Lutte

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Archives: : 27 septembre 2011

Sa voix retentit souvent aux arènes Adrien Senghor, au terrain Gaalgui et au stadium Iba Mar. Elle, c’est Khady Diouf, la grande cantatrice native du village de Yerwago, non moins grande sœur de l’ancien champion de lutte Aliou Diouf. A 50 ans, Ya Khady, comme l’appellent affectueusement ses nombreux fans, est tout simplement un monument dans la lutte.  Cette dame de teint clair déborde toujours d’énergie malgré 34 longues années de carrière. Une force qu’elle tire de la passion qu’elle nourrit pour la lutte mais aussi de son long compagnonnage avec Babou Ngom, le célèbre percussionniste de l’arène.
A la voir chanter et danser avec aisance au terrain Gaalgui de Khar Yalla ou bien aux arènes Adrien Senghor de Grand Yoff, on sent nettement que Khady Diouf n’a rien perdu de sa fougue de jeunesse, de son enthousiasme mais surtout de sa voix forte qui ensorcelle et envoûte les nombreux amateurs de la lutte traditionnelle. Et pourtant, la légende de Yerwago, du nom de son village natal situé dans les îles du Saloum, fait figure de doyenne des cantatrices sérères dans le milieu de la lutte traditionnelle. 33 ans de carrière, à chanter de village en village, jusqu’ au stade Demba Diop, en passant par les arènes Adrien Senghor, le terrain Gaalgui, il faut vraiment être une passionnée de la lutte comme Khady Diouf pour pouvoir le faire.
Sa complicité avec Babou Ngom, le grand percussionniste n’est plus à démontrer. Et la « dame de fer » se laisse parfois aller à la cadence des rythmes très inspirés du célèbre tambour major de Gandiaye. « Les rythmes de Babou me dopent », avoue cette dame robuste au teint clair. L’idylle entre la grande sœur de l’ancien champion Aliou Diouf et la lutte traditionnelle remonte bien avant 1977, l’année durant laquelle, elle a chanté pour la première fois de sa carrière pour un tournoi de lutte traditionnelle organisé dans le village voisin de Ndorong Sèrère. En effet, la « sœur jumelle » de Mahé Deb Ngom dit être très tôt piquée par le virus de la lutte. «Avant de commencer ma carrière de chanteuse, j’étais déjà lutteuse», révèle «Yâ Khady», comme l’appellent affectueusement ses nombreux fans de la lutte sans frappe.
De l’avis de cette dame quinquagénaire, elle a même remporté des tournois de lutte traditionnelle répartis entre Banjul et la région de Dakar. C’est plus tard qu’elle a abandonné sa casquette de lutteur pour se consacrer uniquement à la musique traditionnelle. Toujours est-il qu’elle reste au service de la lutte. Entre elle et la musique traditionnelle, il faut dire que c’est une vieille affaire aussi. «A l’école, j’avais toujours une note de 10/10 et mon maître disait que je ferais mieux de choisir une carrière musicale dans la lutte», se souvient Khady Diouf. C’est d’ailleurs à cause de son amour pour la chanson qu’elle a quitté l’école après avoir obtenu le certificat d’études primaires élémentaires (Cepe) et passé avec succès le concours d’entrée en sixième. Au nez et à la barbe de ses parents qui, pour l’en dissuader,  l’avaient même frappée et envoyée à Tambacounda afin qu’elle y serve comme matrone.

Prestations particulièrement prisées des amateurs

Comme l’autre cantatrice, Mahé Deb Ngom, ses prestations sont particulièrement prisées des amateurs, notamment ceux de la lutte sans frappe qui ne tarissent jamais d’éloges à l’endroit de celle qui fait la fierté du village de Yerwago, pour son attachement profond à la tradition sérère. « Le mérite de Khady Diouf, c’est qu’elle a un répertoire de chansons riche et varié. Elle peut passer toute une journée à chanter sans reprendre une seule chanson. Elle a beaucoup d’inspiration », se réjouit Mamecor Ndiaye, un habitué des arènes Adrien Senghor visiblement séduit par l’immense talent de cette cantatrice. Toutefois, Khady Diouf nourrit un petit regret : « On ne cesse de parler d’argent dans la lutte. Mais nous les chanteuses, nous ne sommes pas concernées. On ne nous paie pas bien », explique-t-elle.
Et d’avertir aussitôt les lutteurs qui ne prennent pas au sérieux la lutte ou qui font des combines en ce moment où l’argent coule à flots dans l’arène. « Ils vont regretter plus tard car ils ont aujourd’hui, l’opportunité de se faire beaucoup d’argent », poursuit-elle avec conviction. Avant de lâcher sur un air de dépit : « Si j’étais un homme… ». Elle n’a pas encore décroché mais la  relève de Khady Diouf est déjà prête. Au cas où la doyenne des cantatrices sérères de l’arène se retirera, ses nombreux fans pourront se rabattre sur sa fille Faya, déjà opérationnelle.

