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LeQuotidien: Lundi 13 Nov 2006

DOCUMENT/ NEGOCIATIONS – Discussions pour la libération de Idrissa Seck : Comment est né le «Protocole de Rebeuss»

Re-re-confirmation des négociations ayant abouti à la libération de l’ex-Premier ministre Idrissa Seck de Rebeuss. Les dernières sorties de Me El Hadj Amadou Sall, ministre, porte-parole du président de la République, à propos de ces négociations ont poussé Idrissa Seck et ses partisans à publier les minutes de ces discussions. De mémoire cette fois-ci, sans enregistrement. A moins que ses geôliers soient devenus ses complices.

Dans le document reçu tardivement, ce qui n’a pas permis de contacter tous ceux qui ont été cités dans le texte, les discussions entre Abdoulaye Wade et Me Nafissatou Diop Cissé, entre Me Nafissatou Diop Cissé et Idrissa Seck et entre Idrissa Seck et Ousmane Sèye. Un document effarant pour ce Sénégal qui se veut un modèle de démocratie. Tout simplement scandaleux ! Le Sénégal en est donc arrivé à ce stade. A un moment où son président de la République, élu au suffrage universel, se doit de négocier avec son ancien Premier ministre qu’il a accusé publiquement de détournement. Scandaleux de voir écrit, noir sur blanc, que tout ceci serait lié à une question d’argent. La Justice n’a pas le beau rôle à parcourir les lignes de ces discussions. Abdoulaye Wade s’est même permis de déterminer les dates de la convocation de l’ex-Pm devant la Commission de la Haute Cour de Justice pour que Idrissa Seck obtienne un non-lieu. Et tout cela au vu et au su de deux auxiliaires de justice. Mais ce document fait la part belle à Idrissa Seck. Mieux, il ne dit pas comment l’ex-Pm a pu finalement obtenir sa libération. Ce qui est sûr, c’est qu’il détient un document gardé en lieu sûr et hors du pays. Et c’est à nous Sénégalais d’encaisser et de trinquer sans broncher. Quand la République fait de «la haute voltige politique», la morale adopte le profil bas.

Mardi 15 novembre 2005

Visite de Me Nafissatou Diop Cissé, mon notaire, porteuse d’un message de Monsieur le Président de la République.

Me Nafissatou Diop Cissé : «Le Président de la République m’a reçue au Palais, dans ses appartements privés du 2e étage, en présence de Me Ousmane Sèye et de Alex Ndiaye (négociateur de Me Wade lors de la fronde des 12 députés Pds), qui sont venus me chercher chez moi pour m’y conduire.

Le Président m’a dit ceci : Les enquêtes ont révélé que vous êtes la notaire de Idrissa Seck. J’ai un message pour lui. Il faut bien qu’il comprenne que si je le laissais avec ces gens-là, ce serait très grave. Ils lui ont déjà préparé Kédougou. Je sais qu’il a de l’argent. Il m’avait dit lui-même qu’il pouvait financer la campagne électorale de 2007. Alors il n’a qu’à le faire et toi tu t’en portes garante. Après, on pourra trouver une astuce juridique pour clore les dossiers. Tu es son amie. Tu pourras lui parler. Il a dû t’apprendre à enregistrer les conversations. Tu peux m’enregistrer si tu veux. Je ne comprends pas ce que je lui ai fait. Je lui ai tout donné : le parti, le pouvoir, l’argent. Il est mon fils. Je lui ai même dit que de tous ceux qui sont susceptibles de me remplacer, c’est lui le moins mauvais. Pourquoi m’a-t-il enregistré ?

Ensuite, nous sommes descendus à son bureau du 1er étage. Il m’a proposé à boire. J’ai senti qu’il était soulagé, comme s’il venait de déposer une lourde charge. Ah, il m’a dit aussi ceci : un chef d’Etat est très puissant. Ce que nous nous sommes dit reste entre nous. Ensuite, il a appelé Cheikh Tidiane Sy (le ministre de la Justice) pour lui dire de m’organiser une visite-contact avec toi.

Je suis allée voir Cheikh Tidiane Sy qui a essayé de me tirer les vers du nez. Je lui ai dit que je voulais te voir pour des problèmes de famille. Sa réaction m’a beaucoup surprise : «Akhou Gorgui mooko dal», a-t-il déclaré. (Il est victime de la malédiction du Vieux). Quand je suis arrivée dans son bureau, il m’a dit : Alors madame la médiatrice ? Je lui ai dit que je n’étais médiatrice de rien du tout. Mais je crois que l’appel du Président lui a mis la puce à l’oreille. Souleymane Ndéné Ndiaye m’a dit : «Maître, ne vous fatiguez pas, on va le condamner à mort.» Le Président doit voyager. Il rentre jeudi. Je le verrai le week-end. Qu’est-ce que je lui dis ?

Idrissa Seck : Qu’il applique la loi, laisse la Justice faire son travail en toute indépendance, ce qui aboutirait rapidement à un non-lieu dans les procédures ouvertes sans fondement. Pour le reste, ce sera sa bouche, mon oreille et ma bouche, son oreille.

Me Nafissatou Diop Cissé : Je pense que dans leur tête, ils envisagent de faire déposer par Bara Tall (patron de l’entreprise Jean Lefèbvre-Sénégal) une caution de 8 ou 10 milliards pour pouvoir aller vers une liberté provisoire.

Idrissa Seck : Mais Bara Tall n’est inculpé de rien ! Il a rejeté en bloc toutes les accusations portées contre lui et il ne me met nulle part en cause dans tous les PV (procès verbaux). Me Nafissatou Diop Cissé : Je crois qu’ils vont le pousser à te mettre en cause. Ils lui ont donné des garanties qu’il ne lui arrivera rien.

Idrissa Seck : Je ne veux pas de liberté provisoire. Je ne demanderai rien. Si je ne peux pas sortir d’ici la tête haute, l’honneur intact, seule condition de pouvoir poursuivre ma carrière politique, je préfère que cette cellule soit ma tombe.

Me Nafissatou Diop Cissé : Que Dieu nous en préserve. Et tes enfants ? Accepte tout et sors d’ici rek, après on verra.»

