Le trouble érectile, ce mal que tous les hommes ont honte d’avouer n’est pourtant pas une fatalité. Devenu le cauchemar des hommes, le trouble érectile, différent de la stérilité ou encore de l’éjaculation précoce, n’est pourtant pas une maladie; il peut venir de problèmes physique ou psychologique. On peut donc le guérir, avec des traitements adéquats.
C’est la grande honte chez les hommes. La confiance en soi baisse, le stress monte et le manque de concentration s’installe. Le trouble érectile constitue le cauchemar des hommes, surtout que le mal a pris des proportions inquiétantes. O. Ndiaye, commerçant de 25 ans, en a perdu lui le sommeil. «Tout a commencé quand j’avais 18 ans. J’ai commencé à me réveiller sans érection. Ensuite, j’ai senti que je n’étais pas normal. J’ai voulu essayer avec des filles, mais cela n’a pas marché. Je ne dormais plus et je pleurais seul tout le temps. Je pense au mariage, mais c’est impossible», confesse O. Ndiaye trouvé chez le tradithérapeute Serigne Lamine Bara Fall qui a pignon sur rue à Guédiawaye.
Le trouble de l’érection, c’est l’impossibilité pour un homme d’obtenir une érection assez suffisante, ou assez rigide pour pouvoir avoir une pénétration et réaliser une relation sexuelle avec sa partenaire. Ainsi, les hommes atteints par ce mal ne parviennent pas à avoir une érection suffisante ou à maintenir l’érection lors des rapports sexuels. Si ces troubles surviennent de façon répétée, on parle de «dysfonctionnement érectile». Le diagnostic de dysfonction érectile est posé lorsque des troubles de l’érection se manifestent régulièrement.
Sexologue à l’hôpital de Grand-Yoff, le docteur Jeanne Diaw dessine le mal à travers trois manifestations : une érection molle, une érection instable, «qui vient et part au cours du rapport sexuel» ou une absence totale d’érection. «Ni érection nocturne, ni érection matinale encore moins pendant qu’on se masturbe. Rien», dit-elle. «En fait, un homme a des difficultés à avoir une érection quand cela bloque au niveau de l’excitation sexuelle. Il faut simplement se demander ce qui l’excitait et ce qui l’excite le plus. Mais aussi, savoir par quoi son cerveau est occupé et qui fait qu’il ne peut plus avoir une excitation sexuelle», explique la sexologue. Le cas est plus grave quand certaines maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle ou le cancer interfèrent. Avec les effets secondaires des médicaments, des troubles érectiles peuvent survenir. «Chez un sujet jeune, il est important de le signaler. Mais pour les hommes d’un certain âge, avoir une érection insuffisante ou pas d’érection du tout, rendant les rapports sexuels difficiles, n’a rien de catastrophique. Une fois la cinquantaine entamée, il faut toujours faire des analyses annuelles pour surveiller son taux de sucre, son taux de cholestérol et avoir une maîtrise de sa vie sexuelle», suggère le docteur Diaw.
Tradithérapeute, Serigne Lamine Bara Fall affirme, sans hésitation, que 75 % des hommes au Sénégal souffrent de troubles érectiles. La raison, selon lui, tient essentiellement à l’alimentation, avec la consommation excessive de bouillons. «Chez les jeunes, c’est la masturbation qui en est la cause. Ils regardent des films ou des images pornographiques et jouent avec leur sexe. A force de le faire, on peut arriver à tuer les nerfs du sexe», souligne encore ce tradithérapeute. L’explication vaut ce qu’elle vaut, mais les spécialistes de la médecine moderne maintiennent que si le trouble est établi, il est soit d’ordre organique ou psychologique.
Mais l’inquiétude ne manque jamais de surgir chez les hommes. C’est la raison pour laquelle les charlatans sont si nombreux et les faux médicaments si omniprésents. Il n’est certes pas interdit de se «doper», mais il faut savoir taper à la bonne adresse. La prescription médicale est d’une importance vitale, car l’automédication peut entrainer des «arrêts cardiaques», selon Dr Diaw. Le fait est que le sexe joue un rôle fondamental chez l’homme et souvent on est prêt à succomber à toutes les sirènes. Pour le psychologue Tine Tomatine, l’érection est la manifestation de la masculinité. «C’est le signe qu’un homme est en bon état pour la reproduction. Lorsqu’un homme est confronté à une impuissance sexuelle, cela risque d’endommager son estime de soi et l’image qu’il a de lui-même», dit-il.
