Notre pays, le Sénégal, compte au jour d’aujourd’hui 229 morts du coronavirus. De tous ces décédés, j’en ai connu cinq (5) : cinq pères de famille. L’un d’eux a laissé deux enfants dont le plus âgé a six ans. C’est quelqu’un qui a toujours porté son masque car conscient du danger qui le guettait, diabétique qu’il était. Où a t-il chopé le virus ? Lui même ne le savait pas.
Dès les premiers jours de son hospitalisation c’est cette question qui lui taraudait l’esprit. Est-ce en échangeant une tasse de thé ou à une levée de corps ? Il ne pouvait y répondre. Il est finalement décédé six jours après son hospitalisation. Tout est allé très vite. Trop vite même !
Il laisse derrière lui deux enfants qui affronteront les affres de la vie sans l’assistance d’un père. Ils n’auront plus ce regard attendri que tout papa pose sur ses enfants. Leur père s’est pourtant toujours protégé pour lui même et pour ses enfants mais hélas un transporteur inconnu du virus est passé par là.
N’avons-nous pas marre de voir toutes ces personnes partir par notre faute ? Oui, nous sommes les seuls responsables. Avons-nous besoin de rappeler que le virus corona ne se déplace pas et que c’est nous qui le transportons ? C’est nous qui lui trouvons des victimes. C’est lâche et très lâche même de notre part.
Que dire de ceux là qui disent qu’ils ne croient pas à l’existence de cette maladie ? J’espère qu’ils se rendront à l’évidence le jour où ils seront testés eux mêmes positifs ou un de leurs proches. Ce que je ne leur souhaite pas. Pensent-ils un seul instant que si le monde entier s’est arrêté c’est pour participer à un jeu et que les morts qui se comptent par million sont justes le fruit d’une imagination fertile ? Parmi cette catégorie de personne, on trouvera un nombre impressionnant qui se protège tout en disant qu’ils ne croient pas à l’existence du coronavirus.
C’est à l’image du SIDA, beaucoup n’y croyait pas jusqu’à ce qu’il fasse des millions de morts. Au début, on disait que c’est une invention de l’occident pour empêcher les africains de faire des enfants jusqu’à ce que la dure réalité nous rattrapent. Peut être que les adeptes de la négation attendent de vivre le même scénario pour y croire.
Certains sénégalais s’énervent quand ils apprennent que la presse a relayé que l’un de leurs proches est atteint ou est décédé du coronavirus. Quelle honte y’a t-il dans une information pareille ? Quelle différence y’a t-il entre être atteint de paludisme ou en mourir et le coronavirus ? J’ai vraiment besoin de comprendre. Au lieu de monter au créneau pour démentir, je pense qu’il y’a mieux à faire : mobiliser toutes ces énergies afin de lutter contre la propagation du virus.
Combien de fois lit-on des jeunes reprenant la fameuse citation de Frantz Fanon : « Chaque génération découvre sa mission, l’accomplit ou la trahit ». Malheureusement, ils ne font leur cette assertion que quand il s’agit de combats politiques pour ne pas dire politiciens.
Aujourd’hui, la seule mission de notre jeunesse est celle qui permettra de stopper la propagation du virus. Cependant, force est de constater, qu’elle tarde à la découvrir et l’accomplir. Elle est même en train de la trahir.
Dans un pays avec une jeunesse forte et consciente tous les problèmes qui se pose à lui devrait trouver une première réponse au sein de cette force vive.
On fait la guerre avec ses fils les plus vigoureux et les plus vaillants : sa jeunesse. Il est temps que celle de notre pays se mobilise et fasse le nécessaire. Maintenant si c’est en son sein que l’on compte le plus grand nombre d’inconscients face à cette pandémie alors là préparons nous à vivre des lendemains bien sombres.
Sommes-nous au courant que près de 75% des décès enregistrés soit 158 personnes ont plus de 60 ans ? Qui les a contaminés si ce n’est les jeunes quand on sait que passé la soixantaine on ne sort presque plus de la maison ?
Ayons le courage de le dire : les jeunes sont responsables de plus de 80% des décès. C’est eux qui vont dans les mosquées y retrouver les personnes âgées sans mettre de masque. C’est toujours eux qui se présentent aux différentes levées de corps sans respecter les mesures barrières.
Cette jeunesse qui devait protéger les personnes du 3e âge est en train de les décimer sans coup férir.
Cette guerre n’est pas celle de l’Etat mais elle est à mener par toute la jeunesse de notre pays, « ci fula ak fayda ». Si elle le veut, plus personne ne sera dehors sans masque. Cette jeunesse peut à elle seule porter toute la stratégie de riposte communautaire. Dans les transports, si les passagers le veulent aucun client n’y sera sans son masque bien porté et c’est pareil dans tous les autres lieux publics : mosquées, restaurants…
Pourquoi attendre que l’Etat durcisse les mesures pour sauver VOTRE propre VIE ? Cette vie qu’Allah nous a donné c’est à nous de la préserver à tout prix. Que dire maintenant de ceux qui disent qu’ils ne feront rien pour se protéger et qu’ils attendent tout de Dieu ? Sont-ils au courant que le Prophète Mouhamed (PSL) a bien dit qu’« après la foi, personne n’a jamais reçu de grâce meilleure que la santé » ? L’Islam est une religion qui nous exhorte à préserver cette santé quitte à payer le prix fort.
Cette pandémie du coronavirus est venue sans nul doute nous rappeler que notre religion est celle qui met en avant l’hygiène et la propreté ; Seulement, les signes sont pour ceux qui sont dotés d’intelligence.
Se protéger et en prendre des médicaments, ne contredit en rien le fait de se fier à Allâh ni la croyance en la prédestination. Il faut vraiment être du nombre des ignorants pour ne pas le comprendre.
Aujourd’hui, c’est le moment où jamais pour cette jeunesse de notre pays de montrer à la face du monde qu’elle peut être mobilisée par plus important qu’un match de football, un concert, un « sabar », un combat de lutte…
Se protéger et protéger nos personnes âgées : telle est la mission du moment.
Souleymane Ly
Spécialiste en communication
[email protected]

