Ibrahima fall

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Ibrahima Fall, président, n’a pas «l’intention de rester au pouvoir». Estimant que les défis pour redresser le pays sont tels qu’il n’y suffirait pas à lui seul, le candidat indépendant de «redresser et laisser aux autres le soin de continuer». Réputé, comme il le reconnait lui-même, être «un homme sérieux», le leader du mouvement «Taxaw Teem» qui a rencontré la Rédaction du Populaire le jeudi 3 novembre dernier a dit sa conviction de n’être à la quête que de deux choses : «jaamu Yalla» (adorer Dieu) en devenant «ndawal askanwi» (le serviteur de la Nation) et non «njiitu Rewmi, wala boroom Rewmi» (chef de l’Etat). Parce qu’enfin ne cherchant «ni le pouvoir, ni l’avoir, ni le savoir».

M. Fall qu’est ce qui vous a poussé à briguer le suffrage des Sénégalais pour la magistrature suprême ?
Comme vous le savez je suis un candidat indépendant, je suis un candidat ouvert parce que j’espère être un candidat du consensus. Pourquoi ? Parce que dans le contexte politique sénégalais actuel, je suis tenté de croire, un qu’il ne peut pas y avoir de messie, les problèmes avec les quels nous sommes confrontés sont d’une telle ampleur qu’il est nécessaire qu’une équipe aussi large que possible, mais aussi compétente que possible s’attache à relever le défis. Consensus parce que je ne pense pas qu’une telle équipe puisse être trouvée dans une seule formation politique ou dans une seule alliance de partis politiques. Je crois qu’il sera nécessaire dans le cadre d’un sursaut patriotique de toutes et tous que nous mettions notre savoir, notre savoir faire et notre savoir être au service de la nation pour sortir de la situation dans laquelle le pays se trouve.
Enfin je considère que je suis un candidat de la rupture, un, parce que je n’appartiens à aucun parti politique, c’est une rupture par rapport à tout ce qui s’est passé jusqu’à présent où des chefs d’Etat ont été des leaders de parti politique. Rupture parce que j’appartiens à la société civile, rupture parce que n’ayant pas d’attaches partisanes, je me sens libre et de mes propos et demain Inch Allah de mes actions. Et j’essaierais de tirer toutes mes compétences de toutes les formations politiques confondues pour mettre en place une équipe susceptible de relever les défis avec l’appui de la population. Enfin une candidature de rupture parce que je veux relever le défi de faire en sorte que demain le Sénégal soit refaçonné selon les 4 R dont je fais mon leitmotiv c’est-à-dire : Rassembler le plus largement possible tous les patriotes du pays, Rebâtir l’Etat de droit, Relancer l’économie et Réhabiliter les valeurs, voilà en un mot le sens du combat que je compte mener.

Concrètement, par quoi passent les 4R ? 
J’ai parlé de réhabiliter les valeurs puisque notre pays est, depuis plusieurs années, confronté à un déclin des valeurs, d’éducation, de civisme, de patriotisme, de religion auxquelles nous avions été habituées. Et qu’il s’agisse de comportements politiques tortueux, de comportements économiques délictueux, de comportements moraux condamnables, de comportements en dehors de l’éthique, nous sommes aujourd’hui menacés par une perte d’identité par rapport à nos valeurs. Aujourd’hui, je crois qu’il y a deux slogans qui me paraissent charrier, malgré les tenants de ces deux slogans, le déclin de nos valeurs : Moko Yor, Bul Faale. Je pense que si «Moko yor» signifie le culte de l’argent quelle qu’en soit la provenance, quel que soit l’usage que l’on en fait, je dis que c’est extrêmement dangereux pour la préservation de nos valeurs d’honnêteté, de probité, de «ñaq jariñu» et j’en passe. Je crois que sur ce plan-là, les choses sont d’ailleurs très claires : La corruption, la concussion, le détournement d’objectif, les engagements non tenus sont érigés même au rang d’un principe puisqu’on finit par dire que ne croient aux promesses que ceux qui y croient et pas ceux qui s’engagent à ces promesses. Quelle est alors l’image d’éducation morale que l’on est en train de donner aux jeunes ? «Bul Faale» je sais très bien que ceux qui dans la lutte ont porté ce slogan voulaient dire autre chose. Ils voulaient dire que peu importe le métier que l’on fait, il faut le faire dans l’honnêteté et à la sueur de son front. Mais dans la compréhension du citoyen lambda, c’est faire ce que l’on veut faire sans se soucier des autres, sans prendre en compte les limites de sa liberté. Vous voyez dans les comportements dans la rue, un manque de citoyenneté, un manque de politesse, un manque d’éducation pour tout dire. Et je crois que c’est très dangereux, il faut qu’on arrive à inverser ces contre-valeurs-là pour renouer avec les valeurs dans lesquelles nous avons été éduquées et que vous connaissez très bien.

S’agissant du mot rebâtir, en fait c’est reconstruire. Reconstruire l’Etat, l’Etat a été malmené, il a été délesté, il a été pratiquement traîné par terre par un régime qui fait dans l’improvisation, qui fait dans l’informel, qui fait dans le contournement des règles de droit, qui mène une justice à deux voies avec en tête l’impunité. Regardez le nombre de crimes, d’assassinats même qui ont été commis, depuis une dizaine d’années, et qui sont restés impunis. Regardez comment on foule aux pieds les règles élémentaires de justice et d’équité. Regardez comment avec dédain, on se comporte au mépris des règles de vie. Je dis il faut rebâtir, il faut reconstruire l’Etat de droit en mettant tous les citoyens au même pied en veillant à ce qu’il y ait une justice, la même, pour tous et non une justice à deux vitesses où parce que quelqu’un a déposé une lettre à un endroit peut-être où il ne devrait pas la déposer, il écope de deux années de prison ferme, alors que des nervis se sont attaqués à des citoyens comme Talla Sylla, comme Alioune Tine, à des journaux, à des Télévisions et qui sont restés impunis. Je crois qu’il est essentiel que nous mettions un terme à cette situation, voilà pourquoi, je parle de reconstruire l’Etat de droit.

