XALIMANEWS- Le lieu respire l’ordre des jours de visite solennelle. Au Tribunal de Commerce Hors Classe de Dakar, sis dans un endroit décent de la capitale, l’ambiance présage de l’importance de la tâche. Dans ces lieux, le président reçoit, en ce jour, une équipe de l’Apix pour une réunion de préparation des plans et orientations du très prestigieux Doing business lequel est, désormais, lié à la légende de cette instance pour avoir pu compter sur son bon fonctionnement et propulser le Sénégal à un rang honorable lors du dernier challenge.



Fraîchement créée en 2018, elle est mise sur orbite grâce à un chiffre qui tourne autour 6600 décisions rendues lors de la dernière année judiciaire. Point de secret pour ce colosse professionnel qui fut secrétaire général au ministère de la Justice et qui a suivi l’évolution des choses pour la création par décret N°2017-24 en date du 28 juin 2017 de ce tribunal qui traite, spécifiquement, de contentieux commerciales notamment entre les personnes morales, institutions, entreprises et opérateurs économiques.
Pour lui, le démarrage officiel des activités constitue l’aboutissement d’un long processus et qui va contribuer à une meilleure prise en charge des litiges commerciaux afin de sécuriser les investissements nationaux et internationaux. Cela devrait enfin garantir un climat des affaires favorable aux investissements tel que prévu dans la loi.
« Cela a été défi pour nous tous qui travaillons ici en tant que magistrats de montrer une autre facette de la justice, d’ailleurs telle qu’elle doit se présenter aux populations. Nous représentons l’Etat de droit et surtout l’ensemble de la corporation et nous nous battons tous les jours pour que le droit soit dit », explique-t-il pour, dit-il, lever toute équivoque sur de prétendus avantages qu’il aurait en qualité de Président d’un tribunal spécial.
Et c’est tout haut ! Ses collaborateurs, qui trônent fièrement à ses côtés, n’en diront pas moins. Leur serment est commun. Servir sans rien attendre de retour. Ou plutôt leur mission n’a qu’un seul prix : L’engagement pris au service de la nation. « J’ai le même salaire que mes autres collègues magistrats qui n’ont aucune fonction », confie le président dans un brin de fierté.
D’ailleurs c’est le moment de soulever un point important, précise l’administrateur, il n’existe point de budget d’installation, ni de fonctionnement encore moins d’avantages pour les fonctionnaires qui sont nombreux à vouloir partir après avoir, fièrement, porté le flambeau tout haut en relevant, principalement, le défi des lenteurs administratives, au moins pendant deux ans. « Nous n’avons pas le moindre avantage. Et c’est le lieu de dire qu’ici tout fonctionne et se traite en temps réel grâce à notre conviction première et notre passion. On fait fonctionner, nous-mêmes, les choses et sortons de nos poches pour des dépenses qui devaient incomber à l’Etat du Sénégal. Nous ne perdons rien, en retour, nous gagnons pour avoir été, maintes fois, senti la fierté replacer l’énergie des éternelles heures de travail », révèle t-il en soulignant, par ailleurs, qu’ils ont certainement les journées les plus longues de toute la hiérarchie.
D’arrache-pied, dans un environnement dénoué d’un presque-tout, sans le moindre logistique apparent, le Tribunal de Commerce de Dakar a été cité pour référence, au moment où on a sorti les chiffres ayant permis de constater le grand bond provoqué par le « choix » du président et compagnons.
Jamais un tribunal n’a rendu autant de décisions en une année. Y a-t-il des dessous derrière une telle motivation, une telle performance ?
« Mais non ! », Osa tout de suite le Président de chambre. Il débite le maitre mot partagé avec ses collègues et qui semble être respecté, scrupuleusement, par chacun des magistrats et personnels. « Heureusement pour nous ! Nous avons choisi de faire les choses. Il s’agit d’un choix, celui de respecter notre serment. Je peux vous assurer que personne n’a jamais reçu de cadeau ici. Nous ne traitons pas les noms sur les dossiers, ils sont tous des justiciables à nos yeux, nous traitons les contentieux tels qu’ils se présentent à nous. Et nous condamnons tout le monde s’il y a lieu de le faire », avise-t-il. Et gare à celui se présente pour d’autres intentions.
« Il nous est arrivé ailleurs de rendre vertement une décision à l’encontre d’un ministère. Personne ose venir nous contester, peut-être bien dans d’autres circuits mais pas en ce lieu », confie-t-il avec conviction.
A ce stade, pour mieux asseoir son « règne », le Tribunal de Commerce, malgré ses faibles moyens logistiques, s’est fait un point d’honneur de publier toutes les décisions rendues. « Figurez-vous, on publie tout le jour-même », explique encore le Président de chambre. Comme pour dire qu’il ne s’agit point de déroger, sur ce point non plus, à la règle qui voudrait que tout soit transparent.
Un site internet, mis à jour puis un rapport brandi qui montre un questionnaire avec des réponses dans l’anonymat. Un document qui a été conçu…par les magistrats eux-mêmes pour tenter de débusquer un cas de corruption ne serait-ce que sur un seul agent. Un questionnaire qui est allé loin et est revenu sans aucune fausse note. De quoi être plus que jamais fier pour le Président. « Je pourrais mourir tranquille car je sais que je serai aussi jugé un jour par le seul Juge », dira-t-il, ému.

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