En voici une autre affaire, relative au Centre international de conférences d’Abdou Diouf (Cicad) qui défraie la chronique. Une autre ‘’nébuleuse’’ autour de l’érection de ce joyau, inauguré en grande pompe par le président Macky Sall. Guerre des chiffres sur le montant exact du financement, absence d’appel d’offres, irrégularités…, le Cicad, aux yeux du Forum Civil, n’a pas bonne presse.

Au regard du montant annoncé pour la réalisation du Cicad, c’est le flou total. Personne n’est capable de donner un chiffre exact. Le ministre de l’Economie et des Finances se démarque de Yakham Mbaye, secrétaire d’Etat à la Communication, qui avait annoncé une somme de 51 milliards de FCfa comme étant le coût global du Cicad. Amadou Bâ revoit ces chiffres à la hausse. Selon lui, le coût du centre est estimé à 59,6 milliards de FCfa, argumentant que ‘’des travaux complémentaires comprenant des routes, des échangeurs, un héliport, la connectivité à l’eau potable et l’électricité, ainsi que des ouvrages d’assainissement, y ont été réalisés. Ce qui porte le coût total du centre à 59,6 milliards de FCfa environ’’, renseignait-t-il dans le rapport des travaux de commission de l’Assemblée nationale.

Alors qu’il démarrait le marathon budgétaire, le ministre avait indiqué la répartition du financement du centre en ces termes : ‘’Il a fallu recourir à la coopération turque pour près de 31,9 milliards de FCfa, complétés par un financement interne de 27,7 milliards de FCfa environ’’. Birahim Seck revient pour constater un véritable flou sur le coût exact de la construction du Cicad.

‘’Jacques Habib Sy, délégué général à la Francophonie, avait mentionné 40 milliards de FCfa, dont 25 milliards de FCfa financés grâce à une subvention de l’Etat turc à travers Eximbank, le reste étant pris en charge par le Sénégal à hauteur de 15 milliards de FCfa. Ce qui est en porte-à-faux avec les 51 milliards de F Cfa avancés par Yakham Mbaye, face aux patrons de presse’’, s’indigne-t-il, avant de souligner un écart ‘’sensible’’ de 11 milliards de FCfa, en l’espace d’un mois entre ces deux déclarations.

Le Forum Civil dénonce également le manque de transparence qui a accompagné l’érection du centre. Critique, Birahim Seck tirait à boulets rouges sur l’attribution du projet architectural ‘’sans appel à concurrence, avec la bénédiction du président de la République, pour un montant initial de 269 millions de FCfa’’, révèle-t-il. Toujours d’attaque contre la mauvaise gouvernance. Le Forum civile décèle certains maux qui plombent la gestion ‘’sobre’’ et ‘’vertueuse’’ du régime en place. ‘’Si on fait la cartographie de tous les grands projets réalisés sous l’ère du président Macky Sall, l’on se rend compte qu’il y a des niches de nébuleuse partout’’, faisait-il savoir en février 2015.

Aujourd’hui c’est l’affaire Snedai qui est sur la sellette avec l’indemnisation à hauteur de 13 milliards de Fcfa de l’homme d’affaires Adama Bictogo. L’attribution d’un marché de 50 milliards au groupe Malaisien Iris pour la confection de 10 millions de cartes biométriques n’a pas encore livré tous ses secrets.

EnQuête

1 Commentaire

  1. Le flou entretenu délibérément se situe dans les chiffres contradictoires annoncés par le ministre de la communication Yakham Mbaye, le ministre des l’économie et des finances Amadou Ba et le délégué général à la Francophonie Jacques Habib Sy, tous officiels et voies autorisées de l’état. Mais le pire scandale se situerait dans la mauvaise foi du ministre Amadou Ba qui nous sort un chiffre de réalisation avec un «environ» et une «estimation» si l’information rapportée dans cet article est avérée! Les estimations et les environ c’est à l’étape d’avant projet et d’études, donc avant réalisation de l’ouvrage. Une fois l’ouvrage exécuté, les estimations et environs doivent disparaître et céder la place au chiffre exacte au moindre centime près et non aux moindres milliards près. Ceci dit, à quoi sert ce centre de conférence extrêmement coûteux dans un pays où les urgences fondamentales et vitales de la santé, de l’éducation, de l’emploi, des migrants, des syndicats, des enseignants, de la pauvreté et j’en passe se bousculent quotidiennement les unes des autres et occupent l’actualité quotidien du pays? L’on s’étonne alors que les fils du pays meurent fréquemment dans la mer Méditerranée? L’on s’étonne alors que le pays se retrouve à la dernière place de la liste des pays en voie de développement? L’on s’étonne alors que l’éducation de nos enfants, avenir du pays, soit devenue du feugue diaye? Changez de cap, car la direction prise mène vers l’impasse et toutes les catastrophes!

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