Pourquoi avoir attendu 2012 pour déclarer votre candidature ? 
Je vais vous servir 3 réponses. La première est d’ordre chronologique. Comme vous le savez, j’ai été absent du pays pendant 15 ans en ma qualité de Sous-secrétaire général de Nations unies, 5 ans pour les Droits de l’homme, 5 ans pour les Affaires politiques, 5 ans pour être le représentant spécial du Secrétaire général dans la région des Grands lacs. Je n’ai pas le don d’ubiquité pour être à la fois là-bas et ici. La deuxième raison, c’est que j’ai longtemps considéré qu’au fond la recherche, dans cette direction, du pouvoir devait revenir plus naturellement aux leaders de parti politique. Troisièmement parce que de retour au pays depuis 5 ans, j’ai hésité et je me suis rendu compte que les pressions qui s’exerçaient sur moi, la situation qui devenait de plus en plus grave, les espoirs qu’à tort où à raison, ma personne suscite faisaient que je ne pouvais plus ne pas me présenter. Ce n’est pas la première fois que de tels espoirs se sont exprimés en ma direction, déjà en 2005-2006 alors que j’étais aux Nations-Unies, j’ai reçu deux délégations différentes venues spécialement du Sénégal pour me demander de bien vouloir m’investir dans cette direction et je puis vous dire, ce n’est pas le cas peut-être de la plupart des jeunes, mais partout où je passe les Sénégalais, en général, sont heureux que, finalement, je me sois décidé de répondre à leur souhait.

Pourquoi «Taxaw Tem», du nom de votre mouvement ? 
«Taxaw Tem», c’est une expression en Wolof qui littéralement parlant signifie «Debout et déterminé» (Tt, Dd). Pourquoi ? D’abord la situation politique du pays n’autorise pas à rester les bras croisés, il faut se lever et se mettre debout, il faut se lever contre la situation, il faut se lever pour rebâtir, pour reconstruire, pour réhabiliter, pour rassembler. «Tem», c’est déterminé, c’est l’expression d’une volonté, d’une détermination qui ne saurait être remise en cause. Et je crois que cela signifie une volonté de ceux qui se reconnaissent dans ma candidature de se lever comme un seul homme pour relever le défi. Je suis conscient que par delà Ibrahima Fall, il y a d’autres «Taxaw Tem».

Ibrahima boxe-t-il dans le même ring que les ténors ? 
La situation actuelle est caractérisée en gros par trois pôles. Il y a le pôle du pouvoir, il y a le pôle des partis politiques, notamment au sein de Bennoo, au sein de Bennoo alternative et Bennoo Taxawal Senegaal et en troisième lieu, il y a le pôle des acteurs de la société civile. L’actualité nous permet de dire que le pôle du pouvoir est déjà fissuré, puisque le Pds et ceux qui soutiennent le Pds se présentent, aujourd’hui, en ordre dispersé avec d’un côté un candidat improbable du Pds, un ancien Premier ministre du Pds qui est candidat, un ancien président de l’Assemblée nationale du Pds qui est candidat. De l’autre côté, au sein du pôle de Bennoo Siggil Senegaal et Bennoo alternative 2012, des tentatives pour trouver un candidat de l’unité qui, pour le moment, ne donne pas de résultats tangibles, les dates butoirs sont régulièrement repoussées, les discussions continuent et plus on avance et plus apparemment l’impasse se creuse. Je ne m’en réjouis pas, je considère que ce pôle représente un vivier important de la vie politique sénégalaise et je serais de ceux qui souhaiteraient vivement qu’il arrive à son candidat de l’unité. Bennoo alternative 2012 inscrit dans ce sillage avec une approche beaucoup plus inclusive, il est vrai, mais qui pour le moment est au début de son processus. Enfin, le troisième pôle est composé de candidats de la société civile, ils sont nombreux, ils sont dispersés et pour le moment il y a des initiatives sectorielles de discussions et de négociations mais qui n’ont pas encore abouti. C’est pourquoi aujourd’hui nous nous trouvons dans une situation politique plutôt préoccupante à 4 mois de l’élection présidentielle.

N’êtes vous pas en train de courir des risques quand on sait que la présidentielle a toujours été au Sénégal une affaire d’appareils politiques ? 
Vous avez raison, la présidentielle mais aussi toute élection au niveau national repose en partie sur des appareils. Et il est extrêmement difficile à quelqu’un qui n’a pas d’appareil de peser. L’élection présidentielle a, cependant en plus, une autre caractéristique d’être le rendez-vous d’un homme ou d’une femme avec son peuple. Donc cette caractéristique lui donne une ampleur subjective très importante et cette ampleur subjective tourne à la fois autour de la personne, de la personnalité du candidat, de son programme, de sa légitimité sociale et subsidiairement autour de son appareil. Je considère que je suis parti avec un handicap réel, ne disposant d’appareil. Je suis parti avec un handicap réel pour avoir été absent pendant quinze ans. Mais ce sont des handicaps surmontables et je considère que le mouvement «Taxaw Teem» que j’ai créé est un mouvement qui s’est bonifié, qui s’est étendu territorialement, qui s’est massifié au plan de sa consistance sociologique et que, par-delà ce mouvement, il y a l’adhésion des citoyens sénégalais. Vous savez même les partis politiques vieux de 40 ans, 50 ans si vous comptez leurs membres par rapport à 12 millions de Sénégalais c’est très peu. Il faut donc aller au-delà des partis politiques. Je pense que le citoyen sénégalais a son opinion sur chacun des candidats et je cherche à obtenir son adhésion.