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Gouye Gui soutient que la manière dont il a battu Bazooka est une preuve que le simpi n’est pas sa seule stratégie. Selon le poulain de Mor Fadam, il détient toute une panoplie de techniques que les amateurs vont découvrir au fil de ses sorties.
Gouye Gui que nous avons rencontré hier à la Cité Sonees à Guédiawaye, où nous avons trouvé son père et son mentor Mor Fadam venus s’enquérir de l’état de son entorse au genou lors de son combat, explique qu’une telle blessure ne le dérange nullement.
Emmitouflé dans un Tee-shirt blanc immaculé et portant un short bleu, en Jean, laissant entrevoir un objet servant à fixer son pied droit qu’il boitille, il en a profité pour lancer un message à Ama Baldé. Une manière de lui dire que sa blessure au genou ne va pas l’empêcher de s’entraîner en perspective de leur confrontation en avril prochain.

Votre blessure au genou ne vous a-t-il pas empêché de dormir après votre victoire face à Bazooka ?
Je n’ai senti aucune douleur. J’ai bien dormi et je me suis réveillé dans d’excellentes conditions. Je trouve que c’est une blessure minime par rapport à celles qui se sont révélées plus graves et que j’ai contractées aux entraînements. J’ai été victime de plusieurs blessures que je me suis gardé de révéler à la presse. D’ailleurs, les membres de mon staff technique  m’avaient  conseillé  d’introduire une demande pour reporter le combat. Je m’y suis opposé en disant qu’il fallait que je remplisse mon contrat vis-à-vis du promoteur. Il fallait que je livre ce combat, même s’il fallait y laisser ma vie. Les choses pouvaient empirer, mais Dieu a fait que j’en suis sorti avec une petite blessure au genou droit.

Vous semblez cautionner que votre  blessure remonte avant le combat ? 

Pour cette blessure au genou, il faut souligner que je l’ai contractée au cours du combat. C’est lorsque Bazooka a cherché à me faire un croc en jambe qui m’a un peu déséquilibré, que ce dernier a fait reposer tout son poids sur ma jambe qui s’est plié. C’est dans ces circonstances que j’en suis sorti avec une blessure au genou. Lorsque je me suis levé, j’ai entendu un bruit venant de ma jambe. A l’arrivée il n’y a eu qu’un déboîtement de mon genou gauche. Les sapeurs-pompiers m’ont transporté chez les médecins de l’Hôpital général de Grand-Yoff (ex-Cto) qui m’ont rassuré qu’il n’y avait rien de grave. J’espère donc guérir le plus rapidement possible. Les médecins n’ont immobilisé mon pied que pour quelque temps. C’est vous dire qu’il n’y a rien de grave. Je dois repasser aujourd’hui (hier) à l’hôpital pour une nouvelle radiographie.

Est-ce que les arbitres ont voulu se rassurer en vous demandant de détacher les bandeaux au niveau de vos jambes avant le combat ?
Les arbitres n’ont pas apprécié que je porte des bandages autour des tibias. C’est pourquoi, je me suis exécuté à les défaire. Il faut savoir que porter des bandages fait partie de mon look. A chacun son look (rire).

Pour en revenir au combat, on a constaté que vous avez eu des difficultés à user de votre simpi. Vous poussant à battre votre adversaire par une autre technique

J’ai dit à mes amis que le simpi n’est plus d’actualité. En un mot, j’ai tourné la page du simpi. J’avais promis lors de la signature du contrat, de révéler une autre technique que j’ai dans mon besace. J’ai tenu promesse. Je me suis bien entraîné à cela. J’ai démontré que j’ai une panoplie de techniques dans mon registre.

Pourquoi n’avoir pas pris l’option de résumer rapidement le combat, d’autant que vous vous réclamez être plus jeune et disposant de plus de force que votre adversaire ? 

Le combat a duré parce que Bazooka n’a pas voulu se livrer. Je ne pouvais pas prendre le risque d’en finir le plus rapidement possible, du fait que mon adversaire avait plus de poids que moi. J’avais diminué mon poids jusqu’à 112 kilos pour acquérir une certaine rapidité d’exécution. Je n’ai pas voulu vendanger mon combat. Je n’ai pas voulu tomber dans son piège en lui laissant l’opportunité de faire reposer son poids sur moi. C’est comme cela qu’il avait l’habitude de battre ses adversaires. Je lui ai laissé tout mon poids pour qu’il manœuvre, mais rien n’y fit. Au coup de sifflet de l’arbitre, Bazooka a enchaîné par un double crochet gauche-droite, je l’ai contenu. Il s’est gourré en croyant que le rapport de force allait lui être favorable. Il a vite fait de déchanter en s’accrochant à moi. Bazooka a plus de poids que moi, mais j’ai plus de force que lui. Je soulève des disques de 700 kg. Si vous voulez une confirmation, allons sur le toit de ma maison. Vous y verrez les haltères dont je vous parle. Un lutteur qui s’aventure à les soulever aura des problèmes au niveau de ses pieds.