1 Commentaire

  1. La véritable priorité dans la riposte contre le coronavirus doit être la protection des sujets à risque (personnes âgées et ou présentant des maladies chroniques) ; et pour être pragmatique et donc plus efficace, il faut qu’ils se chargent eux-mêmes de leur propre sécurité sanitaire en s’auto-confinant (limitation de leurs déplacements et contacts, port de masque, suivi médical de leurs maladies chroniques) ; une vigilance de rigueur, certes, mais il est tout aussi fondamental qu’ils gardent leur sérénité ; oui point de panique ! En vérité, si les sujets à risque sont bien protégés, le nombre de cas graves et de décès seront significativement minorés, en dépit de l’augmentation des sujets infectés (cas contacts ou commentaires). Et c’est là, la stratégie la plus simple et la plus cohérente pour vivre avec le virus sans impacter négativement le système de santé et l’économie du pays, en attendant que l’épidémie s’éteigne, par la grâce d’Allah.
    Au demeurant, le volet médical est certes plus visible dans la gestion d’une épidémie, mais pour un croyant, le volet spirituel est de loin plus important et passe par le repentir et un changement de comportement moral (spiritualité). En vérité, la religion a une approche quasi infaillible pour gérer une épidémie – et les calamités d’une manière générale, mais malheureusement les gens ne semblent plus y croire ; oui, on ne sent pas du tout une mobilisation communautaire au plan spirituel pour enrayer cette épreuve divine ; en réalité, pour les politiques et les scientifiques, Dieu n’a pas de place dans la gestion de l’épidémie ; et tout laisse croire que c’est cette ingratitude caractérisée envers Allah qui nous a valu les inquiétudes du moment. Qu’ils se ressaisissent donc ! Et que les religieux jouent véritablement leur partition – ils ont failli à leur mission de mobilisation spirituelle pour enrayer la pandémie

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