Les jeunes, le plus gros de l’électorat, ne vous connaissent pas. Comment allez-vous faire pour combler ce gap?
Dire qu’il y a des jeunes qui ne connaissent pas Ibrahima Fall est une chose, dire que les jeunes ne connaissent pas Ibrahima Fall est autre chose. Je ne sais pas s’il y a des jeunes de 50 ans-70 ans qui constituent l’essentiel des internautes, mais si vous regardez les réseaux sociaux, internet et autres, vous constatez et je ne m’en glorifie pas que le candidat qui, aujourd’hui, est celui qui est en tête est celui dont vous dites qu’il n’est pas connu des jeunes.
Je dois dire connaître et reconnaître, ça fait deux. Certains de ceux qui ne connaissent pas Ibrahima Fall, reconnaissent Ibrahima Fall et reconnaître quelqu’un, et au-delà de le reconnaître physiquement, reconnaître ce qu’il tient comme propos, ce qu’il tient comme engagement et se reconnaître dans ce qu’il dit, ça c’est très important et je crois, comme on dit en wolof, que «xam nit, xamee nit mooko gën», «bu ñula xamee te xameela moo tane». Donc cela dit vous avez tout à fait raison de dire que la jeunesse représente la partie la plus importante de l’électorat et il est essentiel que pour gagner l’élection, on ait l’appui des jeunes. Et d’appuis faits à des jeunes, j’entends continuer de m’investir en faisant en sorte de gagner la confiance des jeunes à trois niveaux. D’abord au niveau de la vérité en ce que je dis. Il y en a un qui a été également élu par les jeunes, il y a de cela 11 ans sur la base de promesses dont il dit, aujourd’hui, que n’y croient que ceux qui veulent y croire, je n’entends pas m’engager dans cette direction, j’entends tenir le langage de la vérité, faire des promesses que si je sais que je peux les tenir. Ça c’est la première direction, le langage de la vérité. La deuxième direction dans laquelle je veux m’engager pour avoir l’adhésion des jeunes, c’est de prendre en charge les préoccupations des jeunes. Ces préoccupations vous les connaissez mieux que moi, j’en singularise 4. La première préoccupation, c’est l’insertion professionnelle, la possibilité pour les jeunes d’avoir le droit de produire socialement, professionnellement. La deuxième préoccupation, c’est permettre aux jeunes d’avoir des perspectives. La troisième préoccupation c’est de faire des jeunes les acteurs de leur avenir et non les spectateurs de leur avenir. La quatrième préoccupation me semble-t-il s’est de faire des jeunes des citoyens modèles. J’entends bien des groupes comme «Y en a marre» s’investir dans cette direction pour l’éducation citoyenne, pour l’éducation patriotique des jeunes et des moins jeunes. Je crois qu’il est bon que dans ces quatre directions-là, que je continue de m’investir parce que cela fait partie des espoirs. Donc c’est ça que j’entends faire pour essayer de gagner la confiance des jeunes. Et ce que je puis dire simplement, c’est que je ne cherche ni le pouvoir, ni l’avoir, ni le savoir «utu ma am am, utu ma man mam, utu ma xam xam». L’avoir, ce que j’ai à l’issue de la carrière que j’ai menée à l’intérieur et à l’extérieur du pays, Dieu merci, me suffit largement «Doylu naako» en wolof (je m’en suffis), cela a un sens. «Doy ak dooy lu» (suffisant et s’en suffir), c’est différent. Le savoir, Dieu m’a fait le privilège de faire de moi un professeur agrégé d’université, j’ai fait ma carrière ici en tant que Doyen de la Faculté de droit, je l’ai fait ailleurs en tant que Sous-secrétaire général des Nations Unies pendant 15 ans. Le pouvoir, je n’en veux pas, parce que tout simplement mon souci n’est pas d’exercer le pouvoir, ce n’est pas par hasard que je dis que je cherche à être non pas «njiitu Rewmi, wala boroom Rewmi» (chef de l’Etat) comme ça se dit, mais «ndawaal askanwi» (le serviteur de la Nation), c’est quelqu’un qui se met au service de la nation. Donc voilà pourquoi je dis qu’en définitive la quête d’Ibrahima Fall est une quête qu’on peut ramener à deux mots «jaamu Yalla». Cela peut faire bizarre à des jeunes «jaamu Yalla», ce sont les prières, c’est le jeûne, ce sont les 5 piliers de l’Islam. Mais on peut adorer Dieu en étant au service de son prochain. Ibrahima Fall «dafa bëgë jaamu soxlayi jaamu yallayi» (je veux être au service des serviteurs de Dieu). C’est le seul crédo de mon action et pour moi c’est essentiel parce que les défis à relever pour redresser ce pays sont d’une telle immensité que je n’y suffirais pas à moi seul, c’est pourquoi j’entends redresser et laisser aux autres le soin de continuer. Je n’ai aucune ambition de rester ici.

Si la coalition Bennoo Siggil Senegaal faisait appel à vous, est-ce que vous êtes prêt à être le candidat ?
Ma réponse aussi bien pour Bennoo Siggil Senegaal, Bennoo alternative ou pour le G4 dans lequel je suis impliqué, est oui. Parce que nous nous réclamons tous des Assises nationales. Deuxièmement, nous savons tous que le messie n’est pas de ce monde, il faut donc une large coalition et pour battre le régime en place et pour reconstruire le pays. Troisièmement parce qu’étant candidat indépendant, n’ayant pas de parti politique je suis à l’aise pour traiter tous les partis politiques au même pied. Parce que s’ils me le demandent, ce serait de leur part déjà un sacrifice pour eux en renonçant à être candidat, je l’accepterais parce que je n’ai pas l’intention de rester au pouvoir.

Monsieur Fall, il y a des Sénégalais qui ne sont pas heureux que vous vous présentiez parce qu’il y a des repères que les aînés donnent, notamment quand vous étiez aux affaires avec surtout les événements douloureux entre le Sénégal et la Mauritanie. Que vous fait ce rappel ?
Les événements entre le Sénégal et la Mauritanie se sont déroulés en 1988, j’ai été au gouvernement de 1983 à 1900, vous voyez quand même l’inanité de la réponse. Pourquoi également ne pas dire qu’Ibrahima Fall était ministre de l’Enseignement supérieur quand il y a la grève de 1984. Pourquoi ne pas dire qu’Ibrahima Fall quand il a été ministre de l’Enseignement supérieur est parvenu en grande partie à discuter avec les étudiants, que j’ai apporté les réformes nécessaires dans l’attribution des bourses et la première fois qu’on a informatisé systématiquement toutes les demandes de bourses au niveau de l’Université sur la base de critères précis qui permettaient de savoir à distance si quelqu’un pouvait avoir une bourse. Pourquoi ne pas dire que j’ai été ministre de 1984 à 1990 et que à ce titre j’ai servi mon pays, j’ai servi la République pour apporter des solutions à différents conflits qui se sont déclenchés. 1989 pour répondre à la question, c’est quoi ? Un incident presque banal entre des bergers et des cultivateurs, des bergers venant de Mauritanie et des cultivateurs étant des Sénégalais. Et sur la base de cet incident le ton a monté, les affrontements ont eu lieu, la situation s’est dégradée. Est-ce que vous pouvez me trouver une part de responsabilité d’un ministre des Affaires étrangères ? Si bien que lorsque depuis, Nairobi, j’ai appelé le président Abdou Diouf, parce que j’étais au courant des ces incidents, celui-ci m’a dit : «Ibrahima ne vous en faites pas, le ministre de l’Intérieur est là il se charge de la question. Je vous ai confié une mission, je vous demande de poursuivre votre mission. Cette mission avait trait aux préparatifs du sommet de la Conférence Islamique qui a eu lieu après mon départ. Lorsque je suis rentré et que malgré les efforts des ministres de l’Intérieur, le problème n’a pas été réglé, j’ai reçu mandat de m’impliquer dans la recherche de solutions. J’ai dirigé la délégation sénégalaise qui a rencontré la délégation mauritanienne conduite par le ministre de l’Intérieur, à Bamako où nous avons négocié. Nous avons effectué plusieurs négociations. Le point d’achoppement, c’est où se trouve la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Le Sénégal se fondant sur la délimitation coloniale qui place la frontière sur la rive droite du fleuve Sénégal défendant la position selon laquelle le fleuve appartenait au Sénégal, la Mauritanie se fondant sur d’autres considérations estimait que la frontière se trouvait au milieu du fleuve Sénégal. Où se trouve la responsabilité du ministre des Affaires Étrangères dans cette affaire ?

