libye

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Le procureur de la Cour pénale internationale a assuré vendredi 28 octobre avoir des « contacts informels » avec Saïf Al-Islam « via des intermédiaires ». « Le bureau du procureur a signifié très clairement [au fils de Mouammar Kadhafi aujourd’hui en fuite] que s’il se rendait à la CPI, il aurait le droit d’être entendu devant la cour, il sera innocent jusqu’à preuve du contraire », a déclaré le procureur Luis Moreno-Ocampo, cité dans un communiqué.
Recherché pour crimes contre l’humanité, à savoir meurtre et persécution, commis depuis le début de la révolte qui a balayé le régime de son père, Saïf Al-Islam fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI et de notices rouges d’Interpol.

De leur côté, les autorités libyennes de transition ont réaffirmé leur volonté de juger Saïf Al-Islam Kadhafi sur leur territoire. « S’il est attrapé en Libye, la loi libyenne prévoit qu’il soit jugé ici. Mais un procès équitable lui sera garanti », a assuré Mohammed Al-Allagy, le ministre de la justice du Conseil national de transition (CNT).

FUITE AU NIGER

Successeur officieux de l’ancien « Guide » libyen, Saïf Al-Islam se serait rendu mardi à la frontière du Niger pour y chercher refuge, selon un responsable touareg. Le quotidien sud-africain Beeld a assuré jeudi qu’un groupe de mercenaires sud-africains se trouvait toujours en Libye pour tenter de l’exfiltrer.

« Nous avons en outre appris par des voies informelles qu’un groupe de mercenaires a offert de transférer Saïf dans un Etat africain qui n’est pas un Etat partie au statut de Rome », le traité fondateur de la CPI, a ajouté M. Moreno-Ocampo. « Le bureau du procureur explore également les possibilités d’intercepter tout avion dans l’espace aérien d’un Etat partie pour procéder à une arrestation », a souligné le procureur argentin. La CPI avait rappelé mercredi que le Niger, Etat partie au statut de Rome, avait l’obligation de coopérer avec la Cour pour arrêter Saïf Al-Islam s’il venait à se trouver sur le territoire nigérien.

Egalement visé par un mandat d’arrêt de la CPI, l’ex-chef des services secrets militaires libyens, Abdallah Al-Senoussi, serait passé du Niger au Mali avec quelques-uns de ses hommes, selon des sources sécuritaires nigérienne et malienne.

avec lemonde.fr

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Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madické Niang, a fait part vendredi d’ »évènements malheureux » parlant de la mort du guide libyen Mouammar Kadhafi, tué jeudi à Syrte, tout en souhaitant le retour à la normale en Libye.

‘’Les évènements sont malheureux et personne ne peut s’en réjouir’’, a-t-il déclaré, en marge de l’ouverture de la table ronde ministérielle de la 42ème réunion de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN).

Le ministre d’Etat sénégalais a rappelé que le Sénégal, par le biais du président Abdoulaye Wade, a tout fait pour éviter la situation tragique qui est arrivée au défunt chef d’Etat libyen.

‘’Aujourd’hui, ce qui reste à faire, c’est de souhaiter que la Libye puisse s’acheminer vers une démocratie avérée et qu’il y ait une situation de réconciliation des Libyens’’, a-t-il indiqué.

Ancien alliée de Mouammar Kadhafi en Afrique, le Sénégal a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à reconnaître le Conseil national de transition (CNT), qui a mis fin par un soulèvement armé, à 42 ans de règne de Kadhafi.

Le président Wade avait rendu visite aux dirigeants du CNT, dans leur fief de Benghazi, où s’adressant indirectement à Mouammar Kadhafi, Me Wade lui demandait de quitter le pouvoir « dans l’intérêt du peuple libyen ». « Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra », avait-il notamment dit.

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La trace d’au moins 10 000 missiles sol-air a été perdue en Libye, a estimé un haut responsable militaire de l’OTAN, cité dimanche 2 octobre par le site internet de Der Spiegel.

Selon l’hebdomadaire allemand, le président du Comité militaire qui regroupe les chefs d’état-major des pays de l’OTAN, l’amiral Giampaolo Di Paola, a tenu une réunion secrète avec des députés allemands lundi dernier, dans lequel il a exprimé les inquiétudes de l’Alliance atlantique.

« Plus de 10 000 missiles sol-air » qui représentent « une sérieuse menace pour l’aviation civile » pourraient sortir de Libye et se retrouver dans de mauvaises mains « du Kenya à Kunduz » (Afghanistan), leur a déclaré l’amiral, selon le magazine. Le président du Comité militaire de l’OTAN n’a pas donné de précisions sur le type et les capacités des missiles en question.

