert Bourgi.

        Il s’estime diffamé après les révélations de Robert Bourgi qui avait évoqué une affaire de mallettes d’argent d’un montant de 5 milliards de FCFA que des chefs d’Etat africains dont Abdoulaye Wade, avait remis en guise de participation à la présidentielle de 2002 à l’ancien président français Jacques Chirac.

        Bourgi avait ajouté avoir vu Karim Wade remettre une mallette contenant 500 millions à Dominique de Villepin de la part de son père et pour Jacques Chirac.

        Ce qui avait poussé le ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, de la Coopération internationale, des Transports aériens et de l’Energie, par ailleurs fils du chef de l’Etat à s’attacher les services d’avocats sénégalais et français pour porter plainte.

        Il est imité en cela par son père qui a décidé de déposer une plainte lundi 19 septembre prochain à Paris et à Dakar, révèle « La Lettre du Continent ».

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        ‘S’il y a une seule personne au Sénégal qui ne doit plus parler, c’est bien Idrissa Seck. Cela fait plus de 5 ans que je fais l’objet d’attaques systématiques de sa part. J’avais décidé de ne pas répondre, par pudeur. Mais il vient de franchir la ligne rouge. Désormais, je rendrai coup pour coup avec toute mon énergie. Que ce soit Idrissa Seck, Mademba ou Massamba. Je commence par vous faire une révélation puisque Idrissa Seck me demande de parler.’ C’est par ces termes que Karim Wade, ministre d’Etat et fils d’Abdoulaye Wade, déclare la guerre à l’ancien homme de confiance de ce dernier reconverti en opposant.

        Accusant Idrissa Seck d’avoir reçu 100 millions de francs cfa de Jacques Chirac, par le canal de Robert Bourgi, en 1999, pour abandonner Abdoulaye Wade au profit d’Abdou Diouf, Wade fils poursuit : ‘En septembre 1999, Idrissa Seck débarque chez nous à Versailles, exactement dans l’après-midi du dimanche 26. Je me le rappellerai toujours. Il annonce qu’il quitte le Pds car il n’y croit plus. Wade lui dit : ‘’Toi aussi mon fils, ils t’ont donc acheté !’’… Idrissa Seck baisse les yeux et fond en larmes. La scène se passe dans le salon, en ma présence. Abdoulaye Wade déclare : ‘’je te libère’ et remonte dans son bureau pour préparer son retour au Sénégal. Depuis ce jour-là…’ Karim Wade termine sa charge par évoquer un mystérieux ‘rendez-vous de Saly’, au cours duquel Idrissa Seck a rencontré nuitamment Martin Bongo, qui a débarqué à Dakar avec des malles d’argent entre les deux tours de la présidentielle de 2000 pour faire gagner Abdou Diouf contre Abdoulaye Wade.

        Pareille attaque, violente, ne va pas pousser Idrissa Seck à riposter publiquement. ’Karim Wade n’aura pas ce qu’il veut, confie-t-il à certains de ses proches le 14 septembre. Je ne suis pas son alter ego. Jamais je ne descendrai à son niveau pour lui porter la réplique. Il n’a qu’à répondre aux graves accusations portées contre lui par des sources crédibles.’ Avant de poursuivre : ‘La vérité sur la période précédant la présidentielle de 2000 n’a rien à voir avec celle qu’il décrit. Tout le monde avait abandonné Abdoulaye Wade sauf moi. Ni sa femme ni ses enfants n’y croyaient plus. Viviane et Syndjély avaient même ordonné à ceux qui se trouvaient à l’appartement situé au 5, avenue des Ternes, dans le 17e arrondissement de Paris, de déguerpir afin qu’elles le mettent en location, estimant que c’est l’un des rares biens qui restaient à la famille ruinée par l’engagement politique de Me Wade. Pour convaincre ce dernier, qui commençait à être gagné par le découragement, d’y aller, je lui ai raconté l’histoire du Prophète qui, faible au départ et isolé dans le désert, a fini, à force de persévérance, par dominer le monde.’

        Et l’ex-homme de confiance de conclure : ‘Ni Karim ni Viviane ni Syndjély n’étaient mêlés aux décisions qui les dépassaient. L’animosité du fils à mon égard date de cette période où le père lui montrait tous les jours qu’il avait plus d’estime et de considération pour moi.’