Quel est votre sentiment personnel quant à cette affaire ?
J’ai vécu douloureusement cette affaire pour trois raisons. Un parce que je suis convaincu qu’une frontière constituée par un fleuve dans une région sahélienne où le principal problème est où trouver de l’eau, doit unir plutôt que séparer. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que ce fleuve a servi pour créer l’Omvs. Deux, je considérais historiquement que les peuples sénégalais et mauritaniens avaient partagé tant de choses que tout devait être fait pour fructifier les relations et non remettre en cause ces relations. Trois, je suis panafricaniste et que je considère les frontières héritées de notre colonisation doivent être dépassées pour construire l’unité africaine. Et donc, ce n’est pas en nous arc-boutant sur un problème comme celui-là qui opposait la Mauritanie et le Sénégal qu’on pouvait faire avancer le processus de l’unité africaine.

En tant qu’ancien ministre de l’enseignement supérieur, est ce que vous pouvez nous donner votre programme par rapport à l’éducation ? 
Le programme d’Ibrahima Fall est en ce moment sur les tablettes, il va sortir dans quelques semaines, ce sera la première déclaration d’un candidat, car à ce jour les gens parlent, mais aucun n’a encore présenté un programme. Dans ce programme la question de l’éducation et de la formation occupe une place très importante. Dans ma déclaration de candidature, j’ai déjà abordé la question et j’ai esquissé aussi bien des réflexions sur la situation, que des pistes d’action. Ce n’est pas nécessaire de revenir sur la situation en ce qui concerne l’Université, elle est encore plus grave au niveau de l’enseignement secondaire, au niveau de l’enseignement moyen au niveau de l’enseignement élémentaire. Partout c’est le délitement, c’est l’éclatement, c’est l’implosion et la crise. Quand les élèves et les étudiants ne sont pas en grève, ce sont les instituteurs et les professeurs qui sont en grève lorsque ce ne sont pas les employés administratifs qui entrent en grève. C’est une situation inacceptable parce qu’on n’a pas le droit de sacrifier l’avenir des jeunes.
Vous avez rappelé que j’ai été ministre de l’Enseignement supérieur, demandez à certains de vos parents, ils vous rappelleront le discours que j’ai fait en français et en wolof en 1984, au plus fort de cette grève et où pour la première fois un ministre s’adressait aux élèves et à leurs parents dans un wolof qui a fait que, dès après le discours, les parents ont dit aux enfants : «mott, jangileen» (allez étudier).Ce sont des anciens étudiants qui me l’ont rappelé. Moi qui avais conscience que ni eux ni le pouvoir n’avaient le droit de sacrifier l’avenir de ces jeunes, suis resté sur le même tempo aujourd’hui.

Quelles solutions, alors, à la crise qui secoue l’enseignement ?
Dans ma déclaration de candidature, sur les pistes de réflexion que j’ai esquissées, j’ai dit que je propose la convocation des états généraux de l’éducation et de la formation. N’empêche pas que dans mon programme, je fais déjà des propositions qui tournent autour de cinq principes. Le premier principe est celui de l’éducation universelle : la possibilité pour tous d’accéder à l’école sur un pied d’égalité entre filles et garçons. Deuxième point, c’est celui de ne pas confondre la quantité par l’éducation universelle et la qualité par le niveau de l’enseignement. D’ou la nécessité de former des enseignants. Aujourd’hui on s’improvise enseignant, sans formation pédagogique véritable. Cela nécessite aussi d’avoir des classes gérables, ce n’est pas avec 90,100, 105 élèves qu’on peut assurer une éducation correcte. Le troisième principe est celui de la détection. On ne peut pas faire un bon enseignement si on n’a pas des critères précis de sélection. Tout le monde ne peut pas aller à l’université. D’où la nécessité du quatrième principe qui consiste à aménager des passerelles entre les différents niveaux de l’enseignement, pour permettre à ceux qui dont les Facultés ne leur permettent pas d’aller plus loin de pouvoir avoir une formation professionnelle. Donc cinquième principe, il faut réhabiliter l’enseignement technique et cette réhabilitation va également avec la réhabilitation de la formation à l’université, en tenant compte des besoins du marché. Vous voyez beaucoup de types d’universités privées, qui forment dans des filières, qui répondent plus au besoin du marché que les milliers de diplômés chômeurs qui viennent de l’université. J’entends non seulement lutter contre cela, mais promouvoir véritablement la formation. Et parlant de ces diplômés chômeurs, je considère que c’est un scandale au moment où il y a 2500 ou 2600 jeunes diplômés chômeurs au niveau de la Maîtrise et du Doctorat qui ne demandent qu’à travailler. Au moment où il y a plus de 2000 infirmières et sages femmes d’Etat formées et qui chôment qu’on ferme le recrutement et pendant ce temps on propose dans un cadre démagogique et électoraliste de relever l’âge de la retraite à 65 ans. Je considère que c’est un scandale alors qu’il y a tant de jeunes diplômés qui chôment, de jeunes non diplômés qui tâtent dans toutes les directions, que l’on consacre une bonne partie de nos ressources dans des dépenses de prestige qui ne répondent pas aux aspirations de la population. Je considère que c’est un scandale alors qu’il y a tant de besoins sociaux du fait du coût très élevé des denrées de premières nécessité plutôt que répondre à cette demande sociale qu’on consacre nos ressources et dépenses à des détournements de deniers publics qui se chiffrent à des milliards. Voilà pourquoi également, j’ai dit que si je suis élu ceux qui auront commis des crimes économiques devront répondre de leurs actes.