Comment appréhendez votre prochaine sortie face à Ama Baldé ? 

Il nous reste six mois avant de livrer ce combat. Je le prépare dans les mêmes dispositions d’esprit que celui face à Bazooka. Je prie que la victoire me revienne face à Ama Baldé, à l’image de ma bonne entame de saison.

Votre prochain adversaire, Ama Baldé semble être d’un cran au-dessus de celui que vous venez de gagner dimanche ? 

Il n’y a aucun lutteur qui puisse m’impressionner. Tous les adversaires sont d’égale valeur chez moi. Je suis né avec l’âme d’un guerrier. Une fois que je finis d’en découdre avec Ama Baldé, un autre combat m’attend, parce que j’ai paraphé trois contrats cette saison. Et je prie Dieu de gagner tous mes combats de cette saison.

Cette blessure ne risque-t-elle pas de perturber votre planning de préparation en perspective de votre prochain combat ?

Cette blessure ne me perturbe en rien mon plan de préparation, dans l’optique de ma prochaine sortie face à Ama Baldé. Je vais vous surprendre en vous révélant que malgré cette blessure, je me suis entraîné hier nuit (dimanche soir) à la salle de musculation que je me suis aménagé sur le toit de ma maison. Les gens de mon entourage ont cherché à m’en dissuader. C’est vous dire que cette blessure ne m’handicape en rien. La lutte est un sport de contact  et les risques de blessure sont énormes. Avant de terminer, je tiens à souligner que cette victoire ne va pas me pousser à dire que je suis plus fort que Bazooka. Dieu a décidé que je prenne le dessus sur lui. Je le considère comme un grand frère. Si j’arrive à récupérer complétement de ma blessure, je compte aller lui rendre visite ou à défaut discuter avec lui par téléphone.

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Ça risque de tonner, ce dimanche, pour les trois coups de lancement de la saison de lutte 2011-2012, au stade Demba Diop. Gouy-gui, la fougue saillante, va tenter de neutraliser l’expérimenté Bazooka. Une confrontation explosive entre deux lutteurs désireux de se faire une place dans la cour des grands à l’occasion de la 10ème édition du drapeau du MDES (Mouvement des Entreprises du Sénégal).

 


Ça crache du feu au grand bonheur de Bazooka de Mbour Montagne ou ça déracine le lance-roquettes pour la gloire de l’École de Lutte Mor Fadam dont Gouy-Gui est pensionnaire ? Pour donner le tempo de la nouvelle saison de lutte, le promoteur Serigne Modou Niang a voulu placer la barre très haut. Bazooka est un lutteur à surveiller de très près car étant très outillé au plan technique. A la lumière de ses dernières sorties, surtout sa victoire sur Tapha Tine, il apparaît comme un lutteur dont il faut se méfier. Il a les membres assez longs pour causer d’énormes difficultés à ses adversaires. Le sociétaire de Mbour Montagne a bouclé la saison écoulée par une victoire face à Bruce Lee. Dans un premier temps, c’est son vis-à-vis, pensionnaire de Fass, qui avait été déclaré vainqueur à l’issue du combat. Mais un recours au niveau du CNG a permis au lutteur mbourois d’être rétabli dans ses droits. Lors de leur premier face-à-face, Bazooka a été trop calme, laissant entendre qu’il n’avait rien de particulier à dire à son adversaire. Il s’est contenté de lui signifier qu’il attendait le jour du combat pour montrer de quel bois il se chauffe et qu’il est prêt sur tous les plans.

Gouy Gui, connu comme quelqu’un de très fougueux, aime abréger ses combats. Mais celui-ci est très dangereux pour lui. Il est connu pour son « Simpi » mais devra changer de stratégie contre Bazooka qui sera très difficile à soulever. Ce combat est très important pour le sociétaire de l’école de lutte Mor Fadam qui veut rattraper le temps perdu. Même si Gouy Gui, la saison dernière, a enregistré une défaite face à Zoss, il s’est relancé en fin de saison devant Amanekh.

