Yahya Jammeh a respecté sa parole de poursuivre jusqu’à leurs derniers retranchements les présumés putschistes qui ont fait vaciller son pouvoir ainsi que leurs familles, amis et collègues. Quelques jours seulement après le coup d’Etat manqué de fin décembre, plusieurs personnes ont été arrêtées. Le Quotidien publie le nom de 27 parmi elles, dont quatre qui viennent de recouvrer la liberté.

Le coup d’Etat manqué en Gambie le 30 décembre dernier est encore durement ressenti par des parents, amis et collègues des présumés putschistes qui sont soit morts lors de la fusillade de State house soit en fuite. L’on se rappelle que le Président gambien avait promis de se débarrasser des meneurs de l’attaque jusqu’au dernier, quitte même à s’attaquer à leurs proches. C’était au détour d’un discours très musclé, prononcé 5 jours après le putsch manqué devant ses partisans, rassemblés devant son Palais de Banjul.
Comme s’il tenait à exécuter ses menaces à la lettre, des familles, amis et collègues de ces présumés putschistes subissent toujours les foudres de l’homme fort de Banjul. Le Quotidien s’est procuré une liste de 27 personnes arrêtées depuis janvier, mais dont quatre parmi elles ont recouvré la liberté. Une liste dont l’authenticité ne souffre d’aucun doute, après que Le Quotidien a pu vérifier par ailleurs, pendant plusieurs jours.
Il s’agit de Omar Malleh Jagne, électricien et frigorifiste, résident à Latrikunda, arrêté en fin janvier et libéré tout récemment. Il avait été arrêté, parce que frère du capitaine Njaga Jagne, l’un des présumés putschistes, tué au cours de la fusillade de State house de Banjul.
Aussi, le nommé Ebou Jagne, commerçant de son état, arrêté en janvier, parce que neveu du capitaine Jagne, a-t-il bénéficié d’une liberté. De même que Jarieatou Low, sœur de Baï Low, un autre présumé putschiste, qui a réussi à quitter la Gambie quelques heures après le coup d’Etat manqué. La dame Low avait été arrêtée depuis le 11 janvier. Neneh Jobe, femme de Dawda Bojan, a été également libérée après avoir été arrêtée depuis janvier.

4 détenus libérés
Par contre, le cas de Mama Loum, agent au Port autonome de Gambie, est inquiétant. Elle est maintenue en prison depuis son arrestation le 11 janvier dernier, alors qu’elle serait gravement malade. Elle reste dans les geôles en même temps que Baï Jobe Njie, résident à Tellinding, père d’un ex-officier de l’Armée gambienne Modou Njie, arrêté le vendredi 2 janvier 2015, tôt le matin dans sa résidence de Tellinding. Mais également de Yusupha Low, fils de Baï Low, l’un des présumés putschistes qui a réussi à quitter la Gambie. Leurs autres camarades d’infortune sont : Pa Alieu Low, frères de Baï Low, Doudou Touray, Alfusainey Fatty, tous les deux habitants de Latrikunda Sabiji. Il y a également les nommés Ya Mariam Njie, Modou Njie, Anta Nyass, Pa Mass Nyass, Ousman Nyang, qui sont tous originaires de Kololi residence.
Olimatou Corr est aussi en détention de même que Biran Sarr, arrêté parce que frère de Mussa Sarr, identifié comme étant parmi les présumés putschistes. Lamin Marreh, Metta Njie, Sana Sanneh, Ndey Awa Njie, Ensa Bojang, Fatou Sonko, Fafa Jallow et Alhagie Kebba Touray complètent la liste des personnes arrêtées depuis janvier pour des présumées accointances avec les artisans du putsch manqué qui a fait vaciller le fauteuil de Yahya Jammeh.

Gambie, capitale des violations des droits de l’Homme en Afrique
La Sidh condamne Yahya Jammeh
En mars dernier, trois personnes soupçonnées d’avoir pris part au coup d’Etat manqué de décembre 2014 ont été condamnées à mort en Gambie au même titre que d’autres qui encourent la peine de prison simple. Cette tentative de coup d’Etat, fomentée contre le gouvernement de Yahya Jammeh, continue toujours de faire des victimes dans ce pays.
L’homme fort de Banjul qui est parvenu à déjouer le coup d’Etat se livre actuellement à une sévère répression des auteurs dudit putsch et de leurs proches. A ce jour, la Sidh dénombre plus de 30 personnes fuyant le pays de peur. Proches ou parents des soupçonnés, femmes et enfants subissent les représailles (lire liste ci-dessus). Les téléphones sont mis sous écoute et les corps des personnes tuées sont confisqués par les autorités, selon la Sidh.
Face à ces violations des droits humains, l’organisation internationale traite la Gambie de capitale des violations des droits de l’Homme en Afrique et dénonce un système judiciaire sous les ordres de l’Exécutif.
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