Xalimanews- Invité de la rubrique « comment vivre avec le coronavirus », le journaliste-écrivain Abdoulaye Fall revient sur l’évolution de la pandémie en Afrique et particulièrement au Sénégal et aussi sur les rapports que les sénégalais ont avec le coronavirus.
A l’en croire, les pays africains doivent rendre grâce puisque le coronavirus s’est montré jusque là « clément » avec le continent noir: « force est de rappeler que depuis son apparition en Afrique, plus précisément en Egypte, en février 2020, la pandémie de la Covid-19 s’est propagée dans presque tous les pays africains, le Sénégal y compris. Avec environ 85% de pays touché, cette pandémie a dépassé le stade de menace. Elle est devenue une triste réalité qu’il faut constater. Toutefois, nous devons pour l’heure, grâce au Tout puissant qui nous a, jusqu’ici, épargnés des prévisions alarmistes qui voudraient que l’Afrique paye un lourd tribut avec des millions de morts. Cela ne veut pas dire, quand même, que les débats et réactions autour de cette « thèse du catastrophisme » ne sont plus d’actualité ».

En ce qui concerne le Sénégal, il trouve que la situation est inquiétante, parce que les populations semblent de plus en plus se relâcher, alors que la pandémie ne faiblit pas: « avec plus de 100 décès et plus de 2000 cas sous traitement, il y’a lieu de craindre le pire si cette tendance haussière se poursuit. Les mesures de santé publique qui permettent de réduire la ?transmission de la Covid-19 doivent être mises en œuvre avec rigueur ?et de manière durable », constate-t-il avant de féliciter l’ensemble du personnel soignant qui travaillent d’arrache-pied pour bouter la covid-19 hors du pays.

M. Fall trouve assez normal le fait que les autorités aient assoupli les mesures malgré la propation rapide de la covid19 et le nombre de décès qui croît de jour en jour: « en réalité, l’Etat n’avait pas trop le choix. Je le soulignais d’ailleurs dans une de mes récentes chroniques intitulée « Allègement des mesures dans la gestion de la Covid-19 : l’expression d’un sens élevé de la responsabilité ». En effet, les pressions des foyers religieux et des populations ne l’encourageaient pas à maintenir les mesures restrictives, pourtant nécessaires. Nombreux ?sont ceux qui en ont assez de rester chez eux, ce que l’on comprend ?aisément ; et, naturellement, tous les pays ont hâte que leurs sociétés et ?leurs économies s’ouvrent à nouveau. ?Il fallait alors à un moment ou l’autre opter pour une solution médiane qui permet à la fois de faire tourner l’économie et de vivre avec le virus. Cette option était d’autant plus nécessaire qu’à l’instar de nombreux pays africains, le Sénégal est un pays à forte prédominance du secteur informel », argumente-t-il.

Toutefois, reconnait-t-il, « vivre avec le virus ne doit pas se traduire par un relâchement dangereux ».  » Chacun doit prendre ses responsabilités pour se protéger et protéger les siens également, surtout les personnes vulnérables. Or, dans tous les pays, riches ou pauvres, il y a des populations vulnérables ?qui sont exposées à un risque plus élevé de maladie grave ou de décès », ajoute-t-il. ?

Abdoulaye Fall, est d’avis que les autorités ont bien fait de laisser la communauté à la base se charger de la lutte contre cette maladie, car, trouve-t-il, « les messages de sensibilisation sont mieux écoutés et mieux relayés lorsqu’ils sont l’œuvre de la communauté à la base. De nombreuses personnes sont adeptes des théories du complot et restent quasi sourdes à la communication du gouvernement. C’est la raison pour laquelle les ASC, les organisations communautaires de base, les imams et délégués de quartier ont de grands rôles à jouer dans le volet de la sensibilisation contre la covid-19 ».

A l’heure où le pic de la maladie est très attendu, il pense que les sénégalais doivent impérativement changer de paradigme et appliquer à la lettre les mesures barrières ce qui constitue la seule voie de salut:  » il faut continuer à appliquer les gestes barrières avec beaucoup de rigueur. D’ailleurs, il ya un travail remarquable qui a été effectué par la presse pour la sensibilisation sur ces gestes barrières qui consistent entre autres, au respect de la distanciation physique, au port de masque, au lavage des mains, car comme le dit cet adage que j’aime bien, vos vies sont entre vos mains », preconise-t-il.

Mariama Kobar Saleh

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