Le roi du « Simpi » est d’avis qu’il ne laissera aucune chance à Bazooka et qu’il prépare sérieusement cette confrontation. Il compte battre, de façon incontestable, le lutteur de Mbour avant de s’envoler pour l’Europe pour les besoins des préparatifs de son autre combat face à Ama Baldé. Le combat promet beaucoup et risque de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

 

Entre autres combats lors de cette 10ème édition:

 

An 2000 (JAP)-Saloum Saloum (Saku Xam Xam)

Cartouche (Door Doorat)-Sococim (ELBG)

Building (Saku Xam Xam)-Boy Remorque (ELBG)

Tyson 2 (Boul Falé)-Colonel Sagna (Dialy Birama Thior)

Cobra (Pikine Mbollo)-Mobil (Grand-Yoff Mbollo).

 

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Après la guerre médiatique et l’audition des différents acteurs, le duel entre Gaston Mbengue et Luc Nicolaï relatif à l’organisation du combat de lutte devant opposer Eumeu Sène à Modou Lô, place a été faite ce mercredi aux tentatives de médiation. Les deux promoteurs et leurs avocats se sont retrouvés au Commissariat central pour arrondir les angles. Résultat : chaque promoteur aura sa date. Mais Gaston Mbengue perd l’affiche qui fait tant courir.

 

« En janvier, Eumeu Sène va combattre pour le compte de Gaston Mbengue avec n’importe quel adversaire à l’exception de Modou Lô. Ce n’est qu’après le combat Yékini/Balla Gaye qui est en train d’être ficelé pour le mois d’avril qu’Eumeu Sène affrontera Modou Lô  », a expliqué, ce mercredi 7 septembre, Me Baboucar Cissé au sortir du commissariat central.

A l’en croire, le pensionnaire de l’écurie Buul Faalé a donné son accord sur une telle proposition. Toutefois, précise Me Cissé, le lieutenant de Tyson a demandé au promoteur Luc Nicolaï de revoir à la hausse le cachet qui est fixé à 90 millions de francs Cfa, en cas de victoire.

Ce qu’il faut retenir de cette médiation, c’est le choc Eumeu Sène-Modou Lô n’aura pas lieu en janvier et ne sera pas organisé par Gaston Mbengue. A ce propos, renseigne le patron de Gaston productions, « Eumeu Sène luttera en janvier, mais je suis en train de lui trouver un adversaire. Tous les lutteurs se valent  ». Et Gaston Mbengue d’ajouter avec ironie : « En avril peut-être, Eumeu Sène pourra lutter pour le compte de Luc qui a un contrat moral  ».

A l’en croire, le numéro deux de Buul Faalé n’est pas d’accord avec cette proposition. «  Eumeu n’est pas encore d’accord, mais je ferais tout pour le convaincre  », assure Gaston Mbengue.

En tout cas, tout sera tiré au clair avec une nouvelle rencontre prévue ce jeudi à 11heures, au commissariat Central. La discussion tournera autour de la révision du cachet de 90 millions qu’Eumeu Sène avait signé avec Luc Nicolaï par l’intermédiaire du nommé Atta, secrétaire administratif de l’écurie Buul Faalé.

D’ailleurs, le bras de fer entre Gaston Mbengue et Luc Nicolaï résulte de ce contrat. Eumeu Sène nie avoir mandaté Atta et soutient avoir signé avec Gaston Mbengue pour une affiche devant l’opposer à Modou Lô.

L’affaire a fini entre les mains de la Sûreté urbaine de Dakar car Luc Nicolaï a porté plainte pour escroquerie. Et c’est en vue d’arrondir les angles qu’une médiation a été initiée par l’ancien reporter de lutte à la Rts1, Samba Mangane. Cela sous la houlette du commissaire Arona Sy qui a laissé entendre que le rôle de la police ne se limite pas à la répression.

A noter qu’Eumeu Sène et Atta ont participé à ces négociations. Il y avait également le Colonel Thioune, le vice-président des managers, l’animateur Bécaye Mbaye ainsi que les avocats des deux promoteurs.

nettali.net

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L’école de lutte Balla Gaye n’était pas la seule à recevoir une offre d’audience avec le président de la République, Abdoulaye Wade. Rock Energie aurait été saisie aussi. Contrairement à Balla Gaye 2, Modou Lo avait décliné poliment pour éviter de basculer dans la politique. Flairant une récupération politique et la manipulation qui pourrait être fait de cette rencontre avec le chef de l’Etat a refusé de répondre aux tractations énormes des affidés d’Abdoulaye Wade.
Et pourtant, selon l’Observateur, c’est un grand ami du Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye qui lui aurait offert un véhicule 4 X 4. Un responsable de l’écurie des Parcelles assainies joint par nos confrères d’expliquer : «On nous avait sollicités pour faire la même chose, le même projet soumis à l’école de lutte Balla Gaye, mais nous avons refusé pour ne pas tomber dans le piège des hommes politiques».
Il faut faire remarquer que Rock Energie n’est plus actuellement la seule écurie réticente à rencontre le président de la République. Les péripéties qui ont suivi l’audience de l’école de lutte Balla Gaye avec Abdoulaye Wade et qui ont plongé cette écurie dans une profonde crise avec des démissions en cascade, des déballages et défenestrations en série ont dissuadé beaucoup d’autres lutteurs. «Boul falé» de Pikine, Fass, Ndakarou, Ecole de lutte Manga 2, Walo entre autres sont dans le collimateur du palais mais certains de leurs responsables évitent le sujet pour que leur écurie ne vogue pas vers l’éclatement.

