libye rebellion

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Ils n’ont pas 30 ans mais font partie de ces héros qui ont libéré la Libye. Omram Yuma Shaban et Ahmed Ghaza, tous deux âgés de 21 ans, ainsi que Nabil Darwish, 25 ans, Salem Bakir, 28 ans, accompagnés de trois autres rebelles, se trouvaient dans la zone où le convoi de Kadhafi a été touché par des frappes aériennes de l’OTAN, à Syrte, le 20 octobre. Ils n’oublieront jamais cette date. Ce jour où ils ont combattu la garde rapprochée du « Guide » avant de le capturer.
Le quotidien espagnol El Pais a rencontré quatre de ces membres du CNT. Dès le début de l’entretien, les trois combattants ont posé en évidence sur la table deux pistolets, dont un en or, une casquette militaire et une botte en cuir, comme pour prouver la sincérité de leur témoignage.

« NOTRE CHEF EST ICI ! »

Les dernières heures de Mouammar Kadhafi commencèrent dès 8 heures du matin, raconte Omram Yuma Shaban, ingénieur de formation : « Nous avons reçu des informations nous signalant qu’un convoi de 50 véhicules était en train de se mettre en route dans la zone 2 de Syrte. Nous savions que Mouatassim, le fils de Kadhafi était dans la ville car plusieurs personnes nous avaient dit qu’elles l’avaient vu. Dans le même temps, nous supposions que l’OTAN étaient en train d’attaquer l’escorte. »

Arrivés rapidement sur place, les sept hommes se sont retrouvés face à la garde rapprochée de Kadhafi, des hommes paniqués et surpris en train de « se cacher dans la station électrique située à proximité et derrière les arbres ». Néanmoins, les combats furent intenses.

A 200 mètres de la zone de combat où fumaient les carcasses des voitures pilonnées par l’OTAN, deux tuyaux de ciment. C’est dans un de ceux-là que l’ex-dirigeant libyen avait trouvé refuge avec une dizaine d’hommes. De la cachette, l’un d’eux a « agité le drapeau blanc ». ‘ »Notre chef est ici’, a crié le soldat disposé à se rendre. Mais nous n’avions pas imaginé une seconde que ce chef en question pouvait être Kadhafi », poursuit Omram Yuma Shaban.

« CETTE IMAGE M’ACCOMPAGNERA TOUTES MES NUITS »

Un homme à Tripoli montre une image du cadavre du « Guide », jeudi 20 octobre.AP/Abdel Magid al-Fergany
Son camarade Salem Bakir s’est approché du tuyau. Il raconte : « C’est moi qui l’ait vu le premier lorsqu’il était sorti de la cache, à deux mètres de moi. Je suis resté paralysé puis j’ai touché le Coran que j’avais dans mon sac et cela m’a donné la force de crier : ‘Kadhafi est ici ! Kadhafi est ici !’ Je lui ai dit de jeter son arme à trois reprises, ce qu’il n’a pas fait. Il m’a dit : ‘Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ?' » Omram Yuma Shaban parvient à le désarmer : « Je ne sais pas d’où j’ai tiré la force », dit-il.

Ahmed Ghaza, un employé d’hôtel, se souvient, lui aussi : « En le voyant, je me suis demandé comment le roi des rois pouvait être là, comme un rat ? Cette image m’accompagnera toute mes nuits. J’ai pris sa botte et sa casquette. » L’instant suivant, des dizaines de combattants s’amassaient autour du tyran déchu, le frappant et l’insultant, le tout filmé sur des téléphones portables. Les circonstances de la mort du « Guide », retrouvé une balle logée dans la tête, n’ont toujours pas été démêlées. Le lendemain de sa capture, il était exposé dans une chambre froide au cœur de la vieille ville de Misrata.

avec Le Monde.fr

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Les autorités libyennes se sont dites jeudi déterminées à poursuivre en justice les meurtriers de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi mort dans des circonstances floues après avoir été capturé vivant, soulevant un tollé et des appels internationaux à ouvrir une enquête.

«Concernant Kadhafi, nous n’attendons pas qu’on nous le dise», a déclaré le vice-président du Conseil national de transition (CNT), Abdel Hafiz Ghoga.

«Nous avons déjà ouvert une enquête. Nous avons émis un code d’éthique concernant le traitement des prisonniers de guerre. Je suis sûr que c’était un acte individuel et non pas un acte des révolutionnaires ou de l’armée nationale», a-t-il poursuivi.

«Le responsable de cela (le meurtre de Kadhafi), quel qu’il soit, sera jugé et bénéficiera d’un procès équitable», a assuré M. Ghoga.

Les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi restent obscures, le nouveau pouvoir libyen martelant depuis le début la thèse d’un décès intervenu dans un échange de tirs, tandis que de nombreuses sources évoquent une exécution sommaire.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a critiqué jeudi les images «dégoûtantes» de la mort de Mouammar Kadhafi diffusées par les «médias internationaux», ont rapporté des agences russes.

«Toute la famille de Kadhafi a été tuée, son cadavre a été montré sur toutes les chaînes internationales: il est impossible de regarder ça sans être dégoûté. C’est quoi tout ça?!», a-t-il dit.

«Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (…) et on exhibe tout ça sur les écrans», a poursuivi M. Poutine. «Des millions de gens regardent ces images y compris des enfants, ce ne sont pas des dessins animés (…) Cela n’apporte rien de bon», a-t-il ajouté.

avec APS

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Le Niger doit coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) en vue de l’arrestation de Saïf Al-Islam, fils du défunt leader Mouammar Kadhafi, et de l’ex-chef des renseignements libyens Abdallah Al-Senoussi, a déclaré mercredi la Cour.

«Le Niger a sans aucun doute l’obligation de coopérer, étant donné qu’il est un État parti au Statut de Rome», le traité fondateur de la CPI, a déclaré à l’AFP Fadi El Abdallah, un porte-parole de la Cour.

Le porte-parole a cependant rejeté certaines allégations des médias selon lesquelles les deux hommes auraient l’intention de se livrer à la CPI, affirmant n’avoir reçu aucune «information ou confirmation» en ce sens.

Selon des responsables touaregs, le fils de Mouammar Kadhafi, dauphin pressenti avant la chute du régime, et Abdallah Al-Senoussi, ancien chef des services secrets militaires, se seraient rendus mardi au Niger pour y chercher refuge.

Les deux hommes sont recherchés par la CPI pour crimes contre l’humanité commis après le début du mouvement contre le régime du colonel Kadhafi mi-février. Ils font l’objet de mandats d’arrêt de la CPI émis le 27 juin ainsi que de notices rouges d’Interpol.

Le colonel Kadhafi, qui a régné sur la Libye pendant 42 ans et faisait également l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI, est mort jeudi dans des circonstances encore non éclaircies après sa capture par des combattants du nouveau régime libyen.

Le Niger, pays limitrophe de la Libye, abrite déjà des dizaines de responsables du régime, dont un autre fils de Mouammar Kadhafi, l’ancien footballeur Saadi Kadhafi.

avec cyberpresse

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Il est accompagné de l’ancien chef des services de renseignements du régime déchu…

Saïf al Islam Kadhafi et l’ancien chef des services de renseignements du régime déchu, Abdoullah al Senoussi, proposent de se rendre à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, a annoncé ce mercredi un haut responsable militaire du Conseil national de transition (CNT).

«Ils offrent la possibilité de se rendre à La Haye», a déclaré Abdel Majid Mlegta à propos des deux fugitifs.

Nous y reviendrons …..

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L’ex-leader libyen Mouammar Kadhafi a été enterré dans la nuit de lundi à mardi dans un «endroit secret» au terme d’une cérémonie religieuse, a indiqué à l’AFP un membre du Conseil militaire de Misrata.

Les corps de Mouatassim Kadhafi, son fils, et de l’ex-ministre de la Défense Abou Bakr Younès Jaber, qui étaient exposés à ses côtés dans une chambre froide à Misrata depuis plusieurs jours, ont été inhumés «dans la nuit de lundi à mardi près de lui», selon la même source qui a requis l’anonymat. Cette information a été confirmée par un autre membre du Conseil militaire.

Selon des gardes postés à l’entrée d’un marché des faubourgs de Misrata (215 km à l’est de Tripoli), où les dépouilles étaient exposées, un convoi de quatre ou cinq véhicules militaires a emporté les corps tard lundi soir vers un lieu inconnu.

Trois dignitaires religieux, partisans de Mouammar Kadhafi, ont prié et procédé à une cérémonie religieuse avant l’inhumation, selon le membre du Conseil militaire.

Deux fils de l’ex-ministre de la Défense, emprisonnés mais amenés là pour l’occasion, ainsi que son père étaient présents à la levée des corps, selon la même source.

«J’ai vu le permis d’inhumer. Il indiquait que Kadhafi avait deux blessures par balles, une dans la tête, une dans la poitrine, et qu’il portait les cicatrices d’opérations chirurgicales anciennes, une à la nuque, deux à l’estomac et une à la jambe gauche», a précisé cette source.

Dès vendredi, le Conseil militaire de Misrata avait indiqué que le cadavre de l’ex-«Guide» libyen serait sans doute enterré dans un lieu secret, sur conseil du numéro 2 du Conseil national de transition (CNT), Mahmoud Jibril, venu voir la dépouille sur place.

«Cette décision est destinée à éviter qu’à l’avenir, certains pro-Kadhafi viennent effectuer un pèlerinage sur sa tombe», avait précisé un membre du conseil militaire, selon qui «on va faire comme pour Adolf Hitler», le dictateur nazi dont le cadavre avait été escamoté par les Soviétiques après son suicide dans son bunker de Berlin en 1945.

Plusieurs milliers de Libyens se sont succédé depuis vendredi dans la chambre froide où était exposé le corps de Mouammar Kadhafi, disant venir pour «être sûr» que leur ancien dirigeant était bien mort.

Après 42 ans de pouvoir et huit mois de guerre civile, l’ex-dictateur avait été capturé jeudi, après des semaines de violents combats, par les combattants de Misrata à la sortie de Syrte, ville côtière située à 360 km à l’est de Tripoli.

Originaire d’un village proche de Syrte, cité notoirement pro-Kadhafi aujourd’hui détruite et quasiment déserte, il avait ensuite été tué dans des circonstances troubles peu après sa capture, certains évoquant une exécution sommaire.