Mardi 22/11/2005

18h 40, le chef de cour m’annonce à nouveau la visite de Me Nafissatou Diop Cissé pour 19h.

Me Nafissatou Diop Cissé : «Wade m’a reçue à nouveau au Palais avec Me Ousmane Sèye et Alex. Cette fois-ci au rez-de-chaussée. Karim Wade est venu nous saluer. Le Président veut que tu fasses un geste de bonne volonté et que tu lui donnes l’assurance qu’en sortant d’ici tu ne vas pas utiliser tes moyens contre lui.

Idrissa Seck : Je veux un non-lieu, car je n’ai rien fait. Après, nous discuterons de ma conduite politique.

Me Nafissatou Diop Cissé : Comment pourrais-je te transmettre la réponse si je ne peux pas revenir ? Convenons d’un code : O signifiera que je l’ai rencontré à nouveau, 1 voudra dire que le rendez-vous entre vous deux est fixé, 2, que le non-lieu est OK, non 2 (un deux barré), que le non-lieu n’est pas ok.»

Mercredi 23/11/05

Première visite de Me Ousmane Sèye, avocat de l’Etat dans les procédures en cours contre moi.

Me Ousmane Sèye : «Monsieur le Premier ministre, l’avenir c’est vous. Wade le sait. Il m’a même dit vous l’avoir fait comprendre en vous disant que de tous ceux qui sont susceptibles de le remplacer, vous étiez le moins mauvais. Votre seul souci doit être de sortir d’ici. Et pour cela, il ne suffit pas d’avoir raison, car il y a toujours la raison d’Etat. Nafi (Me Nafissatou Diop Cissé) nous a rendu compte de vos discussions. Mais il faut plus de souplesse.

Idrissa Seck : Je vous remercie Maître. Mon premier souci est de donner en héritage à mes descendants un nom honoré, non entaché des souillures que tentent d’y déposer les calomniateurs et diffamateurs. Mon deuxième souci, c’est que ma vie puisse encore servir mon pays. Pour cela, je dois rester digne des suffrages de mes compatriotes, c’est-à-dire de leur confiance et de leur espérance. Vous-même êtes de ceux dont je solliciterai les suffrages. Vous êtes Sénégalais comme beaucoup de membres de votre collectif d’avocats de l’Etat, comme tous les fonctionnaires de la Présidence de la République, du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice qui ont accès au dossier, comme les cinq magistrats de la Commission d’instruction, comme la plupart de vos collègues qui me défendent. Si l’un d’entre vous voit une seule phrase ou une seule pièce de la procédure qui puisse compromettre mon honorabilité, je serais définitivement disqualifié pour prétendre à la station de Président de la République. Comment pourrais-je, dans de telles circonstances, faire la revue des troupes sans que mon regard ne dévie en croisant ceux des soldats qui meurent pour la Nation là où le comportement non vertueux des élites tue le pays.

Me Ousmane Sèye : Je comprends tout cela. Mais moi, je travaille pour l’équilibre de mon pays et sa paix, au-delà de mon métier d’avocat. J’ai la conviction que votre présence aux côtés du Président pourrait grandement contribuer à cela. Je sais que le Président vous aime beaucoup. Il souffre. Il souffre. Moi, il me parle. Je sais qu’il veut une solution. Il ne comprend même pas comment on en est arrivé là.

Idrissa Seck : Il me l’a déjà écrit.

Me Ousmane Sèye : Ah, vous voyez, je ne savais pas qu’il vous avait écrit ! Idrissa Seck : C’était avant de m’amener ici. C’était le 22 Avril 2004.

Me Ousmane Sèye : Je disais donc qu’il fallait trouver une solution. Voilà ce que le Président propose. Il ne sait pas combien vous avez. Il ne tenait aucune comptabilité. Il vous remettait et vous donnait des instructions pour remettre aux différents bénéficiaires. Il se souvient qu’au début, vous lui avez suggéré de préparer les moyens des échéances futures pour ne pas vous retrouver dans la situation de 2000 où vous aviez peiné à boucler le financement de votre campagne. Il propose que vous lui restituiez ce que vous avez gardé à cet effet ou même que vous lui donniez un acompte. Pour les modalités, vous pouvez faire un dépôt auprès du notaire Me Nafissatou Diop Cissé.

Idrissa Seck : Mais maître, comment pouvez-vous concevoir que je puisse faire cela alors que votre client me poursuit pour détournement de deniers publics ? Qu’est-ce qui vous retiendra de prétendre que cet argent provient des chantiers de Thiès ?

Me Ousmane Sèye : Mais non ! Tout le monde sait que dans les chantiers de Thiès, vous n’avez pas pu matériellement détourner car les relevés du Trésor, de la Bicis pour le Pcrpe et des différentes banques des entreprises contractantes établissent physiquement le circuit emprunté par l’argent des chantiers. Le Président suggère que vous fassiez une attestation signée de vous deux, établissant clairement l’origine de l’argent et définissant les modalités de son emploi pour les échéances électorales futures.

Idrissa Seck : Je ne peux pas attester de l’origine. C’est lui l’origine pour moi. Son origine à lui, il doit en attester séparément, même si je sais que l’une d’elle est le Trésor à travers les chèques qu’il signe de sa main et que Huchard (le gendarme, homme de confiance du Cabinet présidentiel depuis les socialistes) allait retirer et après lui, un autre.

Me Ousmane Sèye : Le document que vous allez co-signer précisera tout cela.

Idrissa Seck : C’est un piège. Je dois consulter mes avocats.

Me Ousmane Sèye : Mais non, monsieur le Premier ministre, ce n’est pas une affaire d’avocats. C’est politique. Dans quinze jours, on enterre les dossiers judiciaires. Le président de la République me parle. Je sais ce qu’il veut. Il sait que vous êtes son héritier. Faites-moi confiance.

Idrissa Seck : Qu’est-ce qui me prouve que vous parlez en son nom ?

Me Ousmane Sèye : Je suis l’avocat de l’Etat et Nafi (Me Nafissatou Diop Cissé) peut attester que j’ai reçu mandat du Président pour négocier.