        La décision d’Idrissa Seck de ne pas répondre ne va pas mettre fin à la guerre. Karim Wade et ses proches ont décidé de perpétrer des attaques contre tous ceux qu’ils prennent pour des adversaires. En dehors de Bachir Diawara, chef de cabinet du ministre d’Etat, l’Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl) et des mouvements inconnus au bataillon comme la Plateforme nationale pour l’avenir des jeunes du Sénégal vont monter au créneau pour donner de la voix et asséner des coups à tous ceux qui vont avoir l’outrecuidance de critiquer leur mentor. Il y a, dans leur ligne de mire, à coup sûr, le maire de Thiès.

        Entre Idrissa Seck et Karim Wade, c’est la guerre à mort. Les deux hommes se haïssent et se reprochent mutuellement tous les péchés d’Israël. Le fils d’emprunt est convaincu que le fils biologique est à l’origine de tous ses déboires, y compris son emprisonnement pendant sept mois sous l’accusation de malversations financières. Le fils biologique voit la main du fils d’emprunt derrière tout coup et toute attaque portés contre lui. Y compris les récentes sorties au vitriol du lobbyiste Robert Bourgi. Il est certes vrai qu’Idrissa Seck a pris Robert Bourgi à Wade père et fils, et, à travers lui, Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et les contacts stratégiques à l’Elysée et au Quai d’Orsay.

        Karim Wade, quant à lui, tente de fermer à Idy toute opportunité de s’en sortir, à commencer par la moindre retrouvaille avec son président de père. Quand, au début de ce mois de septembre, Abdoulaye Wade pense à rencontrer son ex-homme de confiance, son fils l’en dissuade. Et n’est pas près de laisser se faire des retrouvailles qu’il bloque depuis sept ans.

        S’il est élu à la tête du Sénégal, Idrissa Seck traduira Karim Wade devant la justice pour répondre de crimes économiques. C’est peut-être pour se prémunir contre un tel risque que le fils d’Abdoulaye Wade pousse son père à se maintenir au pouvoir. Et aspire à lui succéder en guise de garantie de sécurité. Idrissa Seck et Karim Wade compilent des dossiers l’un contre l’autre, se surveillent mutuellement, se marquent à la culotte… Leur haine viscérale l’un envers l’autre ne peut se dissoudre dans un arrangement, quel qu’il soit. Leur guerre à mort ne fait que commencer.

        (Dakaractu)

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        Le président sénégalais Abdoulaye Wade.

        Le président sénégalais Abdoulaye Wade.

        Chung Sung-Jun/Getty Images
        Par RFI

        L’avocat français Robert Bourgi a évoqué dans la presse ce week-end des financements occultes de chefs d’Etats africains dont aurait bénéficié l’ancien président français Jacques Chirac. De nouvelles réactions à l’affaire se sont fait entendre ce mercredi 14 septembre 2011. Parmi elles, celles de plusieurs dirigeants africains, dont le président sénégalais, Abdoulaye Wade qui se trouvait à Paris à l’occasion de la remise du prix Félix Houphouët-Boigny.

        L’occasion était belle : la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à l’Unesco. La cérémonie s’est déroulée quelques jours après le déballage de Robert Bourgi, ce conseiller de l’ombre de l’Elysée pour les affaires africaines qui a évoqué des mallettes de billets remises par des chefs d’Etat africains à l’ancien président français Jacques Chirac.

        Une centaine de personnes, essentiellement issues des diasporas africaines, se sont rassemblées à proximité de l’Unesco pour manifester « contre la corruption » des gouvernements africains et pour dénoncer les réseaux opaques de la Françafrique. Bien gardés par des gendarmes mobiles, certains scandaient : « J’aime la France, j’aime l’Afrique, mais je n’aime pas la France-à-fric ». « A bas la Françafrique ! »

        Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, dont le nom est cité par Robert Bourgi, « il n’y a pas de désamours », dans cette réponse il ne parle pas de Robert mais de son frère Rasseck. Un avocat, lui aussi, qui a travaillé au sein du cabinet de Wade. Il est même aujourd’hui l’avocat du fils Wade. « Rasseck Bourgi est toujours mon fils, il a appris son métier chez moi. Quand à l’autre [Robert Bourgi], je ne réponds pas », a t-il déclaré.

