De nombreuses petites et moyennes entreprises vivent actuellement un type de malaise assez particulier. Après avoir essaimer de solides modèles commerciaux pour les périodes normales, nos PME sont au bord de l’agonie à mesure que la pandémie persiste car victimes d’une faible demande pour alimenter la chaîne.

Ces entreprises ne sont ni cassées ni fondamentalement défectueuses ; leur santé n’est menacée que par des circonstances exceptionnelles. Ils ne sont pas condamnés ; ils sont juste malades.

La plupart d’entre elles, sont à la recherche de stratégies de survie qui éviteraient une liquidation ruineuse de leurs actifs. Cela signifie qu’ elles peuvent être plus ouvertes qu’elles ne le feraient habituellement aux rachats privés et aux fusions. Mais une vague de rachats et de fusions, bien qu’elle semble meilleure que de laisser mourir des entreprises en difficulté, ne ferait qu’intensifier l’inégalité économique qui est devenue la malédiction de plusieurs startups africaines.

Idéalement, un rachat privé rend une entreprise plus efficace et prête pour la croissance et l’embauche. Mais en pratique, racheter une entreprise en semi-détresse dans le but de réduire les coûts peut signifier des licenciements à grande échelle, affaiblir ou détruire des syndicats et saisir des fonds de pension.

C’est pourquoi nous devons réfléchir sur comment réussir le sauvetage des entreprises en ce moment ; l’appel du Chef de l’Etat aidant.

Le danger est que la guérison soit aussi mauvaise que la maladie. Un sauvetage des entreprises en difficulté alimenté par une dette bon marché des banques et institutions financières, entraînera une restructuration de l’économie la rendant peu résiliente. Cette consolidation, à son tour, augmentera le pouvoir déjà excessif des structures financières et creusera l’écart déjà grand entre riches et pauvres.

Les vagues de fusion provoquent le même problème d’une manière différente. Une industrie fortement concentrée peut dégager des bénéfices plus élevés en réduisant la concurrence, ce qui nuit aux consommateurs. Les industries concentrées peuvent également faire baisser les salaires en se coordonnant tacitement pour maintenir les salaires bas. Dans le même temps, les bénéfices plus élevés sont généralement utilisés pour augmenter les salaires des dirigeants et récompenser les actionnaires avec des dividendes ou des rachats d’actions. Les fusions et les rachats sont également essentiellement lucratifs pour les banquiers et les avocats déjà riches qui font les transactions.

Encourager une vague de fusions et de rachats pour aider les entreprises en difficulté au cours de la crise économique actuelle pourrait entraîner une reprise économique superficiellement impressionnante tout en détruisant ce qui reste de la classe moyenne dans ce pays.

Existe-t-il des alternatives réalisables pour sauver les entreprises en difficulté ?

Depuis la relance impulsée par le référentiel politique de la gouvernance économique nationale (PSE), nous n’avons pas été confrontés à ce problème à une si grande échelle, nous avons à la limite peu de solutions éprouvées sur lesquelles nous pouvons compter. Parmi ces solutions de relance de l’économie des entreprises, nous proposons ce « Tiercé » inspirant.

-Premièrement, le gouvernement, en fournissant de l’aide, pourrait alourdir les mesures de subventionnement pour les entreprises optant la fusion. Les entreprises ne seraient pas autorisées à utiliser les subventions pour préparer une entreprise à la vente ou pour financer des acquisitions ou des rachats jusqu’à ce que l’économie revienne à un semblant de normalité.

-Deuxièmement, le gouvernement et le secteur privé pourraient encourager et financer une vague de « rachats de travailleurs », dans laquelle les employés prennent le contrôle d’entreprises par ailleurs saines mais actuellement en difficulté. Le problème avec les rachats typiques est qu’ils blessent trop souvent les employés. Mais un rachat par un travailleur peut utiliser les techniques du capital-investissement pour donner aux employés leur part du produit de l’entreprise aux fins pour promouvoir l’actionnariat salarié.

Bien que les rachats de travailleurs aient été rares et trop complexes, le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) et l’Assemblée Nationale pourraient réfléchir sur comment encourager cette option (rachats de travailleurs) en allouant une partie des fonds aux investissements en actions des employés souhaitant acquérir leur entreprise mais de créer un «droit de premier refus» pour les employés des entreprises sur le point d’être vendues afin que les travailleurs aient la première possibilité de soumissionner.

Enfin, le gouvernement pourrait imposer une surveillance renforcée des fusions et des rachats, soit en appliquant rigoureusement les règles antitrust existantes, soit en créant de nouvelles restrictions sur le capital-investissement. L’idée n’est pas d’empêcher toutes les opérations de sauvetage, seulement les plus manifestement anticoncurrentielles. L’acheteur est-il un concurrent direct ? L’acheteur contrôle-t-il déjà les autres concurrents du même secteur ?

À l’heure actuelle, l’économie nationale est toujours en état de choc et l’incertitude a paralysé les acheteurs. Autrement dit, il reste encore beaucoup de temps pour agir. La possibilité d’une inégalité encore plus grande de la richesse et des revenus n’est malheureusement pas un danger auquel le gouvernement semble particulièrement sensible. Si le gouvernement manque de vigilance sur cette question, les riches s’enrichiront, les pauvres s’appauvriront et la classe moyenne sera encore plus étouffée. Et le contrecoup qui en résulte pourrait faire que le niveau actuel de mécontentement dans ce pays ouvre des années de réclusions économiques.

Assane NIANG

CEO Manager B-LED Agency

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