En perspective des élections législatives du 30 juillet prochain, dix partis politiques de l’opposition ont annoncé le 04 mai 2017 s’engager dans la mise en place d’une liste unique sous le nom de la coalition Mankoo Taxawu Sénégal. Si cette ambition se concrétise, les électeurs seront amenés à départager deux grands blocs politiques (majorité et opposition) dans la course pour le contrôle de l’Assemblée nationale. Pour le faire, ils auront indubitablement besoin de connaitre les programmes, les têtes de listes départementaux et surtout la tête de liste nationale de chaque bloc. Cette dernière, dans les démocraties avancées, est pressentie à la Primature en cas de victoire. Elle demeure encore inconnue pour la coalition MTS. Par contre, des rumeurs citent Abdoulaye Wade, ancien président de la République défait en 2012 et secrétaire général national du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Il ne semblait par fermer la porte d’une candidature à la prochaine législature si on se réfère à son message délivré au Consulat du Sénégal à Paris alors qu’il était venu s’inscrire sur les listes électorales. De toutes les façons, l’idée est largement commentée, soit rejetée, soit défendue avec parfois une certainement légèreté. Cette idée qui, à mon sens, relève d’une vue de l’esprit ne me semble pas tenable au regard de la situation politique actuelle inquiétante et des ambitions affichées par MTS ?
La coalition MTS a laissé apparaître une ferme volonté de gagner les législatives et de former un gouvernement de redressement du pays. Cela suppose un projet de société à la hauteur des ambitions et des enjeux politiques et économiques de notre pays. C’est pourquoi le casting pour la tête de liste de cette coalition revient à choisir le potentiel futur Premier ministre du Sénégal. Dés lors, la rigueur dans la définition des conditions d’éligibilité prend tout son sens. Le choix doit être soustrait des émotions des uns, des calculs politiciens des autres ou des petits arrangements sous l’ombre d’un consensus entre acteurs. Pour ma part, la femme ou l’homme qui aura l’honneur et la lourde responsabilité de conduire la compagne de la coalition MTS doit montrer de réelles ambitions politiques et gouvernementales futures, avoir un solide ancrage politique local ou être membre d’un des plus grands mouvements ou partis politiques de la coalition et faire preuve d’une expérience parlementaire ou gouvernementale confirmée. Le choix de cette personnalité de l’opposition doit aussi satisfaire la demande de la transition générationnelle formulée par une partie du peuple.
A l’aune de ces conditions, le président Wade est clairement disqualifié parce qu’il n’est plus de la nouvelle génération et n’a plus d’ambition politique personnelle. Après plus de 40 ans de vie politique, marqués essentiellement par des luttes de conquêtes démocratiques et l’exercice du pouvoir avec des résultats globalement satisfaisants, il est temps qu’il jouisse de ses droits à la retraite politique. Choisir le président Wade c’est amener certains de nos compatriotes à s’interroger sur ses réelles motivations, d’autres y verront, à tort ou à raison, l’image de Karim Wade, pour qui son père garderait une place le temps de son « retour ». Le président Abdoulaye Wade à la tête de MTS serait aussi interprété comme un manque de courage des leaders qui auraient besoin d’un tuteur pour affronter la majorité. Leur carrure d’homme d’état et leurs responsabilités seront mises en rudes épreuves par des populations de plus en plus exigeantes. Beaucoup d’électeurs et de militants des partis membres se détourneront de ce choix. Il s’y ajoute, qu’en cas de cohabitation, le conflit entre le président Macky Sall et la tête de liste de la coalition MTS serait plus violent et permanent s’il s’agit du président Wade.
Il faut donc oser définitivement laisser le Président Abdoulaye Wade au repos. Il ne peut et ne doit pas diriger la liste nationale de la coalition MTS. Dans le but de dissiper toute tentative de manipulation par la majorité, la coalition MTS doit en faire une communication claire et sans ambiguïté.

Dr Serigne Nd Dieng
Membre du Leketbi Paris de LDR/Yesaal

PARTAGER

1 Commentaire

  1. Trespertinente analyse.En outre, Vieux Ndiombor pourrait très bien se servira de cette coalition pour rouler tout ce monde dans la farine le moment venu, très rusé, mû par une seule obsession : la dévolution monarchique du pouvoir

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here