        L’Ivoirien Laurent Gbagbo, dont les rapports étaient pourtant exécrables avec le président Chirac, a également été cité par Robert Bourgi. Son successeur Alassane Ouattara, qui a longtemps été aux affaires avant de devenir président de la République, assure qu’il n’y a pas eu de valise qui circulait. « Je pense qu’il y a beaucoup de rumeurs, mais je n’ai aucun élément ».

        Et c’est l’ONG argentine des Grands-mères de la place de Mai qui a été récompensée par le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de l’Unesco. L’association de défense des droits de l’homme a été fondée par des proches de personnes disparues sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983).

        rfi.fr

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          C’est à perdre son latin. Entre les cris d’orfraie et ceux qui jouent les vierges effarouchées, la France semble découvrir que ses politiques, au plus haut sommet de l’État ont toujours été corrompus. « Tout pour ma gueule et rien pour les autres ». Ainsi va l’Hexagone, cette donneuse de leçon qui est pourtant empêtrée depuis la nuit des temps dans le vol caractéristique des ressources africaines. Pour que la pilule passe auprès de l’opinion, certains esprits chagrins se précipitent pour dire que cet argent-là est celui de l’aide à la coopération. Que nenni. Quid de l’uranium, du pétrole, de l’or, du bauxite, bref de toutes les matières premières.

           

          Stupeur et tremblements. La France découvre qu’elle a à son sein, un conteur de talent. Normal, tel un griot aux multiples talents, il ne faut pas oublier de Robert Bourgi a grandi au…Sénégal dont il a même la nationalité si l’on en croit certaines sources. Ah, l’Afrique des griots ! Mais, tout dans cette histoire de valises de fric est connue mais, Bourgi s’avère être un vrai mythomane. C’est son premier talent. Ensuite, un escroc patenté. Puis, un narrateur hors pair. Enfin, un sublimissime conteur. Excusez cette lapalissade.

          Comme par hasard, Robert la gâchette Bourgi, avec son conte mâtiné d’exotisme pérore dans les médias. En vil personnage qui serait à mon humble avis derrière les barreaux dans une cellule VIP de la prison de la Santé que sur les plateaux télé, on assiste à l’une des plus grosse escroquerie médiatique. Dans sa diatribe, il tente de flinguer Mamadou alias Dominique de Villepin, candidat déclaré à l’Elysée, et son mentor Jacques Chirac.Porte flingue du 55, rue du faubourg St-Honoré ? Sans doute, d’autant plus qu’il tente d’exonérer l’actuel locataire, Tartempion.

          Ils nous disent, n’est-ce pas, que l’Afrique est pauvre. Or, le berceau de l’humanité est victime d’accords passés, abscons, et aussi de ses leaders véreux. Pourquoi ne dénoncent-ils pas ces accords qui permettent une ingérence de fait ? C’est ainsi que, pour se maintenir au pouvoir, comme dans le christianisme, ils payent la dîme. C’est connu. Tout le monde de part le monde le sait. C’est d’ailleurs pour cette raison que la France est toujours une grande puissance. Sans ses ex colonies, rassurez-vous, elle serait « une voiture sans essence » comme le disait feu Omar Bongo.

          Le récit de Robert Bourgi en lui même, étonnant et détonnant, fait sourire. Surtout cette histoire de Djembé bourré d’argent. Imaginez un seul instant Jacques Chirac entrain de dépecer l’instrument en bois, pour en extraire les tunes. Non, c’est trop petit. Entre les statuettes africaines et les tam-tams, la valise diplomatique passerait plus facilement, non ? Ils nous prennent pour des cons. Vraiment.

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          EnQuête – Quelle que soit sa motivation d’en parler ici et maintenant, les révélations de l’avocat Robert Bourgi éclairent une partie importante de l’histoire de la Françafrique. Elles font désormais un triste sort au culte du secret dont se drapent les hauts fonctionnaires de tous pays mais plus encore sous nos latitudes pour ne pas dévoiler les actes qu’ils ont posés sous injonction des régimes qu’ils ont servis.

           

          Pour ce qui concerne les transferts massifs de fonds entre certains chefs d’Etat d’Afrique et celui de l’ancienne puissance coloniale, Robert Bourgi a pris le relai de Jacques Foccart après une trentaine d’années au rythme de plusieurs dizaines de millions de francs lourds par an.

