Une contribution d’Elhadji Abdoul Aziz Guèye, Consultant.
Déjà, l’année 2017 a été proclamée «Année Internationale du Tourisme durable pour le Développement» par l’ONU dont l’Organisation Mondiale du Tourisme, OMT, initiatrice de la Journée Mondiale fait partie du système.
C’est dire qu’au-delà de la seule journée de ce 27, la problématique de la durabilité s’avère,_quoique de manière ponctuelle,_centrale et dans la conception et dans la pratique du tourisme.
A la bonne heure, serait-on tenté de dire.
Son caractère fondamentalement transversal fait du tourisme un secteur absolûment complexe qui n’a pas usurpé sa réputation d’agir comme le feu qui peut aussi bien faire bouillir votre marmite qu’incendier votre maison.
Toutefois, en tant que puissant vecteur de changement social, le tourisme, sain, bien pensé et bien guidé, peut se révéler un important facteur de développement. Un développement à visage humain. Un tel développement va au-delà des seuls indicateurs de quantité d’un économisme béat, pour prendre en compte d’autres facteurs qualitatifs.
Un développemnt durable.
Et justement, en fait de durabilité, le Sénégal, dès le milieu des années 70,
a expérimenté le Tourisme Rural Intégré en Basse Casamance.
D’autres expériences de tourisme dit solidaire suivirent, surtout sur la Grande Côte et dans les Iles du Delta du Saloum.
Autant de formes de tourisme à caractère durable avéré, dont s’inspirèrent d’autres pays du Continent Africain.
Cela témoigne de la conscience qu’un tourisme durable ne pourrait prospèrer que dans une perspective de développemnt durable.
Voilà le défi à relever. Un défi d’autant plus coriace que le dérèglement climatique à l’échelle de la planète transforme radicalement l’Environnement en impactant pratiquement tous les écosystèmes.
A ce propos cependant, des jalons ont été posés, portant la marque du souci de préservation de cet environnement menacé. Entres autres initiatives louables, on peut noter les Eco Villages et la Grande Muraille Verte.
De même, intervenue tout récemment, l’adhésion du Sénégal au Pacte Mondial pour l’Environnement est à saluer.
Toujours est-il qu’il nous faudra beaucoup plus que de belles initiatives pour sauver le tourisme.
Au Sénégal, grand pays de tourisme et de culture, les zones touristiques majeures, à savoir les Iles du Saloum, Dakar, Saint-Louis, la Petite Côte et la Casamance (Cap Skiring), se trouvent sur le littoral dont l’écosystème est dangereusement menacé par une importante érosion côtière, conséquence terrible de l’avancée (minimum un mètre par an) de la mer.
Alors, avant de penser le tourisme dans sa durabilité, l’impératif devient de réfléchir à son existence même, à sa survie: dans le présent contexte, les populations des zones touristiques sont en alerte rouge, les opérateurs dans le désarroi.
Dans la perspective d’assurer la survie au tourisme, des actions énergiques et concertées sont requises.
Lesquelles seront à accompagner d’ une conscientisation visant à la promotion de la salubrité partout. Les situations d’insalubrité, souvent aggravée par les inondations, abondent, surtout dans les zones touristiques; à Saint-Louis (Goxu Mbaac, Jàmmi Naar, Pikin), à Thiès (Fandeen), Dakar (tout autour du bassin de rétention transformé en dépotoir d’ordures), à Kaolack, etc.
Relevons donc le défi de la survie du tourisme d’abord.
Ensuite, la mort de l’insalubrité nous aidera à penser durabilité.
Elhadji Abdoul Aziz Guèye, Consultant

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