Idrissa Seck : Je veux que le Président de la République m’écrive tout ce que vous dites-là. Me Ousmane Sèye : Monsieur le Premier ministre, vous êtes compliqué. Moi je vous conseille de sortir d’ici d’abord, après vous verrez.

Idrissa Seck : Je sortirai parce que vous n’avez rien contre moi.

Me Ousmane Sèye : Un Etat peut toujours avoir quelque chose.

Idrissa Seck : Je veux un écrit signé du Président ou de vous-même en P/O (par ordre).

Me Ousmane Sèye : Est-ce qu’il n’est pas mieux que vous vous parliez au téléphone ? Idrissa Seck : Je n’ai pas de téléphone (rires).

Me Ousmane Sèye : On vous en apporte un. Je vais rendre compte au Président et je reviens avec Nafi (Me Nafissatou Diop Cissé) dans la semain;e.

Lundi 28 /11/05

Nouvelle visite de Me Nafissatou Diop Cissé à 20 h. Elle me remet un document proposé par Me Ousmane Sèye.

Ce document comporte les points suivants :

1. Non-lieu total dans la procédure d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

2. Liberté provisoire dans les chantiers de Thiès.

3. Nous voyagerons tous les trois (Idrissa Seck, Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye).

4. Vous nous remettrez un acompte dans un compte avec double signature (Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye).

5. Non-lieu total dans les chantiers de Thiès.

6. Vous nous remettez le complément des sommes convenues d’accord parties entre vous et le Président après accord sur la comptabilité tenue.

7. Discussion politique entre Wade et Idy.

Je rejette cette proposition et fais la contre-proposition suivante :

1. Non-lieu total ou procès juste et équitable.

2. Tête à tête entre Wade et Idy, ma bouche son oreille, sa bouche mon oreille.

Mardi 29/11/05

Nouvelle visite à Rebeuss de Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye. Me Ousmane Sèye précise la proposition :

1. Non-lieu total dans la procédure d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

2. Liberté provisoire dans les chantiers de Thiès.

3. Nous voyagerons tous les trois (Idrissa Seck, Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye).

4. Vous nous remettrez un acompte dans un compte avec double signature (Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye).

5. Non-lieu total dans les chantiers de Thiès.

6. Discussion politique entre Wade et Idy.

7. Si accord, vous nous versez un complément, si désaccord, nous vous restituons l’acompte et vous financez votre campagne séparément.

8. Le Président nous promet une commission de 10 %, mais nous précise que vous payez la moitié.

Ensuite, Me Ousmane Sèye me passe Alex Ndiaye au téléphone qui me dit que nous passerons ensemble les fêtes de fin d’année au Point E et notamment Noël 2005.

Je rejette cette nouvelle proposition et réitère ma contre-proposition :

1. Non-lieu total ou procès juste et équitable.

2. Tête-à-tête entre Wade et Idy, ma bouche son oreille, sa bouche mon oreille.

Dimanche 04/12/05

Je reçois, par le Chef de cour, Jean Matar Ndiaye, un courrier de Me Nafissatou Diop Cissé me rendant compte de la réaction du Président dénommé dans la lettre «S» pour serpent. Elle écrit que le Président était furieux de ma contre-proposition : «Il dit que tu vas crever en prison, j’ai peur mon frère, je prie pour toi, courage. Je suis encore en attente, car Alex qui le connaît bien me dit qu’il ne faut pas tenir compte de sa colère, il pourra revenir à de meilleurs sentiments. Mais tout ceci ressemble bien à une prise d’otage avec demande de rançon.»

Mardi 20/12/05

Reprise des discussions. Me Ousmane Sèye me précise que le Président ne veut pas signer son offre, mais lui donne mandat pour signer à sa place par ordre.

Jeudi 22/12/05

Me Ousmane Sèye, après trois aller-retour entre Rebeuss et un autre endroit qu’il m’a désigné comme étant son bureau ou le Palais, me remet l’offre écrite du Président que lui-même, avocat, a signée par ordre. Je demande un temps de réflexion d’au moins 48 heures avant de donner ma réponse. C’était ma façon d’avoir le temps de sécuriser le document remis par Me Ousmane Sèye à l’extérieur de la prison et du pays.

Mardi 27/12/05 Vers 18 H 50, le Chef de cour, Jean Matar Ndiaye, m’annonce que Me Nafissatou Diop Cissé viendra me voir à 20 H. Cette annonce est faite en présence de monsieur Gomis, Chef de poste chargé de ma surveillance, que le Chef de cour surnomme «Général Gomis».

Me Nafissatou Diop Cissé m’informe que Me Ousmane Sèye a dit que le président de la République est d’accord pour les deux non-lieux, mais le deuxième sera partiel pour lui servir de garantie. «Il dit qu’après vos discussions politiques, tu utiliseras tes moyens pour sa campagne, mais il faut au moins que tu annonces un chiffre. Je peux te passer Me Ousmane Sèye pour qu’il te le confirme.»

Au téléphone, Me Ousmane Sèye me dit la même chose : «Allô, monsieur le Premier ministre, c’est vous qui avez la clé comme toujours, on peut même passer demain, Nafi (Me Nafissatou Diop Cissé) et moi. Retenez que pour les autres, les faucons, je suis comm vous, l’homme à abattre.»

Rendez-vous est pris pour le lendemain mercredi à 20 H 30.

Mercredi 28/12/05

Me Nafissatou Diop Cissé et Me Ousmane Sèye reviennent à Rebeuss et m’annoncent que «le Président est d’accord pour les deux non-lieux, mais il faut que tu annonces un chiffre».e

Idrissa Seck : Je ne peux pas. Je le renvoie au document comptable que Karim Wade nous a fourni après les élections législatives de 2001.

Jeudi 29/12/05

Me Nafissatou Diop Cissé me dit : «J’ai d’excellentes nouvelles. C’est devant Me Ousmane Sèye que le Président a appelé le ministre de la Justice pour lui demander que la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice se réunisse dès demain vendredi pour prononcer le non-lieu dans les chantiers de Thiès. Mais le Président exige que tu me donnes mandat pour signer un engagement, une fois l’accord conclu et signé entre vous, après vos discussions en tête-à-tête.»