Une autopsie a été réalisée sur son cadavre, mais le médecin l’ayant effectuée a indiqué ne pas pouvoir en communiquer les résultats pour le moment, attendant le feu vert des autorités de Tripoli pour s’exprimer sur le sujet.

Le colonel aurait rédigé un testament, le 17 octobre dernier, soit trois jours avant sa mort. Il aurait été transmis à trois de ses proches collaborateurs, dont un a été tué, le deuxième interpellé et le dernier aurait réussi à prendre la fuite, selon le site Algerie-focus.com. Dans ses dernières volontés, l’ex-dirigeant a indiqué son souhait d’être enterré à Syrte sa ville natale auprès de sa famille et de sa tribu. Le colonel a également souligné qu’il ne voulait pas être lavé et qu’il souhaite être enterré selon le rite islamique. Il a notamment demandé à ce que sa famille soit bien traitée, en particulier les femmes et les enfants.

Une lettre adressée à Silvio Berlusconi

L’ex-dirirgeant aurait également adressé une lettre à Silvio Berlusconi, publiée lundi par Paris Match , où il demande au président du Conseil italien de jouer en sa faveur auprès de l’OTAN pour que les bombardements cessent. « Arrête ces bombardements qui tuent nos frères libyens et nos enfants », a écrit l’ex-dirigeant libyen. « Parle avec tes amis et vos alliés pour parvenir à ce que cesse cette agression à l’encontre de mon pays. J’espère que Dieu tout-puissant te guidera sur le chemin de la justice », a-t-il indiqué. Mouammar Kadhafi a notamment souligné qu’il aurait « espéré » que le chef du gouvernement italien « s’intéresse aux faits » et qu’il « tentes une médiation avant d’apporter son « soutien à cette guerre. » « Je ne te blâme pas pour ce dont tu n’es pas responsable car je sais bien que tu n’étais pas favorable à cette action néfaste qui n’honore ni toi ni le peuple italien », a-t-il ajouté. « Mais je crois que tu as encore la possibilité de faire marche arrière et de faire prévaloir les intérêts de nos peuples. Sois certain que moi et mon peuple, nous sommes disposés à oublier et à tourner cette page noire des relations privilégiées qui lient le peuple libyen et le peuple italien. »

Ce document qui pourrait être l’un des derniers courriers adressé par Mouammar Kadhafi à l’occident a été récupéré par un couple italien, qui dirige une agence d’hôtesses, Hostessweb, à Rome. Amis de l’ex- Guide libyen, Alessandro Londero, et sa femme Yvonne di Vito ont souvent été invités sous sa tente à Tripoli ou à Syrte. Le couple aurait été reçu le 7 août dans un bunker par le général Abdallah Mansour (proche de Mouammar Kadhafi recherché par le tribunal international qui a longtemps dirigé la télévision d’Etat) qui les a informés que Mouammar Kadhafi venait de fuir la capitale la nuit précédente. « Le général Mansour est alors l’un des seuls à pouvoir encore communiquer avec le chef d’Etat libyen », a expliqué Alessandro Londero. Ce dernier a ainsi livré le courrier à l’Etat italien. Qui, il semblerait n’a pas pris en compte les dernières volontés de Mouammar Kadhafi.

avec afrik.com

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Les pourparlers en vue de former un gouvernement de transition après 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi sont entrés lundi dans le vif du sujet, les nouveaux dirigeants assurant d’ores et déjà que la nouvelle Libye serait régie par la charia.

Cette annonce a provoqué des inquiétudes en Libye, surtout parmi les femmes, ainsi qu’à l’étranger. L’Union européenne a appelé au respect des droits de l’Homme et la France a annoncé qu’elle serait «vigilante», en particulier en matière de diversité culturelle et religieuse ou d’égalité des sexes.

Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a cherché lundi à rassurer: «Je voudrais que la communauté internationale soit assurée du fait qu’en tant que Libyens nous sommes musulmans, mais musulmans modérés», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Benghazi.

Les règles de l’islam «ne représentent aucun danger pour quelque parti politique ou faction que ce soit», a-t-il insisté.

«En tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue», avait-il déclaré dimanche, en citant l’exemple du mariage et du divorce, sur lesquels la loi en vigueur est plus libérale que la charia.

Lundi, il a parlé des banques: «L’usure est bannie. Il s’agit d’un texte (de la charia) sans équivoque. Il y a des banques qui opèrent selon le système islamique, à savoir le partage des gains et des pertes. Cette question est essentielle». Mais il a assuré que cela ne signifiait pas que les lois en vigueur seraient sommairement abrogées.

Évoquant les pourparlers en vue de la formation d’un gouvernement de transition, qui doit intervenir dans un délai d’un mois, après la proclamation dimanche dernier à Benghazi de la «libération» du pays, M. Abdeljalil a assuré que la nouvelle équipe serait en place «d’ici deux semaines».

De multiples luttes de pouvoir sont pourtant en jeu: libéraux contre islamistes, tensions régionalistes, rivalités tribales, ambitions individuelles ou pour le contrôle des revenus du pétrole… La feuille de route du CNT prévoit ensuite l’élection d’une assemblée constituante huit mois maximum après la formation du gouvernement, suivie d’élections générales un an plus tard.

