En ces temps de pandémie, la mise en quarantaine de certaines zones géographiques empêche de hauts responsables africains d’aller se soigner loin de leurs systèmes de santé rudimentaires…

C’est un reproche qui résonne invariablement dans les œuvres des rappeurs ou des reggaemen : au moindre furoncle, les élites politiques africaines décollent de leur tarmac caniculaire et se font admettre à l’hôpital américain de Neuilly, à la Salpêtrière de Paris ou au centre hospitalier Quirón de Marbella.

Bien huilée, la procédure des check-up délocalisés implique de gros enjeux financiers et géopolitiques, comme en témoignait « la diplomatie médicale » théorisée par Jacques Foccart. La fréquence et la durée de certains séjours médicaux font dire à des satiristes qu’Abdelaziz Bouteflika ou Robert Mugabe connaissaient mieux Genève ou Singapour que leur propre capitale.

Déboulé, à l’échelle de la planète, comme un chien dans un jeu de quilles sanitaire, le Covid-19 n’épargne pas les systèmes bien rôdés des évacuations de VIP…

Le nouveau coronavirus a jeté deux faits à la face des dirigeants africains. Primo, si tous les terriens ne sont pas égaux devant l’accès aux soins, la fine fleur du pouvoir n’est pas à l’abri de la pandémie, comme en témoigne l’infection du futur roi du Commonwealth ou du Premier ministre britannique.

Révolu, le tourisme sanitaire ?

De même, en Afrique, de hauts responsables ont contracté la maladie, comme des ministres ivoiriens, burkinabè, guinéens ou des gouverneurs nigérians. C’est dans ce même Nigeria que le propre directeur de cabinet du chef de l’État, Abba Kyari, a été placé en quarantaine après avoir été en contact avec des cas de coronavirus, dans ce même Nigeria dont le président Muhammadu Buhari a la réputation d’affectionner les longs séjours médicaux londoniens – près de cinq mois en 2017, pour une maladie gardée secrète. Or, le deuxième fait que le coronavirus impose aux élites est le lockdown aérien…

Jeune Afrique

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