Le chiffre évoqué par l’amiral Di Paola est deux fois supérieur à celui donné samedi à Benghazi par un responsable militaire du nouveau régime libyen, interrogé sur le risque que de telles armes susceptibles de servir à des attentats contre des avions civils tombent entre les mains d’Al-Qaïda.

L’INQUIÉTUDE DES PAYS OCCIDENTAUX

Le général Mohamed Adia, chargé de l’armement au sein du ministère de la Défense du Conseil national de transition (CNT), a estimé à « environ 5 000″ le nombre de SAM-7 « toujours manquants et dans la nature ». « Malheureusement, il est possible que certains de ces missiles soient tombés entre de mauvaises mains (…) à l’étranger », a-t-il reconnu.

Un militaire libyen neutralise des SAM-7 à l’aide d’un marteau devant des journalistes dans un ancien dépôt d’armes de Kadhafi à Benghazi, samedi 1er octobre.AFP/ABDULLAH DOMA
Plusieurs pays occidentaux se sont inquiétés de la dissémination de ces missiles sol-air de courte portée et de leur utilisation par des groupes terroristes, en particulier Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), contre des avions civils. Les Etats-Unis notamment ont fourni des experts et de l’argent pour démanteler les stocks existants.

De nombreux stocks d’armes et de munitions de l’armée du colonel Kadhafi ont été pillés depuis le début en février de la révolution contre le régime du « guide » libyen, qui a également distribué une partie de ses armements à ses partisans en fuite.

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Converti à l’Islam en 2006, le footballeur Franck Ribéry a souhaité donner un prénom musulman à son premier fils, né le 16 septembre dernier. Lors d’une interview parue sur un site internet d’Outre-Rhin (TZ Online), l’international tricolore a dévoilé le prénom en question : son fil s’appelera Seïf el Islam.

Il s’agit certainement d’une coïncidence, mais elle ne manque pas d’interpeller : ce prénom est également delui d’un des fils de Mouammar Khadfi, le dictateur libyen déchu. Seïf el Islam (« le glaive de l’Islam ») était présenté comme un successeur en puissance de son père Mouammar, aujourd’hui traqué.

Selon le site internet du magazine people Voici, Franck Ribéry, qui joue au Bayern de Munich, a déjà eu deux filles avec sa compagne Wahiba, Hiziya et Shahinez, cinq et trois ans.

leprogres.fr

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Boubacar Boris Diop est un écrivain concerné. Il est profondément interpellé par toutes les questions humaines et entretient une veille certaine sur les problématiques qui traversent l’Afrique. Il se prononce sur la situation libyenne avec sa constante conviction, et nous fait des mises en perspective notamment au Sénégal. Entretien.

 

Les forces rebelles libyennes aidées par l’Otan ont finalement fait tomber le régime de Mouammar Kadhafi après sept mois de combats quotidiens ininterrompus. Que vous inspire une telle issue ?

Cette guerre a été dès le premier jour celle des Occidentaux. A chaque étape décisive, ils ont violé la résolution 1973 du Conseil de sécurité. En plus des bombardements de l’Otan, il y a eu le parachutage d’armes et l’envoi d’unités spéciales sur le terrain. Je crois cependant que la chose la plus frappante, ça a été l’implication quasi militaire des medias dits globaux dans le conflit. Personne ne s’est jamais fait d’illusion sur Cnn, la Bbc et Al-Jazeera, mais ils semblaient jusqu’ici s‘être malgré tout fixés un seuil à ne pas dépasser, juste pour mériter un minimum de crédit. Cette fois-ci ils n’ont fait preuve d’aucune retenue. Un exemple parmi des dizaines d’autres, c’est l’histoire de l’arrestation des fils Kadhafi. Il n’y a aucune image, ils savent que c’est faux mais ils répètent l’info pendant toute une journée, car ce qui importe pour eux c’est de désorganiser le commandement ennemi. De même, ils ont refusé de s’étendre sur le bilan de 50.000 morts avancé par le Cnt lui- même. C’est un chiffre colossal, rien ne le laissait prévoir, puisque les bombardements de l’Otan étaient supposés épargner des vies humaines. Le communiqué du Cnt montre que ça été une véritable boucherie et ces medias très partiaux l’ont repris furtivement et sont aussitôt passés à autre chose.

Une étude menée à l’initiative du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (Ciret-Avt) et du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2r), indique que la «révolution» libyenne «n’est ni démocratique, ni spontanée». Etes- vous du même avis ?