Peut-on avoir une idée sur les ressources dont dispose le candidat Ibrahima Fall ?
Vous m’avez posé deux questions. Ce que j’ai dans la poche et ce que l’on me demande. Je ne sais pas si c’est faire de l’humour, mais il y a des traditions culturelles chez nous qui font qu’on ne demande jamais à quelqu’un ce qu’il a dans sa poche. Sutura…

Mais il y a des exigences de transparence ?
Les exigences de transparence concernent les deniers publics. Et je peux vous assurer que quand je serais élu, je respecterais les exigences de transparence dans la gestion des deniers publics. Je vais vous faire une confidence : Lorsque j’ai été nommé ministre de l’Enseignement supérieur en 1983, mon premier geste a été de consulter un cabinet de notaire et de faire une déclaration systématique de tout mon patrimoine. J’ai encore une copie de cette déclaration. Et quand j’ai quitté le ministère des Affaires étrangères, j’ai rappelé au président (Ndlr : Diouf) cette déclaration dont je lui avais donné une copie en lui disant que cette déclaration était encore valable dans son intégralité qu’à la toute petite exception que j’ étais devenu locataire-acheteur d’une Sicap. Donc, je serai disposé le moment venu à refaire la même déclaration et à faire la transparence à l’entrée et à la sortie. Vous êtes d’accord maintenant pour que je ne dise rien de ce que j’ai dans la poche. Maintenant pour ce qui concerne ce qu’on me demande. Je ne suis pas le seul à qui cette demande est faite. Je pense que c’est une décision arbitraire. Pourquoi 65 000 000 FCfa et pas 100 000 000 et pas 10 000 000 ? On ne nous a jamais expliqué pourquoi. C’est une décision, à mon avis, anti-démocratique. Si c’est pour sélectionner les candidats, je crois qu’il appartient au peuple de sélectionner ces candidats. Comme on dit dans notre jargon wolof «jaka jaa ngi, ku bëga nodë, na nodë». Que ceux qui veulent être candidats soient candidats. Et il appartient au peuple grâce aux bulletins de vote de déterminer qui doit être élu. Enfin, c’est une décision à mon avis censitaire parce qu’elle veut dire que seuls ceux qui ont la possibilité d’avoir 65 000 000 FCfa peuvent être candidats alors qu’il y a bien des personnes qui peuvent et devraient pouvoir être candidats et qui n’ont pas 65 000 000. Je considère que c’est une décision regrettable d’autant plus que cela pourrait pousser ceux qui veulent être candidats et qui n’ont pas 65 000 000 à aller les chercher ailleurs. Et je regrette vraiment la démagogie qui tourne autour de cette question parce que je vois qu’il y a des opérations politiques disant qu’on va réunir 1 000 000 de femmes et chaque femme va donner 100 francs pour pouvoir payer la caution d’un candidat. Mais un candidat qui ne sait même pas s’il va se présenter et qui s’est payé un terrain à 1 milliard et à justifier cela au fait que cela faisait partie du crédit politique.

Est ce que quelque part, fixer une caution à 65 000 0000FCfa ne poussera pas les candidats à aller la chercher n’importe où ?
Vous savez l’éthique de financement des campagnes électorales, c’est l’argent public. La norme si l’on veut faire dans la transparence et dans l’éthique, c’est le financement public pour la campagne électoral. L’Etat devrait être en mesure de dire j’apporte une contribution de tant aux candidats, ils n’ont pas le droit, s’ils acceptent cela, d’avoir recours à des recherches ailleurs. Si maintenant, ils ne l’acceptent pas, soit parce qu’ils ont les moyens, soit parce qu’ils ont des soutiens, libre à eux de le faire. Vous avez déjà entendu parler des Etats Unis, l’actuel président quand il était candidat, il avait le choix entre le financement public plafonné et le financement privé non plafonné. Il a décidé d’opter pour d’une part rejeter le financement public et d’autre part accepter le financement privé non plafonné. C’est son choix, mais au moins cela a le mérite de la moralisation des financements de la campagne. Nous sommes loin de la, mais celui qui vous parle à bien l’intention, s’il est élu président de la République de moraliser la vie politique. Cette moralisation inclura les problèmes de financement des partis politiques d’abord, des financements des campagnes électorales, mais ça ne s’arrêtera pas là. Je ne vois pas pourquoi, au nom de quoi, on a des institutions qui tournent et qui ne servent à rien et qui par contre sont financées par le contribuable sénégalais. Un Sénat de 100 membres, un Conseil économique et social, des agences à n’en plus finir, des ministères qui, à la limite, représentent de petits services, il y a même un ministère des transports terrestres et ferroviaires, comme si les rails étaient dans l’espace.

Est ce qu’Ibrahima Fall connaît bien les problèmes des Sénégalais pour solliciter leurs suffrages ? 
Je pense que même un étranger qui vit au Sénégal depuis 5 ans seulement, s’il le désire vraiment, il doit pouvoir connaître les problèmes des Sénégalais. Je suis Sénégalais, je vis les problèmes des Sénégalais. Quand vous enlevez quinze ans d’absence (du Sénégal) de soixante huit ans de vie qu’est qui vous reste ? Est ce que vous pensez, en cinquante trois ans de vie au Sénégal, que ne je puisse pas connaître les problèmes des Sénégalais ? Aujourd’hui le monde est un monde globalisé, où que vous soyez, vous avez la possibilité lorsqu’un sujet vous intéresse, de connaître ces sources. Mais ce n’est pas mon cas. Moi je partage quotidiennement la vie des Sénégalais. Je vis l’obscurité comme tous les Sénégalais. Quand il y a «xuy kamag», je suis chez moi.