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«Je suis noir mais je n’aime pas le manioc», dit Gaston Kelman. Peut-on paraphraser l’écrivain franco-camerounais et dire: «Je suis sénégalais, mais je n’aime pas la lutte?» De plus en plus de voix s’élèvent contre la tournure violente dans laquelle s’enlise un sport qui, à ses débuts, n’était qu’un jeu. Il ne connaissait pas encore les coups de poings et la violence sociétale qui le régit de nos jours.
La lutte sénégalaise avec frappe n’intéresse pas que les jeunes de 7 à 77 ans. A peine descendu du berceau, le jeune Sénégalais se trémousse déjà au son des «bakk», fameux pas de danse des différentes vedettes de la lutte. Le président sénégalais Abdoulaye Wade, 85 ans, n’est pas en reste. Il ne rate aucune occasion de recevoir, au palais présidentiel, les acteurs de la lutte. Plus par opportunisme politique sans doute que par la passion que nourrissait pour ce sport un certain Gnassinbé Eyadema (L’ex président du Togo).

Plus de 72 heures après la confrontation entre les deux mastodontes Mohamed Ndao, alias «Tyson» et Balla Gaye 2 —ponctuée par la victoire magistrale du dernier— ce combat qui a clôturé la saison de lutte a continué de faire la une des quotidiens dakarois.

Rien de vraiment inédit. Le rituel a rythmé les dix mois (73 journées) qu’a duré la saison 2010/2011: malabars torse nu, pagne solidement noué aux reins, bric-à-brac de gris-gris au corps, interminables bains mystiques, chorégraphies majestueuses, pluie de coups de poings, du sang et toujours du sang, chutes par K.-O., bagarres et violences dans et autour de l’arène, public qui exulte…

Les noms des stars de la lutte préfigurent déjà que ce sport est loin d’être un jeu pour enfants de cœur; ils portent les doux sobriquets de Bombardier, Tyson, Yékini, Cactus Ambulance ou encore Tonnerre.

La fièvre de la lutte
Le pays s’enorgueillit de ce sport national appelé lamb en langage vernaculaire. Le combattant a recours au corps à corps pour terrasser son adversaire, mais il peut aussi user des coups pour l’affaiblir ou même gagner par K.-O. C’est parfois une question de secondes. Les cachets grimpent, les grands champions sont payés des dizaines de millions de francs CFA. Les écoles de formation de lutte poussent comme des champignons, les écuries se forment, les promoteurs captent le marché publicitaire. Le pionnier dans le domaine s’appelle Gaston Mbengue. Réplique locale du promoteur américain de boxe, on l’appelle à Dakar le «Don King de l’arène.»

Depuis au moins la belle épopée de l’équipe du Sénégal au Mondial de football de 2002, les champions de lutte ont supplanté les Diouf, Fadiga et Bouba Diop dans le cœur des aficionados. Pour se rendre compte de la popularité de la lutte dans la société sénégalaise, il suffit de constater le temps d’antenne colossal qu’occupe celle-ci dans les différents médias.

Dans les grands-places (lieux publics où se regroupent les gens), les bureaux, les transports ou les marchés, les débats sur la lutte prennent le dessus sur les joutes politiques, autre centre d’intérêt des Sénégalais. Dans les cours de récréation, «les jeux favoris des mômes tournent autour des spectacles de l’arène», constate M. Fall, un directeur d’école élémentaire.

Un sport violent
La lutte compte aussi ses morts. La presse rapporte de temps à autre des cas isolés de supporters ayant rendu l’âme parce que leur cœur n’a pas supporté la victoire ou la défaite de leur idole. Les prolongements du dernier combat de la saison ont fait deux morts à travers le pays, atteints à l’arme blanche au cours de débats passionnés ayant mal tourné.

Et comme pour en rajouter à ce sombre tableau, la presse a fait le compte rendu de scènes aussi inouïes: des viols auraient été commis le soir du 31 juillet, lorsque les partisans de Balla Gaye2 célébraient à son domicile de Guédiawaye (banlieue de Dakar). Les malfrats ont profité de l’obscurité et de la confusion causée par un délestage électrique, comme le Sénégal en connaît une infinité depuis plusieurs mois, pour commettre leur forfait dans la maison même.