Pour la Tunisie et peut-être l’Egypte, les Occidentaux ont été pris de court mais ils se sont vite ressaisis. Il n’y a en effet rien de spontané dans le soulèvement en Libye, ça figurait en bonne place sur certains agendas. Après la chute de Ben Ali puis de Moubarak, le projet a été réactivé. Il n’est pas difficile de deviner comment ça se passe lorsque Sarkozy, Obama et Cameron se rencontrent, ils n’ont pas beaucoup de temps et ils ne le gaspillent pas en bavardages sur les grands principes moraux. Ils déploient une carte, voient ce qui peut être fait en fonction du contexte politique et militaire et quand c’est à la fois rentable et jouable, ils y vont. Le service après-vente – les discours sur la démocratie et les droits humains est assuré par divers canaux et ça se passe plutôt bien en général. On a ainsi entendu ces derniers mois beaucoup de Libyens se réjouir des frappes aériennes et en redemander ! C’est évidemment une grossière manipulation mais c’est aussi d’une redoutable efficacité.

 

L’Union africaine refuse pour le moment de reconnaître le Conseil national de transition. N’est-ce pas une manière de renvoyer l’ascenseur au Colonel qui a beaucoup participé à la création de cette instance ?

Je note surtout que la Ligue arabe a très vite lâché Kadhafi tandis que l’Union africaine, après avoir œuvré sans succès à une solution politique, tient à s’imposer un délai de décence maintenant que tout semble perdu. Cela veut dire que la guerre civile libyenne pourrait marquer un tournant dans les rapports entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. Ces rapports n’ont jamais éte simples, chacun le sait, même si par pudeur on a toujours évité d’y regarder de trop près. Je pense que de part et d’autre les gens raisonnables et les organisations réellement démocratiques devraient parler avant qu’il ne soit trop tard.
On est tous dans la même galère, il faut être amnésique ou bien naïf pour refuser de l’admettre. Les images de pères de famille subsahariens regroupés dans des camps et traités comme du bétail, ça peut laisser des traces profondes au- delà de la Libye et on sait très bien à qui cela va profiter.

Des pays comme le Sénégal se sont précipités pour reconnaître le Cnt. Est-ce que c’était, selon vous, la bonne attitude ?

Wade restera dans l’histoire le seul chef d’Etat à s’être rendu à Benghazi avec un tel discours et ce geste, destiné en partie à lui valoir les gros titres de la presse mondiale, a été à peine remarqué. Il faut rappeler d’ailleurs, sans vouloir être désobligeant, que l’Élysée et Bernard-Henri Lévy ont été plutôt dépités de n’avoir que Wade à offrir comme premier visiteur à leurs protégés. Ces derniers n’ont du reste pas reçu l’intéressé avec un fol enthousiasme. Il paraît aussi que, après la poignée de main genevoise volée à Obama, c’était un moyen de se mettre l’Élysée et la Maison Blanche dans la poche avant la révision constitutionnelle du 23 juin. On connaît la suite… Dans une situation historique grave, voire tragique, on a réussi à faire rire du Sénégal par ces calculs politiciens assez dérisoires. La vraie humiliation, ça a été cela.

Kadhafi n’est-il pas victime de ses propres turpitudes ?

Dans un sens, oui. Personne n’a le droit de rester aussi longtemps au pouvoir. Si vous le faites, il arrive forcément un moment où vous perdez totalement le sens des réalités. Le coût de cette longévité anormale, c’est un contrôle de plus en plus strict de la population, le règne par la terreur, une dangereuse paranoïa et surtout, pour un pays aussi riche que la Libye, un niveau élevé de corruption chez les gouvernants. De tels régimes paraissent invulnérables alors qu’ils sont très fragiles, comme on l’a vu aussi en Egypte et en Tunisie. Pour liquider Kadhafi il a suffi à ses ennemis de jouer sur la lassitude des Libyens, leur fureur rentrée et leur sensation bien compréhensibled’étouf-fement. Mais l’histoire sera peut-être plus indulgente que nous autres pour Kadhafi. Il a fait de la Libye un pays réellement indépendant dont les richesses ont surtout profité aux Libyens eux-mêmes. Cet homme que l’on présente non sans légèreté comme « le fou de Tripoli » a assuré une existence décente à ses compatriotes. Dans le classement 2010 du Pnud pour le développement humain, la Libye est en 53éme position à l’échelle mondiale et cela fait des années qu’elle est en tête sur le continentafricain, régulièrement suivie par la Tunisie, qu’elle devance toujours malgré tout d’une bonne trentaine de places ! Tous ces acquis vont être remis en question parce qu’il n’a pas su partir à temps, comme Nyerere, Mandela ou Senghor.

