Le pays de Donald Trump fait le mort depuis plus de six mois sur la demande d’agrément d’un nouvel ambassadeur du Sénégal à Washington. Alors que Momar Diop a été invité à plier bagages avec sa famille, Mansour Elimane Kane peine à avoir l’onction de cet Etat hôte.

Trump fait poireauter Macky. Alors que le Sénégal avait adressé aux Usa, comme il se doit dans la convention de Vienne qui régit les relations internationales, une demande d’agrément du nouvel ambassadeur, en l’occurrence l’ancien ministre du Pétrole et Energies Mansour Elimane Kane, le département d’Etat américain semble caler depuis un moment, nous soufflent certaines sources au pays de l’Oncle Sam. Information prise auprès de conseillers aux affaires étrangères, et l’on nous apprend que s’il en est ainsi, c’est, généralement, parce que l’Etat hôte ne semble pas disposer à accorder l’accréditation pour le diplomate proposé au poste.

Selon nos contacts à Washington, cela fait plus de six mois que le Sénégal attend l’approbation de ce choix et l’administration américaine ne bouge pas encore, la demande d’accréditation n’étant toujours pas acceptée. Et pour le moment, personne ne sait la raison pour laquelle les autorités américaines font le mort. Peut être ont-elles en mémoire la bévue de M. Kane en 2014, sur un vol de la South Africa Airways alors qu’il était ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement ? «Je suis le ministre des Transports du Sénégal. C’est moi qui donne les autorisations. Si vous continuez à me parler ainsi, je vais vous empêcher de survoler l’espace du Sénégal. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire», avait-il balancé, selon la presse, au commandant de bord qui ‘invitait à mettre fin sa communication téléphonique au moment du décollage de l’avion après les échecs de l’hôtesse. ? A-t-il déjà eu un accident de la circulation en terres américaines ? Est-ce lié à ses précédentes fonctions de ministre du Pétrole et des Energies, avec l’éclatement du scandale Pétro-tim révélé par la Bbc et qui mouille le frère cadet du chef de l’Etat et Frank Timis ? On donne notre langue au chat.

En tout état de cause, force est de constater que certains conseillers aux affaires étrangères n’approuvent pas la façon dont notification a été faite à Dr Momar Diop, actuel ambassadeur du Sénégal à Washington, pour son départ. Ils la trouvent peu élégante. «Décision a été prise de mettre fin à vos fonctions avec effet immédiat», aurait-on notifié à leur collègue.

Selon la convention de Vienne qui régit les relations internationales, un pays doit demander l’agrément d’un ambassadeur avant sa nomination. Et si cela dépasse six mois sans réponse, cela équivaut à un «non», diplomatique

Jamais dans l’histoire du Sénégal, renseignent certains interlocuteurs de WalfQuotidien, on a connu une telle situation, en dehors de l’ancien directeur de la dette et investissements (Ddi) Faye, qui avait été recalé au Millenium Challenge Account Sénégal. «Cela veut dire que quelque part, il y a un problème à Washington», confie un conseiller aux affaires étrangères.

En tout état de cause, ce coup de froid diplomatique devrait servir de leçon à nos gouvernants pour faire très attention, comme avec le Cameroun retiré à l’éligibilité de l’Agoa, il y a une semaine. Parce qu’aux Etats unis d’Amérique, il y a des règles et lorsque vous avez un seul petit problème avec le tableau des opérations, on vous disqualifie. Si on pense qu’on peut facilement faire des bêtises dans nos pays ou ailleurs et rentrer sur le territoire américain, on se trompe. «L’Amérique est un pays avec des règles», commente un de nos interlocuteurs.

Seyni DIOP

Walf-groupe.com

3 Commentaires

  1. Je viens grâce à cet article de connaitre le compatriote Mansour Elimane KANE et après une petite recherche sur Google, voila le résultat, lu pour les Xalimanautes :
    [[[L’incident qui vient d’opposer le ministre Mansour Elimane Kane à un haut fonctionnaire sénégalais de la Banque mondiale à Washington n’est que le dernier d’une longue série d’altercations qui a jalonné sa carrière à son poste ministériel.

    Les médias en ligne rapportent que le ministre Mansour Elimane Kane vient encore de se faire remarquer par son comportement. Cette fois-ci, c’est M. Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale qui a failli faire les frais de son tempérament. Les témoins présents racontent que c’est le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, qui est intervenu avant que la situation ne dégénère complètement entre les deux hommes.