Nous formulons l’accord comme suit :

1. Non-lieu dans l’atteinte à la sûreté de l’Etat.

2. Non-lieu partiel sur les chantiers de Thiès.

3. Discussions politique entre Wade et Idy.

Vendredi 30/12/05

Me Nafissatou Diop Cissé revient me voir. Elle me passe Me Ousmane Sèye au téléphone qui me confirme l’accord du président de la République sur le non-lieu.

Dimanche 08/01/06

Me Nafissatou Diop Cissé et Ousmane Sèye reviennent à Rebeuss. Me Ousmane Sèye me dit avoir été reçu par le Président de la République le vendredi 06 et le samedi 07 janvier. Il lui a demandé expressément de me transmettre le message suivant :

«Dites au Premier ministre que :

1. Le 16 janvier, il sera entendu par la Doyenne des Juges pour la notification du non-lieu.

2. Le 2e non-lieu sur les chantiers interviendra avant le 31 Janvier.

3. Il ne faut pas que ses avocats fassent du triomphalisme.

4. Il ne faut pas qu’il fasse de déclaration politique pouvant déclencher la peur de mon entourage qui va dire qu’il revient prendre sa place.

5. Il pourrait aller en France quelques mois jusqu’à ce que la situation se tasse.»

Dimanche 15/01/06

Jean Matar Ndiaye, le Chef de cour m’informe d’une visite à 20 H. Monsieur Sylla est de garde.

Me Nafissatou Diop Cissé arrive et me passe Me Ousmane Sèye au téléphone qui m’informe qu’il voit le président de la République à 22 H. Il me confirme que le timing est maintenu, deux non-lieux interviendront avant le 31/01/06.

Mardi 17/01/06

Me Ousmane Sèye vient à Rebeuss à 19 H. Il me transmet ce message du président de la République : «Il sera libre mardi. On ne peut pas éviter des manifestations de joie de ses partisans, mais il doit gérer cela politiquement. Qu’il reste calme. Je viendrai à lui, j’ai quelques réglages à faire.»

Me Nafissatou Diop Cissé est venue à Rebeuss à 21 Heures.

Lundi 06/02/06

Au cours de mes visites hebdomadaires, Mame Saliou, l’adjoint au Chef de cour, me dit que le Colonel Mbaye de l’Administration pénitentiaire voulait me voir dans le bureau du Régisseur. Le Colonel me fait savoir que l’objet de sa visite était «de voir avec moi les modalités prochaines de ma libération. Cela devait intervenir aujourd’hui, mais ce sera pour demain. Mon ministre m’a appelé et m’a dit de prendre personnellement les dispositions pour votre sécurité. Nous allons prendre une porte dérobée, dans une voiture banalisée. J’ai ma voiture personnelle, un Hyundai et une voiture Laguna. La voiture viendra passer la nuit et à 30 minutes du coup d’envoi du match, nous partirons. J’irai faire de la reconnaissance moi-même. Je coordonnerai avec Vieux Sandjiry (l’officier de sécurité de l’ancien Premier ministre) pour l’ouverture du garage de votre domicile».

Mardi 07/02/06

Sortie de prison.

Travail d’archives: xalimasn.com

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 Il y a juste quelques semaines, Serigne Mamoune Niasse scellait une alliance avec le parti Rewmi d’Idrissa Seck. Porté à la tête de la coalition « Idy4Président », le premier serviteur du Rassemblement pour le peuple (Rp) promettait de se battre pour porter Idrissa Seck à la magistrature suprême. Le destin en a décidé autrement. Serigne Mamoune Niasse a faussé compagnie à Idrissa Seck. Mais ce dernier veut faire de la disparition du marabout une source de motivation.

 

C’est sans doute au moment où il avait le plus besoin de lui que Serigne Mamoune Niasse a faussé compagnie à Idrissa Seck. Le premier serviteur du Rassemblement pour le peuple (Rp) et président de la coalition « Idy4Président » a été rappelé à Dieu ce vendredi alors que son candidat à la présidentielle de 2012, Idrissa Seck, se trouve à Paris.

Cependant, Idrissa Seck veut faire de cette perte une source de motivation. Car, pour lui, ce sera une façon de réaliser le vœu de Serigne Mamoune Niasse dont le souhait était de l’amener au palais de la République au lendemain de la présidentielle de 2012. Réagissant, sur les ondes de Sud fm Dakar, au décès du président de « Idy4Président », Idrissa Seck confesse : « Pendant notre compagnonnage, j’ai pu observer qu’il mérite le titre de premier serviteur de son parti, mais aussi de ses talibés et du continent africain. » Mais le maire de Thiès et candidat à la présidentielle de 2012 ne veut pas laisser les bras. Aussi confie-t-il : « Nous allons travailler pour que Dieu exauce son souhait. Sa disparition va constituer un viatique, une source de motivation pour réaliser son vœu. »

En fait, Idrissa Seck se souvient des propos de Serigne Mamoune Niasse qui, au moment de sceller leur alliance, déclarait : « Aujourd’hui est un grand jour pour le Sénégal. Je déclare officiellement l’alliance entre le Rp et Rewmi. Le pays est dans une situation difficile. Alors si nous gagnons en 2012, on va refonder le Sénégal. »

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Idrissa Seck, maire de Thiés, a fasciné le public. Parmi la centaine de leaders présents, il a été le plus visible par son dispositif personnel de sécurité très impressionnant. Des gardes du corps aux muscles saillants ceinturaient le périmètre où Seck était assis sur la tribune officielle. Tout était calculé au millimètre près par Vieux Sandjéry Diop qui manœuvrait ses hommes qui, comme un écran de verre, rendaient inaccessible le maire de Thiès. A bord de robustes pick-up américains de marque Davidson Harley, il va sillonner les artères de la ville pour se rendre au Cyber-campus.

Une foule…orange de monde va l’accompagner jusqu’à son domicile, encadré par sa garde rapprochée composée d’hommes et de femmes. Des jeunes filles pimpantes, robustes et au physique d’athlète font partie désormais de la sécurité de l’ancien Premier ministre. Idrissa Seck a enrôlé des femmes dans sa garde rapprochée. Telles des «Amazones» du défunt Guide libyen, Kadhafi.