Beaucoup de Africains ont été tués par les rebelles sous prétexte qu’ils étaient des mercenaires à la solde de Kadhafi, ce qui n’était pas toujours le cas…

C’est le symptôme le plus grave d’un risque de clash historique, peut-être souhaité par certains, entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. Il faut en parler, non pas pour créer des tensions mais pour sauver des vies encore menacées. Dès le déclenchement des hostilités, on a accusé Kadhafi d’avoir lâché ses «mercenaires africains» dans les rues des villes libyennes, on a même parlé de viols collectifs et de caisses de Viagra généreusement distribuées à cet effet ! C’est absurde, car cela voudrait dire que Kadhafi n’a jamais eu d’armée ou qu’il n’avait aucune confiance en elle. En outre des enquêtes menées par divers organismes, dont Human Rights Watch, ont conclu à la fausseté de ces allégations. Entre fin février et fin mai 2011, Donatella Rovera, de Amnesty International, a conduit des investigations à Misrata, Benghazi, Ras Lanouf et Ajdabiya avant de constater dans une interview avec un quotidien de Vienne : «Nous avons enquêté à fond sur cette question des mercenaires africains et nous n’avons découvert aucun fait pouvant étayer de telles accusations». Toutes les mises en garde sont malheureusement restées sans effet. L’armée de Kadhafi était forte de 116.000 hommes mais à cause de quelques centaines de Subsahariens qui y étaient intégrés depuis des décennies, on s’est mis à massacrer des Libyens noirs et des migrants d’autres pays africains ayant choisi de vivre en Libye. Le 26 août, plus de deux cents corps ont été retrouvés dans un hôpital à Abu Salim et ils étaient presque tous des Noirs. Le crime est clairement signé et la Croix-Rouge internationale s’en est émue. Cela n’empêche pas les grandes chaînes de télé de continuer à évoquer au passage les «mercenaires africains», ce qui est le comble de l’irresponsabilité.

Pourquoi les Noirs de Libye ?

Il y a beaucoup de raisons mais je suppose que le Cnt a voulu envoyer au monde un message très simple : tous les vrais Libyens sont unis derrière nous et Kadhafi, complètement désespéré, ne peut compter que sur des étrangers sans foi ni loi. Si vous pimentez ce discours avec des histoires de viol et de Viagra, la panique est garantie ! On peut d’ailleurs encore lire sur le Net des choses extrêmement bizarres à ce sujet. C’est assez ironique, parce que dans ce conflit, les seuls à avoir bénéficié du concours de soldats étrangers, ce sont les gens de Benghazi ! Tous ces jeunes en T-shirts que l’on a vus si souvent se précipiter vers les caméras pour tirer en l’air, ce ne sont pas eux qui ont fait la guerre. Les mercenaires technologiques de l’Otan ont fait tout le boulot mais du haut du ciel parce que cette guerre devait rester propre. Propre, ça veut dire sans une victime occidentale. La mort de deux soldats de l’Otan, ça aurait fait beaucoup plus de bruits que les cinquante mille morts libyens. On est quand même dans un drôle de monde…

Il n’y a pratiquement pas eu des réactions africaines. Pouvez-vous expliquer ce silence ?

Il est inexplicable. Il aurait fallu protester énergiquement dès le mois de février en évitant toutefois de donner à cette réaction un contenu exclusivement racial. Il y a dans cette affaire de sérieux soupçons d’épuration ethnique, elle interpelle donc tous les humains et peut-être en premier lieu les démocrates du monde arabe, ses écrivains et ses artistes. Il n’est d’ailleurs pas trop tard pour demander au Cnt de faire cesser les massacres de migrants subsahariens et de Libyens noirs, car le chaos actuel est propice à tous les règlements de comptes.

 

Peut-on faire confiance au Conseil national de Transition libyenne ?

C’est une structure assez hétérogène et on redoute des luttes violentes en son sein. Le chef du Cnt, Mustafa Abdul Jelil, était ministre de la Justice avant sa défection. On y signale d’autres dignitaires du régime Kadhafi et même, sans qu’on puisse en être sûr, des membres d’Al Qaeda. Il compte enfin de vrais démocrates qui s’y sont retrouvés faute de mieux. Ces derniers ne devraient malheureusement pas tarder à s’apercevoir que le Cnt doit tout aux pays de l’Otan et que sa vocation est de servir leurs intérêts. La marge de manœuvre du nouveau pouvoir s’annonce très faible et il semble de toute façon bien savoir ce qu’on attend de lui. Ses dirigeants ont plusieurs fois insisté, sans même qu’on ne leur pose la question, sur leur détermination à combattre l’émigration clandestine. Et l’économiste en chef du Cnt, Ali Tharouni, disait dès mars 2011 à un quotidien français : « La France a été le premier pays à nous reconnaître et à nous aider. Nous saurons nous en souvenir le moment venu ». Ce n’étaient pas des paroles en l’air.

Etes-vous optimiste pour la Libye par rapport au printemps arabe dans les autres pays ?

