Ça pue de partout. Jamais dans l’histoire du Sénégal, même le fou le plus détraqué ou l’enfant le plus indiscipliné, n’a jamais osé sortir de sa bouche des propos de la dimension de ceux que Moustapha Cissé Lo nous aurait servis. Le fait d’avoir prononcé ces ignominies même dans un cadre privé n’enlève en rien leur gravité et leur irresponsabilité, mais aussi, certainement, leur caractère pénal. Cependant, arrêtons-nous un peu sur le statut de la personne qui a rageusement donné un méprisant coup de pied sur nos valeurs. Il s’agit d’un vice -président de l’Assemblée Nationale, donc constitutionnellement un présidentiable, s’il vous plait. Cela ne peut se passer que dans le Sénégal de 2020, dans un régime comme celui qui nous dirige. La honte nous ronge.

Cette fois ci, ils ont prouvé que Assane Diouf ne représente rien devant eux. Moustapha Cissé Lo dit qu’il n’est pas un ivrogne. Mais franchement, aucun niveau d’ivresse ne pourrait jamais pousser un ivrogne à tenir ces propos qu’on lui attribue sur les réseaux sociaux. Si ces propos sont authentifiés, on tiendra la preuve que le peuple sénégalais portera devant l’histoire l’entière responsabilité d’avoir élu un régime à la tête duquel se trouve un homme incapable de mettre de l’ordre dans sa petite maison à plus forte raison dans le pays entier.  J’en fais partie et je le regrette. Pour des intérêts particuliers, ces gens peuvent mettre le feu au pays. Alors, que tout le monde exprime son irritation même si, un peuple ne se trompe pas car il n’a que le président et les leaders qu’il mérite.   

C’est ce même peuple qui a élu ces genres de dirigeants qui est en train d’installer aux trônes ses « illustres héros » des temps modernes qui sont en train d’être érigés en référence. Ils ont pour nom : Moustapha Cissé Lo, Assane Diouf, Pawlish, Ouzin Keita, Viviane Ndour et tant d’autres. La liste est trop longue. Ils sont si « illustres » que les plateaux de télévision se les arrachent. Plus ils multiplient les idioties, plus ils sont adorés, plus ils continuent de délirer grave plus qu’ils sont sollicités. L’un deux, le jeune Pawlish pour ne pas le nommer, après s’être défoulé sur une animatrice, l’a affirmé au micro d’un animateur et ses propos se passent de commentaire : Tout ce que j’ai eu (les 14 girls, ma voiture, mon argent etc) proviennent de la folie. En disant cela, il vient de confirmer que le Sénégal est surement le seul pays au monde ou la folie est devenue un produit de luxe.

L’un des plus grands exploits de ce peuple aura été le fait de rendre les muscles plus valeureux, plus chers et plus visibles que le cerveau. Conséquences, les jeunes rêvent de devenir un Modou Lo, un, Balla Gaye, Eumeu Séne ou un Bombardier. On ne réfléchit que par les muscles. Soyons clair, ces gens ne sont responsables de rien. Au contraire, ils ont gagné leur vie sur la sueur de leur front. Pendant ce temps, les professeurs agrégés, les grands intellectuels, les hommes de valeurs eux, tirent le diable par la queue, rasent les murs et se réfugient dans leur assourdissant silence. Dés qu’ils élèvent la petite voix, ils se feront copieusement insultés, démentis, chahutés et méprisés. Ce qui fait que les grands penseurs qui nous tracent aujourd’hui la voix à suivre s’appellent ; Omar Faye, Clédor Sène, les enfants des grands reporters de lutte, les anciennes miss, les anciens danseurs, les anciens faux lions les comédiens ect. On les appelle des porte – voix

Ceux qui devaient prendre la parole se sont tus, et ceux qui devaient se taire ont fini de s’accaparer des micros. N’importe qui dit n’importe quoi. Chaque matin, on assiste à une ruée sur le net à la recherche d’informations à discuter le soir dans les plateaux de télés. Même les frasques de Pawlish ou de Ouzin Keita sont discutés sur les plateaux de télé.

Aujourd’hui, Cissé Lô sera dans les jours à venir le plus grand héro, plus vénéré qu’un certain Assane Diouf à son temps. Après lui, d’autres écervelés se distingueront de la façon la plus triste et la plus lugubre et se feront applaudir à tout va. D’ores et déjà, le net est terriblement infesté de personnes qui disent et font n’importe quoi et n’importe comment. Les plus virulents, les plus insolents et les plus téméraires sont les plus suivis et les plus adulés. Des personnes dont le seul mérite et la seule expertise se limitent au facile accès au net bénéficient du laisser-aller extraordinaire pour dire des énormités sur tous les sujets possibles et inimaginables sans que personne ne lève le plus petit doigt et ne dise le plus petit mot. Ainsi, les jeunes générations qui frappent déjà à la porte du monde ne reculeront devant aucune forme d’insolence et dans la plus grande ignorance mépriseront toutes les lois culturelles dans un Sénégal totalement dépourvu de vertus et de respect. Il sera alors cloué au sol et ne se relèvera plus, attendant désespérément la fin des temps pour entamer le processus de son sous – développement.  

