XALIMANEWS: Le Docteur Ahmed Khalifa Niasse n’est resté sans rien faire par rapport à la question de l’eau. Il a en fait, mis les pieds dans le plat en donnant une réflexion sur la solution de cette pénurie d’eau qui a assez duré.
Voici in extenso son message que l’on vous propose de lire :

Pénurie d’eau à Dakar :
Et si la solution se trouvait à Malika ?

Nous le savons, le Lac de Guiers a un lien avec le fleuve Sénégal pour se réalimenter en eau douce provenant du lointain Fouta Djallon. Toutefois entre le lac de Guiers et Dakar le chapelet de lacs d’eau douce étalé sur une distance de 300 kilomètres environ aurait pu faire du Sénégal un pays de petits lacs, par analogie au pays des grands lacs.
Le lac Retba, jadis bleu et rempli d’eau douce, acquit une super salinité proche de celle de la Mer Morte au point de favoriser l’abondance de micro-organismes. Lesquels vus au microscope ressembleraient à des micros crevettes dont les bans donnent cette couleur rosâtre. D’où vient sa nouvelle appellation de Lac Rose.
Le lac Tanma est dans une situation intermédiaire, son ph indique des eaux plutôt saumâtres. Toutefois le lac Malika Mbeubeuss demeure un lac d’eau douce bien qu’il y ait des infiltrations provenant de l’océan qui arrivent à altérer son ph. Cependant le coût financier d’un seul des nombreuses conduites d’eau pour amener de l’eau traitée à Dakar représente une somme suffisante pour colmater les voies d’infiltration océaniques et rendre le ph du lac Malika Mbeubeuss à l’état ante.
Ce qui vient d’être dit constitue une double solution.
Cette eau peut être distribuée dans les Niayes pour l’irrigation en horticulture. L’un des effets immédiats est de multiplier par 30 la production actuelle en fruits et légumes. Le rapport de prix entre la même quantité d’eau Guiers-Malika Mbeubeuss est de 1 à 10. L’autre partie, une fois traitée, comme c’est le cas à Keur Momar Sarr, pourra, une fois injectée à Dakar, doubler la quantité d’eau potable disponible dans la capitale.
Ce, et d’autant plus que ce lac est le jaillissement de la nappe des sables du quaternaire qui date de 11.000 ans. Et qui a l’avantage de se renouveler partiellement par voie pluviale.
Constatons que l’eau provenant de Keur Momar Sarr aurait pu être décantée et allégée puis acheminée pour en faire bénéficier l’agriculture au passage des conduites. Avec des petits et moyens centres de traitement dans les zones traversées. L’usine sur les bords du lac de Guiers sera alors implantée en amont de Dakar pour ne traiter que l’eau destinée à l’usage de la capitale.
Avouons, donc, qu’une bonne partie des problèmes actuels de l’eau à Dakar résulte d’une mauvaise conception ayant choisi la solution la plus onéreuse. Avec des moyens de transport de l’eau dont l’un des inconvénients est l’obligation de multiplier les conduites dont le coût à lui seul rend l’accès à l’eau prohibitive.
La solution des forages n’est qu’un palliatif à la fois cher et dangereux, parce qu’elle consiste à pomper à grande dose dans le réservoir constitué par les eaux fossiles. Donc non renouvelable. Et cela peut être, à la longue, à la base d’un déplacement souterrain des roches. Et peut provoquer, sur le plan tectonique, à terme, des séismes localisés répétitifs. Sans oublier l’instabilité des sols au niveau de l’affleurement qui pourrait en découler.
Bien que le lac Malika ait perdu près de deux tiers de son volume originel, si on y ajoute son corollaire, le Mbeubeuss on arrive à une quantité d’eau suffisante pour atteindre les objectifs visés. Car en plus de l’aspect fourniture en eau on aurait pu créer l’équivalent sénégalais du Canal du Midi en France. Et, ce, par la jonction de l’ensemble des lacs dont nous disposons. Le lac de Guiers apportant de l’eau douce. La permanence en plus de la profondeur pour la navigabilité d’un tel ouvrage.
Il est temps que nos entités étatiques réfléchissent à des solutions globales et innovantes. Plutôt que d’opter pour des mini solutions. Lesquelles créent parfois plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

DR AHMED KHALIFA NIASSE

3 Commentaires

  1. Merci beaucoup Tonton pour votre clairvoyance j’aimerais vraiment avoir vos contacts et pouvoir vous rencontrer un jour.
    Que Dieu vous protège.
    AF.

  2. POUR INFO – POUR INFO !

    En Israël, une boutade aux accents bibliques circule à propos de l’eau. «Dans le désert, Moïse a fait surgir de l’eau d’un rocher. Mais il a oublié de nous transmettre sa technologie, rigole-t-on, et nous devons à notre tour faire des miracles.» Or, les descendants de Moïse se targuent d’en avoir aussi accompli un, de miracle: faire fructifier l’agriculture dans le désert du Néguev.

