Lorsque, le prince héritier, Mohammed ben Salmane donne une leçon magistrale de lutte efficace contre la corruption et l’impunité à certains chefs d’Etat parmi lesquels ceux d’Afrique, nous devons nous en féliciter. Cet exemple, de leçon d’éthique assortie d’une justice sociale qui défie, voire supprime l’impunité au bénéfice d’une classe de privilégiés, m’a tellement comblé d’aise, que je n’ai pas pu résister à faire le parallèle avec ce qui se passe dans mon pays et en Afrique en général. Je sais parfaitement, et n’occulte nullement aussi, que la corruption est un phénomène mondial, mais, c’est au niveau de la ferme détermination et de l’engagement, sans faille, à lutter contre et à punir sévèrement les délinquants, que se situe la grande différence entre les autorités des pays.
Assurément, aimer son pays, c’est s’engager infailliblement pour lui, c’est travailler honnêtement pour son meilleur devenir, c’est s’intéresser et veiller à sa conduite par ceux qui le dirigent, c’est créer de la valeur ajoutée, c’est de s’opposer à toutes sortes de malversations, notamment la corruption et ses dérivés, par conséquent, en un mot, c’est être un patriote conséquent. A mon sens, c’est ce que semble faire le nouvel homme fort du régime saoudien, Mohammed ben Salmane à travers sa vaste purge anticorruption
Vraiment, Il faut saisir cette occasion et, saluer à juste raison cette mesure extraordinaire et révolutionnaire de purge radicale. Tous les patriotes et progressistes doivent s’en réjouir. Et mieux, nous devons faire de sorte aussi, pour que notre pays s’en inspire afin d’éradiquer cette gangrène que constitue la corruption au Sénégal. Oui, la mesure, non seulement, pour son caractère éthique et sa conformité avec les principes et recommandations de l’islam, mais parce qu’elle est aussi révolutionnaire, dans un pays, comme le royaume d’Arabie saoudite où les proches du pouvoir sont, généralement, des intouchables. Au-delà de la purge anticorruption, il y a, en plus, le fait exceptionnel et voire même une première dans ce pays, que les 200 personnes arrêtées sont proches des cercles du pouvoir saoudien. Cet acte, de grande portée historique, montre, dans une large mesure, le haut degré d’engagement, de courage et de justice du prince, à lutter contre la corruption, mais aussi, l’impunité dont certaines personnes bénéficiaient jusque-là, comme c’est le cas au Sénégal et en Afrique, en général.
Compte tenu de la profondeur de la corruption chez nous et, en plus, de l’impunité dont bénéficient ses auteurs, les autorités sénégalaises devraient, particulièrement, retenir cette leçon magistrale du prince Salmane, en faisant tout leur possible afin de puiser le courage nécessaire, dans leurs dernières ressources, aux fins d’appliquer une telle mesure dans le cadre de notre pays. Assurément, un tel exemple, si concret et pratique, divorce totalement avec ce simulacre de lutte contre la corruption qui, en vérité n’est qu’un semblant et de vains bavardages, que nous connaissons au Sénégal.
Mais pourquoi donc, nos dirigeants ont-ils tant peur d’attaquer frontalement à la corruption ? Et pourquoi craignent-ils aussi de sanctionner sévèrement tous les délinquants impliqués dans de telles activités nuisibles ? Alors que ce mal, devenu maintenant fléau, est en train de ravager les économies de nos pays, sans quasiment, avoir rencontré, de résistance ou d’obstacle sérieux et insurmontables, des pouvoirs en place. Ainsi, à cause de cette indolence ou impuissance affichées par les gouvernants de nos pays, face à ces délinquants, l’on est tenté de se demander si, en fin de compte, il n’y aurait pas anguille sous roche, c’est-à-dire une entente cordiale ou certaine complicité tacite entre les deux ? Par ailleurs, au regard, de l’insuffisance injustifiable, de moyens adéquats et mesures drastiques appropriées pour lutter avec détermination et sans quartier contre ce fléau, on ne peut, objectivement, écarter l’éventualité de l’hypothèse d’une complicité.
Curieusement, la corruption a pris au Sénégal, depuis l’alternance 2000, plus d’ampleur et avec des proportions de plus en plus démesurées. Et l’on pourrait même se demander, en fin de compte, si l’avènement des alternances n’est-il pas, justement, l’occasion d’ouvrir grandement les portes et un laisser-aller tous azimut, pour faciliter davantage la pratique de telles activités nuisibles, criminelles, fossoyeuses des économies nationales ? Et, en outre, une persistance d’une corruption qui agit négativement sur le plan de l’éthique et détériore, du coup aussi, par contamination, les qualités intrinsèques de nos citoyens.
Contrairement, au prince Mohammed ben Salmane qui a mis en prison les 200 personnes impliquées dans la corruption, chez-nous, on ne trouve pas, sinon rarement alors, dans nos prisons, des détenus dont le délit est relatif à la corruption, aux détournements ou scandales financiers, etc. Et pourtant, le préjudice que ces malfrats causent à la nation est énorme, voire incommensurable, mais malgré tout, ils s’en sortent toujours, sans coup férir. D’ailleurs, la preuve est irréfutable et se vérifie par le fait que, des gens pauvres comme des rats d’église lorsqu’ils arrivaient au pouvoir, deviennent, aussitôt, immensément riches comme Crésus, avant d’en sortir ou après. Quand, dans le même temps, leurs peuples manquent de tout, pour vivre. Sûrement, sans nul doute, c’est bien la corruption et les pratiques qui lui sont assimilées qui ont dû passer par-là. C’est pourquoi : « A celui qui vous dira qu’il s’est enrichi par le travail, demandez-lui : De qui ? » Et, à propos de politique, il est bien dit que : « L’enjeu de la politique est de donner un bon service. Si votre but est de trouver la domination, faites du sport de compétition. »
Mandiaye Gaye
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3 Commentaires

  1. Une interpellation collective. Un problème lancinant complexe et multiforme .Des transferts d’argent aux partis politiques, des ministres démis qui se révoltent par la perte d’influence et d’avantages liés à la fonction, un ancien président qui se fâche parce qu’on lui refuse l’hélicoptère d’état pour une course personnelle et privée,, l’appropriation d’une rente servie par la puissance publique, le clientélisme généralisé sous la forme de pacte d’allégeance avec contrepartie monétaire et autres, des conciliabules et compromis extrêmement variés. Outre les fonctionnaires, dans l’octroi des marchés publics et autres trafics d’influence, passe-droits, combines, c’est une pratique solidement ancrée et enracinée à tous les rouages de la société et dans les mœurs. La jeunesse est tout aussi touchée moralement par ce fléau, devenu pour eux cadre normal de référence. Comment redresser ces travers pour revenir à la simplicité, à l’indifférence au luxe, revêtir le manteau du travail et le gout de l’effort, de l’honnêteté, le retour à la vie saine, servir et non se servir? La question est ardue et reste posée à la réflexion commune

  2. En réalité lutter contre la corruption n’intéresse pas nos dirigeants africains, car cela les empêcherait d’être élu ou réélu. Ils croient dur comme fer que c’est le moyen le plus sur et le plus court pour être élu ou pour être dans les bonnes grâces du prince. Ce système de corruption à outrance, va malheureusement perdurer, à moins qu’un vrai patriote (s’il existe) ne soit élu ; il est permis de rêver.

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