Faut-il vraiment continuer à parler de printemps ? Cette histoire était presque une fête au départ. On poussait des dictateurs vers la sortie en rigolant, puis, très vite, ça a viré au cauchemar. Mais même s’il a duré moins de deux mois, son impact a été très fort. Les politiques du monde arabe ont sûrement compris le message : l’ère du culte de la personnalité est révolue et ceux qui gagnaient leur vie grâce aux millions de photos ou aux statues des tyrans vont devoir se chercher un autre travail. Toutefois, pour tous ces régimes sous pression, le désir de lâcher du lest est contrebalancé par la crainte de paraître affaibli et de favoriser la surenchère. Ce dilemme est très perceptible dans le cas syrien. Cela dit, il se pourrait bien que la priorité soit désormais de se protéger des ingérences occidentales, quitte à se calquer sur le modèle nord-coréen. Supposons par exemple que l’Iran ait un programme secret d’armement nucléaire. Je doute que tous ces évènements lui aient donné envie d’y renoncer ! Onavutomberenpeude temps des forteresses réputées imprenables et des chefs d’Etat ont été si gravement humiliés que leurs collègues survivants, traumatisés, n’accepteront jamais de se laisser surprendre. Réalise-t-on en outre que le chaos libyen a été « managé » par Bernard-Henri Levy, qui n’est après tout qu’un médiocre philosophe parisien ? N’est-ce pas fascinant, cela ? J’avoue avoir du mal à comprendre comment un militant sioniste déclaré a pu peser si lourdement sur le destin d’un pays arabe aussi sensible que la Libye…

Vous avez évoqué le rôle des médias. Et les réseaux sociaux ? Ils ont eux aussi joué un rôle majeur. Une blague est d’ailleurs en vogue au Caire : Nasser, Sadate et Moubarak se retrouvent dans l’au-delà. Le premier dit qu’il est mort de maladie, le second raconte l’attentat qui lui a coûté la vie et Moubarak déclare : «Moi, c’est facebook qui m’a tué». Tout cela est vrai, mais attention au romantisme. Internet est surtout le terrain de jeu des services de renseignement en tous genres. Si un jeune blogueur d’un quartier populaire peut faire trembler un immenses possibilités que la Toile offre aux maîtres du monde. Les réseaux sociaux sont entre leurs mains un formidable outil de contrôle des esprits. C’est pourquoi la propagande a changé de nature. On n’imagine plus Hitler vociférant pendant des heures devant des foules fanatisées. La propagande est de nos jours un bruit de fond, une douce musique, une sorte de berceuse même. Et ses messages simplistes, à force de s’insinuer à petites doses dans les esprits, finissent par devenir les opinions de tout un chacun. C’est du grand art, cette façon de nous contraindre à choisir impérativement entre la «démocratie» et la «dictature» alors que c’est tellement plus compliqué !

L’histoire a semblé s’emballer cette année. Quel sens donnez -vous à ces évènements survenus ?

L’année 2011 nous est littéralement tombée sur la tête. Il s’y est passé en quelques semaines plus de choses qu’en dix ans et on ne sait trop quoi faire de tout cela. J’ai parfois l’impression que le temps s’est mis à marcher à reculons, car tout ce remue- ménage a un parfum de Guerre froide, avec par exemple les divergences sur le dossier syrien entre le bloc occidental et les deux anciens géants communistes. Et puis, il y a ce couple insolite que forment les jeunes idéalistes en colère des pays pauvres et les politiciens roublards et cyniques des pays riches ! Mais ce qui m’a le plus frappe en particulier dans la guerre civile libyenne, c’est que le partage du butin ne s’est même pas fait à l’abri des regards. Ce retour à une forme de prédation très primitive, c’est la méthode Sarkozy. Mais il en faut plus pour donner une dimension historique à un personnage finalement assez insignifiant. Il se dit qu’on commence à le comparer à un célèbre empereur. Pourquoi pas ? Sauf que si Sarkozy est aussi petit que Napoléon, il ne sera sûrement jamais aussi grand.

Pensez-vous que la vague contestataire née dans le monde arabe peut prospérer en Afrique subsaharienne ?

L’Afrique subsaharienne, c’est une cinquantaine de pays aux réalités politiques très différentes. Le Tchad et l’Afrique du Sud sont certes sur le même continent mais sont-ils réellement sur la même planète ? Presque rien ne peut être dit de l’un qui ait l’ombre d’un sens pour l’autre. On peut au mieux envisager une approche régionale. Mais même dans ce cas, l’héritage colonial est souvent plus pertinent que la proximité géographique et culturelle.

Si on centre la réflexion sur la partie de l’Afrique qui a en commun le Cfa et la langue française, chacun voit bien que l’Élysée y fait encore la pluie et le beau… printemps ! Par exemple, Compaoré a dû faire face récemment à de graves mutineries. N’était-ce pas une excellente occasion de lui balancer à la figure un chouette petit printemps arabe ? Mais cet homme arrivé au pouvoir de la manière sanglante qu’on sait, il y a 24 ans – quelques jours avant un certain Ben Ali ! – est un allié docile de Paris. On l’a donc plutôt aidé à se tirer de ce mauvais pas.

