Xalimanews- Disparu de la scène musicale depuis des années, l’artiste international, El Hadj Ndiaye, a bien voulu se confier à Xalima. L’interprète du fameux tube « Bonjour », est revenu sur le feuilleton judiciaire qui a fait qu’il est obligé de mettre de côté sa carrière musicale le temps de se battre pour retrouver sa dignité qu’il a mis des décennies à construire.

L’artiste ne laisse pas montrer son amertume face à ce qu’il appelle une injustice qu’il vit depuis des années. Très stoïque, il explique pourquoi il n’arrive pas à se concentrer sur l’essentiel: « ma musique est en berne depuis le 16 octobre 2019, date à laquelle j’ai été illegalement expulsé de mon champ.
En effet je travaillais sur un gros projet culturel et novateur qui s’appelle « Chants au Champ »
Ce projet est pour le moment en arrêt à cause de voleurs, tristes, pegres », laisse-t-il entendre dégouté.

« Le tribunal m’a condamné injustement »

Ressassant cette sombre histoire qui a stoppé net l’ascension de sa carrière musicale, il regarde dans le rétroviseur: « J’ai contracté une dette de 17000€ (11 152 000 environ) auprès d’une amie Belge pour, en grande partie, l’acquisition de matériels audiovisuels (caméras et ordinateurs) et j’ai donné 3 bandes masters (mes 3 albums internationaux en garanti). Je devais faire une tournée de 10 dates en Belgique avec le fils de ma creanciere, cette tournée m’aurait rapporté environ 4000€ par concert et donc m’aurait permis de payer ma dette. Cette tournée fut annulée. Je n’ai pas pu rembourser la dette et l’affaire a été portée en justice », narre-t-il.
Ce qui a abouti à sa condamation; et ce fut le début de sa descente aux enfers. En effet, le tribunal a estimé à 4 millions de francs Cfa un terrain de 300 m2 qui a été adjugé à la créanciere .

Les incohérences qui ont émaillé cette affaire

El Hadj Ndiaye trouve qu’il ya plusieurs incohérences dans cette affaire: « au lieu de prendre le terrain de 300 m2, elle a délibérément pris le terrain de 600 m2 qui etait contigu et elle l’a revendu à 10 millions.
Ne s’arrêtant pas là, elle a continué la poursuite et s’est vu adjugée un champ supposé m’appartenir le 27 juillet 2017 et le 4 Aout soit une semaine plus tard. Elle déclare l’avoir revendu a 13 200 000″, explique-t-il.
Autre incongruité, fait-t-il remarquer, le champ supposé lui appartenir n’existe pas dans le registre foncier de Sindia: « c’est prouvé, elle a produit une fausse délibération avec la complicité de son avocat pour me faire condamner », accuse l’artiste qui ajoute: « j’ai fait faire l’expertise ( par un cabinet agrée du nom de BEXIM) du champ et sa valeur réelle est estimée à plus de 626 millions. Une ordonance a été émise par le premier Président de la Cour d’Appel de Thies et plusieurs fois renouvellée pour demander à la partie adverse de verser une caution de 600 000 000 avant de m’expulser. Faisant fi de cette ordonnance, la partie adverse m’a expulsé de mon champ le 16 octobre dernier et depuis est restée dans mon champ. Une autre ordonnance de la Cour d’Appel leur demandant de déguerpir du champ et qui va plus loin que la première ( juillet 2018) , leur précisant que le champ qu’ils réclament n’existe pas, preuve à l’appui », indique-t-il non sans rappeler les torts que cette histoire lui a causés : « inutile de vous lister l’étendue des dégâts materiels, humains, vols qu’ils m’ont causés », dit-t-il fatigué.

« Je me suis vu voler mon champ sur la base de faux documents »

Très loin de laisser tomber l’affaire, il dit attendre la fin de la grève décrétée par les greffiers pour continuer la procédure.

Cependant, il dit comprendre pourquoi la décision de justice tarde à être appliquée: « en resumé je me suis vu voler mon champ sur la base de faux documents, le tribunal l’a reconnu et ordonné ma réintégration immédiate mais ils font fi de cette décision de justice. Ceux qui sont dernière sont apparemment plus forts que la loi ». Mais, il ne va pas pour autant s’avouer vaincu: « il y a même plus grave dans les preuves que j’ai pu accumuler et j’en parlerais en temps voulu », promet-t-il.

Mais, en attendant, il essaie tant bien que mal de se concentrer sur sa passion qui est la musique puisqu’il a pu faire quelques musiques de films pour le cinéaste Moussa Sene Absa entre autres projets.
« Le plus important je tiens encore debout. Et pour rassurer mes fans je compose toujours », rassure-t-il.
L’artiste de rappeler qu’il a eu à composer plusieurs chansons aussi importantes et ludiques les une que les autres:  » j’ai composé plusieurs chansons qui, à mon humble avis, sont des hymnes pour la vie.
Vous vous souviendrez de la chanson Weet ( soma guissatoul ), la chanson Borr yi ( la dette ) la chanson Siggi (awma ligueey da may jaay), Bonjour bien évidemment ainsi que beaucoup d’autres chansons que, malheureusement, une grande partie des senegalais ne connaissent pas », rappelle-t-il.

Pour l’instant, il n’a que ses yeux pour constater les dégâts en attendant de retrouver ce qu’il a perdu afin de pouvoir retourner en studio et continuer à chauffer le coeur des mélomanes nostagiques de sa musique.

Mariama Kobar Saleh

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