« La majorité des gens tombent malades parce qu’ils sont pauvres et ils s’appauvrissent d’avantage parce qu’ils sont malades »

Le lundi 29 Juin, le Président Macky Sall a pris la décision parmi tant d’autres de lever l’état d’urgence et le couvre feu sur toute l’étendue du territoire à partir du lendemain Mardi à partir de 23 heures. Comme à l’accoutumée, l’occasion de chaque mesure prise par l’Etat, on a assisté à une levée de bouclier de la part de nombreux compatriotes afin de fustiger cette mesure ; Certains vont même jusqu’à dire que « le Président nous a livré au virus ».

Le sénégalais est en phase, s’il ne l’est pas déjà, de devenir un éternel insatisfait. L’Etat instaure le couvre feu, tout le monde crie pour sa levée ; l’Etat le lève et les mêmes personnes s’offusquent de la décision. C’est le cas à chaque mesure prise depuis le début de la pandémie. L’on va même jusqu’à exiger que les transports interurbains reprennent mais que nos enfants ne retournent pas à l’école. On devient de moins en moins logique.

Aujourd’hui, le FMI prévoit de l’orage sur l’économie mondiale… Pour sa directrice générale, il est «très probable» que ses prévisions de croissance soient encore revues à la baisse ; la pandémie de coronavirus frappant les économies plus durement que prévu.

« Les données qui arrivent de nombreux pays sont pires que nos projections déjà pessimistes » avait déclaré Kristalina Georgieva lors d’une conférence sur le web sponsorisée par le Financial Times. « Très probablement, nous allons proposer la mise à jour de nos projections au cours du mois de juin, et à ce moment-là … nous nous attendons à ce qu’il y ait un peu plus de mauvaises nouvelles en ce qui concerne notre vision de 2020 ».

Il y a un mois, le FMI parlait déjà de l’une des pires récessions que le monde ait connues depuis la grande dépression de 1929…Mais les économistes du Fonds avaient sans doute anticipé des réouvertures plus rapides des circuits de production.

Pour l’Europe, le FMI a déclaré en avril que l’économie de la zone euro reculerait de 7,5% cette année et ne rebondirait que de 4,7% en 2021, mais ce dans le cas seulement où le coronavirus sortirait complètement du paysage économique avant la fin de l’année.

Tout ceci c’est ce qui risque de se passer ailleurs. Et chez nous au Sénégal ? Le Chef de l’Etat nous informe d’une chute de notre croissance allant de plus de 6% à 1,1% ou même moins avec une récession en vue.

Les sénégalais qui s’offusquent des décisions cherchant à relancer notre économie savent-ils réellement ce qu’est une récession et ses conséquences désastreuses ?

La récession est une situation économique pendant laquelle l’économie se contracte.
Durant une phase de récession économique, tous les indicateurs économiques connaissent un fort ralentissement. Le taux de chômage est au plus haut, la production tourne au ralenti, il y a un risque de déflation et l’investissement est au plus bas. Cette période s’accompagne généralement d’une baisse des salaires et d’une chute du pouvoir d’achat des ménages provoquant ainsi une forte baisse de la consommation des ménages.

Pour lutter contre, il faut retrouver au plus vite un PIB positif. Une fois cet objectif atteint, on entre alors dans la phase suivante du cycle économique : la reprise.

Maintenant que nous savons ce qui nous attend si nous continuons à étrangler l’activité économique pour la seule raison que nous luttons contre le coronavirus, chacun doit découvrir sa responsabilité et l’assumer pleinement.

Devons nous continuer à préserver notre vie au prix de cette même vie que l’on cherche à sauver ? A cette question, tous les pays du monde ont répondu en abandonnant le confinement et en cherchant à relancer leur économie en présence du virus.

Le coronavirus ne veut pas nous quitter malgré toutes les mesures prises alors il est temps de sortir l’affronter en toute responsabilité pour éviter qu’il ne nous prenne notre pain et nous mener vers une mort certaine. On meurt du virus mais on succombe aussi de la famine. Il va falloir lutter contre les deux.

Maintenant, vouloir continuer à arrêter l’activité économique sous prétexte que l’on lutte contre la Covid-19 équivaudrait juste à changer de cabine dans le Titanic.

C’est aux sénégalaises et aux sénégalais de comprendre les enjeux du moment et de se tourner résolument vers une lutte individuelle pour une victoire collective. Pour cela, chacun doit s’imposer le port du masque en tout lieu, le lavage régulier des mains et le respect de toutes les autres mesures barrières. C’est le moment pour nous tous de montrer à la face du monde que l’on peut être discipliné en réussissant le double enjeu : éviter le virus et la récession. C’est bien possible !

Aujourd’hui, le relâchement noté ça et là nous coûte des vies et risque de faire durer le séjour de ce maudit virus dans notre pays.

N’en avons nous pas marre d’entendre tous les jours des cas communautaires, importés, contacts suivis ou de décès ?

Si oui, nous savons ce qui nous reste à faire : ÊTRE DISCIPLINÉ !

Ly Souleymane

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