Et au sujet du Sénégal ?

Pour ce qui est du Sénégal, vous vous souvenez sans doute de toutes ces histoires à propos de Karim Wade, sollicitant une intervention militaire française en juin dernier. Le refus médiatise de Paris et la polémique, très inhabituelle, qui a suivi, sont loin d’être innocents. J’y ai vu une façon subtile de prendre date.

Les Français, qui connaissent bien notre pays, n’ont peut-être jamais cru aux chances du fils de remplacer le père. Mais l’hypothèse Karim écartée, on peut se demander s’ils n’ont pas leur petite idée sur le quatrième président du Sénégal…

Des gestes politiques ont été posésetilyaeuunesériede déclarations, de Juppé, de l’ambassadeur Nicolas Normand et de fonctionnaires du Quai d’Orsay.

Il y a longtemps qu’on n’avait pas vu cela avant une élection au Sénégal. Et je crois que ça mérite réflexion.

latribune.fr

 

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Conférence sur la Libye: Wade marque un coup (Tamsir Jupiter Ndiaye)

Paris a accueilli une « Conférence internationale de soutien à la Libye nouvelle » à laquelle a participé le Président Abdoulaye Wade accompagné par le Ministre d’Etat Ministre d’Etat Me Madické Niang. Cette importante rencontre fut pour le Président Wade un moment de clarification et de renforcement de sa position pour une transition démocratique immédiate en Libye et de confirmation de son option pour « le droit d’ingérence quand les libertés sont menacées et les populations civiles martyrisées ».

Sous l’égide de la France et de la Grande Bretagne qui se sont activement engagées aux cotés des insurgés libyens pour le départ de Mouammar Kadhafi, la communauté internationale s’est réunie à Paris le jeudi 01 septembre 2011 pour discuter du sort du pays dorénavant libéré de la Jamahiriya. La finalité de cette « conférence internationale de soutien à la Libye nouvelle » est officiellement de « rassembler la communauté internationale et d’aider les nouvelles autorités libyennes à construire leur pays ». Mais, en vérité, il s’agissait plutôt de faire constater et faire admettre la fin du régime de Mouammar Kadhafi pour que même les indécis en prennent acte, de donner au Comité National de Transition dirigé par Moustapha Abdeljalil un statut légitime international, de poser les jalons d’une transition démocratique qui libèrerait le peuple libyen et d’insérer ce pays, fortement riche en pétrole, dans le réseau capitaliste mondial où la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis occupent une place centrale. C’est d’ailleurs ce dernier point qui autorise les observateurs à considérer que l’enjeu essentiel de l’engagement de ces trois pays par le truchement de l’OTAN est simplement le pétrole. D’ailleurs, pour Alain Juppé, Ministre français des Affaires étrangères , qui ne réfute pas cette lecture de la raison de l’ingérence politique et armée de la « communauté internationale » en Libye, il est normal que les pays qui ont aidé le CNT soient « privilégiés » dans les opérations pétrolières ultérieures

 

Mais contrairement aux intentions capitalistes prêtées aux chefs d’Etat des pays membres de l’OTAN, le Président Wade  lors de la Conférence de presse qu’il a tenue à la Résidence de l’Ambassadeur de France à la fin de la rencontre à l’Elysée et après avoir reçu Moustapha Abdeljalil, s’est totalement démarqué de ces calculs subtils de chasseurs de trésor. Sa position est claire : « Je n’attends absolument rien du CNT. J’agis au nom du Sénégal pour participer à la libération du peuple libyen », a t-il précisé en présence d’Abdeljalil qui, en retour, a loué le rôle joué par la diplomatie sénégalaise.

 

Pour le Président Wade qui dit être pour le « droit d’ingérence quand des libertés sont menacées et que des populations civiles sont martyrisées », la Libye doit prendre un nouvel élan pour intégrer activement le concert des nations en étant phase avec les règles universelles de la démocratie et de la liberté.

 

Cette  conférence de Paris  dont l’idée aurait été lancée par le Président Wade lui-même a été un moment fort de concertation entre d’une part ceux qui reconnaissent le CNT comme détenteur légitime de l’autorité et représentant du peuple libyen et ceux qui, d’autre part refusent cet état de fait. Au cotés de certains de ses paires, le Président Wade a expliqué largement les raisons de son options et les enjeux pour l’Afrique et le reste du monde. Sa position, appréciée par beaucoup de chefs d’Etat et de Chefs de délégation présents à la Conférence de Paris a eu un effet politique positif en raison de la stratégie d’avant-garde et d’anticipation qu’il a adoptée en étant le premier Chef d’Etat africain à oser se rendre directement à Benghazi , à ses risques et périls, pour adouber « les combattants de la liberté » et les soutenir pour une « Libye nouvelle, libre et épanouie ».