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Accueil du M23 à Thiès: Pour Idrissa Seck, c’est « le Retour de l’Histoire »

Chers amis,

C’est un honneur pour nous Thiessois, de recevoir le mouvement du M23 dans cette belle cité, foyer vivant du refus et la résistance.

Retour de l’Histoire, car comme vous le savez sans doute, cette ville et ses honnêtes citoyens ont constamment été à l’avant garde de la défense et de la consolidation de la démocratie dans notre pays.

Je voudrais saisir cette occasion pour magnifier le courage de nos frères et soeurs du M23 et dire encore une fois que nous partageons le même combat : la défense de nos institutions et de notre dignité.

Il y a six ans déjà, vous vous souvenez, ce combat que je n’ai cessé de mener me conduisait au fond d’une cellule.

J’entrevoyais déjà le début d’une menace contre nos institutions. C’est pour cela, j’ai enduré ces épreuves vécues dans la solitude de même que j’ai pardonné à ceux qui, peut-être par erreur, étaient mêlés à ce complot gigantesque. Le jour où j’ai aperçu Macky Sall et Cheikh Tidiane Gadio sur les bancs du tribunal venus défendre Barra Tall, j’ai décidé de pardonner et d’oublier.

Je me réjouis que ces craintes et cette conscience du danger à l’époque soient, aujourd’hui, partagées par toutes les forces vives de notre pays.

Aujourd’hui, en poursuivant la mobilisation que vous avez si brillamment initiée et en relevant le défi du rassemblement que je ne cesse de prôner, je suis sûr et certain que nous réussirons.

En effet,  notre cause est juste. Nous partageons les mêmes valeurs et le même engagement : celui de servir les Sénégalais.

Je suis persuadé que cette conscience des urgences nationales peut arriver à bout des incompréhensions du passé et baliser le chemin d’une future collaboration renforcée.

Rassemblés, nous vaincrons le népotisme, la dévolution monarchique du pouvoir, l’injustice. Nous pouvons être concurrents, le moment d’un premier tour d’une élection présidentielle, mais nous sommes tous des partenaires potentiels pour le second tour et, après, pour gouverner le Sénégal de demain.

Je le dis ici, je m’engage à accorder mon soutien sans condition, à l’exception d’Abdoulaye Wade, à celui d’entre-nous qui serait présent au second tour de la présidentielle de 2012.

L’enjeu est de taille et nous ne devons pas manquer ce rendez-vous de l’Histoire. Car il s’agit de la survie même de l’Etat de droit. Votre combat, notre combat, est donc important. Il l’est, à double titre : pour notre pays auquel ses filles et fils doivent leur notoriété à travers le monde qui nous observe, mais, aussi, pour l’Afrique toute entière qui en fait une référence.

Je crois, avec vous, au devoir de défendre la Constitution, garante du sens même de la République que nous cherchons tous à servir.

Que Dieu nous permette d’accomplir cette mission de servir. Amine

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C’est en plein Bureau politique du Parti socialiste, tenu jeudi, que la scène s’est déroulée. Ousmane Tanor Dieng n’a pas pris des gants pour recadrer Abdoulaye Wilane lui reprochant ses récentes attaques contre Macky Sall et Idrissa Seck. Le Secrétaire général du Parti socialiste a tancé le porte-parole adjoint du Ps, lui précisant qu’il ne se reconnaissait pas dans les propos de Wilane, selon ce qu’en rapporte l’intéressé lui-même à seninfos.com. «Le camarade Tanor Dieng m’a effectivement dit que, compte tenu de mon statut de porte-parole, je ne saurais émettre des points de vue qui ne sont pas des positions arrêtées par les instances du parti». Au surplus, toujours d’après Wilane, Tanor Dieng lui a expliqué quelles étaient ses relations personnelles avec Macky Sall et Idrissa Seck. Du premier il lui dit qu’ils entretiennent des relations de respect et de cordialité. «Nos rapports sont très bons, et je salue son engagement fait de détermination et de courage. Je ne conçois pas que des attaques contre lui puissent venir de nos rangs » a dit Tanor Dieng de Macky Sall, d’après Wilane. S’agissant d’Idrissa Seck, le patron du Ps en dit ceci : «Il me voue une réelle affection que je cherche à mériter en la lui rendant. Nous sommes dans des rapports d’amitié». Pour que le porte-parole de son parti n’en n’ignore plus, Ousmane Tanor Dieng lui a précisé qu’il n’avait pas besoin d’attaques de ce genre contre des personnalités du camp de l’opposition avec lesquels il partage le même combat. «A moins que nous soyons attaqués, nous devons consacrer nos énergies à autre chose qu’à des attaques de ce genre» a conclu Tanor, à l’endroit de Wilane, d’après ce qu’en rapporte ce dernier. Abou Abel THIAM, SENINFOS.COM

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« La campagne de calomnie continuera, mais notre idéal triomphera »

 

Droit de réponse de la coalition idy4president

Monsieur l’administrateur,
Votre site a publié ce jour 18 octobre 2011, une somme d’articles sous le titre : Document Explosif- Comment Est Né Le «Protocole De Rebeuss»: Idy Amasse Le Butin, Wade Crie Au Voleur. Retour Sur Les Lieux De Plan De Partage.
Ce que votre site Internet présente comme un « document explosif » se révèle un assemblage d’articles publiés par quelques journaux sénégalais il y a plusieurs années, auxquels le mis en cause et les acteurs de l’époque avaient répondu de la façon la plus claire. Il s’agit des mêmes accusations contenues dans un article portant sur un prétendu « protocole de Rebeuss », lequel avait été publié par le journal Le Quotidien. Madame Nafissatou Cissé, notaire, avait apporté le démenti le plus formel à l’existence de ce prétendu « protocole » et apporté des précisions quant à la médiation qu’elle avait entamée à la demande du président Wade.