Outre la polémique sur la charia, la proclamation de la «libération» de la Libye après huit mois d’un conflit qui a fait, selon le CNT, plus de 30 000 morts, restait ternie par le malaise autour des circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, tué jeudi après avoir été capturé vivant.

Les nouvelles autorités libyennes affirment que l’ancien dirigeant a été tué d’une balle dans la tête lors d’un échange de tirs. Mais des témoignages et les vidéos tournées au moment de son arrestation laissent penser que l’ancien dirigeant a pu être victime d’une exécution sommaire.

Le médecin ayant pratiqué l’autopsie, le docteur Othmane el-Zentani, s’est borné à déclarer dimanche que Mouammar Kadhafi avait été «tué par balles».

Le leader cubain Fidel Castro a dénoncé lundi un «assassinat», tandis que la veuve de M. Kadhafi et plusieurs organisations, dont l’ONU, appuyée par les États-Unis, réclament une enquête.

«Pour répondre aux requêtes internationales, nous avons commencé à mettre en place une commission chargée d’enquêter sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi dans l’accrochage avec son entourage au moment de sa capture», a déclaré M. Abdeljalil.

Le chef du CNT, ancien ministre de la Justice de M. Kadhafi, a aussi assuré que les Libyens auraient voulu que l’ancien dirigeant soit jugé et qu’il «se sente aussi humilié que possible», assurant que «ceux qui avaient intérêt à cette mort rapide étaient ceux qui le soutenaient».

Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim se trouvaient toujours lundi dans une chambre froide d’un marché à Misrata (ouest), où des milliers de Libyens ont défilé depuis vendredi. Selon des responsables du CNT, la dépouille sera à terme remise à ses proches, qui décideront «en concertation avec le CNT» du lieu de sépulture.

Parallèlement à la polémique sur la mort de M. Kadhafi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi le CNT à «mener immédiatement une enquête transparente» après la découverte des corps de 53 personnes, a priori des pro-Kadhafi, exécutés sommairement à Syrte.

Après des semaines de bombardements de l’OTAN et de combats, quelques centaines d’habitants sont revenus lundi dans cette ville dévastée, parsemée de centaines de cadavres, privée d’eau et d’électricité. Aucun bâtiment n’était indemne, toutes les ruines ont été pillées, et des avenues entières étaient inondées par des canalisations éventrées.

Le général Charles Bouchard, qui dirige les opérations de l’OTAN en Libye, dont la fin est prévue le 31 octobre, a estimé lundi que le CNT était désormais en mesure d’assurer la sécurité du pays, où «la menace d’attaques organisées contre la population civile a disparu».

avec AFP

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Les nouvelles autorités libyennes ont annoncé samedi qu’aucune autopsie ne serait pratiquée sur le cadavre de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, toujours exposé dans une chambre froide à Misrata, à la veille de la proclamation officielle de la libération du pays.

«Il n’y aura pas d’autopsie aujourd’hui (samedi), ni un autre jour. Personne n’ouvrira le corps (de Kadhafi)», a déclaré à l’AFP le porte-parole du conseil militaire de Misrata, Fathi Bachagha, alors que des informations faisaient état d’une autopsie dans la journée.

Cette déclaration a été confirmée à l’AFP par deux autres membres du conseil militaire de Misrata.

Mouammar Kadhafi, 69 ans, en fuite depuis la chute le 23 août de son QG à Tripoli, a été capturé vivant jeudi à Syrte, sa région d’origine, et tué par balle peu après. Il n’est toujours pas clair s’il a été exécuté ou s’il a péri dans des échanges de tirs.

Les images et vidéos prises au moment de son arrestation à Syrte (360 km à l’est de Tripoli) laissent d’ailleurs entrevoir différentes hypothèses sur les causes de la mort du «Guide».

Vendredi, le N.2 du Conseil national de transition (CNT), le nouveau pouvoir en Libye, Mahmoud Jibril, a assuré qu’il avait succombé à des blessures par balle après des feux croisés pendant son arrestation.

Mais cette version n’a pas convaincu l’ONU et Amnistie Internationale qui ont demandé une enquête pour déterminer s’il avait été exécuté sommairement.

Sur le terrain, quand on aborde le sujet controversé avec les combattants qui exhibent fièrement leurs prises (pistolet plaqué or, foulard beige du dictateur, etc.), le ton change et l’ambiance se raidit.

«Il était salement amoché quand on l’a vu. On savait qu’il allait mourir», lance l’un d’eux, Ibrahim Al-Marjoub.

Derrière eux, l’un des chefs vient de glisser une consigne en arabe. «Tout le monde dit: «Personne ici n’a tué Kadhafi»».

Selon M. Bachagha, Abdelhakim Belhaj, chef du conseil militaire de Tripoli, était attendu à Misrata samedi pour voir le corps de l’ex-dirigeant, au lendemain de la visite de M. Jibril, mais la venue du président du CNT Moustapha Abdeljalil n’était pas annoncée.

Depuis Benghazi, M. Abdeljalil a confirmé qu’une enquête était en cours sur les circonstances de la mort de l’ex-dictateur, sans évoquer une autopsie.

Mouammar Kadhafi sera sans doute enterré dans un lieu secret pour éviter tout pèlerinage sur sa tombe, avaient déclaré vendredi des membres du conseil militaire de Misrata.

