Qu’est-ce que la foi sinon cette lumière qui nous guide dans notre aventure terrestre et nous accompagne dans le voyage céleste? Dans le clair-obscur des sinueux chemins de la vie, boulevards et impasses se succèdent pour composer le si long hymne à la souffrance et à la réjouissance. L’âme vogue de deuils en deuils, selon la poésie très philosophique de Hugo. La vie est alors un perpétuel apprentissage de la solitude. Dans la douleur, ajoute Alfred de Musset.
La mort n’est pas la fin. C’est un autre commencement pour les croyants qui souscrivent, par la prière, au mystère de l’au-delà. Ces candidats en puissance au dernier voyage célèbrent le bien comme pour préserver le manteau immaculé de la conscience. Voilà qui apaise les meurtrissures du coeur et de l’âme depuis que SerigneAbdoul Aziz Sy Al Amine a rejoint ses illustres pères et frères.
La relation à la vérité est le legs fondamental de cet homme. Il a séduit ou fait réfléchir, alerté ou conseillé, convaincu ou freiné. Il aura été un vigie de la bienséance en société et de la loyauté en République.
Le temps n’aura pas vaincu sa quête d’Éternité. La mort ne vaincra pas ses accomplissements sur les chemins de la foi. Abdoul Aziz Sy Al Amine sera une forteresse dans notre souvenir. Parce qu’il s’est résolument engagé dans la voie de l’Absolu et non des luxures si fugaces. Comme Dabakh, son illustre homonyme et oncle, Boussole des générations.
PS: C’est un matin de septembre de l’année 2003. Le Soleil élabore un projet de brochure de référence sur la région de Thiès. Le prétexte a sa pertinence: la célébration de l’An 44 de l’indépendance. Je suis chargé de réaliser les dossiers sur les foyers religieux, avec un fort accent sur des préoccupations comme l’éducation, l’économie et le dialogue inter-religieux. Je n’arrive pas à joindre Serigne Abdoul Aziz Sy, alors porte-parole du Khalife Serigne Mansour Sy Borom Daara Yi. Le temps étant compté, je décide, avec l’équipe, d’aller directement à Tivaouane. La pluie encrasse un peu plus ma journée. Arrivés à la devanture de sa maison, nous coupons le moteur et attendons. Quelques instants, arrive un chambellan, parapluie en évidence. Il est suivi d’un autre. « Le marabout vous a vus de son balcon. Il m’a dépêché auprès de vous…», dit-il à la délégation. Je bafouille, devant une si délicate marque d’attention: «Nous n’avons pas de rendez-vous, mais…» À l’étage, l’accueil est des plus chaleureux. Piques sur la responsabilité de la Presse, point de vue sur l’éthique, échanges sur les médias et la question de l’identité, interview et, bien entendu, prières. La séance de quinze minutes tant espéré devient un discussion familiale de presque trois heures de temps. Il a une culture impressionnante. A Dieu, Al Amine.
Amine.
HDF

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