On a pu voir dans l’arène, il y a quelques mois, les visages ensanglantés de touristes occidentaux désertant l’arène. Ils ont subi les dégâts collatéraux de heurts entre supporters. La lutte et ses hooligans ne sont pas les meilleurs ambassadeurs pour le tourisme sénégalais. Abdoulaye Wade en personne a joué les sapeurs-pompiers en réconciliant, au palais présidentiel, deux des trois lutteurs sénégalais les plus populaires du moment en leur offrant à l’occasion terrains et espèces sonnantes et trébuchantes.

Le nouveau facteur argent
La lutte traditionnelle sénégalaise est plus qu’un simple sport. C’est aussi du folklore, une culture, du mysticisme et aujourd’hui, de gros enjeux financiers. Depuis les années 20, il a cessé d’être ce jeu dans lequel on ne connaissait pas les coups. Ce qui pousse certains à lui renier, dans sa forme actuelle, le statut de sport traditionnel du Sénégal. Un proverbe wolof ne dit-il pas qu’«un jeu avec des coups n’en est pas un».

L’historien Ousseynou Faye, enseignant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, situe l’irruption de la lutte avec frappe dans les années 20 dans son ouvrage Sport, argent et politique: la lutte libre à Dakar (1800-2000). Une élite coloniale et une bourgeoisie locale en mal de sensations fortes sont passées par là.

Les combattants traînent des masses athlétiques pouvant culminer, à l’image du «roi» Yakhya Diop (dit «Yékini») à plus de 140 kg. Pour devenir et rester le prototype du lutteur, il faut s’entraîner assidûment. Les plages dakaroises sont souvent envahies de ces nuées de garçons au physique de déménageurs. Leur entraînement comprend footing, corps à corps et la fréquentation des salles de musculation —autre phénomène à la mode dans la capitale sénégalaise.

Ces jeunes, attirés par l’argent, considèrent désormais la lutte comme un ascenseur social. L’immigration vers l’Europe n’est plus l’alternative —surtout que les périlleuses odyssées en pirogue constituent presque leur unique espoir de rejoindre le vieux continent.

Mais ils déchantent vite; ils ne sont qu’une poignée de grands champions à pouvoir gagner de gros cachets. La masse doit se contenter des miettes. Certains peuvent même connaître, comme ils disent dans leur jargon, une «année blanche», c’est-à-dire aucun combat dans la saison. Et donc pas de revenu.

Les lutteurs se transforment en vigile ou en gardes du corps. Les mauvaises langues diront qu’ils viendront grossir les rangs de la délinquance. En période électorale, le monde de l’arène constitue un précieux vivier pour les milices des partis politiques. Chacun a sa meute de lutteurs, surtout lorsqu’on est «bien liquide», qu’on a de l’argent. Un tel détournement d’objectif alimente la violence d’une vie politique sénégalaise qui n’est déjà pas un long fleuve tranquille.

Omerta autour du dopage
D’autres lutteurs n’hésitent pas, pour préparer un grand combat, à séjourner en Europe ou aux Etats-Unis. Ils reviennent au bout d’un mois, complètement métamorphosés sur le plan physique. Ce qui ne manque pas d’étonner certains observateurs. Ainsi, le professeur Serigne Mor Mbaye, psychologue, s’offusque contre ce «miracle américain», soutenant que «la constitution physique moyenne de ces lutteurs n’est pas conforme au prototype du nègre sahélien que nous sommes».

Il observe pour s’en offusquer la disproportion physique de nombreux lutteurs:

«La partie supérieure est bien développée, tandis que les membres inférieurs sont semblable à des baguettes», constate-t-il.

Il dénonce l’omerta sur un phénomène de dopage connu de tous. Le Comité national de gestion de la lutte (CNG), organisme auquel l’Etat a octroyé une délégation de pouvoir pour gérer le secteur, ne diligente pour l’instant aucun contrôle antidopage. «Nous ne sommes pas encore outillés pour cela», reconnaît un de ses membres.

Une violence contagieuse
Les coups de poings, mains nues, sans protège-dents, pleuvent. Le lutteur peut à la fois donner des coups et recourir au corps à corps pour terrasser son adversaire. Le professeur Mbaye redoute qu’à long terme, les coups n’entraînent des conséquences graves chez les pratiquants de ce sport, avant de préconiser un retour à notre «lutte traditionnelle magico-fétichiste».