Mais selon plusieurs de ces sources, une réunion doit encore se tenir, sans doute samedi, pour convaincre les derniers sceptiques et formaliser la décision.

Samedi matin, la dépouille de l’ancien dirigeant était toujours exposée dans la chambre froide d’un marché de la banlieue de Misrata, où le cadavre de son fils Mouatassim avait été emmené dans la nuit de vendredi à samedi.

Quelques dizaines de curieux faisaient la queue pour voir les deux dépouilles, allongées côte à côte sur des matelas au sol et recouvertes d’une couverture ne laissant voir que leur tête.

Des milliers de personnes s’étaient déjà succédé vendredi pour observer le cadavre de l’ex-dictateur.

Dans un communiqué diffusé par la chaîne Arraï, proche de l’ancien régime, la veuve de l’ex-dirigeant a appelé vendredi, «au nom de la famille du combattant martyr Mouammar Kadhafi, l’ONU et les organisations internationales à contraindre le CNT à remettre les dépouilles des martyrs à leurs tribus pour les enterrer selon les rites islamiques».

Deux dignitaires du régime déchu échappaient, eux, toujours aux troupes du CNT: le beau-frère de Mouammar Kadhafi, Abdallah al-Senoussi, 62 ans, ex-chef des renseignements libyens, et le fils de Kadhafi Saïf al-Islam, 39 ans, longtemps pressenti comme le successeur de son père à la tête de la «Jamahiryia» libyenne.

Le premier a été «signalé» dans l’extrême nord du Niger, frontalier de la Libye, a indiqué samedi à l’AFP une source gouvernementale nigérienne.

Des informations contradictoires circulent depuis jeudi sur le sort du second -capture, mort ou fuite-, sans qu’aucune ne soit confirmée, alors que tous deux sont recherchés par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Cela ne devrait toutefois pas empêcher la déclaration dimanche par le CNT de la «libération totale» du pays, qui ouvrira la voie aux discussions pour la formation d’un gouvernement chargé de gérer la transition avant des élections prévues sous huit mois.

Repoussée depuis jeudi, elle doit être annoncée dimanche, soit une semaine exactement avant la fin à la mission «Protecteur unifié» de l’OTAN, entamée fin mars en Libye.

En Jordanie, lors du Forum économique mondial, M. Jibril a qualifié de quasi «mission impossible» la reconstruction de la Libye.

«La reconstruction de la Libye ne sera pas une tâche facile. C’est la «Mission impossible» de Tom Cruise», a-t-il déclaré en référence à un célèbre film américain. «La stabilité et l’ordre dans le pays doivent être restaurés, ce qui nécessite la collecte d’armes dans les rues (…) qui n’est pas une opération aisée».

De son côté, le quotidien américain Los Angeles Times a affirmé que le colonel Kadhafi avait fait sortir secrètement de Libye plus de 200 milliards de dollars, soit le double de la somme avancée jusqu’ici par les pays occidentaux.

avec cyberpresse

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Le dirigeant libyen déchu a été capturé et tué, ce jeudi. Quand? Comment? Par qui? Le point sur ce que l’on sait… et ce qui reste à éclaircir.

L’ONU veut une enquête sur la mort de Mouammar Kadhafi, capturé et tué ce jeudi. « Les circonstances ne sont toujours pas claires. Nous estimons qu’une enquête est nécessaire », estime ce vendredi le porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, se référant aux vidéos qui ont été publiées par les médias. Des vidéos « très inquiétantes », selon lui.
Dans l’une d’entre elles, le corps du tyran déchu est à terre, sans doute sans vie, et malmené par la foule qui l’entoure, sans que l’on sache si ces images ont été tournées à Syrte, son dernier bastion, où plusieurs sources du CNT affirment qu’il a été capturé. Ou à Misrata, où son corps a ensuite été transporté… Une partie de l’après-midi, Al-Jazeera a bloqué la vidéo sur une capture d’écran qui est rapidement devenue l’image du jour.
Puis une autre vidéo surgit, reprise par Al-Arabiya et Al-Jazeera, qui montre que Mouammar Kadhafi était bien vivant au moment de sa capture. Une nouvelle vidéo diffusée par le Global Post le confirme d’ailleurs et reprend le « film » de la capture un peu avant les images diffusées jeudi, montrant Kadhafi encore debout, avant que des combattants des forces du CNT viennent l’entourer et le maintenir sur ses pieds. Vous pouvez la visionner ici,mais attention, ces images sont choquantes.
Sur ces images, le colonel Kadhafi semble leur crier quelque chose, tandis qu’on entend des tirs de joie, et une multitude de « Allah Akbar ». Tête nue, revêtu d’un treillis, il a déjà du sang sur le visage et les épaules. Totalement hagard, il est ensuite hissé sur le capot d’une voiture qui démarre, surchargée de combattants surexcités.