Monsieur Idrissa Seck, qui était à l’époque sous les liens de la détention, avait lui aussi réagi contre ces contrevérités distillées par le camp présidentiel pour trouver d’autres raisons à son incarcération, motivée, rappelons-le, par des accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de détournements de fonds dans le cadre des chantiers de Thiès. M. Seck avait indiqué avoir répondu à Mme Cissé, venue le voir en prison à la demande du chef de l’Etat : « Qu’il applique la loi, laisse la Justice faire son travail en toute indépendance, ce qui aboutirait rapidement à un non-lieu dans les procédures ouvertes sans fondement. Pour le reste, ce sera sa bouche, mon oreille et ma bouche, son oreille ».
Le chef de l’Etat, en  toute légèreté, en violation du secret de l’instruction et de la séparation des pouvoirs, avait lui aussi déclaré détenir des versions « photocopiées » de ce protocole. Il a été obligé de se dédire quelques mois plus tard, avouant à ses militants et à des responsables de son parti que « nous n’avons rien trouvé contre Idrissa Seck ».
Après sept mois de détention sans jugement, quatre années de procédures, de missions rogatoires internationales pendant lesquelles l’épée de Damoclès pendait encore sur la tête d’Idrissa Seck sous la forme d’un « non lieu partiel », la moindre pièce à conviction, le moindre document, la moindre trace de détournement, de vol et même d’enrichissement illicite n’a été trouvée contre Idrissa Seck, suite à des enquêtes pourtant diligentées par des gendarmeries et des polices du monde entier à la demande de l’Etat du Sénégal.
Pour nous qui sommes engagés dans cette campagne pour le départ d’Abdoulaye Wade, la publication de ces articles, au lendemain de la brillante entrée en campagne d’Idrissa Seck, grand favori de l’élection présidentielle, n’est pas un hasard. Il s’agit d’une nouvelle tentative savamment orchestrée pour jeter le discrédit sur notre candidat et freiner la vague de sympathies et de soutiens qu’il enregistre tous les jours dans l’ensemble du pays.

La résurgence de ces fausses accusations, malgré un non-lieu total de la justice Sénégalaise, révèle la peur du camp présidentiel, face à des départs massifs de militants libéraux avertis, de sénégalais de bonne foi qui quittent tous les jours le Pds pour rejoindre le candidat de Rewmi et sa coalition gagnante.
Au demeurant, ces accusations existaient bien à la veille de la présidentielle de 2007.

Des déclarations d’Idrissa Seck portant sur les fonds politiques, qu’il a administrés en tenant une comptabilité régulière, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait avant lui, avaient été tronquées pour être présentées comme des aveux de vol. Cela n’a pas empêché le candidat de Rewmi, malgré sa famille traquée, ses collaborateurs emprisonnés, forcés à l’exil, son compte bancaire bloqué, son passeport confisqué, ses soutiens apeurés, de bénéficier de la confiance de 510 000 sénégalais et d’arriver deuxième à la présidentielle, avec un nombre de voix égal à celui qu’Abdoulaye Wade avait réalisé au premier tour de la présidentielle de 2000, avec ses alliés de la Ca 2000. Ces zélés contempteurs n’y pourront rien faire. La campagne de calomnie continuera, notre idéal triomphera, par la grâce d’Allah.

Pour la Coalition Idy4president,
Le directoire de campagne d’Idrissa Seck

 

Réaction de xalimasn.com

On a bel et bien souligné que le document que nous avons publiés était, un assemblage d’archives  d’articles de presse nationale (voir sources) et c. Nous l’assumons entièrement. Parce que c’est un devoir pour nous en tant que réseau d’information de revenir en arrière sur  certains faits politiques majeurs ou de  déclarations d’hommes politiques, pour mieux aider nos citoyens à comprendre l’actualité

C’est ce qu’on a fait la semaine dernière avec Moustapha Niasse.  C’est ce qu’on fera avec d’autres candidats dans les prochains jours.

Xalima n’est pas là pour salir ou rendre propre  les gens. Donc vous, vous trompez d’adversaires. L’adversaire de Idrissa Seck (comme les autres candidats  à la présidentielle de 2012) sera ce qu’il a fait, et laissé dans la conscience du peuple.

On vous rappelle vigoureusement, que xalima est un site indépendant et libre, loin des clivages politiques, religieux, ethniques et des réseaux affairistes.

On a une seule vocation : informer juste et vrai. C’est ce qu’on a fait avec Idrissa Seck.

 

 

 

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drissa Seck, candidat déclaré à la présidentielle de 2012 et Léna Sène, sa directrice de campagne ainsi qu’une délégation de Rewmi se sont rendu ce mardi 18 octobre à Touba Darou Salam pour assister à leur Magal annuel. Après avoir recueilli des prières, l’ex-maire de Thiès a répondu à l’essayiste Mody Niang qui le compare à Wade…

 

Accompagné d’une forte délégation, Idrissa Seck était l’hôte ce mardi de Touba Darou Salam. Une occasion pour lui de présenter sa directrice de campagne, Léna Sène. Face aux journalistes venus couvrir l’évènement, il a déclaré : « je suis venu à Touba Darou Salam pour recevoir la bénédiction et les prières des illustres guides à l’occasion de la célébration du séjour de Serigne Touba dans cette cité où il implorait son Seigneur de lui accorder une paix durable ».

Visiblement affecté par la déclaration de l’écrivain Mody Niang qui le loge à la même enseigne que le président Wade, le maire de Thiès a tenu à dire que depuis longtemps, il n’a pas de contact ni direct ni indirect avec Wade et qu’il travaille pour son départ car « sa présence à la tête du Sénégal est devenue un danger et une calamité pour populations ».

L’ancien Premier-ministre note que, dans sa conduite, il n’a jamais manqué de respecter ses engagements, ajoutant qu’il a toujours mené son combat pour la paix, la sécurité, la stabilité du pays, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la restauration de la crédibilité de l’Etat. Il réitère ainsi sa déclaration selon laquelle « le président de la république n’a pas le droit de briguer un 3e mandat » et que « le terme de son mandat fixé par la constitution c’est février 2012 ».

Parlant à l’inspecteur de l’enseignement à la retraite et prenant l’opinion à témoin, Idrissa Seck indique : « Je n’ai pas à commenter les écrits de qui que ce soit. Il (Mody Niang) n’a fait que donner son opinion », dit-il.

Lors de la cérémonie de dédicace de son dernier ouvrage « le clan des Wade : accaparement, mépris et vanité », Mody Niang avait déclaré que Idrissa Seck et Abdoulaye Wade, « c’est bonnet blanc et blanc bonnet ».