Le public des amateurs de lutte se délecte de ce spectacle violent, voire sanguinolent. La preuve: Ardo est le médecin du CNG chargé de soigner les lutteurs dans l’arène, en particulier quand le sang d’un adversaire gicle. Il décide avec son équipe si le combattant blessé peut, après soins, poursuivre ou non le combat. A force d’interventions, son nom a fini par passer dans le langage commun des Sénégalais: l’expression «amener quelqu’un chez Ardo» signifie le blesser, le battre ou prendre le dessus, dans différents contextes déconnectés de la lutte.

Mais cette violence endémique dans l’arène a fini par contaminer la société. Ce qui fait dire à Serigne Mor Mbaye qu’il y a «comme une sublimation de la violence. Cette dernière excite ces foules écervelées, touchées par la crise». La lutte simple n’est pas encore morte, mais elle ne draine pas foule. Le CNG promet d’assainir le secteur de la lutte avec frappe dès l’ouverture de la prochaine saison. En attendant, elle continue d’enivrer le peuple.

Cheikh Diop
slateafrique

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 L’audience que le président de la République a accordée, jeudi 18 août, aux membres de l’Ecole de lutte Balla Gaye n’en finit pas de soulever des vagues. C’est un véritable malaise qui s’est installé dans l’écurie du « Lion de Guédiawaye ». Et les dénonciations fusent de partout.

 

Vive tension à l’Ecole de lutte Balla Gaye. A Guédiawaye, fief du vainqueur de Mouhamed Ndao Tyson, ils sont de plus en plus nombreux à s’offusquer de la tournure prise par l’audience entre le Président Abdoulaye Wade et les membres de l’écurie que dirige Balla Gaye 1. Audience au cours de laquelle, Wade aurait promis 50 millions, un 4X4, deux L200, un car minibus pour le compte de l’Ecole de lutte Balla Gaye. Non sans promettre un centre d’entraînement à Guédiawaye. Suffisant alors pour que Balla Gaye 1 promette de s’activer pour le succès de la candidature de Wade à la présidentielle de 2012.

Chargé de la communication de l’Ecole de lutte Balla Gaye 2, Moustapha Wade dénonce « un discours politique qui n’engage que son auteur ». Non sans préciser qu’aucun responsable n’a le droit de politiser l’Ecole de lutte qui, d’après lui, appartient à tout Guédiawaye.

Ces propos sont confirmés par Alioune Diaw qui est, lui, porte-parole de l’Ecole de lutte Balla Gaye. D’ailleurs, il met en garde ceux qui veulent, selon lui, politiser leur écurie. « L’homme fort demeure toujours Malick Gakou qui est le président d’honneur de notre école de lutte. Quand on était dans les moments des vaches maigres, on ne voyait personne. Seul Malick Gakou (numéro deux de l’Alliance des forces de progrès et Président du Conseil régional de Dakar) nous venait en aide », rappelle Alioune Diaw. Non sans rappeler à Balla Gaye 1 que Malick Gakou a été le premier à l’amener à La Mecque.

En fait, le malaise au sein de l’Ecole de lutte Balla Gaye semble être né de divergences dues à la couleur politique des principaux responsables. Si Balla Gaye 1 dit aujourd’hui se battre pour la réélection de Wade parce que convaincu par le colonel Malick Cissé qui l’a amené au palais, d’autres restent fidèles au président d’honneur de l’Ecole, El hadji Malick Gakou qui appartient, lui, à l’Alliance des forces de progrès (Afp) de Moustapha Niasse. Et c’est Balla Gaye 2 qui risque d’en pâtir, lui qui a besoin de sérénité pour préparer son combat contre le « roi » des arènes Yakhya Diop Yekini. D’autant que la famille de Balla Gaye 2, notamment son père Double Less, risque d’entrer dans le conflit.

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Alors qu’il se trouvait dans une position offensive et menait la danse, lors de son combat contre Mohamed Ndao Tyson, Balla Gaye 2 se trouve cette fois ci dans la position de celui qui doit réagir face aux attaques de Yékini, considéré comme le lutteur qui domine l’arène. Balla Gaye 2 qui réagissait dans le journal l’Observateur de mercredi, a promis de riposter contre les propos de son futur adversaire.

 

« Que les marabouts de Balla Gaye II se tiennent prêts, ils n’ont pas encore de lutteur pour me terrasser », avait déclaré jeudi, en conférence de presse, Yahya Diop Yékini qui se faisait appeler «  Khalife général des lutteurs  ». Des propos qui ont non seulement irrité les marabouts de Balla Gaye 2 qui n’ont pas manqué de faire dans la menace, mais qui ont aussi piqué au vif, le fils de Double Less. Ce dernier a en effet promis de répondre « mot pour mot » à l’enfant de Bassoul. Même son père Double Less est rentré dans la bataille de la communication et a promis une réponse de son fils dans les mêmes formes, c’est-à-dire face à la presse.