Mais, poursuit-il, il ne faut souvent pas chercher loin. Les causes psychologiques reviennent encore. «L’anxiété de la performance sexuelle en est une cause. Il y a une pression de conformité qui impose à l’homme une exigence de performance à tous les niveaux, notamment dans le domaine de la sexualité. Il faut éviter d’y succomber. Il y a aussi l’identité sexuelle qui peut être compliquée chez certains hommes, avec les difficultés rencontrées lors d’une précédente relation qui peuvent créer un traumatisme. Mais dans la vie actuelle, tout ce qu’il y a comme stress, consécutif à des difficultés d’ordre professionnelle, à une perte d’emploi, à un souci financier, etc., peut conduire à un blocage mental», poursuit Tine Tomatine. «J’ai commencé un traitement il y a un an. On m’a dit que mes problèmes étaient d’ordre psychologique. En fait, je viens d’une famille pauvre. On n’avait même pas de quoi manger et je ne travaillais pas. Tous ces facteurs m’ont causé un dérangement dans la tête», soutient pour sa part O. Ndiaye.
AVIS D’EXPERT
Quand surviennent les troubles de l’érection, c’est comme un monde qui s’effondre. «On se renferme sur son malheur, alors que la discussion peut-être source de lumière. Discutez-en avec votre partenaire, tapez à la porte du médecin. Le mal peut simplement venir de problèmes physiques ou psychologiques difficiles à contrôler, mais pas impossible. Donc la solution existe», soutient le docteur Diaw. «Il ne faut surtout pas croire qu’on est malade, mais se dire qu’il s’agit d’un trouble passager», poursuit-elle. Un avis conforté par Serigne Lamine Bara Fall qui indique qu’il existe une solution. «On peut guérir du mal avec des traitements adéquats. Il faut aussi savoir en parler sans honte», dit-il. Le facteur le plus important est donc la confiance en soi. La sexologue conseille d’éviter d’entrer dans un cercle vicieux dès que le mal se signale. L’implication du partenaire pour établir une communication érotique, sensuelle, saine est alors fondamentale.
Mais dans certains couples, c’est le commencement de l’infidélité. M. Diallo, c’est son nom d’emprunt est mère de famille de 34 ans, mariée depuis plus de 10 ans en a perdu le sommeil. La tête baissée, la voix tremblotante, elle confie que son mari vit des troubles érectiles depuis 5 ans. Et qu’elle le trompe. «Il n’a jamais essayé de se soigner et il n’a jamais parlé de ça avec moi. Mais il me fuit, il a honte et moi aussi j’ai honte d’en parler. Le tromper n’est pas facile, mais… J’ai envisagé de divorcer. A cause de mes enfants je n’en ai pas le courage», confesse cette dame. Dernier conseil de médecin: «Ayez une alimentation saine et équilibrée, faites des exercices physiques régulièrement, évitez la cigarette. Et puis, jetez le stress dans la corbeille. Dormez profondément».
BON A SAVOIR
Trouble érectile, éjaculation précoce et stérilité
L’éjaculation précoce est l’incapacité de contrôler son niveau d’excitation sexuelle provoquant le déclenchement involontaire du réflexe éjaculatoire avant que l’homme ou la femme ne le souhaitent, entraînant l’insatisfaction et la frustration des deux partenaires. En effet, selon les spécialistes, le trouble de l’éjaculation est catégorisé par types et par grade. L’éjaculation précoce de type primaire regroupe les hommes qui souffrent de cette dysfonction depuis le début de leur vie sexuelle et qui n’ont donc jamais connu de relations sexuelles satisfaisantes. L’éjaculation précoce de type secondaire regroupe les hommes, qui à un moment de leur vie, ont perdu le contrôle sur leur reflexe éjaculatoire et sont devenus éjaculateurs précoces. Les éjaculateurs précoces peuvent souffrir de divers degrés de gravité qui se catégorisent en fonction de la sévérité de la dysfonction. Allant du grade 1, c’est-à-dire sous sa forme la plus légère au grade 4, sa forme la plus grave, l’éjaculation précoce est un trouble sexuel qui se dégrade et se détériore. Mais quel que soit le type ou le grade, ce trouble sexuel a une solution, simple et à portée de main.

Le trouble érectile est différent de la stérilité ou l’infertilité masculine qui est l’impossibilité pour un homme de procréer du fait d’un défaut de son sperme. En effet la stérilité est liée à la qualité du spermatozoïde qui se trouve dans le sperme d’un homme. Ce qui veut dire qu’un homme peut avoir des problèmes d’érection sans pour autant être stérile. Mais il peut arriver qu’un homme ait des problèmes d’érection et soit stérile en même temps. Dans ce cas pour différencier les cas, le principal examen est l’analyse du sperme ou spermogramme.

Par Baya TRAORE
(Stagiaire)

walf.net

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