 

Une diplomatie d’avant-garde et d’anticipation

 

Avec la Libye, quand bien même Wade a eu une position brutale et spectaculaire, il n’en demeure pas moins qu’il a osé jouer contre son ancien ami, Kadhafi, à la surprise générale. A-t-il manqué de reconnaissance  et d’élégance? A-t-il trahi une alliance morale ? A-t-il sacrifié l’ami pour l’intérêt diplomatique du Sénégal ?  Les questions sont ouvertes. Seulement, après une diplomatie préventive inspirée par Abdou Diouf et exécutées d’abord par Djibo Ka  de 1991 à 1993, par Moustapha Niass de 1995 à 1998 et  ensuite par Me Jacques Baudin de 1998 à 2000, le Sénégal inaugure avec Wade et par Me Madické Niang une diplomatie d’avant-garde et d’anticipation. La diplomatie, dit Maurice Couve de Murville est une question d’audace. Elle est un art « tout d’exécution ». Son  génie ne relève donc pas de l’inspiration mais de l’exécution des décisions et des initiatives. C’est pourquoi en suggérant bien avant la Conférence de Paris une rencontre internationale sur la Libye, le Président Wade a réussi à imposer la voix du Sénégal en devançant ses paires d’Afrique jusqu’à apparaître comme la voix africaine sûre pour aider à construire la Libye. C’est indubitablement ce qui explique la confiance que le CNT a envers Wade. Dès la fin des travaux à huis clos de la Conférence internationale sur la Libye, le Président du CNT Moustapha Abdeljalil a préféré  solliciter une audience non avec Sarkozy ou Hilary Clinton ou le Secrétaire général de l’ONU mais avec Wade qui l’a reçu pour discuter longuement et largement avec lui.

 

Wade n’est pas un diplomate. Mais il a sa diplomatie. C’est ce qui fait qu’il anticipe, dérape, provoque et ose sans mesurer avec soin le danger possible avant de se lancer dans une aventure internationale. Parfois ça déroute. Mais avec la Libye, ça a réussi quand-même. c’est ce qu’il explique que les tractations soient déjà entamée pour que la prochaine rencontre internationale se tienne à Dakar

 

Tamsir Ndiaye Jupiter

Paris

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Au bout de cette crise, il y a le défi d’une transition à réussir. Le président du Comité national de Transition a sollicité l’appui du Sénégal pour installer, dans son pays, des institutions démocratiques. Dakar pourrait abriter cette conférence nationale sur l’après-Kadhafi.

Hier, dans la résidence  du Sénégal à Paris, le Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, a reçu le président du Comité national de Transition (CNT), Moustafa Abdel Jalil. Les deux hommes ont eu un huis-clos de quarante minutes, en présence du Ministre des Affaires Etrangères du Sénégal, Me Madické Niang, et des membres de la délégation libyenne.

Au terme de cette audience, le président Wade a déclaré que le CNT sera soutenu par le Sénégal dans l’organisation de la transition. «Le CNT a besoin d’aide pour la mise en place des Institutions car la Libye est composée de tribus et de groupes. Il faut donc les organiser pour mettre en place des institutions démocratiques», a déclaré le président Wade.

En terre africaine, Dakar pourrait abriter une réunion internationale sur la Libye, a-t-on appris hier. Le président français Nicolas Sarkozy serait informé des initiatives  prises dans ce sens.

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    A Paris où il participe à la conférence internationale sur la Libye, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a déclaré qu’il est pour le droit d’ingérence des pays étrangers en Afrique. Il est convaincu que dans notre continent, il y a des présidents élus démocratiquement, mais qui s’accroche au pouvoir et que rien ne peut enlever si ce n’est des forces étrangères.

     

    « Une conférence internationale sur la Libye, organisée par la France et la Grande-Bretagne pour engager la transition démocratique et la reconstruction en Libye, a réuni, hier, à huis clos, à l’Elysée, une cinquantaine de délégations dont le président Abdoulaye Wade autour du président français, du Premier ministre britannique et des deux principaux chefs du Conseil national de transition (Cnt), l’organe politique de la rébellion libyenne. Dans la soirée, le chef de l’Etat a reçu le président du Cnt à la résidence de l’ambassade du Sénégal en France », écrit « Le Soleil ».