A noter que Yékini, lors de sa conférence de presse de jeudi avait déclaré être prêt à affronter le jeune lutteur. Il avait même prévenu les journalistes de ne pas le critiquer le jour où il se déclarerait pas prêt, alors que Balla Gaye 2 voudrait du combat. Une manière sans doute de forcer la main au vainqueur de Tyson et de le pousser au combat, puisqu’estimait-il, c’est Balla Gaye 2 qui a quelque chose à perdre en ne le rencontrant pas, que le contraire.

Une bataille verbale qui augure en tout cas d’un âpre affrontement par voie de presse et qui annonce un combat intéressant à venir, au mois de janvier.

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Le champion de lutte Balla Gaye 2 a été reçu par le chanteur Youssou Ndour, Président-directeur général du groupe de presse «Futurs Médias», au lendemain de sa victoire sur Mohamed Ndao Tyson. L’audience s’est déroulée en présence de Thierno Ndiaye, membre de l’encadrement du fils de Double Less. Au cours de cette rencontre, le chanteur a confié à Balla : «My boy, reste à l’écoute, je vais organiser ton combat avec Yékini». A y voir de plus près, nous avons l’impression que le chanteur voulait organiser ce combat, lui-même. D’autres pensent qu’il devait s’allier avec Gaston Mbengue pour sceller ce combat. Finalement, Balla Gaye qui veut être millionnaire dans la lutte a préféré les 175 millions de Fcfa de Luc Nicolaï aux 100 millions de Gaston Mbengue.

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La promesse faite par le Chef de l’Etat d’injecter 2 milliards dans la lutte s’est concrétisée avec le lancement, hier lundi 15 août, de la mutuelle de crédit des lutteurs, lors de l’Assemblée générale constitutive organisée au salon d’honneur du stade Léopold Senghor. C’était en présence de Serigne Mbacké Ndiaye, ministre conseiller du président de la République et de toutes les composantes de la lutte. Cette  mutuelle est accompagnée d’un programme  de logements sociaux toujours destinés aux acteurs de la lutte.

Le projet de mutuelle proposé  il y a quatre mois par le Chef de l’Etat aux lutteurs est entrée dans sa phase active,  avec l’Assemblée constitutive organisée hier, lundi 15 août, au salon d’honneur du stade Léopold Senghor par l’association des  lutteurs professionnelles. Le Chef de l’Etat a injecté une enveloppe de deux milliards de Francs Cfa pour le démarrage de cette mutuelle destinée aux lutteurs mais élargie à toutes les composantes de la lutte allant des licenciés, aux ménagers  en passant par les anciennes gloires, promoteurs ou encore communicateurs traditionnels.  Cet outil  permet à chaque lutteur ou encore les écuries en tant que personnes morales, de souscrire à hauteur de 5000 Francs afin de bénéficier des crédits.  L’ouverture de cette mutuelle sera ainsi  accompagné par un programme de logements sociaux   appelé  « un lutteur un toit » confié au groupe Namora.  Il permet aux acteurs de la lutte d’acquérir des parcelles et puis de disposer des logements.

A  l’exception du Cng qui a brillé par son absence à cette cérémonie,  les  acteurs de la lutte dans leurs différentes composantes,  ont tous salué cette initiative du Chef de l’Etat. «  C’est un grand pas qui vient d’être franchi dans l’arène à travers cette mutuelle. L’idée a été lancée il y a quatre mois. Le chef de l’Etat a mis aujourd’hui 2 milliards pour la lutte et d’ici deux semaines nous pourrons disposer  de ces fonds et  commencer le travail»,  se félicite Boy Kairé, président de l’Association des lutteurs. «Le Chef de l’Etat à voulu mettre en place cette mutuelle pour permettre aux lutteurs de financer leurs activités génératrices de revenus, ensuite de leur permettre d’avoir un toit. Le troisième volet de cette mutuelle est le volet assurance pour permettre  aux lutteurs de se soigner et de soigner leurs familles ». Voilà l’objectif qui est assigné à cette mutuelle en espérant qu’elle soit la mutuelle la plus performante de ce pays. C’est un outil qui vous permettra d’être autonome et de résorber le chômage », déclare Serigne Mbacké Ndiaye, ministre conseiller du président de la République.

Après avoir exposé les  modalités d’adhésion et des conditions de prêts, Mme Koniaré Touré, consultante du crédit, le bureau dirigeant composé de 21 membres a été constitué. Il est composé du Khadim Gadiaga  (président du conseil d’administration),  Pape Diop (vice  président),  Meissa Diaw dit Boy Kaïré (président du comité de crédit mutuel),  de Birame Diop ( Président du comité de surveillance) de Serigne Assane Touré (Secrétaire général)  et des membres.

LES CHRONIQUES DE XALIMA

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