    Cultiver ces contrées arides du sud d’Israël est notamment devenu possible grâce à de nouvelles méthodes d’irrigation. «Pendant deux mille ans de diaspora, les Juifs n’ont plus pratiqué l’agriculture, raconte le ministre israélien de l’Agriculture, Uri Ariel. Nous avons dû tout réapprendre depuis le début et, en quelques décennies, nous avons obtenu des résultats exceptionnels.» Aujour­d’hui, assure-t-il, le pays a atteint l’autosuffisance dans sa production de fruits et de légumes, de produits laitiers, de volail­les et d’œufs. «Nous exportons notre savoir-faire dans le monde entier, y compris dans les pays en développement.»

    Kibboutz inventifs

    Des techniques agricoles innovantes ont été développées dans les premiers kibboutz. Etabli en 1946 au nord du Néguev, le kibboutz Hatzerim est le berceau de la micro-irrigation, un système qui optimise l’arrosage des cultures. Son inventeur, l’ingénieur israélien Simcha Blass, y a fondé la compagnie Netafim en 1965. Pour faire simple, au lieu d’inonder les champs par intermittence, il s’agit d’amener l’eau au goutte-à-goutte au pied des plantes, grâce à un réseau de fins tuyaux percés. Les végétaux sont irrigués en continu directement à la racine et les pertes dues à l’évaporation sont moindres. «Avec la micro-irrigation, 90% à 95% de l’eau va dans la plante, contre 40% à 60% avec une irrigation classique, souligne Natan Barak, directeur commercial de Netafim. Grâce à cela, seuls 57% de l’eau consommée en Israël servent à l’agriculture, alors que la moyenne est de 69% au niveau mondial.» La micro-irrigation permet en outre de doubler la productivité des cultures, d’après Natan Barak.

    Netafim détient aujourd’hui 30% du marché mondial de la micro-irrigation et s’affiche comme un rempart contre la faim dans le monde: «Pour moins de 200 dollars, une famille peut avoir un kit de micro-irrigation, précise Natan Barak. Un jour, Netafim aura peut-être le Prix Nobel de la paix, rigole-t-il, car la paix a beaucoup à voir avec la nourriture.»

    Un peu plus au sud se trouve Sde Boker, un kibboutz en plein désert où David Ben Gourion a passé les vingt dernières années de sa vie. Le père fondateur de l’Etat d’Israël et ancien premier ministre voulait montrer la voie pour coloniser et fertiliser le Néguev. L’université voisine s’est ainsi spécialisée dans les domaines de l’environnement, de l’eau et de l’agriculture en zones arides. A l’Institut Zuckerberg pour la recherche hydrologique, les scientifiques travaillent par exemple sur l’efficacité des membranes pour le dessalement de l’eau de mer.

    De la mer au robinet

    Depuis une dizaine d’années, Israël mise beaucoup là-dessus pour diversifier et accroître ses ressources hydriques. Le pays s’est tourné vers le dessalement afin de mieux affronter une pénurie chronique d’eau douce. Il s’agit aussi de limiter le pompage du lac Tibériade, dans le nord du pays, qui affecte le débit du fleuve Jourdain, lequel alimente la mer Morte. Avec la cinquième usine de dessalement israélienne, qui devrait entrer en service cette année, 75% de l’eau potable proviendra de la mer. A elle seule, l’usine de Sorek, inaugurée en 2013 au sud de Tel-Aviv, couvre 20% des besoins du pays. En partie financée par des fonds européens, c’est la plus grande du monde, avec une capacité de 150 millions de mètres cubes d’eau potable par an. «Notre processus de filtrage par membranes est très compétitif au niveau des coûts et respectueux de l’environnement, affirme Jacky Ben Yaish, directeur des opérations chez IDE Technologies, l’exploitant de l’usine de Sorek. Nous n’utilisons pas de produits chimiques, contrairement à la plupart des autres usines.»

    Les ressources naturelles du pays ne couvrent que la moitié de ses besoins en eau. Mais ce déficit est en bonne partie comblé par le dessalement de l’eau de mer. Le revers de la médaille, c’est que cette technologie, qui coûte jusqu’à dix fois plus cher que de pomper l’eau dans les nappes phréatiques, est aussi très gourmande en énergie. Il faut au minimum 3,2 kilowattheures pour obtenir 1000 litres d’eau potable, ce qui représente la moitié des coûts de production. En outre, l’usine génère chaque jour plus de 30 tonnes de déchets, des saumures dont la plupart sont mises en décharge et 7% rejetées à la mer.

    Précieuses eaux usées

    Par ailleurs, Israël recycle la plupart de ses eaux usées, lesquelles assurent la moitié des besoins de l’agriculture. «Nous réutilisons 85% des eaux usées, précise David Sapir, responsable de l’approvisionnement chez Mekorot, la compagnie nationale d’eau. Nous avons aussi réduit les pertes sur le réseau à 10%, contre 15% en moyenne dans les pays développés.» Pour Gilad Peled, directeur de l’eau, des cleantechs et des agrotechnologies à l’Institut israélien d’export et de coopération internationale (IEICI), économiser l’eau est crucial: «Si on ne fait rien, des guerres éclateront dans le monde à cause des pénuries d’eau. En Israël, nous sommes éduqués depuis notre enfance à être le plus économes possible.» Le pays se veut à la pointe en termes de gestion durable de l’eau et ambitionne de jouer un rôle de premier plan au niveau international. David Sapir en est convaincu: «Nous pouvons aider à résoudre la crise planétaire de l’eau.»

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