    « Le Soleil » ajoute que « à Paris, hier, le chef de l’Etat a été fortement ovationné au cours de son intervention. Il a été félicité par Mme Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat américaine. Le chef de l’Etat est revenu sur la proposition qu’il avait défendue au début de la crise libyenne. D’ailleurs, souligne notre source, c’est Me Abdoulaye Wade qui avait lancé l’idée d’une conférence de Paris après son voyage à Benghazi, fief des rebelles. Initiative concrétisée par le chef de l’Etat français qui a reçu, hier, la soixantaine de délégations à l’Elysée. L’idée d’une autre conférence pour la mise en place d’une assemblée constituante a également été retenue pour confirmer la légitimité du Cnt, avec la participation de toutes les forces vives de la Libye. Une nouvelle Constitution sera aussi au menu des discussions futures. Notre capitale pourrait également recevoir très prochainement une conférence sur la reconstitution de la Libye ».

    « Walfadjri » note qu’il y a eu des « manifestations contre la candidature du chef de l’Etat » et « 90 mn de « Wade dégage » à Paris ».

    « Des opposants sénégalais ont manifesté, hier après midi, devant la résidence de l’ambassadeur du Sénégal à Paris. Ils profitaient de la présence du président Wade à Paris pour dénoncer sa candidature aux élections présidentielles de 2012.Ils ont été dispersés par la police française après une heure trente de protestation », écrit« Walfadjri ».

    « Le Populaire » informe qu’il a « 57 délégations à la conférence de soutien à la Libye nouvelle à Paris ». Et c’est pour la « signature de l’acte de mort du régime de Kadhafi ».

    Dans « L’Observateur », le président Abdoulaye Wade déclare : « Je suis pour le droit d’ingérence en Afrique ».

    extrait revue de presse

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      Après la rencontre des Chefs d’Etat et de Gouvernement, Nicolas Sarkozy, président de la République française, David Cameron, Premier Ministre anglais, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies (NU) et Moustafa Abdel Jalil, président du Conseil national de Transition (CNT) libyen ont animé un point de presse dans la salle de presse de l’Elysée.

      C’est au terme de cette rencontre avec la presse que le président du CNT, Moustafa Abdel Jalil s’est rendu à la Résidence du Sénégal, dans le 16e Arrondissement de Paris, pour rencontrer le Chef de l’Etat du Sénégal, Me Abdoulaye Wade. Dans sa déclaration, le président du CNT Moustafa Abdel Jalil a déclaré que «la révolution libyenne a été faite par les jeunes». Selon le nouvel homme fort de Tripoli, «ce sont ces jeunes, qui subissent le chômage et autres souffrances, qui ont porté le combat pour la libération. Ils se sont maintenant libérés de cela. Ils ont été suivis dans ce chemin par les Libyens. C’était indispensable que le peuple se réunisse autour de  ces jeunes pour former le CNT. J’ai été choisi pour diriger ce Conseil».

      Concernant l’implication du président sénégalais, le président du CNT a soutenu que «Me Abdoulaye Wade est un homme libre. Il n’est pas comme les autres présidents enchaînés par l’argent de Kadhafi. Il devance même certains  pays arabes. Il a été le premier Président à nous visiter à Benghazi ».

      Le président du CNT a démenti, par ailleurs, l’information parue jeudi matin dans la presse française, concernant un contrat secret portant sur 35% des réserves pétrolières, signé avec la France. «Nous n’avons pas le pouvoir de signer des contrats pour des réserves», a-t-il laissé entendre.

      Envoyé Spécial à Paris

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        Prés de soixante (60) délégations de pays prendront part à la Conférence internationale organisée à Paris sur  la «Libye libre ». Le Premier Ministre anglais David Cameron, le Secrétaire d’Etat Américain Hillary Clinton, le Président sénégalais Me Abdoulaye Wade et le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki  Moon sont déjà arrivés dans la capitale française.

        Le démarrage de la conférence est prévu à 15h GMT (17H heures de Paris). L’après-Kadhafi, la relance des activités économiques de la Libye, la levée des sanctions des économiques (gèle des avoirs), la gestion de la phase de transition politique et l’organisation d’élections libres et démocratiques seront au menu de cette rencontre internationale.

        Au terme de la conférence, le Président du CNT Moustafa Abdel Jali sera reçu à 21h45 GMT, par le Chef de l’Etat du Sénégal qui a été le premier Président africain à se rendre à Benghazi après avoir reconnu officiellement le Conseil de transition.

        Ancien Ministre de la Justice de Mouammar Kadhafi, Moustafa Abdel Jali est considéré aujourd’hui comme le Président de la Libye en attendant la tenue d’élections libres, transparentes et démocratiques.

        MOUTH BANE – ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS

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        TAKOUSSANOU DJOLOF

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        “Pourquoi tant de remous dans les partis politiques: P.S/P.D.S/ Reewmi? C’était dans Takoussanou Djolof avec Mayacine Diop et Adama Diouf.. cliquer ici