Quelle est votre position par rapport à la candidature polémique de Me Wade ? 
La candidature du président de la République me semble juridiquement inacceptable, politiquement regrettable, physiologiquement déplorable. Je considère qu’il a fait deux mandats, donc juridiquement il ne peut faire un troisième mandat. Politiquement, je considère qu’en dix ans, il a donné le meilleur de ce qu’il pouvait donner et que nul n’est indispensable. Enfin physiologiquement, je considère que quand on a 86 ans, après avoir servi son pays pendant trente-huit ans dont vingt-six ans (26 ans) d ‘opposition et 12 ans de pouvoir, on a toutes les raisons de dire qu’on a assez donné et de pouvoir sortir par la grande porte. Et je suis sûr que si aujourd’hui il décidait de renoncer à sa candidature, c’est tout le Sénégal qui lui en serait reconnaissant.

En tant qu’ancien Doyen de la Faculté de Droit, vous disiez détenir des arguments solides pour invalider la candidature de Me Wade ? 
Je serai bref. Ne demandez pas à quelqu’un qui va au combat de révéler les armes qu’il va utiliser. S’il n’était pas candidat, je dirais pourquoi il ne pouvait pas être candidat. S’il est candidat, je laisse au Conseil constitutionnel qui est l’organe compétent, se prononcer et si ce Conseil constitutionnel invalide la candidature de Me Wade, le problème est réglé. S’il ne l’invalide pas, c’est à ce moment là que je peux devant le Conseil constitutionnel plaider avec les arguments dont je parlais. Je ne ferais un recours que si la candidature de Me Wade est validée.

Transcrits par Marianne NDIAYE Moustapha BA & Aminatou AHNE
Popxibaar.com

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Le leader du mouvement « Taxaw Teem », Ibrahima Fall, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, s’est engagé à mettre en œuvre un plan de réaménagement territorial sous-tendu par le double objectif de la viabilité économique et administrative des régions.

 

M. Fall effectuait, samedi, une « visite de courtoisie et de sensibilisation » auprès des chefs religieux et dignitaires de la ville de Diourbel.

Selon lui, « le réaménagement territorial impliquera la création de pôles économiques en vue de maintenir la main-d’œuvre sur place et de désengorger la capitale ».

L’ancien ministre sous le règne du Parti socialiste s’est aussi préoccupé du sort de la ville qui l’a accueilli, estimant que ‘’Diourbel est une ville abandonnée et cet abandon ne date pas du régime libéral, mais s’est accentué avec l’alternance’’.

Ancien Sous-secrétaire général de l’ONU, M. Fall a promis de prendre en charge ce retard dans le cadre du réaménagement territorial.

S’exprimant par ailleurs sur les incidents de Fanaye (Podor) qui ont fait deux morts et des blessés, M. Fall a regretté les facteurs qui ont abouti au drame.

« On a le sentiment que ceux qui nous gouvernent actuellement sont poursuivis par une double malédiction d’argent et de foncier », a dit le leader de « Taxaw Teem ».

« Partout où il y a le minimum d’argent ou le minimum de foncier, on a le sentiment qu’ils n’ont de cesse d’accaparer ces terres et ces ressources financières », a-t-il poursuivi ajoutant : « Il est temps d’y mettre un terme. »

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    SENINFOS.COM– Celui que les internautes ont surnommé « président de Facebook », en raison de sa notoriété sur le réseau social avec 12292 fans, commence à décevoir certains de ses sympathisants. Ces déçus de Taxaaw Teem Ci Jubaal reprochent à Ibrahima Fall son manque de chaleur et la gestion quasi familiale de son mouvement avec un de ses fils qui rappelle le syndrome Karim Wade. Des griefs qui font que ces militants on choisi le déballage.

    Il jouissait d’une très bonne réputation au sein de l’opinion publique. Le natif de la cité religieuse de Tivaouane, catalogué poli et pieu, avait promis de faire de la politique autrement en mettant en avant les valeurs qui régissent la société sénégalaise. Mais, son aura aura été de courte durée. A quatre mois de la présidentielle, certains de ses soutiens sont déçus. De jeunes sénégalais, qui ont cru que le natif de Tivaouane sera le quatrième président du Sénégal et qui ont adhéré les yeux fermés à la dynamique Ibrahima Fall, sont aujourd’hui déçu. Ils déplorent l’indécision de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Diouf et son manque de chaleur.

    « Il ne répond jamais aux mails et notes stratégiques qu’on lui envoie. Il n’a aucune chaleur et ne retiens pas les noms des gens qui se battent pour lui. Je suis vraiment déçu. C’est à croire que le virus de la politique est entré en lui », soutient un jeune qui a requis l’anonymat.

    Ces jeunes politiciens fustigent aussi la place prépondérante qu’occupe Chérif Fall, un des fils du candidat à la présidentielle de 2012 qui rappelle de façon inquiétante un autre fils de…, Karim Wade. Dans l’échiquier politique de Taxaaw Teem Ci Jubbal, Chérif Fall est un pion essentiel. « Il nous fait penser à Karim Wade. Il est au cœur du mouvement et aucune décision ne se prend sans son aval. Pour accéder à Ibrahima Fall, il faut nécessairement passer par lui. C’est vraiment dommage. On ne peut pas combattre Karim Wade et son père et militer dans un mouvement familiale », indique un membre de la structure.

    Un autre révèle que l’ancien sous-secrétaire d’Etat des Nations Unies a des problèmes financiers. « Il nous avait dit que quelqu’un a voulu lui faire un virement d’un milliard mais il a refusé craignant que cela soit une source de problème. Le mouvement a besoin de cash. Il ne voulait pas faire de la politique avec de l’argent mais il a compris que ce sera difficile », confie cette source.

    A toutes ces révélations s’ajoute le fait qu’Ibrahima Fall est déçu par beaucoup de gens qui l’ont convaincu à présenter sa candidature. On se rappelle du fameux Groupe d’Initiatives solidaires et Citoyennes (Gisci) dirigé par Bouba Diop, médiateur de l’université Cheikh Anta Diop. Ce dernier pensait, selon nos sources, pouvoir vendre la carte Ibrahima Fall à Bennoo Siggil Senegaal. La mayonnaise n’a pas pu prendre et le leader de Taxaaw Teem Ci Jubaal tisse sa toile tout seul.

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      La grande salle de l’Unité Africaine du Centre International du Commerce extérieur du Sénégal (CICES) a abrité, dimanche 09 Octobre 2011, la quatrième Journée culturelle dédiée au 3ème Khalife général des Mourides, Serigne Abdoul Ahad Mbacké. La maîtresse d’œuvre de cette manifestation n’est autre que sa fille, Sokhna Kiné Mbacké. Mme Aïda Mbodji, ministre d’Etat, ministre de la Famille, a saisi l’occasion pour s’attaquer au candidat Ibrahima Fall, qu’elle dit avoir été décomplexé par Me Wade.