          La liste non exhaustive des présidents concernés jusqu’à une date récente par ce transfert d’argent nous montre la vénalité des relations politiques entre les partis politiques africains et ceux de la métropole dès lors que des dirigeants supposés de gauche comme Blaise Compaoré, Laurent Bagbo et Denis Sassou Ngessou financent la campagne électorale de candidats-présidents de droite comme Jacques Chirac avec Bongo, Mobutu et Abdoulaye Wade avec qui il a des accointances doctrinales. C’est là que nous sommes édifiés : cinquante années après les indépendances africaines, la communauté franco-africaine que les autorités françaises n’ont pas officiellement dissoute, n’est pas morte.

          Le rapport de forces au plan international explique le besoin de compréhension des trois présidents de gauche de la part de la France et qu’ils doivent acheter contre mauvaise fortune bon cœur, Compaoré en petites coupures, Gbagbo qui s’aligne au tarif Bongo et Sassou Nguessou issu des services spéciaux des forces armées pour gagner sa guerre civile. Mais le président Abdoulaye Wade qui nous intéresse tant et son fils Karim Wade qui nous intrigue tant, que veulent-ils acheter au prix coutant de deux remises de deux mallettes remplies d’une centaine de millions de dollars ? En 2002, la réélection prévue en 2005 du président Wade n’était pas d’une occurrence préoccupante.

          C’est là que l’Histoire se répète. Jacques Foccart, le mentor de Bourgi raconte dans ses mémoires qu’un jour de 1986 ou 1987, alors qu’il était au cabinet du Premier ministre Jacques Chirac dans le premier gouvernement de cohabitation, Ali Bongo, le fils du président gabonais l’a joint au téléphone pour solliciter accès au chef du gouvernement en sa qualité de porteur d’un message confidentiel de son père. Le plus cocasse est que le petit Bongo a demandé que des motards lui soient envoyés. En avisant le Premier ministre, Jacques Foccart l’a averti que selon ses informations, il s’agirait d’instituer une monarchie constitutionnelle. Ce à quoi un Jacques Chirac hilare a répondu : « On verra bien. Envoyez-lui des motards ! »

          A Matignon, Ali Bongo avait déclaré avoir une communication hautement confidentielle au Premier ministre qu’il devait lui faire seul à seul. Au sortir de l’audience, Chirac toujours hilare confirme les informations de Foccart : Bongo veut bel et bien une constitution monarchique et faire d’Ali son héritier. Les réserves de Chirac ont déçu l’héritier présomptif. Mais si Jacques Foccart n’a pas vécu assez longtemps pour voir se réaliser le rêve du tenace Ali Bongo, le Premier ministre devenu président par la suite, Jacques Chirac est encore là pour en rire. Il ne s’est cependant pas trompé en tout pour tout : ce n’est pas avec une constitution monarchique que les Bongo ont accompli la succession au pouvoir du père au fils.

          Ali Bongo a été un des candidats à la succession de son père. Détail important, son principal soutien dans la Françafrique a été précisément Maître Robert Bourgi, conseiller du président Nicolas Sarkozy pour l’Afrique. Le soutien a d’ailleurs été peu discret : Si la France n’a pas de candidat, Robert Bourgi en a un, c’est Ali Bongo. Et je suis un ami très écouté de Sarkozy. Nous pouvons en déduire que sa prise de position en faveur d’Idrissa Seck dans la guerre que se mènent les deux factions libérales pro-Wade, Abdoulaye ou Karim d’une part et pro-Idrissa Seck d’autre part, ne relève d’un principe de refus de la succession de père en fils. Surtout que l’entêtement du président sénégalais à se représenter pour un troisième mandat diffère la succession wadienne.

          La question est en effet importante de savoir ce qui oppose vraiment wade et Bourgi pour mieux envisager les enjeux de la prochaine élection présidentielle. Le doute n’est pas cependant permis quant aux pratiques que dénonce l’avocat conseiller de l’Elysée. Les cas de distribution incongrue et inopportune d’argent par le président Wade sont tellement nombreux que les sénégalais ne se soucieront pas d’en compter un ou deux de moins à Jacques Chirac. Il reste que la candidature de Wade comporte un enjeu de plus s’il était combattu par l’ancienne puissance coloniale. La dimension nationaliste qui pourrait effacer la posture honteuse adoptée lors de la crise libyenne. Mais le défi majeur reste un leadership qui sorte de la communauté française dans laquelle nous pataugeons depuis la fausse

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