    Même si l’on ne sait pas encore ce qui a opposé les deux hommes – on peut penser que c’est des désaccords sur l’orientation de certains investissements – on ne peut s’empêcher de remarquer que le ministre des Infrastructures, des transports routiers et du désenclavement a fini de se faire une réputation de soupe au lait qui ne sied pas toujours avec l’importance de sa charge.
    La presse a rappelé l’incident auquel il était mêlé dans un avion de la South African Airways (Saa), et qui avait fâché jusqu’au plus haut niveau de la compagnie sud africaine. Mais cela n’est qu’une peccadille par rapport à d’autres dérapages du ministre.

    D’autres témoins font état d’un incident qui l’avait opposé à certains cadres de la Société financière internationale (Sfi ou Ifc), la branche de la Banque mondiale qui s’occupe des investissements privés. Aiguillonnés par des intérêts étrangers, ces gens voulaient s’opposer à la volonté du Président Macky Sall de réaliser le Train express régional (Ter) devant relier Diamniadio à l’aéroport de Diass. Il se dit que lors de cette rencontre au siège de la Sfi à Washington, M. Mansour Elimane Kane a répondu vertement au responsable de la Sfi qui voulait le convaincre du manque de pertinence de ce projet.
    Il se dit même que Macky Sall avait été saisi de certains de ces incidents par des personnes qui voulaient le convaincre de changer son ministre de ce poste. Mais le chef de l’Etat, sans doute convaincu par l’intéressé, a fait valoir que ce dernier ne faisait que défendre, à sa manière, les intérêts du pays face à des partenaires pas toujours délicats.

    Mais les humeurs de Mansour Elimane Kane ne se limitaient pas qu’aux partenaires étrangers. Il y a deux ans environ, il avait fallu tout le pouvoir de persuasion de la Cellule de communication de son ministère pour étouffer un mini-scandale. Lors du Conseil de ministre de Kaffrine, il avait été prévu l’inauguration de la route Dinguiraye-Nioro-Keur Ayip. Arrivé au lieu où devait se faire la cérémonie, à Nioro, le ministre des Infrastructures s’est vu demander par le gendarme de faction le badge qui l’autorisait à accéder à la tribune officielle. Non convaincu par les arguments du ministre qui excipait de sa qualité, le gendarme lui a bloqué le passage. Au lieu d’attendre que les supérieurs de l’agent arrivent pour débloquer la situation, Mansour Elimane a servi à ce dernier un argument frappant pour l’écarter de son chemin. Tous les journalistes présents, même les caméras qui avaient filmé l’incident, ont par la suite été «convaincus» par les agents du ministère de contribuer à étouffer l’affaire.

    Mais la meilleure est ce qui est arrivé au directeur des Transports routiers, M. El Hadj Seck Ndiaye Wade. Lors d’une réunion sectorielle du ministre, M. Wade entend le ministre demander à un con­seiller technique de faire le point d’une tâche qui lui avait été con­fiée. Une fois que le Ct a fini de rendre compte, le directeur des Trans­ports routiers prend la parole pour faire remarquer que la mission en question incombait en principe à son département, et qu’il tombait des nues d’apprendre au cours de la réunion qu’elle avait été confiée à quelqu’un d’autre à son insu. Ce qui lui valut une réplique immédiate du ministre : «M. le directeur, mais pour qui vous prenez-vous pour m’apprendre mon travail ? En quoi dois-je vous consulter pour décider de qui doit faire quoi dans ce ministère ?»

    Et se tournant vers le Dage du ministère, il lui demande de préparer dans l’immédiat un projet de décret limogeant le directeur, à soumettre au Conseil des ministres à venir, «comme ça, vous n’aurez plus à vous plaindre de ne pas avoir été consulté». Il se raconte qu’il a fallu au secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire un grand talent de diplomate et de médiateur pour calmer le courroux du ministre et lui faire renoncer à sa décision.

    Toutes ces histoires, comme d’autres que l’on choisit délibérément de ne pas rapporter, indiquent que Mansour Elimane Kane n’a pas une petite opinion de sa personne. Mais elles ne montrent pas qu’il a une grande considération face à l’opinion des autres, fussent-ils des partenaires en affaires. Jusqu’à ce jour, son président de chef a estimé que cela ne portait pas à conséquence. ]]]

  2. Le passage relatif à l’ancien directeur de la dette et des investissements est infondé. Celui-ci n’a jamais été candidat ni même été pressenti à un quelconque poste au Millénium account Senegal,pour faire l’objet d’une demande d’accréditation.

  3. C’est une campagne honteuse dirigée contre le Sénégal au-delà de la personne de Mansour Elimane Kane.Il faut se méfier plutôt de l’Ambassadeur qui cherche l’appui des USA pour rester en place au service de qui?Arretez vilains comploteurs du MAESE!

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