      Comme à l’accoutumée, on a constaté un véritable ballet des hommes politiques à la célébration de la Journée culturelle dédiée au défunt khalife des Mourides, Serigne Abdoul Ahad Mbacké. La veille d’élection présidentielle oblige ! Des représentants du pouvoir, de l’opposition, de la société civile, tous étaient là. Mais, ce qui a plus retenu l’attention du grand public, venu marquer sa sympathie au fondateur du village de Touba Bélel, «Baye Laat le Bâtisseur», c’est l’intervention du ministre d’Etat, ministre de la Famille, Madame Aïda Mbodj.

      Prenant la parole en sa qualité de marraine de la journée, Mme le maire de Bambey a déversé sa bile sur le prétendant au trône qu’occupe son mentor, le Professeur Ibrahima Fall. «Vous, l’illustre famille de Serigne Touba, je vous supplie de redoubler vos prières envers le président de la République, Me Abdoulaye Wade. Des gens qui  n’ont aucune once de moralité sont en train de dire n’importe quoi sur lui. Tout le monde sait que c’est un talibé, doublé d’un travailleur. Ce qu’il a fait tape à l’œil. Dès sa prise de fonction en 2000, il a montré ouvertement qu’il est mouride, un talibé de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Il s’agenouillait, comme tout bon mouride, devant le Khalife Général, Serigne Saliou Mbacké. A l’époque, des gens qui étaient aux Nations-Unies (Ibrahima Fall : Ndlr) ont élevé la voix pour dire que notre République est à terre ! C’est maintenant qu’ils veulent grappiller les suffrages des Sénégalais qu’ils déclarent, urbi et orbi, qu’ils sont des mourides. C’est le président Wade qui les a décomplexé», a plastronné la «lionne» du Baol.

      Il fallait voir comment l’assistance a jeté furtivement des yeux sur le candidat déclaré à la Présidentielle de 2012, Pr Ibrahima Fall qui, pendant ce temps, essuyait des sueurs froides et finit par décamper.

       

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      SENINFOS.COM (Ziguinchor) : Plusieurs responsables du parti d’Abdoulaye Wade, le Pds, ont choisi mardi à Ziguinchor, de soutenir le professeur Ibrahima Fall pour sa candidature à l’élection présidentielle du 26 février 2012. Le candidat indépendant à la magistrature suprême a reçu pendant des heures dans un hôtel de la capitale sud du pays ces responsables conduits par Famara Mané, membre fondateur du Parti démocratique sénégalais.

      La séance de travail a eu lieu en milieu de matinée, précisément vers 10h 30. Parlant de leur décision, Famara Mané, leur chef de file, annonce : «Nous représentons une frange importante du Pds, et nous avons fermement résolu d’apporter un soutien indéfectible au Pr Ibrahima Fall».

      Evoquant les raisons qui les ont poussés à faire un tel choix, Famara Mané, premier secrétaire général de la convention région du Pds à Ziguinchor, a traité son mentor de candidat ‘’illégal et illégitime’’. A ce sujet, Famara Mané déclare : «Nous ne supportons pas Me Abdoulaye Wade parce qu’il viole notre constitution et les statuts et règlements intérieurs de notre parti, ce qui nous fait dire qu’il est un candidat illégal et illégitime».

      Abdoul Aziz FAMA A ZIGUINCHOR

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      L’entrée politique samedi dernier du candidat Ibrahima Fall à Tivaouane a été un franc succès. En effet, le Cayor s’est mobilisé pour son fils. Annoncée à 16 heures, la manifestation n’a véritablement débuté que vers les coups de 18 heures à cause d’une pluie aussi forte qu’imprévue.

      Au Sénégal, la pluie étant toujours considérée comme un don du ciel et une bénédiction, la journée avait bien commencé. Malgré cette situation favorable, cela n’a pas empêché une réflexion sur le maintien ou non du meeting. Dans l’équipe du candidat, certains étaient pour le maintien, d’autres pour son report. Finalement montrant une détermination sans faille, le candidat trancha le débat et décida de braver la pluie et d’aller à la rencontre de ses sympathisants. Cette décision enthousiasma les populations présentes et les revigora. La place de la préfecture de Tivaouane remplie malgré la pluie a attendu résolument son favori à l’élection présidentielle de 2012. C’est dans une ambiance à la fois carnavalesque et sérieuse qu’Ibrahima Fall arriva sur les lieux et à la surprise générale fit un tour de piste les pieds dans l’eau pour saluer la foule massive venue l’acclamer.

      Le candidat du mouvement Taxaw Temm à fait une brève annonce pour remercier les populations de Tivaouane et du Sénégal. Par ailleurs, il a déploré le délestage dans la localité du meeting. Pour une ville qui n’en connait presque jamais cela a fait désordre. C’est ainsi qu’il a brocardé le fameux plan Takkal qui n’a jusqu’ici produit aucun effet positif. Au contraire, la politique énergétique du Sénégal est sans visibilité. Il a d’ailleurs plaidé pour l’utilisation de l’expertise locale pour apporter des solutions idoines et pertinentes. Ibrahima Fall a fustigé la mise à mort programmée d’une ville comme Tivaouane. Des usines comme les ICS ont été systématiquement pillées a déploré le candidat de l’éthique, ce qui affecte lourdement l’économie de tout une région.

      La gestion des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) est symptomatique de la situation nationale. C’est la raison pour laquelle, il est impératif selon Ibrahima Fall de revenir à des valeurs essentielles comme l’éthique, la justice et le mérite si on veut faire décoller ce pays. Il s’est dit prêt et déterminé à assumer cette responsabilité et servir sa patrie de toute son âme. Comme pour dire ensemble tout est possible, Ibrahima Fall remerciant les membres de l’opposition et de la société civile présents, Alioune Tine du M23, pour ne citer que lui, a appelé à un large rassemblement des forces vives de la nation afin que triomphent les valeurs.

