Ebola: un éventuel report de la CAN 2015 trouble le football africain

La 3e journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations de football a été troublée par un éventuel report de la CAN 2015 à cause du virus Ebola. La demande du Maroc, qui doit accueillir le tournoi du 17 janvier au 8 février, inquiète les acteurs du football africain.

« Ah bon ? Et qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Alors ça veut dire que la CAN n’aura pas lieu ? » Alain Giresse, le sélectionneur de l’équipe de football du Sénégal, hausse les épaules. Son équipe vient tout juste de concéder le match nul face à la Tunisie, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2015. Et le Français apprend que la phase finale du tournoi à laquelle il prétend pourrait être reportée à la demande du pays organisateur. Le Maroc s’inquiète en effet d’une propagation du virus Ebola sur son sol.

Résultat : quatorze matches se sont déroulés dans un contexte quelque peu surréaliste, ces 10 et 11 octobre 2014. Des footballeurs africains ont lutté de toutes leurs forces pour se qualifier à une compétition qui n’aura peut-être pas lieu aux dates prévues (17 janvier-8 février), voire qui sera annulée.

« Je ne sais pas ce qui va se passer, mais j’espère de tout mon cœur que ça ne va pas être reporté, que ça va bien avoir lieu en 2015, soupire l’attaquent nigérien Moussa Maazou, après un match nul face à la Zambie. Nos clubs ne vont jamais vouloir nous libérer à un autre moment de la saison. Déjà, les clubs n’aiment pas quand les joueurs partent disputer la Coupe d’Afrique (en janvier). Donc, j’attends de voir ce qui va se passer ».

Le sélectionneur de l’équipe du Niger, Gernot Rohr, se montre un peu plus compréhensif envers la demande formulée par le Maroc, ce vendredi. « Si le report peut apporter un plus en termes de sécurité, bien sûr, lance l’Allemand. Mais je reste favorable au maintien des dates. Parce que plus vous attendez et plus vous risquez d’avoir des cas d’infection ».

Florent Ibenge : « ça concerne les médecins, pas les fédérations »

De son côté, le Français Claude Le Roy s’agace de l’attitude des autorités marocaines. Il s’insurge après une défaite de son équipe, le Congo, face à l’Afrique du Sud : « Je ne comprends pas bien pourquoi le Maroc accueille la Guinée (un des pays les plus touchés par le virus, Ndlr) pour son match face au Ghana et, d’un seul coup, fait tout ce cinéma. » Il ajoute :
« Les discussions que j’ai pu entendre à table, depuis hier, m’ont énervé. Parce que j’avais l’impression qu’on oubliait le match et qu’on ne parlait plus que de cette soi-disant suspension de la CAN. »

Enfin, Florent Ibenge botte en touche. Le sélectionneur de l’équipe de RDC, battue par la Côte d’Ivoire, attend de savoir si le refus de la Confédération africaine de football de reporter la compétition se confirme : « Je pense qu’il ne faut pas paniquer outre-mesure. Il faut laisser faire les médecins, qu’ils puissent prendre la décision. Ça c’est un problème de santé et ça concerne les médecins, pas forcément les fédérations. »

Propos recueillis par nos correspondants Pape Touré, Ousmane Keita, Jean Rufin Loemba et Kabulo Mwana Kabulo


? L’exemple du hadj, autre réunion de masse à risque

Cinquième pillier de l’islam, le pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite, rassemble des milliers de fidèles musulmans. Cette année, les ressortissants des pays touchés par le virus Ebola n’ont pas eu l’autorisation d’effectuer la procession. Le Sénégal, qui avait pourtant connu un cas le mois dernier, a néanmoins pu faire partir 10 500 fidèles. Malgré le contexte de suspicion ambiante, ils n’ont pas rencontré de difficultés majeures.

rfi.fr

 

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