Il y a quelques jours, je relisais son texte « les clefs du royaume ». Aujourd’hui, les superlatifs se suivent et, peut-être, n’arrivent pas à définir la dimension complète de l’homme. Une plume et un idéal. Une signature et une raison de vivre la presse.
Je n’ai jamais travaillé à Sud. J’ai cependant pu cerner une petite part de sa riche histoire à travers celle de Wal Fadjri. Mes encadreurs avaient une trajectoire jumelle à celle des pionniers de Sud. Un autre son de cloche ! Professionnellement, je suis à cette période de grosses mutations dans l’espace public, entre conception du code électoral consensuel et renforcement du pluralisme médiatique. Cet enfantement, enthousiasmant dans sa fonction historique, génère une belle expression de générosité de ces frères siamois d’une presse privée debout. Les pionniers de Sud et de Walf bouclaient les deux journaux « concurrents » quasiment ensemble. L’essentiel était dans ce parcours du combattant de la démocratie où chaque bout d’épaule apaise les marcheurs au long cours.
J’ai découvert, au-delà de Babacar Touré, une transmission de valeurs avec la génération d’après, particulièrement Alioune Badara Dièye (installé aux Etats-Unis) avec qui j’ai eu à investir le rôle de critique du mouvement hip hop naissant dans les années 1990. Je le rencontrais également avec Malick Rocky Bâ aujourd’hui à l’AFP, lors des tournées d’imprégnation du Collectif des Journalistes Economiques du Sénégal (COJES). Une pensée pour mon grand-frère de toujours, Alassane Cissé du Ministère de la Culture. En termes de networking, ce pilier des pages Culture de Sud, m’a ouvert, à mes débuts, des portes qui auraient pu rester grippées le temps de l’acclimatation. Ils portaient tous cet idéal de BT, un éditorialiste que j’ai croisé dans un vernissage d’expo d’art. Un penchant pour l’esprit qui ne fléchit pas l’épée du preux chevalier de la liberté d’expression. L’un va avec l’autre dans l’harmonie d’une âme épanouie. A la fin des années 90, Sud venait de connaître deux traversées glorieuses : le passage de la périodicité hebdomadaire à la périodicité quotidienne ; le lancement de la première radio privée du Sénégal avec Sud FM. Ce groupe de professionnels méritait une télé au Sénégal. Hélas, lancée à Paris, LCA, la chaîne de BT, n’a pu être rapatriée avec succès. Un ratage de notre espace audiovisuel. Peu importe cette privation de tube cathodique : Babacar Touré a les clefs du ciel des monuments de la presse. Immense. Qu’Allah lui réserve le Paradis. Très sincères condoléances à mon Prof Mamadou Koumé, son camarade de promotion au CESTI, à mes confrères et amis ABD, Alassane Cissé, Ndiaya Diop, Birima Fall, Moussa Diarra, Malick Diagne, Bacary Domingo Mané, Oumar Khoureïchy.
HDF

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