      En définitive, malgré des maladresses certaines dans l’organisation, c’est dans la liesse et la joie que les sympathisants et militants d’Ibrahima Fall ont quitté les lieux du meeting peu avant la prière du crépuscule, convaincus qu’ils ont trouvé leur homme. Ibrahima Fall, quant à lui a brillamment réussi son entrée. Dans un discours mêlant questions locales et nationales, il a évoqué des sujets propres à Tivaouane tout en déclinant l’ambition qu’il nourrit pour le pays tout entier. Après le meeting, Ibrahima Fall a répondu aux questions des nombreux journalistes de la presse locale et nationale venus couvrir l’évènement lors d’une conférence de presse tenue chez lui. Reste maintenant à voir concrètement quel sera le programme du candidat Fall. L’électeur peut être ravi de ces belles intentions- et c’est le cas- mais il attend aussi qu’on l’édifie sur le comment du pourquoi ?

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        La ville sainte de Tivaoune a accueilli à bras ouvert son fils. C’était lors de la rentrée politique du candidat à la présidentielle Ibrahima Fall sous la bannière «Taxaaw Teem». Et, pour les besoins de l’évènement, c’est bien le Sénégal qui s’est donnée rendez-vous dans la cité religieuse. Occasion pour Ibrahima Fall de dévoiler un visage que les Sénégalais ignoraient encore de cet homme connu pour sa sobriété.

        Ibra-fall

        En ce jour marquant sa rentrée politique, Ibrahima Fall a presque douté. Et pour cause. La pluie s’est invitée à la fête. Et pendant plusieurs heures, la sainte ville a été «agressée» par une pluie torrentielle. La fête est à un bout d’être gâchée. Mais, devant l’abnégation des responsables, militants et sympathisants, l’enfant de Tivaoune n’a pas voulu adopter la formule de la reculade.

        Le terrain qui devait abriter ce grand meeting complètement inondé, n’a finalement été que la piste de danse des jeunes qui scandaient le nom de leur idole. Quelques minutes après, arrive sur les lieux l’ancien sous-secrétaire général des Nations-Unies chargé des droits de l’homme. Surprise ! C’est sous l’eau qu’il entra dans ce grand espace pour regagner la tribune officielle. Réponses pour réponses, il a été fortement applaudi par ses partisans. Et, après une brève présentation, c’est une fois de plus qu’il marcha dans l’eau pour s’adresser aux populations de Tivaoune et du Sénégal tout entier.

        Occasion de faire savoir : «nous avons la chance de voir Tivaoune sous la pluie qui s’était fait rare ses dernières semaines. Mais, si cela s’était passé à Dakar, on aurait parlé d’inondations». Parlant avec forte assurance, il a dévoilé un visage que les Sénégalais ignoraient jusqu’à ce jour marquant son entrée politique. Celui d’un candidat sûr de sa prochaine victoire, serein par rapport à la massification de son mouvement politique «Taxaaw Teem». Ceci, par l’adhésion en masse de jeunes et de femmes. Mieux, celui d’un homme assuré dans ses convictions et qui n’hésitent pas à démontrer les tares d’un régime en «décadence». Poursuivant ses propos, il a fait entendre que Wade et son régime n’ont rien fait à Tivaoune. «Ils ont tué les ICS, fleuron de notre économie. Mais, si nous sommes portés à la magistrature suprême, nous ferons une réappropriation nationale des ICS».

        Non sans faire savoir que la SENELEC a voulu saboter leur meeting. Donnant preuves à ses arguments, il dit : «vous le savez bien. Toutes les  capitales religieuses sont hors délestages. Mas, aujourd’hui que nous tenons notre meeting, ils ont coupé le courant. Cela, démontre que le régime en place panique». Cris, chants et danse rythmant la rencontre, Ibrahima Fall taquin par moment, pour cet homme connu pour son sérieux éternel,  de remarquer que «Taxaaw Teem» est en train de parler avec des partis politiques, la société civile, des mouvements sociaux et politiques, sans oublier des candidats déclarés pour un consensus autour de sa candidature dite de la rupture.

        Ce qui est sûr, ces militants ont fait comprendre que leur leader est désormais incontournable surtout qu’il a les «mains propres». Pour rappel, au-delà de la présence de l’ensemble des départements de la région de Thiès, une forte délégation est venue de Touba et de la Zawiya El Malick Sy de Tivaoune. Il a également dévoilé son programme pour le Sénégal à un niveau économique, social, culturel…qu’il compte mettre en œuvre s’il est porté à la magistrature suprême. Dans tous les cas, ses jeunes et femmes lui en ont fait la promesse lors de cette forte mobilisation.

         

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          Nathalie Dia Miss Sénégal 92

           

           Le candidat déclaré à la présidentielle 2012, Ibrahima Fall a-t-il pris en compte les critiques sur son look et son accoutrement jugé démodé ? Ce que l’on a en tout cas constaté, c’est que sa cellule de communication a enregistré une nouvelle recrue. Il s’agit de « Miss Sénégal 92″, Nathalie Dia qui a conservé tout l’éclat de sa beauté. Elle sera en effet chargée d’intervenir sur l’image et le look du candidat du mouvement «  Taxaw Tem ». C’est l’intéressée elle-même qui l’a confié aux journalistes.

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          Dans la perspective d’aller de l’avant, le leader de «  Taxaw Tem » s’est défini comme «  un candidat indépendant, d’ouverture et de consensus ». C’est pourquoi par rapport à sa participation à l’élection présidentielle de 2012, le candidat déclaré, a renseigné être en discussion avec plusieurs leaders politiques et de la société civile. «  Nous continuons les discussions et nous sommes prêts à faire preuve de concession », a t-il ajouté, non sans soutenir : « Je suis également tout à fait prêt à m’effacer, s’il y a un candidat qui a un meilleur profil que moi  ».

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          Le leader du mouvement Taxaw Temm, Ibrahima Fall, tiendra son premier meeting de rentrée politque, samedi, à Tivaouane à partir de 15 heures, annonce un communiqué transmis à l’APS.

          A l’occasion, le candidat s’adressera aux populations locales mais également à l’ensemble du pays en abordant ‘’les grandes questions d’actualités, sa feuille de route et sa vision du Sénégal de demain’’, précise le texte.

          Ibrahima Fall, déclaré candidat à l’élection présidentielle de février 2012, ‘’reviendra amplement sur son parcours et donnera les véritables raisons de sa candidature’’, selon la même source.

          LES CHRONIQUES DE XALIMA

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          “Pourquoi tant de remous dans les partis politiques: P.S/P.D.S/ Reewmi? C’était dans Takoussanou Djolof avec Mayacine Diop et Adama Diouf.. cliquer ici