Des images…
C’est apparemment à partir de ce moment que sont prises les autres photos et vidéos qui avaient été diffusées auparavant dans la journée de jeudi. En effet, après les premières annonces de la capture et de la mort de Kadhafi, au conditionnel, d’autres images avaient rapidement été rendues publiques.
D’abord la photo du visage ensanglanté du colonel Kadhafi, plus ou moins identifiable, dont on ignore alors s’il est vivant ou mort. La photo a été prise à l’aide d’un téléphone portable, dont un journaliste de l’AFP a photographié l’écran. Le cliché fait vite le tour du monde, relayé sur les écrans de télévisions et les réseaux sociaux. Son authenticité est rapidement établie.
Une autre photo diffusée par l’AFP montre une sorte de bouche d’égout où des graffiti ont déjà été tracés, clamant: « C’est ici que le rat Kadhafi a été trouvé ». Ironique pour celui qui qualifiait justement ses ennemis de « rats »… Sur un autre cliché, des combattants pro-CNT brandissent un revolver en or, la présentant comme l’arme du tyran honni.

… et plusieurs scénarios
Que s’est-il exactement passé? Quelques témoignages font surface. « On l’a trouvé en train de ramper dans un tube en béton. C’est son sang sur ma chemise, je ne la laverai jamais », proclame par exemple Mohamed Chaban, qui jure à l’AFP avoir participé à l’arrestation de l’ex-dirigeant libyen et s’être emparé de son pistolet en or. Un autre témoin affirme que le colonel aurait imploré: « Ne tirez pas, ne tirez pas! »
Quand il a été retrouvé, il était en bonne santé et portait une arme
Mohamed Leith, commandant des forces CNT dans la zone sud de Misrata (est), raconte sa version des faits: « Kadhafi se trouvait dans une Jeep sur laquelle les rebelles ont ouvert le feu. Il en est sorti et a tenté de fuir. Il s’est réfugié dans un égout. Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau et il en est sorti portant une kalachnikov d’une main et un pistolet de l’autre ». « Il a regardé à gauche et à droite, demandant ‘qu’est-ce qui se passe’. Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau, le blessant à l’épaule et à la jambe et il a succombé ensuite ».
Mais « ensuite »… quand? « Il était vivant jusqu’à son arrivée à l’hôpital » de Misrata, où se trouve désormais sa dépouille, a précisé le chef de l’exécutif libyen, Mahmoud Jibril, lors d’une conférence de presse à Tripoli. « Quand il a été retrouvé, il était en bonne santé et portait une arme », selon le responsable qui ajoute qu’il avait ensuite été conduit vers un pick-up. « Quand le véhicule a démarré, il a été pris dans un échange de tirs entre des combattants pro-Kadhafi et des révolutionnaires, et il a été tué d’une balle dans la tête ».
Quel rôle pour les forces de l’Otan?
Autre donnée de l’équation: les forces de l’Otan ont annoncé dans la matinée avoir bloqué deux véhicules pro-Kadhafi qui tentaient de fuir Syrte, sur le point de tomber aux mains des combattants pro-CNT. Le colonel était-il lui-même à bord de ce convoi? S’est-il bien réfugié dans ce tunnel ensuite, blessé? C’est ce qui ressort du récit dressé ce vendredi par Al-Jazeera.
Des avions français ont stoppé mais pas détruit un convoi pro-Kadhafi
Selon le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, ce sont des avions français qui ont identifié et « stoppé » une colonne « de plusieurs dizaines de véhicules ». Un drone américain Predator a également tiré un missile contre le convoi attaqué par un Mirage 2000 français, a affirmé jeudi un responsable américain.
Le convoi n’a cependant « pas été détruit par l’intervention française », a précisé Gérard Longuet. Il évoque ensuite des accrochages au sol entre les forces pro-Kadhafi et des combattants du CNT qui sont ensuite intervenus, détruisant les véhicules, desquels « ils ont sorti le colonel Kadhafi ». Il n’est plus question de bouche d’égout dans cette version…
Le nouveau pouvoir et le commandement de l’opération Protecteur unifié de l’Otan auront à éclaircir les circonstances dans lesquels le « Guide » honni a été capturé et tué, notamment dans le cadre de l’enquête demandée ce vendredi par l’ONU. Déjà, son enterrement a été retardé pour permettre aux experts du CNT de mener leurs investigations. Mais pour l’heure, les scènes de liesse se multiplient, à Tripoli, Benghazi ou Syrte. Sans attendre cette enquête, ni même la proclamation officielle de la « libération » totale de la Libye, après 42 longues années de tyrannie.

avec lexpress.fr

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Des combats ont eu lieu vendredi à Tripoli entre des partisans armés du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi et des forces du nouveau régime, faisant au moins huit blessés, selon une source hospitalière.

Ces affrontements, les premiers à Tripoli depuis plus d’un mois et demi, ont éclaté notamment dans le quartier populaire d’Abou Slim, situé à 10 km au sud du centre de la capitale et connu pour abriter des fidèles à l’ex-leader en fuite.

Huit combattants du Conseil national de transition (CNT, issu de la rébellion) ont été blessés, selon une source à l’hôpital d’Abou Slim.

Après les combats, des dizaines d’hommes du CNT ont tiré en l’air au milieu d’un complexe résidentiel composé d’une dizaine d’immeubles, affirmant qu’ils contrôlaient la situation, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un groupe d’entre eux ont arrêté un homme qu’ils ont conduit dans un pick-up. Pas loin, un jeune pro-Kadhafi a lâché «Allah, Mouammar, Libye et c’est tout» à l’approche d’une voiture de journalistes, tandis que plusieurs véhicules transportant des combattants du CNT continuaient à entrer à vive allure dans le quartier.