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C’est une attaque en règle contre Idrissa Seck et Macky Sall, deux candidats déclarés à la présidentielle de 2012, à laquelle s’est livré Abdoulaye Wilane, dans l’entretien qu’il nous a accordé, hier. «Ils n’ont jamais défendu les valeurs et les principes de la République. Peut-être que c’est au contact du Ps, qu’ils ont été convertis à la République», a asséné le porte-parole adjoint du Parti socialiste (Ps). Non sans plaider pour sa chapelle, estimant que Tanor Dieng est le meilleur choix pour Bennoo

Bennoo est dans la dernière ligne droite dans le processus de désignation de son candidat de l’unité et du rassemblement…
Écoutez, je ne sais pas si nous sommes dans la dernière ligne droite ou pas. Ce que je sais, c’est qu’il y a une réelle demande forte issue du peuple pour attendre de Bennoo un sursaut de patriotisme, un sursaut de responsabilité, un sursaut de générosité politique, pour faire une offre d’équipe. Je voudrais dire ça à mes aînés. Lorsque des hommes qui n’ont jamais été avec le Bps ni le Bds, encore moins l’Ups ou le Ps, acceptent de faire dans la générosité, dans l’humilité, pour mettre en avant des individus qui ont le même héritage politique, historiquement parlant, ceux-là ne doivent pas compliquer la situation. Ce n’est pas une question d’âge, ce n’est pas aussi une question de porte-monnaie, encore moins de portefeuille relationnelle. C’est plutôt une question d’aptitude et d’image que l’on renvoie. C’est également une question de représentativité, c’est-à-dire de degré de pénétration des masses. Nous devons former une équipe. Et je le répète, les Sénégalais ne nous pardonneraient pas une division qui fasse qu’Abdoulaye Wade soit réélu, si on faisait mollesse jusqu’à ce qu’il soit candidat. Les Sénégalais ne nous pardonneraient pas que nous fassions dans la division jusqu’à ce que les enfants de Wade, la famille libérale, prennent le dessus sur les socialistes et les socio-démocrates. Parce que les gens nous prendraient pour des hommes et des femmes qui ont joué à s’amuser en se neutralisant et qui ont fait perdre beaucoup de temps aux Sénégalais. Je pense que, d’ici le 31 octobre, on peut s’entendre autour d’une équipe. Si nous ne le faisons pas, je pense que, très franchement, on aura montré aux Sénégalais qu’on se moquait d’eux, qu’on n’était pas sérieux. Maintenant, à l’impossible, nul n’est tenu. Et s’ils ne peuvent pas s’entendre, qu’ils aient le courage de regarder droit dans les yeux les Sénégalais en leur disant : «Voilà telle ou telle raison qui fait qu’on ne peut pas s’entendre».Il y a également le cas de ceux qui ont refusé d’avaliser la candidature de l’unité et du rassemblement de Bennoo ? 
Il faut que le candidat qui sera retenu ait à l’idée de discuter avec les autres. Les autres, c’est soit des libéraux comme Idrissa Seck et Macky Sall ou quelqu’un comme notre ami Cheikh Bamba Dièye. Qu’à cela ne tienne, mon point de vue est que, même s’il doit y avoir un gentleman agreement, ça ne doit pas nous amener à occulter le débat sur la responsabilité de chacun d’entre nous. Le Ps a été sanctionné en 2000. De 2000 à maintenant, dans notre comportement, on doit nous interpeller. Mais, ceux qui ont été avec Wade aussi, je ne pense pas qu’ils n’aient pas de comptes à rendre. Chaque jour que Dieu fait, que ce soit Macky Sall ou Idrissa Seck, ils parlent du camp libéral, ils font des clins d’oeil au Pds. J’espère que, dans les jours à venir, les Sénégalais seront édifiés sur quelle offre programmatique, quelle équipe, quel capitaine d’équipe, le Bennoo va proposer aux Sénégalais.

Ousmane Tanor Dieng serait-il le meilleur choix ? 
Nous sommes confiants, et nous sommes convaincus que, si Bennoo choisissait Ousmane Tanor Dieng, à coup sûr, toutes les voix du Parti socialiste iront à lui. C’est clair et net. Et c’est quelqu’un qui respectera, parce qu’il a le sens de la parole donnée, ce qu’il a dit et les engagements auxquels il aura souscrit. Il sera un président qui s’appliquera le quinquennat, qui respectera l’Assemblée nationale et le gouvernement, qui va veiller à ce que l’on applique le contrat de mandature. Idrissa Seck qui est allé chercher la brillante Léna Sène. Mais, de là à dire qu’Idrissa Seck avec Léna Sène, va nous faire oublier qui il est, son parcours, ses va-et-vient vers le Palais, les jours à venir nous donneront l’occasion de nous regarder dans les yeux et de parler valeurs, idées et principes. C’est la même chose pour Macky Sall qui a attendu d’être éjecté du régime d’Abdoulaye Wade pour parler de République. Alors qu’il a été ministre de l’Alternance, ministre d’État de l’Alternance, Premier ministre de l’Alternance, président de l’Assemblée nationale de l’Alternance. Ils n’ont jamais défendu les valeurs et les principes de la République. Peut-être que c’est au contact du Ps, qu’ils ont été convertis à la République.

Comment le Parti socialiste appréhende-t-il le procès de Malick Noël Seck prévu demain (ndlr : aujourd’hui) ?
Nous sommes sereins et résolument déterminés à apporter à Malick Noël Seck tout le soutien politique et toute l’assistance judiciaire qui siéent à une telle situation. Notre camarade Malick Noël Seck est aujourd’hui un otage entre les mains d’un régime qui guettait pareille situation pour se donner l’occasion d’avoir entre ses mains un élément qui lui servirait de prétexte pour adresser un message ou faire un clin d’oeil aux cinq Sages du Conseil constitutionnel. Vous le savez tous, et nous le vivons quotidiennement, le régime d’Abdoulaye Wade fait dans le terrorisme moral, dans le terrorisme verbal et dans le terrorisme politique. D’ailleurs, les plus grands analystes vous diront qu’Abdoulaye Wade est un humiliationniste. Et dans le cas d’espèce, Malick Noël Seck est une petite proie en lieu et place d’une grande proie qu’Abdoulaye Wade espérait avoir pour donner des gages de férocité contre tout pourfendeur des membres du Conseil constitutionnel. Je suis convaincu qu’il aurait souhaité pouvoir mettre la main sur Alioune Tine ou sur un leader quelconque de l’opposition, histoire de dire aux membres du Conseil constitutionnel : «Faites ce que j’attends de vous, le reste, je m’en charge». Ce qui est constant, c’est que Wade ne peut pas et ne doit pas être candidat. Et tous les partis membres du M23 et de Bennoo auraient pu faire ce que Malick Noël Seck a fait. Parce qu’il s’agit de défendre la République. Abdoulaye Wade doit savoir que, quand on sème le vent, on récolte la tempête.