                                                           Falilou Cissé conseiller en développement communautaire

                                                           A Bamako

                                                             [email protected]

1 Commentaire

  1. Une exclusion méritée bien que tardive d’où l’extension de dégâts collatéraux
    Les soubresauts empreints de vulgarité devenus fréquents et leurs périodicités alarmantes semblent indiquer que notre système politique institutionnel soit parvenu à la croisée des chemins. Une analyse sereine s’impose de la part de chacun d’entre nous. avec profondeur et objectivité, sans complaisance aucune.
    Suite à notre accession à l’indépendance en 1960, une démocratie à l’Occidental s’est aussitôt substituée au système colonial précédemment en place, se juxtaposant à une structure sociale existante sans compatibilité évidente. La démocratie représentative sous sa forme occidentale typique avec le même système de partis politiques ici vite multiplié à l’émeri (près de 300 actuellement), de suffrage universel, de liberté d’opinion et d’information a ainsi pris place. Une telle institution de droit constitutionnel et de celui de la science politique est en fait en train de montrer son essoufflement, ses faiblesses et ses limites chez nous et un peu partout en Afrique, découlant de cette juxtaposition archaïque qui en modifie l’esprit et les effets escomptés. Ainsi, aujourd’hui, et tout au long de cette période postindépendance, apparait avec insistance et évidence l’immaturité politique, un système politique biaisé et l’impréparation à assumer avec succès une telle mutation dans cet ordre d’idée conceptuelle importée avec hâte et précipitation.
    Des signes de nos jours en montrent les limites s’amplifiant sans qu’apparemment on n’ait pris conscience de l’ampleur de l’inadéquation d’une telle démarche :
    -Des résultats globalement contraires imprévus;
    -Un népotisme inadmissible du règne libéral à nos jours;
    -Un nombre pléthorique de partis politiques. Des ministres et PM déchus créent leurs partis et font du surplace encombrant lourdement le paysage politique et démocratique.
    -De nombreuses vicissitudes notoires;
    – De manœuvres flagrantes, tous régimes confondus, entachant l’expression d’une volonté populaire objectivement exprimée;
    – Des profils de représentants inadéquats avec nette flagrance à répétitions;
    — Des salaires et privilèges exorbitants octroyés sans rapport avec le revenu réel par tête d’habitant et du niveau de vie courant des populations ouvrières, rurales et de ceux du secteur informel;
    – Du favoritisme choquant, démesuré et laxiste allouant des deniers publics à des proches du pouvoir pratiquement sans contrepartie;
    -Des institutions politiques greffées et appliquées à des milieux différents aboutissants à des résultats différents de ceux escomptés; Un problème sociologique et culturel évident;
    -Un développement d’une culture prédatrice sans précédent;
    -Des survivances confessionnelles et culturelles induisant entre l’état et des individus des relations de clientélisme malsaines et inappropriées contraires aux règles de bonne gouvernance et d’éthique;
    – Une distribution arbitraire et abusive des revenus et des postes;
    – Une nette apparition de disparités criantes entre les niveaux de vie et les modes de vie ;
    -Une structure sociale archaïque mettant en relief des populations rurales et primaires majoritaires à 70 %;
    -Bref une démocratie représentative devenue un régime de notables, d’aristocrates, de transhumants innombrables qui survivent a tous naufrages, aux déboires vécus, entretenus à grands frais, tous repus ; du clientélisme divers rattaché visant à assurer dans les épreuves formelles de suffrage universel, de préserver la prépondérance, la survivance et la continuité dans le chaos en cours;
    Ce tableau noir n’est pas exhaustif, loin s’en faut !
    Vu une telle tendance persistante et aggravante, une réflexion approfondie apparait incontournable nécessaire pour l’avènement d’une réforme politique et démocratique pertinente aux fins de redresser une évolution désastreuse, catastrophique contraire à nos légitimes attentes et au principe de gestion morale, saine, d’authentique représentation, au développement efficient et équitable. En aucun cas, Les choses ne peuvent ni ne doivent restées en l’état d’indécence, de pourrissement et de dégénérescence continue. Nous possédons les ressources humaines compétentes nécessaires pour une telle réinvention de notre système démocratique et politique décadent aux fins d’assurer un nouveau paradigme pour une révolution tranquille consensuelle salutaire et des lendemains prometteurs.
    Il nous incombe d’élever notre pays à un meilleur système d’honneur, de réputation et de rigueur sans failles dans la mise en œuvre de nos politiques de développement et de l’exercice politique et démocratique conforme aux valeurs de « Téranga, de Diom et de Kersa»
    Ce pays ,ses terres, ses biens, ses deniers n’appartiennent à personne, sinon au seul peuple souverain. Nul n’est au-dessus des lois. Trop, c’est trop. Il est plus que temps pour que les choses soient redressées et corrigées

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