Un combattant du nouveau régime posté à l’entrée du quartier a affirmé avoir essuyé la veille des tirs d’une voiture roulant à grande vitesse, en montrant les impacts de balle sur les mûrs du bâtiment.

Selon un porte-parole du CNT, Abdel Rahmane Boussin, des affrontements ont été également signalés dans d’autres quartiers «autour de la capitale», affirmant s’attendre à une reprise des heurts dans la nuit.

Des habitants ont fait état d’accrochages notamment à Al-Hay Al-Islami, dans l’ouest de Tripoli.

Mais l’adjoint du conseil suprême militaire du CNT à Tripoli, Khaled Sharif, a assuré que les affrontements avaient été «très limités». «Tout est désormais sous contrôle. Nous en avons arrêté certains (des pro-Kadhafi) et nous poursuivons les autres».

Selon des combattants du CNT, des manifestations pro-Kadhafi avaient commencé après la prière de vendredi, à l’appel d’un animateur pro-Kadhafi qui s’était exprimé sur la chaîne Arraï basée en Syrie qui défend la cause du régime déchu.

«On était au courant qu’ils (pro-Kadhafi) allaient sortir aujourd’hui. Nous étions préparés», a indiqué Meftah, un jeune combattant du quartier.

Le quartier d’Abou Slim était le dernier à résister après la chute de Tripoli le 23 août aux mains du CNT avec la prise du quartier général de Mouammar Kadhafi à Bab al-Aziziya.

La bataille de Syrte se poursuit

Les forces du nouveau régime en Libye ont lancé vendredi un assaut sur deux quartiers toujours aux mains des soldats fidèles au dirigeant déchu Mouammar Kadhafi à Syrte, les bombardant à l’artillerie lourde et aux obus.

Après avoir présenté en début de semaine comme imminente la chute de cette région d’origine de Mouammar Kadhafi à 360 km à l’est de Tripoli, les forces du Conseil national de transition (CNT, ex-rébellion) peinaient à déloger de leurs derniers retranchements les pro-Kadhafi qui opposent une résistance acharnée.

Le CNT attend la chute de cette ville-symbole pour proclamer la «libération totale» du pays et former un gouvernement chargé de gérer la transition. Mais l’amateurisme désarmant de ses combattants les empêche d’appliquer une tactique ordonnée face à la poignée de loyalistes.

Les hommes du CNT sont désormais regroupés au QG de la police à Syrte, où ils s’étaient repliés jeudi après avoir reculé de deux kilomètres devant la violente riposte des pro-Kadhafi, selon un journaliste de l’AFP.

Ils ont lancé leur offensive contre les quartiers «Dollar» et «N°2» où sont retranchés leurs adversaires dans le nord-ouest. Une large file de combattants du CNT, certains dans des camions et d’autres à pied, ont quitté le QG de la police en direction de ces secteurs.

«Les tireurs embusqués de Kadhafi sont coincés dans le quartier N°2 et nous les assiégeons. Nous tirons sur eux maintenant», a déclaré un commandant du CNT, Moustapha Al-Abyad.

Des colonnes d’épaisse fumée noire se dégageaient des deux quartiers, bombardés dans l’après-midi de façon continue aux obus de mortier et à l’artillerie lourde, selon un journaliste de l’AFP.

Un groupe de combattants ont réussi à prendre une école à la limite du quartier «Dollar» d’où ils ont bombardé le secteur, s’attirant une violente riposte des pro-Kadhafi. Les forces du CNT ont alors reculé pour permettre un bombardement aux obus de 130mm.

«Ils nous tirent dessus, ils sont bien positionnés dans les immeubles et ont des snipers», a déclaré un combattant du CNT Ahmed al-Figi. «Nous faisons des progrès, mais c’est difficile».

«Nous attendons les ordres. La bataille de Syrte va se terminer très bientôt, mais la guerre en Libye ne s’achèvera qu’avec la capture de Kadhafi», veut croire un autre combattant pro-CNT, Abdessalam Farjani.

Au moins deux morts et une quinzaine de blessés, certains très grièvement, ont été transportés à l’arrière des combats dans l’ouest de la ville, a constaté une journaliste de l’AFP. La zone était en proie à des scènes de panique, avec des ambulances circulant dans tous les sens.

Au fur et à mesure que l’étau se resserre, les forces du CNT, outre la riposte des forces pro-Kadhafi, sont soumises au danger des tirs fratricides. Selon des sources médicales, quatre combattants ont été tués et 40 blessés jeudi, en majorité par des tirs fratricides et par des snipers pro-Kadhafi.

Outre Syrte, les forces du CNT assiégeaient toujours l’oasis de Bani Walid, un autre bastion pro-Kadhafi à 170 km au sud-ouest de Tripoli, où les frappes de l’OTAN ont touché jeudi quatre véhicules militaires et un lance-roquettes.

Le chef du comité local du CNT de Bani Walid, Al-Haj Mbarak Al Fatnani, a expliqué que les combats étaient suspendus pour préparer la prochaine offensive contre les 1500 combattants pro-Kadhafi toujours présents dans Bani Walid.