Quel est le mot d’ordre que vous allez donner, si l’on sait que votre leader, Ousmane Tanor Dieng, ne sera pas au tribunal, parce qu’étant hors du territoire national ?
Le mot d’ordre que nous allons donner est un mot d’ordre citoyen, un mot d’ordre politique. Cela, malgré l’absence du président Ousmane Tanor Dieng. Avant de quitter le Sénégal, il a présidé le Bureau politique, et nous avons longuement discuté de cette situation. Et les décisions que nous avons eu à prendre, c’est que, moralement et humainement, que tous les jeunes du parti, tous les jeunes de Bennoo, soient solidaires à Malick Noël Seck. Parce que, pour lui, des socialistes qui n’ont pas perdu leur âme doivent faire preuve de solidarité à toute épreuve et en toute circonstance. Au-delà d’Ousmane Tanor Dieng, je suis convaincu que tous les leaders de Bennoo, et plus largement toutes les Forces vives du M23, seront en phase avec nous. Maintenant, il se trouve que, de longue date, il avait été programmé son déplacement à Madrid, où il est invité par notre camarade Zapatero, qui est Premier ministre, qui organise une rencontre qu’on appelle Forum pour le progrès global. Et à cette rencontre, sont invités des progressistes issus des pays du Nord, des progressistes issus des pays émergents et des leaders socio-démocrates des différents continents. Parmi ceux-là, il faut souligner la présence du président Lula Dasylva, ancien chef d’État du Brésil, et celle de Gordon Brown, ancien Premier ministre britannique, entre autres sommités mondiales. Ils vont discuter de la mondialisation et de ses effets pervers, de la crise de la dette et de la financiarisation nocive des rapports et des échanges globaux. Il sera également question de discuter des problèmes de la jeunesse, en général. C’est ça qui fait qu’Ousmane Tanor Dieng, la mort dans l’âme, ne pourra pas assister au procès de Malick Noël Seck qui est un procès inutile et puéril. Nous allons utiliser toutes les voies de recours possibles pour le tirer d’affaire.

Qu’en est-il alors des informations selon lesquelles Tanor Dieng aurait adressé une lettre à Me Wade pour implorer sa clémence ? 
Ce que les officines de la mouvance présidentielle distillent ça et là comme quoi le Ps aurait saisi par correspondance les autorités étatiques pour demander pardon ou trouver une solution à l’amiable, c’est archi-faux, c’est une pure invention, c’est un mensonge grossier et grotesque. Le Ps met au défi quiconque qui peut nous sortir une lettre allant dans ce sens-là. Le président Ousmane Tanor Dieng, depuis plus de dix ans, n’a jamais eu de contact direct ou indirect avec Abdoulaye Wade. Nous ne sommes pas des visiteurs nocturnes. Nous voulons avoir des rapports de vérité avec les gens. Nous voulons faire dans la loyauté. C’est ça qui transparaît dans les actes que pose Ousmane Tanor Dieng. Maintenant, le jeune Bara Gaye, je le comprends. Il est arrivé en politique avec une tare congénitale : son manque de légitimité. Il n’a pas de base. Il veut exister vaille que vaille. Son «djambarisme» frelaté ne va que le desservir. On ne construit pas une carapace, une culture politique et une image politique sur le mensonge, sur l’affabulation ou sur l’injure à la bouche. D’ailleurs, rien qu’à voir comment il parle et comment il serre sur sa tête une casquette souvent inadaptée, vous comprenez que c’est quelqu’un qui ne peut pas être pertinent. Je le plains.

Propos recueillis par Barka Isma BA

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Il a bien raison de trouver une voix plus crédible que la sienne, celle de Léna Sène, pour, enfin, parler aux Sénégalais. Jusqu’ici, le maire de Thiès s’est signalé par un entre-soi fort intime, récitant ses litanies religieuses à la manière d’un talibé en quête de sa pitance quotidienne, hurlant ses croyances en un destin présidentiel, contant ses rêves et ses illusions comme un troubadour. Mais il avait beau crier, personne ne l’entendait. On se bouchait les oreilles pour ne pas céder aux mirages d’une honnêteté toujours contredite.

Au Sénégal, on préfère plutôt écouter les actes. La parole, celle de l’ancien Premier ministre particulièrement, est traîtresse. Quand Idy tire sur les Wade, il négocie souterrainement et cherche à imposer ses envies de grandeur. Il veut être «numéro un après le numéro un», mais ignore que les positions politiques ne se négocient pas, elles se conquièrent au prix d’une relation de confiance avec les électeurs. Idy a voulu s’imposer à ses frères de parti en usant de sa proximité affective avec Wade. Il a liquidé un à un tous ceux qui lui faisaient de l’ombre et fait le vide autour de son mentor. Mais quand on habite l’intimité d’un personnage historique comme Me Wade, on finit par céder à l’illusion d’une symétrie des grandeurs. On se croit, à force de côtoyer un grand homme, capable de marcher sur ses pas, voire même de le doubler. C’est toute la tragédie de cet homme qui dialogue avec ses déceptions et vit avec ses souvenirs.

Léna Sène parviendra-t-elle à redonner du crédit à sa parole ? Il n’y a rien de moins sûr. Mais peut-être qu’en s’appliquant comme Sisyphe, elle parviendrait à humaniser un peu plus son «produit».

Mouth

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TAKOUSSANOU DJOLOF

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