Pendant ce temps, les nouvelles autorités recherchaient toujours activement Mouammar Kadhafi, en fuite depuis la chute de son QG à Tripoli le 23 août dernier, après 42 ans au pouvoir, et ses fils, Mouatassim et Saïf al-Islam, dont des combattants affirment qu’ils se trouvent respectivement à Syrte et Bani Walid.

À Tripoli, le CNT assure que l’arrestation de l’ancien dirigeant «n’est qu’une question de temps», mais s’interroge sur de possibles manipulations après l’annonce mercredi de la capture de Mouatassim, finalement démentie.

«Il pourrait s’agir d’une stratégie, d’une rumeur répandue pour semer la confusion et lui permettre de s’échapper de Syrte», où les combattants le soupçonnent d’être réfugié, estime Abderrahmane Boussine, porte-parole du CNT.

«C’est le genre de ruses dont ils ont l’habitude», confirme Ouahid Bouchane, un autre responsable du CNT. «Concernant Saïf al-Islam par exemple, ils ont diffusé des images le présentant avec des hommes portant l’uniforme des révolutionnaires. Ces techniques ont souvent été utilisées» par l’ex-régime.

avec cyberpresse

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Les forces du nouveau régime libyen, qui disaient avoir cerné les derniers fidèles de Mouammar Kadhafi dans deux quartiers de Syrte, ont reculé de deux kilomètres jeudi sous leur feu nourri, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Le Conseil national de transition (CNT), l’ex-rébellion qui a renversé le régime Kadhafi, attend la chute de Syrte, à 360 km à l’est de Tripoli, pour proclamer la «libération totale» du pays et reprendre ses discussions en vue de former un gouvernement chargé de gérer la transition.

«Nous avons dû nous retirer vers le QG de la police (pris mardi, près de la place centrale de la ville) et nous allons utiliser l’artillerie lourde pour frapper les forces de Kadhafi», a déclaré Hamid Neji, un combattant pro-CNT sur la nouvelle ligne de front.

Avant ce revers, des commandants pro-CNT avaient annoncé jeudi matin que leurs adversaires étaient cernés dans deux zones de l’ouest de la ville, le «Quartier Dollar», sur les hauteurs dans l’ouest, et dans le «Quartier n°2», au bord de la Méditerranée dans le nord-ouest.

«Nous pensons qu’il nous faudra encore trois jours pour les capturer», avait expliqué Yahya al-Moghasabi, l’un des commandants du CNT, précisant que ses combattants tentaient d’éviter d’utiliser l’artillerie lourde contre ces deux quartiers pour éviter de toucher les civils qui s’y trouvent encore bloqués.

Mercredi, les combattants pro-CNT avaient annoncé qu’ils contrôlaient les quartiers «Dollar» et «n°2», et que les combats se concentraient autour d’une école dans le «Quartier n°1», juste à l’ouest du «n°2».

Après un mois de bombardements puis d’intenses combats de rues qui ont fait en moins d’une semaine près d’une centaine de morts et des centaines de blessés dans les seuls rangs pro-CNT, la ville de Syrte était en ruines.

Outre Syrte, les forces du CNT assiégeaient toujours l’oasis de Bani Walid, un autre bastion pro-Kadhafi à 170 km au sud-ouest de Tripoli, qu’elles espéraient prendre dans le sillage de la chute de Syrte.

Mais Youssef Amrou, un combattant de l’une des principales brigades engagées sur ce front, a annoncé qu’elle avait reculé d’une trentaine de kilomètres mercredi en raison d’un différend avec d’autres brigades accusées de ne respecter aucune consigne.

Le chef du comité local du CNT de Bani Walid, Al-Haj Emburk Al Fatnani, a démenti tout conflit interne et expliqué que les combats étaient suspendus pour préparer la prochaine offensive. Selon lui, il reste 1500 combattants pro-Kadhafi dans Bani Walid, dont 5% des habitants n’ont pas encore fui.

Mercredi soir, des tirs de joie et des concerts de klaxon ont résonné à Tripoli et à Misrata pour saluer l’annonce de l’arrestation à Syrte de Mouatassim Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dirigeant en fuite, mais cette information a été démentie jeudi.

Les annonces erronées ou non confirmées sur l’arrestation, la fuite ou le décès de proches de M. Kadhafi se sont multipliées ces derniers mois en Libye.

Jeudi matin, un combattant pro-CNT a raconté avoir arrêté la veille avec quatre camarades le mufti de Libye, Khaled Tantouche, plus haute autorité religieuse sous le régime Kadhafi, alors qu’il avait changé d’apparence et tentait de fuir Syrte.

Dans un rapport publié jeudi, l’organisation Amnesty International (AI) a exhorté les nouvelles autorités libyennes à mettre rapidement fin aux détentions arbitraires et aux mauvais traitements des prisonniers, faisant valoir que cette réminiscence du régime déchu ternissait leur image.

Des milliers de personnes ont été arrêtées en Libye par des milices ou des comités locaux liés au CNT, pour la plupart sans aucune supervision par les autorités judiciaires, dont les activités sont suspendues depuis février dans l’Est et depuis août dans l’Ouest, selon AI.

Nombre de prisonniers ont été battus, et «dans certains cas, il y a des preuves de tortures pour obtenir des aveux ou punir» les personnes soupçonnées de liens avec le régime déchu, tout particulièrement les Noirs, selon AI.

avec AFP

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